J'étais gueule rouge à Mèze - 4ème volet

Ce 4ème volet va nous donner une idée du rôle et de la place de la gueule rouge dans la société.

Le logement de la direction de Péchiney, Bd Foch à Mèze Le siège du C.E. et du syndicat, 11 avenue de Pèzenas à Mèze

- Photos Thau Info (2016) -

1)    Le mineur dans la mine.

L’organisation du travail est régie par le Code Minier définissant les conditions de travail, de santé et de sécurité. Si jusqu’en 1968, le délégué du personnel a peu d’impact et une représentativité « à l’émotion », les habitudes vont changer radicalement, conséquence des évènements (entre autres) du mois de mai de la même année. L’employeur doit appliquer ce code créé le 16 août 1956, réformé une première fois en 1970. Il comporte, en outre, la formation du délégué. C’est une révolution dans le bon sens du terme en ce qui concerne la législation du travail. Rémy Martin, vous l’avez deviné, a occupé cette fonction dans le groupe Péchiney puis Alusuisse par la suite. À l’école de la C.G.T., l’homme a appris au CERCHAR (Centre d’Études et de Recherches de Charbonnages de France), à Courcelles-sur-Yvette, à l’École des Mines d’Alès, à Sète, toute la réglementation de son métier et de l’action syndicale. Élu dans la tradition, sur le carreau de la mine, par ses camarades et en présence d’un officier de l’état-civil (Maire-adjoint de la Ville de Mèze), Rémy partage sa semaine de travail entre :

  • des visites réglementaires (avancement des travaux, sécurité, hygiène…)
  • des visites de postes (le duo lampe-jeton renseigne sur la durée de présence au fond : pas plus de 7h45).
  • des rapports divers d’accidents dont 5 décès
  • pendant les heures restantes, il rejoint les autres mineurs.

Ses comptes-rendus archivés, datés et signés attestent d’une situation transmise à l’autorité du Préfet. L’ingénieur de la mine fait de même pour sa direction uniquement. Le complément de temps est passé au fond de la mine. Permanent du syndicat CGT sur l’entreprise Péchiney, il veille sur les éventuelles anomalies côté salaires ou promotions. Lorsque le puits de La Rouquette ferme, en 1988-89, c’est le drame. Les contrats nationaux qui allaient jusqu’en 1993 (durée de 20 ans) ne pouvant être couverts par la société exploitante, c’est le licenciement. La lutte pour sauvegarder les droits des mineurs s’engage. Lettres, émission à Radio Thau Séte avec Louis Jeanjean, exposé au Conseil Général, entrevues favorisées par Y. Piétrasanta, M. Barbera, J. Lacombe avec Michel Rocard, Pierre Mauroy ou Roger Fauroux, ministre de l’industrie et de la Recherche se succèdent sans résultats probants.

   
 
 


 

 

 Pétanque sur le carreau pendant la grêve    Manifestation en ville    Manifestation devant la mairie

Des manifestations, des grèves sur le carreau suivent. La belle solidarité du fond de la mine éclate. Les conséquences sociales sont dévastatrices. Les propositions individuelles de primes de départ volontaire, de démission « d’arrangement », le chantage de la direction sèment la zizanie. Certains s’en vont loin. La plupart se retrouveront à St Farriol (Villeveyrac), d’autres aux Baux de Provence ou à Brignoles. Le bouclage des 30 ans nécessaires à une retraite décente ne se fera pas à quelques exceptions près.

Rémy est aussi secrétaire du Comité d’Établissement sis 11, avenue de Pézenas, ancien Hôtel du Parc (2 jours de permanence par semaine). Le CE dispose alors, côté finances, des 3,606 % de la masse salariale de l’entreprise. Cette manne est ventilée pour les œuvres sociales : gestion du fonds de solidarité, colonies de vacances des enfants, vacances studieuses des ados (USA, Angleterre, Espagne, Allemagne), bibliothèques (enfants, adultes), voyages en France et à l’étranger, gestion des jardins ouvriers, arbre de Noël des enfants des mineurs, organisation de la fête de la Ste Barbe… Une aide administrative importante se met en place. Mme Rouquette assure le secrétariat 3 jours par semaine. Les dépenses d’entretien, les frais de fonctionnement, sont à la charge de Péchiney.

À la fermeture définitive des mines sur Mèze, le Comité d’Établissement, qui n’a plus lieu d’exister et après bien des tractations, prend le régime associatif. Il devient l’APAP (Association du Personnel Aluminium Péchiney), récupère du matériel et, pour une somme modique, les terrains des jardins ouvriers à la disposition des mineurs situés à Villeveyrac et Bédarieux. En contre partie, l’APAP s’engage à exister jusqu’en 1993. 2015 : cette dernière, toujours en vie vient de fêter la Ste Barbe comme il se doit !

  1. Le mineur dans la cité.

Nous avons vu dans les volets précédents que le mineur travaille sous le système des 3x8. La pénibilité et les risques du métier sont compensés par des avantages sociaux (salaires conséquents, accès à la propriété facilité par le 1% patronal : cité des Horts, résidence Antarès, lotissement la Fringadelle…) quelque peu jalousés. Le mineur sort en ville bien habillé, pratique ses loisirs « quand les autres travaillent ». Sa profession est « bien protégée ». Rien à voir avec le régime conchylicole ou agricole. À Mèze, à la fin des années 70, des évènements épisodiques à grande échelle tels que des épidémies, des mortalités massives, des efflorescences d’algues toxiques se produisent dans l’environnement marin. Afin de compenser le manque à gagner une partie de la population mézoise sinistrée travaille à la mine (creusement d’accès au gisement). Elle n’y restera pas une fois l’étang redevenu « à la normale ». Quant aux 160 mineurs et leur famille, ils s’intègrent dans la vie de la cité. Ils pratiquent la pétanque sur le terrain où s’érige actuellement La Poste, le jeu Lyonnais avec la Boule d’Azur, le cyclisme, le football, relancent le judo à Mèze grâce à Euzèbe Péréa (*) et les tatamis du C.E. de Péchiney… (*) Un challenge de judo porte son nom pour honorer sa mémoire et son action bénévole. Ils feront partie aussi du conseil municipal. En juin 2007, dans le cadre de l’exposition « Lumières de la mine », au Château de Girard, les deux camps se sont dit leurs ressentiments de l’époque tout naturellement. La confrontation pacifique a permis à chacun de mieux connaître l’autre. Le passé local s’est réunifié et reste bien vivant autour d’une page d’histoire « à ne pas oublier ». Et si ce « Musée de la Mine » voyait enfin le jour à Mèze !

Gueules rouges cyclistes (photo R. Martin) Gueules rouges footballeurs (photo R. Martin)

Prochain et dernier volet (vidéo) : Rémy Martin nous parle de "sa" mine.

Avec l'APAVH, Voyou, le beau chat, est à l'adoption

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"L'histoire de ma courte année de vie est triste, comme celle de milliers d'autres animaux sur cette pauvre planète. J'ai très certainement été donné lorsque j'étais un bébé à n'importe qui. Une fois que j'ai passé l'âge d'être un tout petit, je n'ai plus intéressé les membres de la famille. Du grand classique chez les humains. Ils m'ont donc tout simplement abandonné comme si c'était un acte normal et absolument pas grave. Un acte anodin dans de pauvres esprits. Je suis resté de long mois dehors... j'avais très faim et j'étais blessé. Je manquais énormément d'amour, je cherchais à rentrer chez des voisins, je cherchais désespérément une personne qui allait enfin me voir, je cherchais de l'aide tout simplement. ""J'ai mis du temps à en trouver... mon désarroi ne faisait que grandir... jusqu'à ce qu'une personne se mobilise enfin pour moi et contacte l'association. Merci du fond de mon petit coeur à cette personne. Ce fût la fin de mon calvaire de chat de rue. Depuis quelques semaines auprès de famille d'accueil, je revis ! Je suis enfin épanoui, je reçois enfin l'amour que je mérite et croyez moi je leur fais des milliers de ronrons et de bisous. Je suis devenu zen, tranquille, je ne suis plus inquiet( la preuve, je dors en montrant mon ventre ce qui est signe pour le chat d'une parfaite confiance)..."

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