Sylvie Serrano, une artiste primitive et sophistiquée.

 

Sylvie Serrano est une artiste humble et discrète quand il lui faut parler de son travail, elle estime, à juste titre, que ce dernier parle pour elle. Je vais donc m’essayer à un travail difficile, vous résumer en quelques mots ce que j’ai ressenti et compris après l’échange que j’ai eu avec l’artiste.

Je partirai tout d’abord d’un constat : l’émotion ressenti face à son Art. Ici pas d’ambages ni de détour, j’ai été foncièrement touché. Touché par l’équilibre de ses toiles, l’aspect brut de ses couleurs mais savamment distillé, couches après couches qui rend ses œuvres si sophistiquées. C’est justement cet aspect «  primitif » et cette paradoxale sophistication qui m’ont interpellé. Car en fait sa démarche est de prime abord simple, elle veut (elle me l’a dit) atteindre le plus grand éventail de personnes possible par ses thèmes : le nue, en l’occurrence, notre état primitif et qui interpelle tout le monde. Comprenant que l’habit oriente socialement le modèle et donc influence le regard du spectateur, donc biaise son jugement, elle nous interpelle tous et nous interroge par effet de miroir sur nos questions essentielles.

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C’est une manière d’universalité dans la forme car il n’y a ni érotisme ni lascivité dans sa démarche, ni une certaine sexualité affichée que l’on peut retrouver chez Modigliani ou bien chez Gauguin durant sa période tahitienne. Ici rien de tout cela, juste un appel à l’introspection, sans hiératisme que l’on retrouve chez les deux maîtres et qui l’on inspirée m’a-t-elle confié. Le sujet est porteur d’une réalité qui n’appartient qu’à celui qui le regarde. Voilà, touché du doigt le jeu voulu par l’artiste, ce genre de mouvement quasi perpétuel entre la toile et celui qui l’admire, ou la regarde, tout simplement…

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Ses fonds, ses arrière-plans sont tout aussi évocateur, ici la stylisation est de mise, on s’éloigne du figuratif et c’est dans cet exercice que Mme Serrano semble donner le champ libre à sa dynamique intérieure, c’est le corollaire du motif qui lui donne en quelque sorte sa justification. On pourrait penser que ce travail est un raccourci pour achever la toile, loin s’en faut ! Ses fonds sont le résultat d’un travail réfléchi en amont, construits étape par étape et qui forme l’écrin de sa composition et qui lui donnent en quelque sorte une carte blanche avec laquelle elle ébranle sa pudeur naturelle. Les couleurs quant à elles nous happent vers un univers chagallien donc imaginaire, une chromatique justement élaborée qui caresse le regard et laisse, une fois de plus, libre court à nos ressentis, nos émotions. On notera aussi la récurrence d’un personnage, le visage d’une femme dotée d’ubiquité semble-t-il, qui incarne la majeure partie de ses modèles (elle travaille sans…) qu’ils soient biens en formes ou plutôt filiformes, aux traits racés et à la jeunesse intemporelle. Un idéale féminin je suppose, son idéale, et qui porte très souvent une chevelure rousse, couleur sulfureuse s’il en est, comme si elle voulait personnifier le désir en le diabolisant, mais pas d’érotisme nous avons dit plus haut. Alors quoi ? A chacun d’en tirer ses conclusions, mais ces dernières sont-elles utiles en matière d’Art ?

Voici brièvement résumées les sensations ressenties au contact de son travail, mais tout n’est que subjectif bien sûr. Mais cet artiste, sétoise d’origine, suit son chemin dans les méandres de la peinture, elle va d’ailleurs exposer son travail au CIAC de Marseille en mars de l’année prochaine, mais avant cela, elle sera présente aux portes ouvertes des Ateliers d’Occitanie en notre bonne ville de Sète courant septembre. Une artiste à suivre, à découvrir, à apprécier car dans la vie comme dans son Art elle projette autant de générosité qu’elle ne questionne…

 

Brocante - les conseils d'un pro

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LA PASSION DE LA DÉCOUVERTE

Pourquoi ce titre : la passion de la découverte ? Parce que la découverte est une passion tout comme la chine, tout comme la collection. Parce que chiner c'est conjuguer le passé au présent, ressusciter un objet endormi, répondre à la question du poète : objets inanimés vous avez bien une âme. Parce que chiner, c'est agir de manière écologique.

LES CHINEURS : UNE GRANDE FAMILLE

Amateurs ou professionnels, chineurs ou collectionneurs, tous ont un point commun, la passion. Chaque semaine vous irez avec eux chiner dans les foires et les marchés aux puces, dans les brocantes et les salons, les braderies et les vide-greniers, dans toute la France et même au-delà. Et bientôt, sans vous connaître, vous vous reconnaîtrez comme faisant partie de la même famille.

LA CHINE : UNE ÉCOLE DE PATIENCE

Chiner ce n'est pas aller en famille dans un magasin, pour y acheter un secrétaire de 1,12 m de large, afin qu'il trouve exactement sa place entre la cheminée et la fenêtre du salon.
Ce n'est pas aller chercher dans le vide-greniers qui se tiendra le samedi suivant, au coin de la rue, la série complète des boîtes Banania pour égayer une étagère de la cuisine ; même si vous avez lu la veille, dans un magazine de décoration, gue les objets publicitaires sont à la mode.
Dans les deux cas, vous risqueriez de vous exposer à une désagréable déconvenue car chiner, ce n'est pas trouver, à coup sûr, un meuble ou un objet des siècles passés, comme on achète un article vu dans un catalogue ou sur une publicité. Au contraire, la chine est une preuve, et non pas une épreuve, de patience et de pugnacité, comparable à celle d'un chercheur ou d'un explorateur. Et plus l'objet sera ancien, fragile, délicat, plus il sera rare mais plus la trouvaille prendra pour son découvreur une valeur inestimable. 
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