La saga de la tielle : de sa naissance à nos jours

Christian Dassé, de l’entreprise TIELLES DASSE et Président de l'APGS, nous précise comment la tielle est devenue une véritable institution de la gastronomie sétoise Il faut remonter aux années 1930 et à l’ingéniosité d’une famille italienne pour que soit commercialisée cette petite tourte garnie de poulpe épicé, qui était jusqu'alors le traditionnel déjeuner des pêcheurs italiens du Quartier-Haut.dasse222Capture

Cette spécialité est de nos jours en vente dans les nombreuses fabriques artisanales de tielles de la ville et est proposée par de nombreux restaurants. C'est dans ce sens qu'un monument à la gloire d'un poulpe a été érigé sur la place de la Mairie. Cette magnifique tourte nous est venue d'Italie dans les bagages des émigrants italiens de GAETA au nord de Naples à la fin du XIXème siècle.

 

Car, à cette époque-là, pour éviter que leur pizza ne sèche trop vite, après avoir observé les soldats espagnols, les italiens, copiant leurs envahisseurs de l'époque, eurent l'idée de les recouvrir. Pour des raisons pratiques la pizza recouverte ainsi obtenue ne fut plus cuite directement sur sur la sole du four mais dans un plat de terre cuite appelée "TEGLIA"... Qui de nos jour avec une forme générale rectangulaire ou ronde et des bas cotés sont en métal revêtu d'anti-adhésif soit en porcelaine ou en poterie, vitrés à l' intérieur.

C'est ainsi que naquit la tielle... Cependant , à la fin du xixème siècle, poussés par la misère qui ravageait le Sud de la Péninsule, de nombreux Italiens au cours de différentes vagues de migration vont débarquer à Sète. Pêcheurs ou agriculteurs, ils essayeront petit à petit de s’intégrer dans leur ville d’accueil, en combinant leur culture d'origine avec l’identité sétoise. Aujourd’hui, certains quartiers de la ville, mais aussi la gastronomie et les expressions issues du napolitain qu’utilisent encore les jeunes générations, révèlent l’empreinte italienne de Sète. Au début de leur installation à Sète, les pécheurs gaétans conservant leur culture culinaire ont fait la tielle comme dans la région de Gaëta...

 

La tielle de pouffre dans un sac mis dan le cartable et fait de morceaux de vieille voile cousue était le quotidien des petits d'origine italienne tandis que les petits Sétois mangeaient des croissants du boulanger. La tielle était aussi l'ordinaire des pécheurs installés au quartier haut ou était regroupée la communauté italienne, car le poulpe n'attirait pas les consommateurs de la société sétoise. 

Dans ce quartier pauvre où l'on vivait à l'italienne en parlant le napolitain, l'on mangeait surtout ce que le père ramenait à la maison après avoir pêché et avoir vendu au mieux les produits de la mer.

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La tielle n'avait alors aucun succès dans la "Société sétoise" car vue comme étant une nourriture de pauvre.

Mais dans les années 30, Adrienne, et son mari Bruno VIRDUCI un Italien du sud vont donner à la tielle une reconnaissance qui ne sera plus démentie...

A suivre... Une fois mariée et déjà mère de famille, Adrienne ouvre un étal de coquillages au pont de la Civette.

Dès que les enfants sont en âge de le faire, ils viennent lui prêter main forte. Ce sont les Filles, Marie-Louise, surnommée Fanny et Paulette qui finissent par tenir leur stand. Mais l'aventure tourne court. On leur enlève leur emplacement.

Adrienne ne perd pas de temps, elle a déjà ouvert un autre stand sur la Marine : "La Reine des Mers." Mais il lui faut à tout prix un point de vente en ville. Elle installe un banc de coquillages rue Honoré Euzet, devant la Brasserie Alsacienne, puis un autre devant le bar "Le Colibri" qui appartient à Auguste, à la place du pâtissier Aprile. On est aux environs des années 1950.

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L'épopée de la tielle avait commencé en 1937, bien après la naissance de son dernier enfant A cette époque, pour se faire un complément de revenu, l'infatigable Adrienne fabrique chez elle ces tourtes à l'italienne et les fait cuire dans sa cuisinière avant de les apporter au four du boulanger Lubrano.

 Elle les vend à des étaliers du marché. Devant le succès du produit, elle achète un magasin de pêcheur situé sous les escaliers de la macaronade, derrière l'ancien marché au poisson de la Marine. Devant ce magasin, la Marseillaise possède un banc où elle vend elle aussi des coquillages. Là, la famille crée un point de fabrication important. Tout le monde s'y met. On réhabilite le local.

Et on part à la Foire de Marseille acheter du matériel professionnel (four, pétrin,frigos), entassé dans la seule voiture de la famille, celle de Mimi Ciani.

Désormais, dans tous les étals et les commerces des Verduci et alliés, on vend la fameuse tielle.

Puis les restaurants en demandent. Achille, le dernier fils d'Adrienne rachète la Marseillaise et il finit par abandonner la vente de la tielle.

Ce furent ensuite deux des autres filles d'Adrienne qui se lancèrent dans l'aventure de la tielle.

Jeanine de son côté a épousé Robert Dassé, patron d'un remorqueur, Le Pégase, qui travaillait avec la raffinerie de Frontignan, la SOCONI. Elle suit alors le même parcours que sa mère en commençant à fabriquer des tielles chez elle, rue de la Fraternité, aux alentours des années 1960 et à les cuire dans le four du boulanger. Elle les vend au Colibri avant de créer son magasin, rue Révolution. Elle a 5 enfants : Francis, Daniel, Véronique, René et Christian.

Ce dernier d'abord militaire de carrière, reviendra à Sète pour créer en 2008 une unité de production exemplaire. Si chacun des petits-enfants garde sa méthode et sa façon pour travailler, Christian organise un système avantageux de centrale d'achat qui permet de fournir en matière première presque toute la famille.

Si Robert Cianni a comme son oncle Achille, renoncé à la tielle pour bifurquer vers la restauration, Thierry et Alain ont continué à produire cette spécialité devenue depuis l'un des fleurons de la gastronomie sétoise.

De leur côté, les fils de Mimi Cianni et Paulette, (Robert, Thierry et Alain), ont repris le flambeau.dasseDSC_0004 (3)

c'est pour cela qu'aujourd'hui encore vous trouverez les petits enfants et arrières petits enfants aux commandes des fabriques artisanales DASSE, VIRDUCCI et CIANNI... car la tielle de Sète est l'apanage d'une dynastie, celle d'Adrienne et Bruno VIRDUCCI ainsi que de leur descendance qui héritèrent tous de la recette et du savoir faire ...

Et pour continuer sur la même voie, Véronique, René et Christian, en l'honneur de leur maman, ont ouvert dernièrement, la Maison de Jeanine à Montpellier, pour que de la Tielle sétoise soit appréciée comme il se doit bien au-delà du Bassin de Thau en gardant son caractère originel.

 

Brocante - les conseils d'un pro

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LA PASSION DE LA DÉCOUVERTE

Pourquoi ce titre : la passion de la découverte ? Parce que la découverte est une passion tout comme la chine, tout comme la collection. Parce que chiner c'est conjuguer le passé au présent, ressusciter un objet endormi, répondre à la question du poète : objets inanimés vous avez bien une âme. Parce que chiner, c'est agir de manière écologique.

LES CHINEURS : UNE GRANDE FAMILLE

Amateurs ou professionnels, chineurs ou collectionneurs, tous ont un point commun, la passion. Chaque semaine vous irez avec eux chiner dans les foires et les marchés aux puces, dans les brocantes et les salons, les braderies et les vide-greniers, dans toute la France et même au-delà. Et bientôt, sans vous connaître, vous vous reconnaîtrez comme faisant partie de la même famille.

LA CHINE : UNE ÉCOLE DE PATIENCE

Chiner ce n'est pas aller en famille dans un magasin, pour y acheter un secrétaire de 1,12 m de large, afin qu'il trouve exactement sa place entre la cheminée et la fenêtre du salon.
Ce n'est pas aller chercher dans le vide-greniers qui se tiendra le samedi suivant, au coin de la rue, la série complète des boîtes Banania pour égayer une étagère de la cuisine ; même si vous avez lu la veille, dans un magazine de décoration, gue les objets publicitaires sont à la mode.
Dans les deux cas, vous risqueriez de vous exposer à une désagréable déconvenue car chiner, ce n'est pas trouver, à coup sûr, un meuble ou un objet des siècles passés, comme on achète un article vu dans un catalogue ou sur une publicité. Au contraire, la chine est une preuve, et non pas une épreuve, de patience et de pugnacité, comparable à celle d'un chercheur ou d'un explorateur. Et plus l'objet sera ancien, fragile, délicat, plus il sera rare mais plus la trouvaille prendra pour son découvreur une valeur inestimable. 
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