Et meurent les migrants…

migrP1050636Et discrètement. C'est ce que nous montre l'exposition de Thierry Rat à la galerie Open Space, 8 rue Garenne, jusqu'au 20 avril. Un ensemble d'objets et d'œuvres plastiques évoque le sort de ceux qui ont quitté de lointains pays et qui, parvenus à Calais, ont survécu à leur odyssée…ou non.

 

migrP1050635Thierry Rat enseigne à l'Ecole d'Arts du Calaisis. Il forme de futurs artistes à l'architecture, l'art de la céramique et de l'infographie. Il poursuit des recherches personnelles sur la couleur rouge. Car c'est "la couleur qui reste après toutes les autres". C'est celle dont "l'intensité" visuelle peut exprimer "l'intensité de la souffrance". Le rouge peut exprimer l'intensité des sentiments et des passions, mais à Calais, c'est la fin des espoirs qui consume ceux qui, un jour, débarquent à la gare de Calais-Fretham. Grillages et palissades. Hors la ville, les œuvres de T. Rat évoquent une nature ingrate : des boqueteaux d'arbres noirâtres, hostiles dans leur resserrement.

Et "il pleut tout le temps". Les portraits "crashés" des migrants anonymes, aux traits déformés, fondus qui se noient dans des aplats noirs, pigmentés de rouge. Il ne reste des hommes que des yeux, noyés. Il y a environ trois ans, les migrants s'étaient regroupés hors la ville, dans la "jungle". C'était devenu une petite ville avec ses commerces, ses lieux de culte, ses trafics. Les bulldozers ont détruit la "jungle" et les engins de chantier démolissent les nouveaux abris.

 Ces refuges, ce sont de petites tentes de toile suffisantes pour une personne. Leurs répliques occupent l'espace de la galerie. C'est sous ces frêles abris que certains viennent reposer leur tête. En illustration, le tableau l'Accident, où flamboie le rouge du papier canson déchiré, renvoie à "la rupture, la déchirure", ce moment violent qui peut saccager une vie. Et sous les tentes s'allument des téléphones portables.

Ces appareils sophistiqués permettent de parler à ceux qui sont restés là-bas. Ces conversations sont un contrepoint au dur exil. Exil qui peut être fatal ou se conclure dans un centre de rétention. Eclairant toute la largeur d'un mur, un dessin interpelle.

Derrière le noir du grillage du centre de rétention, une forme rouge, à peine humaine, se dresse en croix de Saint André. Partout s'égrène la litanie des noms des 3 000 victimes de l'exode, terminé en Calaisis. Et suivent les noms de Soudanais, Ethiopiens, Afghans, d'un anonyme de 20 ans mort le 4 juillet 2016.migrP1050639

Si l'on coiffe le casque pour voir le vidéo-poème de l'exposition, la succession de noms devient oppressante. D'autant que les images contrastent avec la disparition des hommes. La caméra montre la cabine d'un camion. Le véhicule longe la barrière du grillage qui isole la voie de circulation. Et les essuie-glaces poursuivent leur mouvement mécanique sur la vitre du poids lourd. Indifférence d'un monde.

 

Thierry Rat a voulu témoigner. Porter le témoignage d'une tragédie sur laquelle ne se penchent guère les médias. Tragédie dont il faut affirmer l'existence.

Hervé Le Blanche

Brocante - les conseils d'un pro

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LA PASSION DE LA DÉCOUVERTE

Pourquoi ce titre : la passion de la découverte ? Parce que la découverte est une passion tout comme la chine, tout comme la collection. Parce que chiner c'est conjuguer le passé au présent, ressusciter un objet endormi, répondre à la question du poète : objets inanimés vous avez bien une âme. Parce que chiner, c'est agir de manière écologique.

LES CHINEURS : UNE GRANDE FAMILLE

Amateurs ou professionnels, chineurs ou collectionneurs, tous ont un point commun, la passion. Chaque semaine vous irez avec eux chiner dans les foires et les marchés aux puces, dans les brocantes et les salons, les braderies et les vide-greniers, dans toute la France et même au-delà. Et bientôt, sans vous connaître, vous vous reconnaîtrez comme faisant partie de la même famille.

LA CHINE : UNE ÉCOLE DE PATIENCE

Chiner ce n'est pas aller en famille dans un magasin, pour y acheter un secrétaire de 1,12 m de large, afin qu'il trouve exactement sa place entre la cheminée et la fenêtre du salon.
Ce n'est pas aller chercher dans le vide-greniers qui se tiendra le samedi suivant, au coin de la rue, la série complète des boîtes Banania pour égayer une étagère de la cuisine ; même si vous avez lu la veille, dans un magazine de décoration, gue les objets publicitaires sont à la mode.
Dans les deux cas, vous risqueriez de vous exposer à une désagréable déconvenue car chiner, ce n'est pas trouver, à coup sûr, un meuble ou un objet des siècles passés, comme on achète un article vu dans un catalogue ou sur une publicité. Au contraire, la chine est une preuve, et non pas une épreuve, de patience et de pugnacité, comparable à celle d'un chercheur ou d'un explorateur. Et plus l'objet sera ancien, fragile, délicat, plus il sera rare mais plus la trouvaille prendra pour son découvreur une valeur inestimable. 
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