Je me souviens à Balaruc-les-bains

Les thermes du temps jadis

 

Le thermalisme à Balaruc remonte à l'antiquité

Attirés par les vertus curatives des eaux thermales balarucoises, Phéniciens, Carthaginois et Romains s'établirent successivement sur la presqu'île pour y bâtir une importante cité. Cette période faste fut malheureusement anéantie par les invasions barbares des 5ème et 6ème siècles.
Ce n'est qu'en 1532, avec la parution du Pantagruel de François Rabelais, citant les sources de Balaruc, que la ville retrouva enfin ses lettres de noblesse. L'efficacité des soins thermaux dispensés à Balaruc-les-Bains fut alors notamment confirmée par Nicolas Dortoman, illustre médecin du 16ème siècle, auteur du plus ancien document scientifique français dans lequel il décrit avec précision les thermes de Balaruc. La station traversa les siècles suivants avec tout autant de succès et de prospérité, et ce jusqu'au 19ème siècle, où l'on déplore un net recul de la fréquentation touristique. Après avoir connu la faillite, les thermes balarucois deviennent propriété de la Ville le 10 novembre 1936.

La croisée des chemins

La station est relancée dans les années 1950. Avec la construction des thermes Athena en 1969 puis celle des Hespérides en 1983, la fréquentation augmente significativement pour atteindre, en saison, quelque 2.000 curistes par jour au début des années 2000.
La station souffre alors de sur-exploitation avec des équipements vieillissants conçus pour accueillir tout au plus 900 personnes par jour. Les conditions de travail se détériorent et la qualité des soins se dégrade. Les normes sanitaires de plus en plus rigoureuses exigent une modernisation des installations mais l'exploitation en régie municipale ne permet pas les investissements nécessaires. Plus grave encore, ce fonctionnement en régie empêche toute gestion moderne de l'activité. La station est de nouveau au bord du gouffre, techniquement et financièrement.

Les laveuses des années 1950/60.
Source: Robert Bertrand

Le renouveau

En 2008 quand Gérard Canovas est élu maire, les thermes sont à la limite de la rupture. Des travaux sont nécessaires pour maintenir l'activité mais aucun projet de reconstruction n'existe. Des centaines d'emplois directs et indirects sont en en jeu. Seul O'balia peut présenter une piste d'avenir mais sans piscine couverte et sans infrastructure hôtelière son développement est problématique.

Un projet ambitieux est alors étudié puis mis en oeuvre. La première étape consiste à élargir l'offre thermale en obtenant l'agrément "phlébologie" (lympho-oedèmes, jambes lourdes, séquelles de phlébites, varices, insuffisance veinolymphatique...) pour compléter l'activité traditionnelle de rhumatologie (affections dégénératives articulaires, ostéopathies, algodystrophies, séquelles ostéoarticulaires post-traumatiques...). Cet agrément obtenu, il en résulte un accroissement du nombre de curistes et 113 emplois supplémentaires sont créés en 3 ans. En 2015 l'établissement emploie à ce jour environ 400 personnes.
La deuxième étape consiste à moderniser de fond en comble les installations. La création du Nouvel Etablissement Thermal est décidée. Avec les annexes et les aménagements complémentaires, c'est un budget de 60 millions d'euros qui doit être mobilisé. Cet investissement est réalisé par la commune de Balaruc-les-bains qui apporte 30 millions d'euros (dont 28 millions d'euros empruntés) et reçoit 30 millions d'euros de subventions d
es autres collectivités territoriales (Région LR, Département de l'Hérault, Thau agglo). Pierre Bouldoire, à l'époque président de Thau agglo et conseiller général au département, joue alors un rôle clé pour obtenir l'apport des collectivités territoriales sans lesquelles le projet n'aurait pas vu le jour. La première pierre est posée en 2012.

Gérard Canovas était aux côtés de Pierre Bouldoire, à l'époque Président de Thau agglo, d’André Vezinhet, Président du Conseil général de l’Hérault et de Christian Assaf, Député du canton, pour poser la première pierre du nouvel établissement thermal en octobre 2012.

L'investissement est une chose, bien gérer en est une autre. Une solution innovante est choisie: déléguer la gestion des thermes à une structure spécifique inspirée du modèle allemand : la société publique locale d'exploitation, une société anonyme comparable à n'importe quelle autre entreprise privée mais dont les actionnaires sont des institutions publiques. La Société Publique Locale d'Exploitation des Thermes (SPLETH) est créée avec pour actionnaires, la ville de Balaruc-les-bains, Thau agglo et le département. Elle gère les installations qui restent la propriété de la ville. Elle paye un loyer à la ville et applique la politique des actionnaires pour l'affectation des bénéfices. Comme toute entreprise elle paye également ses impôts (voir encadré en colonne à gauche).
La SPLETH emploie directement 400 personnes et fait vivre environ 2.000 personnes dans les activités liées aux soins, à l'hébergement des curistes (hôtels, campings, villages vacances, locations saisonnières, etc.) ou à la maintenance des équipements. Les retombées concernent aussi les communes des environs : la blanchisserie des thermes vient par exemple d'être délocalisée à Gigean sur le parc d'activité communautaire de la Clau. "Sans les thermes, le picpoul de Pinet n'aurait pas une telle notoriété" affirme en souriant Gérard Canovas.

Balaruc-les-bains, première station thermale de France

En 2014, la station a reçu un peu plus de 46.000 curistes. Elle s'impose comme la première station thermale de France avec des retombées considérables pour l'économie locale. En langage hôtelier, ce sont 1,5 million de nuitées, davantage que Montpellier ! Le nouvel établissement thermal qui est déjà en rodage, accueille ses premiers clients avant même l'ouverture officielle du 2 mars. Gérard Canovas en espère 48.000 sur l'année 2015.
Dans le futur, o
utre les activités liées à la rhumatologie et à la phlébologie, les cures libres de bien-être seront développées ainsi que les stages de sportifs de haut niveau, en cohérence avec le projet de création d'un stade sur la zone du Fiau à l'entrée de la commune et le développement des activités thermoludiques.