J'étais gueule rouge à Mèze - 3ème volet

À gauche le casque du "chef", à droite celui de l'ouvrier.

Nous abordons cette fois, toujours grâce à Rémy Martin, le travail proprement dit du mineur de bauxite sur le secteur de La Rouquette-Montplaisir. La mine fonctionne 24h/24 grâce aux trois-huit, système d'organisation d'horaires de travail au poste permettant une exploitation continue jusqu'au samedi 4h. Sauf imprévu ou maintenance particulière, samedi et dimanche : repos !

Le poste "mineur" :

  • 4h - 12h
  • 12h - 20h
  • 20h - 4h (travail de nuit).

Pour le poste "entretien", une équipe opère de 7h à 15h.

À son arrivée sur le carreau, le mineur se dirige vers "la salle des pendus" où, en l'air justement, se trouve sa tenue. À l'aide d'une corde, il récupère ses vêtements de travail secs du fait de leur position car la salle est chauffée. Conjointement, la salle des douches attend la sortie de l'équipe qui va être remplacée et faire le chemin inverse. À chaque prise de poste, avant la descente, il passe à la lampisterie et reçoit une lampe en ordre de marche en échange de son jeton personnel. Lampe et jeton portent le même numéro. Ce dernier reste accroché au râtelier de la lampisterie, indiquant par là que l'usager de la lampe se trouve au travail dans le fond. Ensuite, sous le contrôle du "porion" (chef d'équipe) le mineur prend place dans la cage (ascenseur) avec sa quinzaine de collègues. Deux signaux

(lumineux et sonores) annoncent la descente (130 mètres pour le puits de La Rouquette). Pas de porte pour cette cage, simplement une chaîne ! À l'arrivée, une grande salle très éclairée avec d'un côté l'atelier et de l'autre le réfectoire (pour le poste 7h-15h uniquement). Les autres réfectoires suivent la progression de l'exploitation : là, chacun pose son panier-repas pour la coupure. Le porion donne alors les directives et ventile les ouvriers :

  • les conducteurs d'engins (gaz-oil désulfurisé ou électricité)
  • le préposé au convoyeur à bande du minerai, à la retaille éventuelle des blocs, au compte des godets…
  • les chargés du soutènement dans les galeries
  • les artificiers

Chaque mineur a sa spécialité mais son action est intimement liée à celle du mineur suivant. La solidarité est le maître mot au fond du "trou".

Nous nous sommes attardés à deux tâches qui nous ont paru essentielles : le soutènement et le minage.

 

 

Le soutènement

Il s'agit de sécuriser surtout le toit de la galerie afin d'éviter ou de prévenir un éboulement. Pour cela le travail s'effectue essentiellement à l'aide d'engins motorisés ou électriques. Tous les 80cm environ, la roche ou le minerai est percé sur une profondeur de 1m80 à l'aide d'une perceuse hydraulique  (tous les forages sont effectués "sous eau"). Par un système de sarbacane une cartouche de résine-durcisseur est envoyée au fond du trou. Un boulon est enfilé (poussée et rotation). Il servira de fixation à des bandes grillagées de protection (photo ci-dessous).

 

 

Le minage du front de taille

C'est une opération délicate effectuée par des spécialistes artificiers. On travaille toujours ou le plus souvent possible dans le minerai et on laisse une hauteur au toit d'environ 80cm afin d'assurer une meilleure protection. Profondeur de forage à l'eau de 3m. Hauteur de la galerie env. 5m. Largeur 4 à 5m. Le front de taille est donc troué de manière méthodique. Les cavités reçoivent des cartouches de dynamite de 200g avec amorce et reliées entre elles par des fils électriques jusqu'à "la marmotte" (génératrice d'enclenchement). Pour la "volée" qui nous intéresse, 29 amorces électriques à micro retard du N° 0 (bouchon) au N° 4 le plus souvent (couronne et pied), sont nécessaires ; cela peut aller jusqu'au N° 10 et + selon l'importance du tir de mine. Ainsi les déflagrations se succèdent (voir schéma ci-dessous). On a pris grand soin d'arrêter la ventilation et de mettre en ALERTE la portion de mine concernée. Le "ATTENTION, ÇA BRÛLE !" crié et colporté annonce les explosions imminentes.

 

Après la dissipation des fumées de tir, l'inspection "au pied de biche" avec des pinces à purger et "au son" de la nouvelle cavité, les chargeurs ST5 (godet de 5 tonnes) effectuent le déblaiement. Ci-dessous un ST10 (godet de 10 tonnes) radio-commandé, utilisé une seule fois sur La Rouquette-Montplaisir.

Nous venons de voir le travail en majorité mécanisé du mineur des "grandes" galeries. Pour les plus étroites le labeur était alors assuré manuellement. Très pénible il concernait des duos de mineurs. Le perforateur "Meudon" et sa mèche d'1m50, très bruyant (coquilles de protection sur les oreilles), nécessitait un guidage à deux. Le manque de place obligeait des actions individuelles. Le godet du chargeur qui évacuait, ne dépassait pas une contenance de 1,5 tonne.

Toute la synergie énumérée nécessitait une maintenance et une stratégie de travail pointues. C'est là que le poste "entretien" prend toute son importance. Il est composé de 3 équipes :

  • les mécaniciens et électriciens
  • l'équipement
  • le transport du minerai au jour (similitude à la structure carrière).

Les deux premières structures opèrent au fond de la mine de 7h à 15h. Leur base est à l'atelier. Leurs interventions sont liées à la bonne marche des machines et des véhicules. L'acheminement de l'électricité (380 Volts), la gouvernance de postes 5 000 Volts et de transformateurs à pyralène (interdits en 1987) méritent une surveillance de tous les instants. Côté équipement, même chose : il faut gérer le captage des eaux, les exhaures, le système de ventilation… Tout ceci est en perpétuelle mutation du fait de la progression de l'exploitation. Montage, démontage et remontage sont des préoccupations permanentes. Se rajoutent le plein des engins, le filtrage des gaz d'échappements… Un ouvrier spécialisé est préposé aux explosifs "tenus à l'écart" dans un fond de galerie et répertoriés avec minutie.

Et tout ce personnel ? Comment est-il "géré" ? Par qui et comment ? Ce sera notre prochain volet, le 4ème. Sachez, pour votre gouverne, que l'exploitation des mines est régie par le code minier plus particulièrement l'article L 111-1 intégrant la bauxite… Notre article se termine par la poésie :  Aux gueules rouges.

Gueule noire en ré mineur

Gueule rouge, mort en sursis,

Tu colores au sang tes soucis,

Dans les bas-fonds de la douleur.

 

Ta lanterne n'est pas magique,

Ali-Baba est en enfer,

Dans ta prison bleue, mise aux fers,

Avec des claques, sans tes cliques.

 

Ton fard, le pourpre de la terre,

Ton ciel, la nuit, l'éternité,

Creusant le tombeau d'Astarté,

Et le puits pour la mise en bière.

 

Robin des Bois des oubliettes,

Le Cupidon des sans-papiers,

L'art mineur, ce n'est pas le pied,

Tom Pouce n'est point de la fête.

 

Masqué du rouge de la honte,

Dans les abysses d'un volcan,

Ne dansant plus le french-cancan,

Tu meurs au bing d'une bombe.

 

Dans ta main un flambeau éteint,

Côté face, ta conscience,

Côté pile, la souffrance,

Ton beau miroir, l'œil de Caïn.

 

Illusionniste ta magie,

Ne se fait pas dans la dentelle,

Ta gueule rouge se craquèle,

Dans le quartier des sans-logis.

 

 

 

Germaine COUCHET,

poétesse Mézoise,

Membre du Club Brassens

et du Repérage Poétique.


Les photos identifiées  http://museedesgueulesrouges.fr/ sont la propriété du Musée des Gueules Rouges, avenue de la Libération - 83170 Tourves. Plus de renseignements ici

Avec l'APAVH, Voyou, le beau chat, est à l'adoption

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"L'histoire de ma courte année de vie est triste, comme celle de milliers d'autres animaux sur cette pauvre planète. J'ai très certainement été donné lorsque j'étais un bébé à n'importe qui. Une fois que j'ai passé l'âge d'être un tout petit, je n'ai plus intéressé les membres de la famille. Du grand classique chez les humains. Ils m'ont donc tout simplement abandonné comme si c'était un acte normal et absolument pas grave. Un acte anodin dans de pauvres esprits. Je suis resté de long mois dehors... j'avais très faim et j'étais blessé. Je manquais énormément d'amour, je cherchais à rentrer chez des voisins, je cherchais désespérément une personne qui allait enfin me voir, je cherchais de l'aide tout simplement. ""J'ai mis du temps à en trouver... mon désarroi ne faisait que grandir... jusqu'à ce qu'une personne se mobilise enfin pour moi et contacte l'association. Merci du fond de mon petit coeur à cette personne. Ce fût la fin de mon calvaire de chat de rue. Depuis quelques semaines auprès de famille d'accueil, je revis ! Je suis enfin épanoui, je reçois enfin l'amour que je mérite et croyez moi je leur fais des milliers de ronrons et de bisous. Je suis devenu zen, tranquille, je ne suis plus inquiet( la preuve, je dors en montrant mon ventre ce qui est signe pour le chat d'une parfaite confiance)..."

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