Sécheresse cet été : une situation pourtant profitable pour l’étang du Grand Bagnas

 Ces trois derniers mois, la France a connu une succession de canicules et traversé une importante période de sécheresse. Cette dernière a rapidement marqué le paysage sur le littoral héraultais jusqu’à en faire taire les cigales qui, sous les fortes chaleurs, n’ont pratiquement plus chanté dès le début du mois d’août. Le Bagnas et son étang n’échappent pas à cette sécheresse. En revanche, cet asséchement de l’étang, appelé « assec » est une étape indispensable à son bon fonctionnement. L’étang du Grand Bagnas est une étendue d’eau légèrement salée (saumâtre) couvrant majeure partie de la réserve. Cet étang abrite une très grande diversité d’habitats accueillant un grand nombre d’espèces animales et végétales protégées. Cette précieuse mosaïque de milieux naturels située entre Agde et Marseillan est façonnée par l’évolution des hauteurs d’eau au fil des mois.

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En Méditerranée, l’évolution naturelle des hauteurs d’eau sur un marais prévoit parfois un assec en été. Pourtant, depuis l’aire d’observation du Grand Bagnas, de nombreuses personnes s’effraient d’observer le sol sec et craquelé de l’étang. Mais d’où provient l’eau de l’étang du Bagnas ?

L’ADENA, en tant que gestionnaire de la réserve naturelle du Bagnas a pour mission de gérer, préserver et valoriser cet espace naturel. Ainsi, l’ADENA étudie, analyse, décrit l’environnement, pour pouvoir évaluer et ajuster ses actions en vue de répondre aux objectifs d’un plan de gestion. Ce document officiel a été produit par le gestionnaire et ses partenaires avant d’être validé par une commission scientifique et l’Etat français en 2019 pour une durée de 10 ans.

Les niveaux d’eau de l’étang sont ainsi définis par le plan de gestion afin de garantir le maintien et le développement de la biodiversité sur la réserve naturelle. L’ADENA respecte ces hauteurs, en ouvrant des vannes, appelées « martelières », qui permettent de gérer la circulation de l’eau en provenance du Canal du Midi mais également des précipitations. Depuis le début de l’hiver, nos ouvrages hydrauliques sont restés ouverts au maximum du côté du Canal du Midi.

Par manque de précipitations, l’étang du Grand Bagnas n’a pas récupéré des niveaux d’eau assez haut avant la saison estivale. C’est ainsi qu’il a fini par s’assécher, petit à petit et sans aucune vidange, par simple évaporation. Un assec non programmé qui peut être bénéfique au fonctionnement de l’étang L’équilibre d’un étang est très fragile et les assecs sont indispensables dans la nature pour maintenir une grande biodiversité. Avec une faible profondeur, la lumière peut pénétrer aisément dans l’eau de l’étang.

 

La lumière permet de faire vivre des espèces végétales (plantes, algues) qui l’utilisent, réalisent la photosynthèse et génèrent de l’oxygène. Cet oxygène est consommé à son tour par des animaux (poissons, larves, ...).

Plantes et algues absorbent le gaz carbonique (CO2) généré par la dégradation de la matière organique (déjections, ...). Un magnifique univers qui se voit perturbé pour diverses raisons : l’accumulation de débris végétaux, les apports non voulus d’engrais, l’eutrophisation pollution qui se  produit lorsque le milieu reçoit trop de matières nutritives). La mise en assec tend à corriger ces détériorations.

 

C’est aussi l’occasion, selon les besoins, de faire différents travaux : curage, réparation des digues, nettoyage des ouvrages hydrauliques, ... Cet assec est naturel. Néanmoins, depuis le dernier assec programmé, en 2016, l’étang montrait déjà des signes importants d’envasement. L’herbier (plantes aquatiques très appréciées des canards) commençait à se détériorer et nos effectifs d’oiseaux d’eau commençaient à baisser des suites d’une possible eutrophisation de l’étang.

 

L’assec de cette année permettra de minéraliser la matière organique, de redynamiser cet herbier et de maintenir la biodiversité présente sur l’étang. Cet assec limite cependant la possibilité, pour cette année, d’offrir de bonnes conditions pour les haltes migratoires de nombreux oiseaux d’eau. Dans ce contexte de changement climatique, l’ADENA étudie d’ores et déjà les possibles conséquences liées aux sécheresses, aux intrusions salines et à la raréfaction de l’eau.

La répétition de ces évènements aura inévitablement un impact sur les espèces animales et végétales protégées dont le cycle de vie dépend de la présence d’eau douce. Actuellement, l’ADENA cherche à définir sur quels sites ont pu se reporter les oiseaux d’eau en comparant les données des suivis de l’étang du Bagnas aux données des gestionnaires d’autres étangs et lagunes de l’Hérault.

Photographie : © Clara Rondeau – ADENA 2022 Clara Rondeau, Chargée d’études scientifiques

 

L’association ADENA L’ADENA est une association de préservation et de sensibilisation à la nature, experte en zones humides littorales méditerranéennes. A la croisée du Bassin de Thau et de la Vallée de l’Hérault, elle est située sur la commune d’Agde, en Région Occitanie. Depuis 1983, l’ADENA a ancré son action locale à travers la gestion de la Réserve naturelle nationale du Bagnas, créée à la suite d’une mobilisation citoyenne sur le territoire. Aujourd’hui, l’expertise scientifique et pédagogique de l’ADENA s’étend sur un territoire élargi aux espaces connectés du Bagnas

Ouvrages sur Marseillan


La légende attribue la fondation de Marseillan à des commerçants de Marseille qui furent les premiers à installer des comptoirs commerciaux autour de notre bassin. Grâce à sa situation exceptionnelle entre mer, vignes et étang, Marseillan a su allier l'attrait d'une station balnéaire, avec sa plage de sable fin, à son folklore et ses pêches traditionnelles. La vigne apportée par les Phocéens a toujours permis de produire des vins de très grande qualité.
A l'aide de 230 cartes postales et photographies anciennes, l'auteur nous emmène à la rencontre des artisans, commerçants et autres petits métiers qui ont animé la cité au bénéfice de ses habitants. Passionné par la recherche iconographique et l'histoire populaire de Marseillan, Jean-Vincent Molino travaille depuis 40 ans à la sauvegarde de ce patrimoine local que certains ont connu ou méconnu, espérant retracer le charme, l'ambiance et les souvenirs de ces époques aujourd'hui révolues. > Marseillan parJean-Vincent Molino

Pour être complet, il faut signaler un livre rare et difficile à trouver aujourd'hui, réalisé par des amoureux du village avec la collection iconographique exceptionnelle de Monsieur Jean-Vincent Molino. "Marseillan d'hier et d'aujourd'hui" (Les Editions du Mistral).