Un 11 novembre particulier

101ème anniversaire d'un armistice qui mit fin à la première guerre mondiale… un guerre d'usure atroce, inutile (comme toutes), la guerre préférée de Georges Brassens :

" Moi, mon colon, cell' que j' préfère,
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit ! "

Extrait du JDD (5/11/11) :

À 8 h 30 arrivait une dépêche ainsi conçue : "L’armistice est signé, il commence à 11 heures." Jamais aucun être humain n’a mieux connu la joie de vivre que le soldat à cette minute inoubliable, jamais il n’a autant souhaité échapper à la mort pour parvenir à cette heure de calme tant désirée, tant attendue et toujours retardée. […] Sur la ligne de feu, les hommes se terrent, il ne s’agit plus que de vivre encore quelques quarts d’heure et puis c’est le salut ! Seule la mitrailleuse salue ceux qui bougent et le temps s’écoule lentement. […]

10 h 45, l’artillerie lourde allemande continue son œuvre de destruction et un obus démolit une maison à quelques mètres de l’église.

10 h 55, la mitrailleuse tire toujours.

11 heures, un clairon sonne "Cessez le feu ! Levez-vous !" Le refrain se propage le long de la ligne mais personne ne lève le nez.

Le silence plane sur le champ de bataille. Soudain l’admirable sonnerie "Au Drapeau !" traverse les airs. La dernière note s’est à peine perdue dans la vallée que, de la prairie rase où le régiment a disparu dans les trous pour mieux tenir, monte le chant de la Marseillaise. Indécis au début, il s’enfle peu à peu et le refrain est hurlé à pleine gorge par les 1.200 braves dont la mort n’a pas voulu et qui chantent à cette heure beaucoup plus leur joie de vivre que la fierté de leur triomphe. […] À la première minute, la bête humaine avait triomphé et le sentiment qui dominait cette foule était la joie intense d’avoir échappé à l’enfer du combat, de vivre ! Oui, de vivre, car à cet instant, ce mot résumait tout ! Mais quand, après avoir contemplé le ciel, nos yeux se reportèrent sur le terrain que nous avions conquis et gardé, nous vîmes combien nous l’avions payé cher. Les morts crispés dans leurs dernières convulsions jonchaient le sol.

"Mourir le dernier jour de la guerre, c’est mourir deux fois !"

Les autorités civiles et militaires se sont donc retrouvées au Monument aux Morts de la Ville de Mèze. Silences, émotions tues, respect et pensées lointaines… On n'oublie pas : posés de gerbes, drapeaux en berne… les discours semblent anodins par rapport aux images qui défilent, aux images racontées…

Ce 11 novembre ne ressemblera pas toutefois aux autres. Le président de la République inaugurera le premier monument national dédié aux morts pour la France en opérations extérieures pour défendre la liberté. La ville de Mèze a hélas donné. Monsieur Le Maire, le Souvenir Français… ont tenu à marquer la disparition du Sergent-Chef Jean-Louis NAVARRO le 7 juin 1992, à 18h en Croatie (ex-Yougoslavie)… Le Mézois, le Français, ce jour-là, a donné sa vie pour la PAIX, lors d'une attaque terroriste serbe à Sarajevo… Le rosier du Souvenir Français a été déposé sur la tombe familiale après les discours émouvants des autorités et de la famille…

Hommage émouvant…