L'hôpital public de retour dans la rue, "le coeur brisé"

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Trois mois après le "plan d'urgence" du gouvernement, les personnels hospitaliers sont appelés à manifester vendredi leur amour du service public, mais aussi leur colère, syndicats et collectifs estimant que les mesures annoncées à l'automne ne répondent pas à leurs revendications.

"Nous avons le coeur brisé": Saint-Valentin oblige, les collectifs Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences, à l'origine de cette nouvelle mobilisation, ont demandé aux soignants d'"apporter une fleur blanche" pour "témoigner (leur) amour à l'hôpital public".

Selon la CGT Santé, "une centaine d'actions de tout ordre" sont prévues partout en France: manifestations, mais aussi rassemblements "festifs et visibles", selon sa secrétaire générale Mireille Stivala.

Chaîne humaine à Compiègne, "coeur géant" à Poitiers, lâcher de "ballons roses" à Douai... Le thème de la journée tranche avec la désespérance exprimée par ses organisateurs.

"Ce qui se passe devant nos yeux, c'est la destruction de l'hôpital public", s'alarme le neurologue François Salachas, membre du Collectif Inter-Hôpitaux.

Onze mois après le début de la grève des services d'urgence, "ce mouvement n'a obtenu aucun résultat en termes d'embauches et d'attractivité", ajoute-t-il.

"Qu'est-ce qui s'est passé en un an? Pas grand chose", insiste Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes (Amuf). Il estime que le gouvernement n'a "pas du tout entendu" les demandes de hausse des salaires et des effectifs.

L'exécutif a pourtant fait des concessions en novembre, après une première journée de grève et de manifestation assez largement suivie.

Rallonge budgétaire, primes à foison, reprise massive de dette... Pour le Premier ministre, Edouard Philippe, ce "plan d'urgence" doté de "moyens considérables" devait "redonner de l'oxygène" aux soignants.

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