Mèze

Grand Prix du Pélerin du Patrimoine

Yvon Quissargues, curé de la paroisse, nous informe :

Chers Amis,

Vous savez sans doute que les travaux de restauration de la chapelle des Pénitents de Mèze sont bien avancés. Mais il reste encore beaucoup à faire. C’est pour cela que l’association "Les Amis des Pénitents" a décidé de présenter sa candidature au :

GRAND PRIX DU PÉLERIN DU PATRIMOINE 

pour tenter d’obtenir une aide supplémentaire. Nous savons que le soutien populaire compte beaucoup dans les délibérations. C’est pourquoi je fais appel à vous tous en vous demandant de bien vouloir remplir le livret de soutien en ligne. Cela ne vous prendra qu’une minute.

Il suffit de copier le lien ci-dessous dans votre navigateur, remplir et envoyer :

https://www.lepelerin.com/livret-de-soutien-gppp-2020/

Nom du projet : Chapelle des Pénitents de Mèze. Le dossier est déposé ce mercredi 15 avril. Vous pouvez donc intervenir dès à présent. Merci pour votre aide. Amitiés confinées.

Yvon.

Musique et liberté

Confinement actif pour dix professeurs de l'Antenne de Mèze du Conservatoire de Sète Agglopôle… une pure merveille que ce "Libertango" d'Astor Piazzolla !

Merci à : Christelle Esteban (piano), Élisabeth Assens (clarinette), Marion Amouroux (saxophone alto), Christophe Grimalt (trompette), Nicolas Del-Rox (marimba), Matthieu Chédeville (saxophone soprano), Martine Devillers (violoncelle), Mattias Levrero (guitare), Christine Laquerbe (flûte traversière), Guillaume Cazal (percussions).

 

Repenser notre monde, c'est possible !

Effets d'annonces, affirmations et prises de position diamétralement opposées, vérités et contre-vérités… si le français "moyen" "patauge" dans le confinement, il semblerait qu'à l'étage supérieur nos têtes "bien-pensantes" "pédalent" entre chloroquine, ivermectin… vaccin ou pas vaccin, rivotril palliatif (?), masques, gants… peut-être tests de dépistage !!!

En attendant, le monde qui nous entoure a déjà changé et on prépare une sortie de crise. Il faudra faire un choix : ou continuer la course au profit en tuant notre planète, ou prendre le temps de respirer et d'écouter une nature qui nous veut que du bien… La vidéo qui suit (Wings of the Ocean) mérite d'être vue et partagée…

Covid-19 : Mais comment font les Allemands pour avoir moins de morts ?

Document Mediapart de

… Mercredi matin, comme tous les jours, l’institut épidémiologique Robert Koch (RKI) a publié les statistiques nationales avec un décompte de 67 366 personnes contaminées pour 732 décès. Soit un taux de mortalité de 1,08 %. La France affiche un bilan bien plus lourd avec « seulement » 44 550 cas testés mais 3 523 décès.

Pour lutter efficacement contre la maladie, la question de la méthode allemande fait donc sens. Cela, d’autant plus que nos voisins ne pratiquent qu’un confinement partiel. Berlin et les Länder privilégient ainsi « le contrôle du contact plutôt que du déplacement » et ne contrôlent ni le nombre ni la durée des sorties, pourvu que celles-ci se fassent seuls, avec des personnes partageant le confinement ou encore à deux personnes « à distance » au maximum.

Pour le microbiologiste berlinois Olfert Landt, également patron de TIB Molbiol, la principale entreprise allemande de fabrication de tests de dépistage viral, la réponse se trouve sans doute dans une réaction précoce, une politique massive de dépistages et des structures sanitaires qui tiennent encore bien le coup : « Nous testons beaucoup et nous avons commencé très tôt. Nous avons eu un signal d’alerte avec la contamination d’une dizaine de personnes chez l’entreprise Webasto en Bavière au mois de janvier. Les laboratoires allemands ont alors commandé suffisamment tôt. Ils étaient en mesure de proposer rapidement des tests. »

Un drive-in permettant de tester sans sortir de la voiture … © Hendrik Schmidt/via AFP

Olfert Landt, qui a produit ses premiers tests pour la pandémie du SARS-CoV en 2003, avant de continuer pour la grippe aviaire (H5N1) en 2006, ou encore la grippe A (H1N1) en 2009 et le MERS-CoV en 2012, avoue avoir passé les premiers jours de l’année 2020 à mettre au point un protocole de tests pour le Covid-19. À la mi-janvier, la Bavière a par ailleurs signalé un cas possible. Celui-ci a été confirmé quelques jours plus tard. C’était un cadre de l’équipementier automobile Webasto qui, avec quatorze autres collègues, s’est contaminé lors d’un voyage en Chine où l’entreprise réalise une grosse part de son chiffre d’affaires.

Cette annonce intervient alors que l’économie chinoise est en plein ralentissement. À ce moment, les secteurs de l’automobile et de la machine-outil, secteurs clés de l’industrie allemande, sont en état d’alerte maximale. Ils peinent en effet sous le poids de la transition électrique et de la guerre commerciale sino-américaine. Et voilà qu’un nouveau fléau est en train de neutraliser l’un de leurs marchés les plus porteurs, la Chine !

Les décideurs économiques et politiques allemands, et c’est une donnée importante de l’explication, sont donc déjà en alerte rouge avant même que la pandémie touche officiellement le pays. Quand Webasto communique, fin janvier, sur la contamination de ses collaborateurs, l’information fait la une des médias allemands et tout le monde en saisit la portée. À ce moment La Charité de Berlin, le plus gros hôpital allemand et l’un des principaux centres de recherches médicales d’Allemagne, a envoyé à tous les laboratoires du pays les procédures de tests du Covid-19. Quant à la production de TIB Molbiol, elle explose, multipliée par cinq par rapport à la normale.

« Je crois que l’Allemagne a très rapidement pris conscience du début de l’épidémie. Nous l’avons fait deux ou trois semaines plus tôt que certains de nos voisins. Nous y sommes arrivés parce que nous avons beaucoup diagnostiqué, beaucoup testé », explique pour sa part au Zeit le 20 mars le professeur Christian Drosten, directeur de l’Institut de virologie de la Charité à Berlin. L’Allemagne choisit de tester dès l’apparition de plusieurs symptômes, même sous une forme bénigne, puis d’isoler et/ou d’hospitaliser. Avec environ 300 000 lits d’hôpital et 20 000 lits de réanimation sur 28 000 lits de soins intensifs, le pays peut se le permettre.

L’Allemagne suit donc la désormais fameuse « stratégie sud-coréenne » qui revient à ratisser large et à isoler et traiter le plus rapidement possible les personnes contaminées. Ce qui explique au bout du compte pourquoi, non seulement il y a moins de morts en Allemagne dans l’absolu, mais aussi pourquoi le rapport entre décès et nombre de personnes dépistées positives est si peu élevé. Il est ainsi à parier que les chiffres de la France, et encore plus de l’Italie, où l’on ne teste que les cas vraiment graves, laissent dans l’ombre un nombre élevé de personnes contaminées non recensées.

À la fin du mois de mars, le ministère fédéral de la santé, qui s’appuie sur les chiffres de l’Institut Robert Koch, annonçait l’exécution d’un minimum de 300 000 tests par semaine. Le professeur Drosten évoquait pour sa part une capacité hebdomadaire de 500 000 tests. Entre les deux chiffres, l’Allemagne offre donc depuis un certain moment une capacité quotidienne de tests comprise entre 42 800 et 71 500 tests. À titre de comparaison, le ministre de la santé français Olivier Véran a annoncé samedi 28 mars que la capacité de tests classiques en France, passera de 12 000 à 30 000 par jour d’ici « une grosse semaine », avant d’être portée à 50 000 fin avril.

Le gouvernement d'Angela Merkel ne compte pas s’arrêter là : un document du ministère de l’intérieur, révélé ce week-end par plusieurs médias, prescrit une stratégie inspirée de la Corée du Sud, avec pas moins de 200 000 tests par jour. Seraient désormais testés tous ceux qui pensent être atteints du Covid-19, ainsi que toutes les personnes susceptibles d'avoir été en contact avec un malade, stipule le document. Actuellement, les dépistages concernent les personnes à la fois malades et ayant été en contact avec une personne positive.

Le document évoque en outre la géolocalisation, outil utilisé par Séoul, « inévitable à long terme » pour permettre à la population de suivre les endroits où des personnes testées positives se trouvent. Déjà, l’opérateur historique Deutsche Telekom a été autorisé à fournir certaines données anonymisées des personnes contaminées afin que l’Institut Robert Koch puisse retracer les modes et lieux de contamination.

Évidemment, la mise au point d’un système de détection et de prévention sur une base de données beaucoup plus large, comme ont pu l’évoquer certains politiques, a conduit à l’ouverture d’un débat animé sur les limites démocratiques de la lutte contre la pandémie. « Une surveillance grâce aux données du portable, serait une grave attaque contre les droits de l’individu », rappelle ainsi la ministre sociale-démocrate de la justice Christine Lambrecht qui n’exclut cependant pas un tel projet sur une base volontaire et contrôlée."

Témoignage d’une infirmière sur les conditions de soin à Lyon dans les services COVID-19

Recueilli sur rebellyon.info - article publié ce 10 avril 2020.

Infirmière dans un grand hôpital lyonnais, J. apporte ici son témoignage sur les conditions de soin effroyables dans les services dédiés au traitement des patients atteints du COVID-19 :

"Lorsque l’on prend son service dans un service hospitalier qui traite les patients covid-19, voici le rappel qui nous est fait ; la transmission du coronavirus est établie en 2 catégories ;
• Gouttelette : c’est-à-dire qu’à chaque fois qu’on respire on diffuse des gouttelettes d’eau invisible qui portent le virus. (D’où la mesure barrière à 1 mètre de distance)
• Contact : c’est-à-dire à chaque contact physique avec le patient et avec ce qu’il a touché.

Dans un hôpital public : des services de soins continus ont été transformés en service de réanimation dite « légère » pour répondre à la pandémie. C’est dans ce cadre que j’interviens.

Les conditions de soins, les moyens

Après quelques politesses on m’explique les mesures d’isolement de ce service pour lutter contre le covid-19 et se protéger.
Niveau matériel, le nerf de notre « guerre » ; nous disposons de 2 masques FFP2 par jour et une charlotte pour la journée (de préférence mais si on abuse il n’y en aura plus). Nos journées durent 12 heures.
Je comprends donc rapidement qu’à partir du moment où je mets un FFP2 sur le visage je ne devrai l’enlever que 6h après (les recommandations stipulent qu’au bout de 4h l’efficacité du masque n’est plus garantie).

[On ne va pas se plaindre déjà on en a ! (Ou pleurnicher comme le dit dans un élan de mépris et de sexisme un célèbre animateur télé payé 100 000€ par mois).]

Pour la charlotte la conclusion est : tu mangeras avec ta charlotte sur la tête tu iras avec ta charlotte aux toilettes, etc…

Puis on passe aux autres équipements :
1 paire de lunettes pour ma venue, on me conseille de la mettre dans mes affaires pour la retrouver pour le lendemain (denrée rare également).
La surblouse à manches longues pour protéger les bras et notre tenue : 1 pour 12 heures c’est-à-dire qu’à chaque fois que je rentre dans la chambre DES patients oui parce qu’on en a plusieurs je devrais remettre la même blouse.
Les protocoles médicaux habituels nous ordonnent de changer de surblouse à chaque patient.
Concrètement : je fais la toilette du patient 1 je garde la même blouse pour le patient 2 … Donc à l’intérieur du service, si ma surblouse est souillée par un patient, elle fait le tour des autres.
On nous demande de les mettre de côté pour que l’hôpital les lavent et les stérilisent… (usage unique ?!)
Les tabliers en papier jetables également : qui protègent en cas de soin mouillant et qui protègent le patient de ce qu’on amène des autres chambres.
Le premier jour on m’a demandé d’en mettre un nouveau par-dessus la surblouse pour chaque patient et à chaque passage.
Puis la consigne a changé : 1 par patient par jour, à mettre de côté et à remettre à chaque fois dans la chambre.

Qui nous donne ces consignes : les responsables des services d’hygiène de l’hôpital qui en fonction des stocks nous donnent la bonne conduite à tenir… Ils sont normalement garants de notre sécurité et de celle des patients.

J’allais oublier les gants : normalement pour tout patient covid ou pas covid les consignes sont claires :
Tout soin où il y a contact avec le patient nécessite des gants ou toute exposition à des liquides biologiques.
Et là…. nouvelle remarque, les gants commencent à manquer, donc il sera possible et concevable que lorsque que nous faisons la toilette des patients, il n’y a plus de nécessité de mettre des gants. Nous procéderons donc aux soins d’hygiène corporelle à mains nues dans les jours à venir si les stocks n’arrivent pas.

C’est bien l’infirmière diplômée d’État hygiéniste qui nous tient ce discours.

L’infirmière contaminante

La journée continue je commence à me sentir sale, j’ai l’impression de diffuser du covid-19 partout ce qui est le cas car comme ils sont tous infectés on ne doit pas s’en faire.
Cependant, on nous demande de désinfecter toutes les surfaces toutes les 3h (poignées de porte \ ordinateur\ téléphone).
Ma surblouse a été à plusieurs reprises empruntée par les médecins qui n’osent pas en prendre une neuve de peur de vider un peu plus les stocks, mes tabliers disparaissent puis reviennent car les autres soignants les utilisent aussi…
Et là ma collègue me dit qu’il ne faut pas s’en faire nos masques n’ont que 20 ans de péremption ! et oui, ils sont périmés depuis 2001.
Ambiance, je vous laisse imaginer la tension qui règne dans ce service qui est transformé (unité de soins continus en unité de réanimation) avec du personnel qui n’est jamais là d’habitude (les infirmiers anesthésistes et les infirmiers de bloc opératoire sont présents ainsi que des intérimaires). Les soignants n’ont pas accès à des plannings clairs et se retrouvent confrontés à de multiples difficultés d’organisation ce qui génère beaucoup de tensions.

Les bouteilles de Solution hydro alcoolique sont sous clef, elles sont gérées par le médecin de garde qui lui n’est même pas au courant de sa mission. Nous perdons du temps afin de savoir comment s’en procurer.
• Des mesures avaient été mises en place pour limiter la transmission gouttelette des patients pour protéger les soignants :
Aérosols interdits (nébulisation de médicaments ce qui propage des gouttelettes partout dans la chambre).
• Oxygénothérapie à très haut débit interdite (plus on monte le débit dans le nez des patients comme pour les aérosols plus les gouttelettes se propagent dans la pièce).
Cependant afin d’optimiser la guérison de nos patients, nous ne pouvons pas éthiquement respecter ces consignes.

Parlons de nos patients

Ils n’ont pas le droit aux visites !
Nous devons appeler les familles enfin juste la personne référente 2 fois par jour pour qu’ils ne nous appellent pas toute la journée à des moments inopportuns.
Les patients, s’ils n’ont pas de téléphone portable ou pas de chargeur sont isolés, seuls, n’ont aucun contact avec leur famille à par les quelques messages que nous faisons passer.
Ils sont seuls angoissés, chaque jour se demandent pourquoi leur état ne s’améliore pas car la durée d’hospitalisation est de plusieurs semaines.
Nous sommes face à des situations exceptionnelles que nous n’avons jamais rencontré : certains patients hospitalisés pour covid ont leur proches bien souvent aussi hospitalisés. Ces proches parfois décèdent, nous devons donc également accompagner ces patients endeuillés seuls sans leur famille…
Conclusion : les soignants sont donc sacrifiés mais ça on le savait surtout, on se sent trahi, oublié on nous ment tous les jours sur les bonnes pratiques les recommandations des stocks qui vont arriver et qui ne sont jamais là, nous nous sentons impuissants.
En discutant avec les collègues certains racontent qu’ils n’osent plus s’approcher de leur conjoint car ils sont à risque, d’autres n’embrassent plus leurs enfants car tous ont la même conclusion : compte tenu de nos mesures de protection il est impossible d’échapper au covid.
On espère tous l’avoir déjà eu, mais l’angoisse est palpable à la moindre courbature, au moindre petit toussotement on en rigole mais on espère tous ne pas avoir le covid.

Être sale

Être sale c’est vraiment le terme qu’on emploi pour dire qu’on est contaminé, il existe des réanimations « propres » sans covid et les « sales » réservés aux patients covid, c’est drôle cette appellation quand j’y pense, donc nous on est les sales.
Les patients : on peut les appeler les oubliés, ils sont seuls avec nous.
En effet, les psychologues et les psychiatres se déplacent très peu surtout dans les unités covid. Ils ont peur, sont en souffrance.
A chaque examen on calcule le bénéfice/risque de déplacer pour infecter d’autres structures, on limite nos passages dans les chambres, on est habillé en cosmonautes à chaque fois qu’on les voit.

Les familles

Les familles : là aussi, c’est la grosse détresse, à chaque fois qu’on les appelle ils s’arrêtent de respirer tellement la peur de la mauvaise nouvelle est présente. On m’a raconté une anecdote effrayante.
Un membre de l’équipe soignante a appelé le frère d’un patient et a eu la maladresse de lui demander s’il était en voiture (il croyait entendre le moteur). Il lui a demandé s’il voulait qu’il le rappelle dans un moment pour qu’il ne se mette pas en danger.
Sa réponse fut « vous allez m’annoncer qu’il est mort ? » alors que son frère allait pour le mieux.
Nous devons prendre toutes les précautions sur les conditions dans lesquelles se trouvent les familles lorsque nous les contactons.
Dans certains hôpitaux les psychologues s’engagent à faire des entretiens téléphoniques aux familles quand on leur signale une détresse, ils font la même chose pour les soignants mais ce n’est pas partout.

Alors même si les applaudissements sont la fausse bonne idée … Ça fait quand même du bien en sortant du boulot, le visage marqué par les masques d’entendre ce moment d’euphorie pour soi, alors continuez et surtout nous on n’oubliera pas.

P.-S.

Je remercie chaleureusement notre direction qui pour nous témoigner sa reconnaissance et son souhait de nous protéger nous a envoyé sur nos boites mails un excellent tutoriel.
Grâce a elle je sais désormais fabriquer des sur-blouses avec des sacs-poubelles.
En France, grande puissance économique, on a pas de pétrole (ni de masques, ni de tests, ni de gants, ni de blouse) mais on a des idées !"

Festival de Thau : lettre collective au gouvernement

Le Festival de Thau est signataire, avec près de 150 autres festivals indépendants, d'une lettre ouverte au gouvernement adressée hier par le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA) pour demander plus de visibilité sur l'avenir des festivals d'été. Nous demandons au gouvernement d’informer les organisateurs sur les nouvelles normes sanitaires ou l’incapacité d’ouverture a minima 2 mois avant les manifestations.

Paris, le 7 avril 2020

Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de la Culture, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Jean Castex,

Nous sommes toutes et tous organisateurs de festivals de musiques actuelles regroupés au sein de notre organisation patronale : le SMA. La grande majorité de nos manifestations se déroule au printemps ou à l’été et devrait donc se tenir ces prochains mois.

Ces événements sont divers par leur taille, leur localisation, leur esthétique musicale, leur jauge, leur projet, etc. Toutefois, nous nous retrouvons tous autour des valeurs d’indépendance, de diversité, de non-lucrativité et d’ancrage territorial.

Cela implique un modèle économique complexe et fragile, dans lequel l’importante part d’autofinancement repose sur des taux de remplissage proches de 100% pour simplement atteindre l’équilibre budgétaire.

La crise sanitaire inédite que nous traversons aujourd’hui ajoute à la précarité de ce modèle des facteurs d’incertitude, et ce, alors même que nous sommes pris dans une course contre le temps : incertitude sur la faisabilité de nos événements et incertitude sur les mesures d’accompagnement de nos structures qui auront à subir les conséquences de cette crise.

Notre ambition est de pouvoir organiser nos événements, avec bien sûr, l’exigence et la responsabilité qu’impose une telle situation. D’abord pour les publics qui nous suivent fidèlement, et à qui nous devons une offre culturelle diverse, exigeante et qui se fonde sur des valeurs telles que l’émancipation, le vivre-ensemble, l’égalité, etc. Ensuite pour les artistes vis-à-vis desquels nous nous sommes engagés, et qui sont au cœur d’un écosystème impliquant de multiples métiers (labels, producteurs, tourneurs, éditeurs, etc.) pour lesquels les festivals sont devenus incontournables. Enfin, plus largement, pour l’ensemble des acteurs économiques dont l’activité est liée à la nôtre : prestataires techniques et sécurité, services d’hôtellerie et de restauration, mais aussi pour toutes les entreprises locales pour qui nos événements sont des sources de revenus incontournables sur le territoire.

Nous le réaffirmons clairement, cette ambition ne saurait être satisfaite qu’à condition que la situation sanitaire le permette et que nous soyons en mesure de garantir la santé et la protection des personnes sur nos sites.

Nous avons donc besoin de visibilité afin d’engager nos manifestations dans ce contexte international inédit.

Nos festivals sont indépendants et un « faux pas » pourrait être fatal à l’existence-même de nos projets à l’avenir.

Afin de pouvoir agir à bon escient pour accueillir les parties impliquées (publics,  artistes, salariés, prestataires, etc.) en cas de maintien avec de nouvelles normes sanitaires ou d’incapacité d’ouverture, nous vous demandons d’informer les organisateurs a minima 2 mois avant les manifestations.

Plus tôt seront prises vos décisions, moins préjudiciable cela sera. Évidemment cette visibilité sera sans aucun doute soumise également à des critères en termes de jauges, de localisation géographique (selon les régions), et de caractéristiques (implantation extérieure/intérieure), etc.

Il est impératif de comprendre que les décisions que vous prendrez, dont nous mesurons le bien fondé et la complexité, sont capitales pour la survie de nos structures. Agir trop tard conduirait à une hécatombe, mais ne réagir que ponctuellement sans tenir compte des modifications qui vont impacter le secteur sur la durée serait également préjudiciable.

Aussi nous prenons acte de la cellule d’accompagnement des festivals que vous mettez en place et souhaitons qu’elle puisse nous apporter des réponses précises, circonstanciées et suffisamment en amont de chaque festival.

Nous voulons en outre connaitre les garanties que le Gouvernement est prêt à nous apporter pour préserver le tissu des festivals français et ainsi une partie de notre chère exception culturelle française. En effet, même en cas de tenue, certains événements ne seront pas en mesure d’équilibrer leurs recettes (pertes de sponsors, mécènes, anxiété du public, etc.).

Nous tenons à insister sur l’indépendance de nos manifestations. Cela implique qu’en cas « d’accident », aucun groupe d’actionnaires ne sera en mesure de venir contribuer à notre pérennité. Nous serions alors en situation de faillite, et dans le secteur hyperconcurrentiel qu’est celui des festivals, il y a fort à parier que cela vienne encore un peu plus contribuer à renforcer la concentration et donc la standardisation de l’offre culturelle.

Aussi, nous appelons, comme nous l’avons déjà fait au sein-même de notre organisation, à une solidarité entre toutes les parties prenantes de notre secteur, afin qu’aucune entreprise ne soit victime de ce contexte.

Nous demandons enfin aux festivals qui font le choix de reporter leurs évènements dans le temps de porter une attention particulière aux projets qui se tiennent sur le même territoire à des dates similaires, dans une démarche concertée.

Sûrs de votre compréhension quant à nos enjeux et problématiques, nous demeurons, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de la Culture, Monsieur le Ministre de l’Intérieur,   Monsieur   Jean   Castex,   à   votre  disposition   pour   échanger   avec   vous   très rapidement au vu de l’imminence de la saison des festivals ; même si nous avons bien conscience des innombrables urgences que vous avez à traiter étant donnée la situation actuelle de notre pays.

La révolution virale n'aura pas lieu, par Byung-Chui Han, philosophe

Le philosophe allemand d’origine sud-coréenne Byung-Chul Han met en garde les Européens qui saluent les stratégies numériques mises en place par des pays asiatiques pour lutter contre la maladie. Le prix à payer est souvent exorbitant. Le virus n’a pas fait ralentir le capitalisme, mais il l’a mis en sommeil. L’Europe adoptera-t-elle un régime de surveillance numérique permanente à la chinoise ?

"Le coronavirus est un test système pour le logiciel étatique. Il semble que l’Asie parvient beaucoup mieux à juguler l’épidémie que ses voisins européens : à Hongkong, Taïwan et Singapour, on compte très peu de personnes contaminées et, pour la Corée du Sud et le Japon, le plus dur est passé. Même la Chine, premier foyer de l’épidémie, a largement réussi à endiguer sa progression. Depuis peu, on assiste à un exode des Asiatiques fuyant l’Europe et les États-Unis : Chinois et Coréens veulent regagner leur pays d’origine où ils se sentiront plus en sécurité. Le prix des vols explose, et trouver un billet d’avion pour la Chine ou la Corée est devenu mission impossible.

Et l’Europe ? Elle perd pied. Elle chancelle sous le coup de la pandémie. On désintube des patients âgés pour pouvoir soulager les plus jeunes. Mais l’on constate aussi qu’un actionnisme dénué de sens est à l’œuvre. La fermeture des frontières apparaît comme l’expression désespérée de la souveraineté des États, alors que des coopérations intensives au sein de l’Union européenne (UE) auraient un effet bien plus grand que le retranchement aveugle de ses membres dans leur pré carré.

Quels sont les avantages systémiques de l’Asie face à l’Europe dans la lutte contre la maladie ? Les Asiatiques ont massivement misé sur la surveillance numérique et l’exploitation des mégadonnées. Aujourd’hui, en Asie, ce ne sont pas les virologues ou les épidémiologistes qui luttent contre la pandémie, mais bien les informaticiens et les spécialistes du «big data» - un changement de paradigme dont l’Europe n’a pas encore pris toute la mesure. «Les données massives sauvent des vies humaines !» s’écrient les champions de la surveillance numérique.

Il n’existe chez nos voisins asiatiques presque aucune forme de conscience critique envers cette surveillance des citoyens. Même dans les États libéraux que sont le Japon et la Corée, le contrôle des données est presque tombé aux oubliettes, et personne ne se rebelle contre la monstrueuse et frénétique collecte d’informations des autorités. La Chine est allée jusqu’à instaurer un système de «points sociaux» - perspective inimaginable pour tout Européen - qui permet d’établir un «classement» très exhaustif de ses citoyens, en vertu duquel l’attitude sociale de chaque personne doit pouvoir être systématiquement évaluée. Le moindre achat, la moindre activité sur les réseaux sociaux, le moindre clic est contrôlé. Quiconque brûle un feu rouge, fréquente des personnes hostiles au régime, poste des commentaires critiques sur Internet se voit attribuer des «mauvais points». C’est vivre dangereusement. À l’inverse, celui qui achète en ligne des aliments jugés sains ou lit des journaux proches du Parti sera récompensé par des «bons points». Et celui qui a engrangé assez de bons points pourra obtenir un visa de sortie ou des prêts à taux attractifs. Mais celui qui tombe en dessous d’un certain nombre de points pourrait bien perdre son boulot.

200 millions de caméras

En Chine, cette surveillance sociale exercée par l’État est rendue possible grâce à un échange de données illimité avec les fournisseurs de téléphonie mobile et d’accès à Internet. La notion de protection des données existe à peine, et l’idée de «sphère privée» est absente du vocabulaire des Chinois. La Chine a installé sur son territoire 200 millions de caméras, équipées pour la plupart d’un système de reconnaissance faciale extrêmement perfectionné qui peut déceler jusqu’aux grains de beauté. Personne n’y coupe. Partout, dans les magasins, dans les rues, dans les gares et les aéroports, ces caméras intelligentes scrutent et «évaluent» chaque citoyen.

Et voici que cette immense infrastructure déployée afin de garantir la surveillance électronique du peuple se révèle d’une efficacité redoutable pour endiguer l’épidémie. Toute personne qui sort de la gare de Pékin est immédiatement identifiée par une caméra. L’appareil mesure sa température corporelle, et il suffit que celle-ci soit anormalement élevée pour que toute personne ayant voyagé dans le même compartiment en soit immédiatement informée par téléphone mobile - car le système sait exactement qui était assis à quelle place. Sur les réseaux sociaux, on parle même de drones utilisés pour surveiller la quarantaine. Dès que quelqu’un tente de rompre le confinement, un drone volant s’approche de lui et une voix automatique lui ordonne de regagner son domicile. Qui sait, peut-être même que ces engins impriment des amendes qui descendent doucement jusqu’aux fautifs. Un tableau dystopique pour les Européens, mais qui semble ne rencontrer aucun obstacle dans l’empire du Milieu.

La Chine n’est pas la seule à avoir banni toute réflexion critique quant à la surveillance numérique ou au big data : il en est de même en Corée du Sud, à Hongkong, à Singapour, à Taïwan et au Japon, des États qui s’enivrent littéralement du tout numérique. Cette situation a une cause culturelle précise : en Asie, le collectivisme règne en maître, et l’individualisme n’est que faiblement développé. (L’individualisme et l’égoïsme sont deux choses différentes : il va de soi qu’en Asie aussi, l’égoïsme a de beaux jours devant lui.)

Or, force est de constater qu’en matière de lutte contre le virus, les mégadonnées semblent être plus efficaces que la fermeture des frontières. Il est même possible qu’à l’avenir, la température corporelle, le poids et le taux de glycémie, entre autres données, soient contrôlés par l’État. Une biopolitique numérique qui viendrait renforcer la psychopolitique numérique déjà en place, dans le but d’influer directement sur les pensées et les émotions des citoyens.

À Wuhan, des milliers d’équipes chargées de la surveillance électronique ont été formées, avec pour tâche de traquer les malades potentiels en utilisant uniquement leurs données spécifiques. L’analyse des mégadonnées leur permet à elle seule d’identifier les personnes susceptibles d’être contaminées, et ainsi de déterminer qui doit rester sous observation et être éventuellement placé en quarantaine.

À Taïwan ou en Corée du Sud, l’État envoie simultanément un texto à tous ses citoyens afin de retrouver des personnes ayant été au contact de malades, ou d’indiquer aux gens les lieux et bâtiments par lesquels sont passées les personnes testées positives au coronavirus. Très tôt, Taïwan a fait coïncider différentes informations afin de retracer les déplacements de malades potentiels. En Corée, il suffit de s’approcher d’un immeuble où a séjourné une personne contaminée pour recevoir une alerte immédiate via l’application de lutte contre le Covid-19. La Corée a elle aussi fait installer des caméras de surveillance dans chaque bâtiment, chaque bureau, chaque boutique ; là aussi, impossible de se mouvoir dans l’espace public sans être visé par l’objectif. Grâce aux données provenant des téléphones mobiles, il est possible de vérifier en un instant les déplacements d’un malade, et les allées et venues de toutes les personnes contaminées sont d’ailleurs rendues publiques. Inutile de dire que les liaisons secrètes ne le restent pas longtemps.

Pourquoi notre monde est-il pris d’un tel effroi face au virus ? La «guerre» est dans toutes les bouches, et cet «ennemi invisible» dont il faut venir à bout. Nous vivons depuis très longtemps sans ennemi. Il y a exactement dix ans, dans mon essai intitulé la Société de la fatigue (1), je défendais la thèse que nous vivons un temps où le paradigme immunologique reposant sur la négativité de l’ennemi n’a plus cours. La société organisée selon le principe d’immunité est cernée de frontières et de clôtures, comme à l’époque de la guerre froide. Des protections qui empêchent du même coup une circulation accélérée des biens et du capital. Or la mondialisation élimine ces défenses immunitaires pour paver la voie au capital. Il en va de même de la promiscuité et de la permissivité aujourd’hui omniprésentes dans tous les domaines de notre vie : elles annulent la négativité de l’étranger - ou de l’ennemi. Aujourd’hui, ce n’est pas de la négativité de l’ennemi que proviennent les dangers, mais bien de la surabondance positive qui s’exprime sous forme de surproduction, de surcommunication, de surperformance. La guerre, dans notre société de la performance, c’est avant tout contre soi-même qu’on la fait.

Et voici que le virus s’abat brutalement sur des sociétés à l’immunité gravement affaiblie par le capitalisme mondialisé. En proie à la frayeur, ces sociétés tentent de rétablir leurs défenses immunitaires, elles ferment les frontières. Ce n’est alors plus contre nous-mêmes que nous menons la guerre, mais contre l’ennemi invisible venu du dehors. Et si cette réaction immunitaire face à ce nouvel assaillant est si violente, c’est justement parce que nous vivons depuis très longtemps au sein d’une société sans ennemis, une société du positif. Désormais, le virus est ressenti comme une terreur permanente.

Mais cette panique sans précédent a une autre cause, qu’il faut, là aussi, chercher dans la numérisation. La numérisation supprime la réalité, et c’est en étant confronté à la résistance qu’on éprouve la réalité, souvent dans la douleur. La «digitalisation», toute cette culture du like, a pour conséquence d’éliminer la négativité de la révolte. C’est ainsi que s’est installée, en notre ère post-factuelle de la désinformation et du deep fake, de l’hypertrucage, une apathie de la réalité. Plongés que nous sommes dans cet état d’inertie, le virus, autrement plus réel qu’un virus informatique, nous assène un formidable choc. Et la réalité, la résistance du réel se rappelle à notre bon souvenir.

Mais la peur exagérée du virus est avant tout le reflet de notre société de la survie, où toutes les forces vitales sont mises à profit pour prolonger l’existence. La quête de la vie bonne a cédé la place à l’hystérie de la survie. Et la société de la survie ne voit pas le plaisir d’un bon œil : ici, la santé est reine. Soucieux de notre survie menacée, nous sacrifions allègrement tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. Ces jours-ci, la lutte acharnée pour la survie connaît une accélération virale : nous nous soumettons sans broncher à l’état d’urgence, nous acceptons sans mot dire la restriction de nos droits fondamentaux. Et c’est la société tout entière qui se mue en une vaste quarantaine. Livrée à l’épidémie, notre société montre un visage inhumain. L’autre est d’emblée considéré comme un porteur potentiel avec lequel il faut prendre ses distances. Contact égale contagion, le virus creuse la solitude et la dépression. «Corona blues», tel est le terme que les Coréens ont trouvé pour qualifier la dépression provoquée par l’actuelle société de la quarantaine.

La survie forcenée

Si nous n’opposons pas la quête de la vie bonne à la lutte pour la survie, l’existence post-épidémie sera encore plus marquée par la survie forcenée qu’avant cette crise. Alors, nous nous mettrons à ressembler au virus, ce mort-vivant qui se multiplie, se multiplie, et qui survit. Survit sans vivre.

Le philosophe slovène Slavoj Žižek affirme que le virus va porter un coup mortel au capitalisme. Il invoque un communisme de mauvais augure, allant jusqu’à croire que le virus fera échouer le régime chinois. Žižek fait fausse route : il n’en sera rien. Forte de son succès face à l’épidémie, la Chine vendra l’efficacité de son modèle sécuritaire dans le monde entier. Après l’épidémie, le capitalisme reprendra et sera plus implacable encore. Les touristes continueront de piétiner et de raser la planète. Le virus n’a pas fait ralentir le capitalisme, non, il l’a mis un instant en sommeil. Le calme règne - un calme d’avant la tempête. Le virus ne saurait remplacer la raison ; et ce qui risque de nous arriver, à l’Ouest, c’est d’hériter par-dessus le marché d’États policiers à l’image de la Chine. Naomi Klein l’a dit : ce «choc» représente un moment propice qui pourrait nous permettre d’établir un nouveau modèle de pouvoir. Le développement du néolibéralisme a souvent été à l’origine de crises qui ont généré de tels chocs. Ce fut le cas en Corée, en Grèce. Mais une fois qu’elle aura encaissé ce choc du virus, on peut craindre que l’Europe adopte elle aussi un régime de surveillance numérique permanente, à la chinoise.

Alors, comme le redoute le penseur italien Giorgio Agamben, l’état d’urgence sera devenu le temps normal. Et le virus aura réussi là où le terrorisme islamique semblait avoir échoué.

La révolution virale n’aura pas eu lieu. Nul virus ne peut faire la révolution. Le virus nous esseule, il ne crée pas de grande cohésion - chacune, chacun ne se soucie plus que de sa propre survie. Au lendemain de l’épidémie, espérons que se lèvera une révolution à visage humain. C’est à nous, femmes et hommes de raison, c’est à nous de repenser et de limiter radicalement notre capitalisme destructeur, notre mobilité délétère, pour nous sauver nous-mêmes et préserver notre belle planète."

Les règles du confinement…

Recherche et occasion de polémique… découverte de la petite bête qui tue… devient à la mode. Si cela peut paraître comme un jeu - dangereux -, il est quand même des situations qui interpellent… surtout en cette période dramatique ou le confinement et ses règles est la seule solution actuelle pour "sauver sa peau et celle des autres"…

L'histoire est là pour nous le rappeler : la peste d'Athènes (430 à 426 av. JC), la peste Antonine (166-189), la peste de Justinien (541), la peste noire (1347-1353, la fièvre jaune (1648), le choléra (1826-1832), la grippe espagnole (1919), la grippe asiatique (1956), la grippe de Hong-Kong (1968-1969), le SIDA (de 1981 à…).

Sortir avec une autorisation papier (avant l'autorisation numérique du 6 avril 2020) est devenu une obligation avant sanction puisqu'ils (elles) ne comprennent pas !!

Mais alors : expliquez-nous !

Photo ville de Mèze parue le 3 avril 2020

 

Cela ne nous empêche pas de rendre hommage à l'équipe du centre municipal de restauration mobilisée comme jamais avec un sucroît de travail conséquent (+ de 120 repas quotidiens et pension complète de 35 gendarmes…). Peut-être que notre beau village est considéré comme "en pleine campagne" ?

Ma poule…

Bonjour ! Je m'appelle Picoti, j'habite à Mèze. Je suis une Bantam de Pékin. En cette période de confinement mes maîtres sortent à peine le bout de leur nez. Chaque matin, ils m'ouvrent le poulailler, où, en ce moment, Picota ma copine, pond. Moi aussi, je ponds et parfois je chante "comme un coq" : tant pis pour les touristes. Nous sommes chouchoutées et quelquefois (le rêve) le jardin est à notre disposition… Cet après midi, je suis passée devant la caméra. Je fais concurrence au feuilleton "Demain nous appartient" ! Qu'en pensez-vous ?

Covid-19: les conseillers du pouvoir face aux conflits d’intérêts

Le Care (comité analyse, recherche et expertise) mis en place par le gouvernement français le 10 mars 2020 a été renforcé le 24 mars… le jour où Didier Raoult (chloroquine), seul membre du conseil scientifique sans lien d’intérêts déclaré par l’industrie pharmaceutique, ni dans sa DPI, ni sur transparence.sante.gouv., a "claqué la porte"… (Source Médiapart : détails ICI)

Voici quelques extraits de l'article écrit ce 31 mars par et :

« Est-ce que le conseil peut être impliqué dans des problématiques de conflits d’intérêts ? », reprend à haute voix Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique. « Je dirais oui et non, répond-il à Mediapart. Non, parce que nos échanges portent sur des grandes orientations stratégiques. On ne se prononce pas, par exemple, sur le choix de telle ou telle molécule. Par contre, il y a forcément des interactions avec des industriels. On parle de l’industrie pharmaceutique mais il y a aussi des enjeux pour l’industrie des tests ou avec l’industrie numérique », admet l’immunologiste

… La seule médecin membre qui apparaît comme vierge de tout lien d’intérêts est sa présidente, Françoise Barré-Sinoussi. Les quatre autres ont été défrayés ou rémunérés par l’industrie pharmaceutique. Cette dernière a même dépensé jusqu’à 325 406 euros pour l’un d’entre eux, d’après les recherches de Mediapart.

Parmi ces financeurs, des entreprises qui fabriquent des tests de dépistage ou planchent sur des traitements pour soigner le Covid-19. Or, le Care a pour rôle d’aider l’exécutif à définir sa stratégie sur les tests, essais de nouveaux traitements et pistes vers un futur vaccin : trois enjeux essentiels pour les entreprises pharmaceutiques.

Le Care pourrait par exemple recommander la réquisition de l’outil industriel pharmaceutique, comme Donald Trump l’a annoncé aux États-Unis avec General Motors pour produire des respirateurs artificiels. Une hypothèse qui a pour l’instant été écartée par la France, comme l’a confirmé Édouard Philippe lors de la conférence de presse du 29 mars…

… Le Care va-t-il seulement mettre en place des règles pour éviter toute collusion dans le processus de ses décisions aux enjeux considérables ? On ne le sait pas. Sa présidente, la professeure Françoise Barré-Sinoussi, n’ayant pas répondu à nos sollicitations. « Compte tenu de la situation actuelle, elle est très sollicitée et débordée », nous a fait savoir son assistante. Interrogé, l’Élysée n’a pas retourné nos demandes d’explications.

Cette absence de réponse, sans que la moindre mesure visant à prévenir les conflits d’intérêts ait été annoncée publiquement, ne peut qu’alimenter la suspicion sur l’absence de contrôle…

Entre rémunérations et participations des laboratoires…

Le membre de ces conseils au cœur de la décision gouvernementale le plus lié à l’industrie pharmaceutique est Jean-Philippe Spano, chef du service d’oncologie médicale de l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière et expert au sein du tout nouveau Care. Depuis 2012, les laboratoires ont dépensé 325 406 euros pour lui, selon l’outil EurosForDocs, annuaire des liens d’intérêts entre les professionnels de santé et les firmes pharmaceutiques qui reprend les données publiques du site transparence.sante.gouv.fr.…

Il a directement perçu en huit ans 177 081 euros pour des contrats d’expertise, soit 1 844 euros par mois en plus de sa rémunération de chef de service de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, dont 62 861 euros de la part du laboratoire Roche (*). Le dernier contrat, d’un montant de 6 000 euros, date du 16 avril 2019. Ses missions ne sont pas détaillées et Jean-Philippe Spano n’a pas répondu aux sollicitations de Mediapart, contrairement à plusieurs de ses collègues…

(*) … le 16 mars, Roche a très solennellement annoncé l’arrivée sur le marché français de son nouveau test express avec robot intégré, exigeant l’investissement dans des plateformes parmi les plus chères du marché. Ce serait la solution salvatrice relayée par le gouvernement dans le but de pallier dans l’immédiat le manque criant de tests en France et monter en charge pour être en mesure de réaliser en juin jusqu’à 100 000 tests rapides par jour, objectif annoncé le 29 mars.

Le laboratoire a aussi payé à Jean-Philippe Spano pour 53 343 euros d’invitations à des colloques, d’hébergement, de transport, d’hôtel et de repas. En tout, en huit ans, le médecin s’est fait inviter par l’industrie pharmaceutique pour un montant de 148 325 euros…

… Vient ensuite Yazdan Yazdanpanah, infectiologue-épidémiologiste à l’hôpital Bichat, à Paris, membre du Care mais aussi du conseil scientifique : c’est un pilier des conseillers de l’exécutif puisqu’il lui revient de jouer le rôle de trait d’union entre les deux groupes. En tout, depuis 2012, les laboratoires ont dépensé pour lui 134 773 euros.

Jusque en 2017, il a directement perçu 38 342 euros. « Depuis 2017, j’ai arrêté mes liens avec les laboratoires. Les seuls liens restants, ce sont les essais cliniques à l’hôpital Bichat pour lesquels je peux être investigateur. Je ne perçois pas de rémunération personnelle »

… En revanche, il a continué à se faire inviter à des congrès scientifiques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique jusqu’au 3 octobre 2019, une pratique très courante dans le milieu des blouses blanches.

L’État ayant quasi déserté le champ de la formation continue, l’industrie pharmaceutique a tout intérêt à prendre le relais pour mettre en avant ses solutions thérapeutiques. En tout, les laboratoires ont dépensé 96 431 euros en invitations pour lui en huit ans, principalement MSD et AbbVie. Or, ce dernier laboratoire s’est lancé dans la course aux traitements du Covid-19 …

… En troisième position sur le podium des experts Covid-19 de l’exécutif les plus liés à l’industrie pharmaceutique, le pneumologue Dominique Valeyre, pour qui les laboratoires ont déclaré avoir dépensé 120 584 euros en huit ans : pour des contrats d’expertise dont les missions ne sont pas précisées à hauteur de 51 114 euros, dont trois avec Roche en 2016 et 2017 pour un montant total de 2 500 euros. Il a aussi été invité à des colloques, tous frais payés, pour 69 470 euros en tout, dont 10 668 euros aux frais de Roche. Lui non plus n’a pas répondu aux demandes d’interview de Mediapart…

… « Dès le troisième ou le quatrième jour après la création du conseil scientifique, j’ai demandé à ce que chacun d’entre nous dépose une DPI (déclaration publique d’intérêts) Santé », explique Jean-François Delfraissy, président de ce comité. Lui-même a rempli une DPI, alors qu’il répondait avant, en tant que président du Comité consultatif national d’éthique, aux exigences du contrôle de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)… sa déclaration publique d’intérêts, comme celles de tous les autres membres du conseil scientifique, a finalement été publiée sur le site dédié du ministère de la santé, à sa demande. « Il y a normalement une période de 14 jours pendant laquelle les déclarations ne sont pas rendues publiques. J’ai appelé pour qu’on les publie immédiatement », justifie le président. Les DPI actualisées des membres du Care ne sont, elles, toujours pas en ligne.

Depuis 2005, Jean-François Delfraissy a consacré sa carrière à la recherche. Or les purs chercheurs sont moins approchés par les firmes pharmaceutiques que les praticiens, puisqu’ils ne sont pas prescripteurs de médicaments. Sur sa DPI apparaît seulement une fonction de membre non rémunéré du conseil d’administration de la Fondation Mérieux, sponsorisée par le laboratoire lyonnais BioMérieux.

Arnaud Fontanet, chercheur à l’Institut Pasteur, a eu un seul lien d’intérêts avec les laboratoires : EurosForDocs fait uniquement mention de sa participation non rémunérée à un congrès organisé par Johnson & Johnson. Il participe aussi à une chaire sur les nouveaux risques du Cnam, qui est financée par l’assureur Allianz. « Il n’y a pas de situation où la question de mon déport s’est posée », explique le chercheur. « Au conseil scientifique, on n’aborde pas les questions politiques et économiques. Nous rendons un avis scientifique sur les questions sanitaires. On est vraiment dans le champ sanitaire, et à aucun moment on évalue l’impact économique », justifie-t-il…

… L’industrie pharmaceutique a dépensé des montants inférieurs à 900 euros pour le président du conseil scientifique et le chercheur Franck Chauvin ; 1 703 euros pour la réanimatrice Lila Bouadma et 3 207 euros pour le médecin généraliste Pierre-Louis Druais, ce qui est infime pour le secteur…

La déclaration d’un autre médecin du conseil, le virologue Bruno Lina, fait aussi mention du financement de l’activité de recherche du laboratoire qu’il dirige au sein des Hospices civils de Lyon, à hauteur de 15 000 euros et jusqu’à la fin 2020, par le laboratoire BioMérieux. L’arrivée de ses tests de dépistage fin mars a aussi été annoncée avec grand espoir par la Direction générale de la santé. Une partie de ses liens passés avec Roche apparaissent, ainsi qu’avec Seegene, un fabricant concurrent de tests de dépistage Covid-19 coréen. En huit ans, l’industrie pharmaceutique a dépensé pour lui 23 892 euros. Mais aucune rémunération directe… ces montants correspondent à des invitations à des colloques financés par l’industrie pharmaceutique et surtout de la part de Sanofi, mobilisé sur tous les fronts du Covid-19, qui a déboursé pour lui 17 521 euros. Des liens qui n’apparaissent pas dans la DPI de Bruno Lina…

… Enfin, les laboratoires ont aussi dépensé 28 709 euros pour Denis Malvyexpert infectiologue au CHU de Bordeaux, depuis 2012. Ils lui ont versé 9 000 euros, essentiellement en sa qualité de membre du conseil scientifique du laboratoire Alfasigma « qui ne se positionne pas du tout sur le Covid-19 », précise le membre du conseil scientifique. Les 19 709 euros restants concernent des frais d’invitations concernant des colloques organisés par Big Pharma.

Si les qualités scientifiques de ces experts sont louées par beaucoup, la question de leurs liens d’intérêts a-t-elle été prise en compte au moment de leur sélection ? L’Élysée ne nous a pas dit si le sujet avait été anticipé…

Nous avons pensé que nos lecteurs avaient besoin de savoir : merci aux journalistes de Mediapart.

À propos du virus - Témoignage transmis par Michel Negrell.

Michel Negrell, philosophe Mézois, nous transmet l'analyse d'Olivia Zémor (CAPJPO-EuroPalestine) sur la crise sanitaire actuelle :

Chères amies, Chers amis,

 

Nous espérons que vous allez bien, en tout cas le mieux possible.

Si nous sommes, pour un grand nombre d’entre nous, confinés, nous ne sommes pas pour autant inconscients et muets.

Et certainement pas d’accord avec ceux qui clament « L’heure n’est pas à la polémique ».

 

Si, justement. C’est le moment ou jamais de s’informer, de réfléchir et d’analyser ce qu'il se passe en France et dans le reste du monde dans ce moment de crise sanitaire.

 

Et de continuer à échanger avec nos amis Palestiniens, confinés depuis plus de 13 ans à Gaza dans une situation dramatique, ou harcelés et contaminés en Cisjordanie occupée par le régime israélien qui, tout en généralisant l’espionnage téléphonique à l’ensemble de sa population, pour soi-disant « lutter contre le coronavirus », persécute encore plus les Palestiniens. (Cf. les infos sur notre site).

 

Et on se doute que des gouvernements qui n’ont actuellement que le mot de « solidarité » à la bouche, et qui ne sont pas choqués par cette situation, ni par celles des Iraniens dont l’épidémie est aggravée par leur embargo, ne sont pas crédibles quand ils se présentent comme nos sauveurs face au covid-19.

 

D’ailleurs la longue liste de leurs mensonges prouve le mépris dans lequel ils tiennent ceux qui ne sont pas « les premiers de cordée ».

Macron & Co nous ont en effet affirmé tout d’abord de manière péremptoire que les masques ne manquaient pas, mais qu’ils n’avaient pas la moindre utilité, tout comme les tests de dépistage...

 

Et quand ils nous citent l’exemple du confinement très strict en Chine, c’est en omettant soigneusement de dire que la mesure de confinement a été appliquée à la région la plus contaminée (quelque 50 millions d’habitants dans la province de Hubei) et qu’elle s’est aussitôt accompagnée de dépistages massifs et de moyens de protection adéquats (masques pour toute la population notamment).

 

Pourquoi le Pr. Didier Raoult, un spécialiste des maladies infectieuses à Marseille, a-t-il d’abord été méprisé, voire ridiculisé, alors que ses essais cliniques montrent depuis 2 semaines l’efficacité du dépistage, puis d’un traitement à base d'hydroxychloroquine et d’un antibiotique, deux médicaments anciens et disponibles ?

 

Puis le gouvernement Macron a annoncé que toute la production « non indispensable » devait s’arrêter, mais a demandé aux travailleurs de l’automobile ou du bâtiment de continuer à se rendre à leur travail… y compris en l’absence de moyens de se protéger contre la contamination ??

 

Enfin, et c’est encore plus scandaleux, le gouvernement qui tente de culpabiliser au maximum la population et de la diviser en essayant de faire porter le chapeau aux « indisciplinés », est directement responsable de l’engorgement des hôpitaux, du manque de personnel, de respirateurs, et même de moyens de protection aussi basiques que les masques.

 

Il n’a cessé de réduire les moyens de la santé publique, taillant sans cesse dans les effectifs, les lits, et refusant d’assurer un salaire décent au personnel soignant en nombre toujours plus restreint, et aujourd’hui épuisé, contaminé, et comptant un nombre croissant de malades (on ne sait même pas combien de personnes sont décédées parmi les infirmières, aides-soignantes, et personnel des EPADS).

 

Plus de 100.000 lits d’hôpitaux ont été supprimés en France en 15 ans, alors que la population augmentait. En Italie, 46 500 emplois dans le secteur de la santé ont été supprimés entre 2009 et 2017. 70 000 lits d’hôpital ont disparu. L’Italie disposait de 10,6 lits en hôpital pour 1 000 habitants en 1975 : il n’y en a maintenant plus que 2,6 ! La Grande-Bretagne a suivi la même voie : de 10,7 lits pour 1000 habitants en 1960 à 2,8 en 2013.

 

Et ceci alors que depuis 2003, les épidémies se multiplient: SRAS, MERS, H5N1, grippe porcine ou aviaire, Ebola…, et que les experts de l’OMS, appellent à la mise en place d'un système de veille à l’égard du risque de pandémie, afin de contenir celle-ci avant qu’elle ne déclenche une réaction en chaîne.

 

Les risques de pandémie par des infections bactériennes ou virales ne sont pas une surprise. Ils font des dégâts aujourd’hui et en feront d’autres demain, peut-être encore plus graves. Tous les scientifiques s’accordent pour dire que la capacité des virus à franchir la barrière humaine est liée à la déforestation, ainsi qu’aux élevages industriels gigantesques et à l'exploitation industrialisée de soja, d’huile de palme, de maïs, etc. C’est donc la transformation de la nature par l’activité humaine, fondée sur l’accumulation de profits, qui produit de nouveaux virus, ou déclenche des mutations qui n’avaient pas lieu d’être auparavant.

"La pandémie que nous devons affronter à l’échelle mondiale fait partie intégrante de la crise écologique. Elle est la conséquence d’une course aux profits et d’une croissance qui ignorent royalement les limites de notre écosystème. Le capitalisme tend non seulement à épuiser toutes les ressources (naturelles et humaines) mais il impose à la nature une métabolisation qui lui est spécifique. Le maïs génétiquement transformé produit des maladies nouvelles qui requièrent de nouvelles manipulations. Les pesticides transforment la métabolisation de nos corps de la même manière que les stéroïdes le font avec nos muscles", écrit Stephen Bouquin. "La logique de rentabilité explique également pourquoi de nombreuses maladies tropicales ont été négligées pendant longtemps. Même si un milliard de personnes humaines souffrent ou sont exposées à ces pathologies, il n’y a pas de « marché », souligne-t-il.

 

Alors les remerciements, hommages, minutes de silence ou applaudissements ne peuvent compenser une telle gestion lamentable de la société, de la nature, et du système de santé. Et rien ne dit que la santé cessera, après la crise, d’être laissée pour compte car non « rentable. »

 

De même que la recherche scientifique. Car le coronavirus n’est pas nouveau. Le Covid-19 fait partie de la famille des Corona, connus depuis plus de 15 ans, mais pour lesquels la recherche a été stoppée car « non rentable », elle aussi,  puisqu’il n’y avait pas de marché.

 

Donc à part terroriser les Français, tout en leur demandant « de ne pas paniquer », et distribuer des amendes, la « guerre » décrétée par Macron est un leurre. C’est surtout un appel à une « unité nationale » avec des inégalités criantes entre les familles confinées dans de tout petits logements et les plus aisés dans de larges espaces avec davantage de moyens et de possibilités de télétravail. Savez-vous que dans une famille nombreuse où l’un des enfants a atteint 18 ans, les deux parents sont obligés d’aller au travail. Le père est conducteur de bus, la mère travaille dans la grande distribution. Et celui de 18 ans doit s’occuper des petits… Ce n’est qu’un des nombreux exemples de ce que vivent les « derniers de cordée ».

 

Quant au feu vert donné aux entreprises pour imposer les dates de vacances et de RTT à tous les salariés, il préfigure de nouvelles mesures de « flexibilité », qui risquent d’être maintenues à la fin de l’épidémie, et qui là encore toucheront essentiellement les couches populaires. Et on est loin d’être rassurés quand on entend le ministre de l’économie déclarer : « La croissance pourra reprendre à condition de prendre les bonnes mesures »... en se gardant bien de dire lesquelles.

Même craintes en ce qui concerne le renforcement de l’arsenal répressif et de surveillance, censé être justifié par l’ « urgence ».

 

Nous ne pouvons manifester aujourd’hui. Le confinement est bien pratique de ce point de vue. Nous ne pouvons que croiser les doigts pour que la casse humaine soit la plus réduite possible, pour nos proches et pour tous les pays à commencer par l’Afrique et d’autres régions particulièrement vulnérables.

Mais cette crise est une nouvelle preuve qu’on ne peut pas faire confiance aux gouvernants et à tous ceux qui leur obéissent, comme l’indique la pétition de 600 médecins français en colère.

 

Tout reste pourtant possible quand on voit le vaste mouvement de solidarité spontané et les systèmes d’entraide pour assister les plus fragiles, les personnes âgées ou malades, qui se créent de manière bénévole, qu’il s’agisse de plateformes numériques de solidarité, de systèmes alternatifs d’approvisionnement et de soutien, fondés sur la coopération. Ils montrent qu’un autre monde est possible.

Ouvrages sur Mèze

Alain Cambon
Depuis un demi-siècle, Alain Cambon collectionne avec passion des clichés de sa terre natale. Après une sélection rigoureuse parmi ses très nombreuses photographies et cartes postales anciennes, précieux témoignages historiques, l'auteur révèle dans ce troisième volume la remarquable métamorphose de Mèze durant le XXe siècle. C'est l'occasion pour Alain Cambon d'aborder notamment l'après-seconde guerre mondiale, période pendant laquelle les Mézois, débordant de courage et d'opiniâtreté, valorisèrent les nombreux atouts terrestres et maritimes que la nature avait bien voulu leur donner. Et dans ces pages, le développement de la conchyliculture dès 1960, l'arrivée des rapatriés d'Algérie et la reprise de l'exploitation des mines de bauxite par la compagnie Péchiney, qui relancèrent l'activité économique de la cité, ne sont pas oubliés. Cette rétrospective devrait raviver les mémoires et faire resurgir, peut-être avec un brin de nostalgie, de nombreux souvenirs.