Mèze

Lettre 18 de Baruch Spinoza : en réponse à vos courriers…

Mon intention était de vous parler aujourd’hui de politique mais j’ai reçu une telle quantité de courriers que je souhaite y faire écho dès à présent, sans plus attendre…

Sandrine et le Conatus.

Sandrine, vous écrivez : « […] Quand le corps n'est pas blessé, quand l'esprit est intact également, alors l'être humain en santé est mu par la force de la Nature-Dieu dans le non-choix d'un déroulement de facteurs selon un déroulement de causes à effets dans une dynamique de perpétuer toujours le vivant. » Cela est bien dit et je souscris à votre formulation.  

Vous ajoutez : « Et dans ce cas je me demande pourquoi il y a effort et épuisement ???  Cela ne serait-il pas un processus naturel sans effort comme les bourgeons poussent et les feuilles mortes tombent si nous sommes sans résistance face à ce qui inévitablement est un processus de constante transformation ? »

Votre question est tout à fait justifiée. Ma réponse se fera en 3 étapes.

1) L’effort (le Conatus) de persévérer dans l’existence n’a pas de pourquoi. Il n’a pas de sens, pas de raison d’être, il est, voilà tout. Le Conatus ne sert à rien, il n’a pas d’utilité, pas de destination. Le Conatus n’a pas de finalité.

2) Comment rendre compte néanmoins du Conatus ? Le comment du Conatus, c’est-à-dire  la manière par laquelle il s’exprime. Le Conatus est un processus naturel comme l’est la pousse des bourgeons et la chute des feuilles. Le bourgeon doit percer l’écorce de la branche pour s’extraire de sa gangue. Il est violence à l’égard de cette dernière. Il doit s’ouvrir lentement et ralentir son éclosion alors que la sève monte avec force. Il doit être patient dans son impatience pour se protéger des gelées précoces et de la gourmandise animale à la sortie de l’hiver. Le bourgeon est tout dans son Conatus, comme toute chose. Les feuilles caduques résistent à leur dessèchement. Elles tiennent jusqu’aux premiers froids, voire aux premiers frimas. Les feuilles sont toutes dans leur Conatus, comme toute chose.

3) La Nature-Dieu est Existence infinie et éternelle. C’est sa définition même. Rien ne s’y oppose. (C’est comme le fait que le triangle ait 3 angles, par définition !). Nous, comme toute chose, sommes des expressions passagères de Nature-Dieu. C’est notre finitude. Notre existence finie participe à l’Existence infinie. Nous participons à l’Existence absolue. Nous faisons effort pour nous y tenir, et même y progresser, certes en durée mais aussi en intensité … et cela jusqu’à notre destruction. Lutter contre finitude c’est accroître notre puissance d’être en nous nourrissant des choses du monde (aliment, oxygène, lumière, collaboration ou exploitation humaine, …). Nature-Dieu existe absolument par l’infinité des choses finies dont il est constitué et dont nous faisons partie. L’effort consiste à conserver et amplifier notre nature transitoirement infinie. La biologie et psychanalyse ou la résonnance sensorielle (« nous sentons, nous expérimentons que nous sommes éternels ») en attestent. La destruction de notre individualité vient toujours de l’extérieur au moment où nous manquons de force pour nous y opposer. C’est, par exemple, l’épuisement face au cancer. Notre Désir (le Conatus conscient de lui-même) est désir d’éternité par la provenance (causalité) même de notre existence en Nature-Dieu. Je ne saurai mieux dire.

Cette existence infinie que nous connaissons et que nous éprouvons n’est pas une illusion comme peut l’affirmer le bouddhisme. Nous sommes bien fait d’éternité certes relative, seule les modalités de l’exprimer varient, pour nous, de la chair à la cendre.  

 « Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. » Voilà un essentiel de ma philosophie. « Persévérer dans son être », c’est-à-dire dans son existence singulière en recherche d’un Plus, en intensité et en ampleur (en rapport avec l’infini et l’éternité).

La persévérance est tension (donc effort) vers un Plus, elle est productrice et donc féconde.

En quoi consiste cet effort (« s’efforcer »),  le fameux Conatus ?  L’effort est d’exister. Une énergie nous habite et nous met en mouvement. Exister consiste à déployer cette énergie, à agir. Exister pour exister Plus. Nous sommes dans le désir d’exister. Le désir fait effort. L’effort est l’énergie du désir d’exister. Exister c’est désiré exister Plus. C’est s’activer à la poursuite de certains objets … de désir. Cet effort, le Conatus, est impulsion, dépense d’énergie qui nous fait passer du repos au mouvement, qui nous ébranle et nous met en route vers certains objets destinés à accroitre notre existence.

Chantal et la vérité.

Vous posez clairement la question : « Où trouver la vérité ? » Vous ne faites pas confiance à l’opinion, cette connaissance du 1er genre que vous pointez très justement dans les médias et les réseaux sociaux. Vous caractérisez cette connaissance comme « tronquée ». Et vous avez raison. Elle n’est pas tout à fait fausse sans pour autant être vraie. Guy Debord dirait que là-dedans « la vérité est un moment du faux ». Il y a confusion entre l’imaginaire et le vrai. Médias et réseaux sont souvent les religieux de la modernité. Leurs pseudo-vérités servent leurs maîtres.

Vous poursuivez : « Le deuxième genre de connaissance me  semble appartenir à une certaine catégorie : les scientifiques, les intellectuels, les autres passez votre chemin !!!!!!!!!! » Le difficile n’est pas hors de portée des gens de peu. Il  s’agit d’adopter la méthode scientifique. « Ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est chemin. » a dit Søren Kierkegaard. C’est l’exercice d’une pensée rigoureuse qui forme à la vérité. Ayons confiance, le vrai, une fois trouvé, s’affirme lui-même comme tel. 

Enfin, le troisième genre de connaissance que vous nommez « intuition » a à voir avec la capacité d’improvisation du musicien. Elle requiert, au préalable, un savoir musical certain qui tient du labeur.     

Mon secrétaire ne vous dit pas tout.

Mon secrétaire vous présente mes thèses, mais jamais les démonstrations qui les certifient. Elles sont certes ardues. Il importe que vous sachiez que mes thèses que je nomme « propositions » ne sont pas des fantaisies. Chacune d’elles est fondée sur un raisonnement inspiré de la science géométrique. Je ne vous dis pas le monde qui me convient, mais le monde tel qu’il est … et auquel je consens ... pour ma plus grande Joie.            

La raison ouvre à la connaissance de notre être, de notre être passionnel. La raison forme les idées adéquates aux passions pour en rendre raison, c’est-à-dire  pour expliquer chaque passion par leur cause. J’écrivais : « Une affection est d’autant plus en notre pouvoir et l’Âme en pâtît d’autant moins que cette affection nous est plus connue. » Expliquer les passions c’est agir sur elles. Mais il ne s’agit pas de dire, d’affirmer, il faut démontrer. Je propose une science géométrique » du Réel !

Valérie S. et la responsabilité.

À chacune de vos lettres je peux partager beaucoup de choses et pourtant je ne peux pas être d’accord avec vous.

Je fais l’hypothèse que nous nous séparons sur la question de la volonté et donc sur la responsabilité. Il me semble que pour vous « qui veut peut » comme vous dites. Bien sûr, vous reconnaissait le caractère relatif de cette proposition. Vous ne niez pas les déterminismes, mais ils n’ont pas, pour vous, me semble-t-il, la première place dans la conduite des humains.

Je voudrai reprendre ici une histoire de la Bible. C’est l’histoire d’Adam et de son fameux pêché originel. Tout le monde connaît l’interprétation religieuse qui fait d’Adam et d’Eve les responsables d’une désobéissance fatale.

En fait la leçon de cette histoire est toute autre. Il n’y a pas de coupable, pas de responsable, pas de liberté. En effet, Adam – l’humain type, et donc tout un chacun – fait une expérience toute humaine. Il apprend par expérience, par Dieu ou la Nature, que la consommation d’un certain fruit est néfaste pour lui. Néanmoins ou du coup, il désire consommer ce fruit. Dans l’affaire son savoir compte peu.  

Sa passion gourmande l’emporte. Et c’est là la catastrophe. Il s’empoisonne…  C’est l’histoire de tout humain. C’est une leçon anthropologique. Il n’y a qu’à penser au tabac. Il en va de même.

La version religieuse (connaissance du 1er genre) tire sa connaissance de l’éducation parentale faite d’interdit et de punition. La connaissance du 1er genre procède par analogie. Il y a un père céleste au père terrestre, c’est Dieu. Un Dieu enseignant et punissant. C’est une erreur anthropomorphique. Certes il y a des choses dangereuses qu’il convient d’éviter, non pas pour obéir à des ordres mais pour préserver sa santé. L’histoire d’Adam est une leçon non de morale mais de chose. Adam n’est pas responsable : sa passion gourmande a dépassé sa passion cognitive (de savoir). Il a fait ce qu’il ne pouvait pas ne pas faire selon son économie passionnelle. Peut-être que la prochaine fois le savoir triomphera. La leçon (non-religieuse) de ce mythe c’est qu’il convient d’agir en raison. Pas plus ! C’est déjà beaucoup ! 

Vous écrivez : « Personnellement j'en ai beaucoup [de passions] et c’est ce qui donne tout son sens à ma vie mais qui génère aussi beaucoup de frustrations car je ne peux m'y plonger complètement... sur toutes. La question du choix peut être difficile ».

Oui, les passions rivalisent entre-elles. Le salut (cf. Adam) est du côté de la surdétermination des déterminations passionnelles par la passion cognitive. Le savoir évite la frustration et même l’illusion du choix. Il s’impose et nous conduit à nous s’adonner à des passions salutaires. Le fruit « choisi » par Adam, n’était pas bon pour lui, dommage. J’écris « bon » et pas « bien ». Le « bien » n’a rien à voir avec la situation, sauf bien sûr pour  la connaissance religieuse du 1er genre. Cette dernière a néanmoins une utilité de mise en garde contre un empoisonnement. Il y a faire par obéissance et faire par connaissance.

Il convient de s’adonner « aux passions salutaires », dis-je. Comment ? Non pas par une force de caractère, mais par le triomphe du savoir. Tout le pouvoir au savoir ! Pas à la volonté. Le triomphe  du savoir c’est quand sur la scène des passions l’acteur « savoir » devient metteur en scène et attribue le premier rôle à une passion positive. L’individu n’est que le spectateur de ses passions. Je sais, ce point de vue fâche beaucoup de monde.

Que faire ? Pour soi et pour les autres (comme parent, éducateur – éducatrice, par exemple). Faire des analyses concrètes de situations concrètes pour avancer en compréhension (en vérité) du vécu. Et cela suffit. Nous pouvons compter sur le savoir. Les prescriptions (en définitif toujours morales) sont inutiles, voire pernicieuses. Connaître, puis connaître, et encore connaître. La passion cognitive l’emportera, boostée par la joie qui l’accompagne. Oui, le chemin est rude, mais empruntable … et joyeux !

Merci pour vos courriers.

                                   Salutation philosophique                  Baruch

Debout la France et les futures élections

Communiqué du bureau de la fédération "Debout la France" Hérault concernant les départementales et les régionales :

"Pour les élections départementales, Debout la France 34 soutient la candidature de Nicolas LAURON et Jamila MOUKRIM sur le canton 20 de Montpellier-Castelnau le Lez. Sur les autres cantons, et pour les élections régionales à venir, Debout la France laisse libre ses adhérents de soutenir ou pas les candidatures de droite de leur choix. Cela implique que chacun se détermine à titre personnel et n’engage en aucun cas le mouvement sur son propre positionnement."

Gilles PHOCAS, Secrétaire Départemental Debout la France Hérault - 06 09 58 90 95.

La roue libre de Thau est passée à Mèze

crédit photos : dm

Comme prévu et annoncé l'association "La roue libre de Thau" s'est "posée" sur l'Esplanade de Mèze afin de partager tout ce qui fait l'attrait de la petite reine y compris, parfois, les légers ennuis d'un moyen de locomotion "ô combien écolo". En plein renouveau et d'actualité plus que jamais, le vélo mérite toute notre attention. Brigitte et Olivier, qui ont eu la visite de M. Le Maire, nous ont chaleureusement accueilli pendant l'heure de leur casse-croûte. Peu de monde en ce début d'après-midi pour ces deux bénévoles prêts à partager leur expérience, savoir et règlementation quant à l'utilisation de la bicyclette. Un atelier d'auto-réparation peu encombrant était même à la disposition des participants.

Derrière cette approche au 1er degré de l'outil, l'association promeut donc l'utilisation du deux-roues mais ce n'est pas tout. Si le cycliste a des devoirs il a aussi des droits. C'est ainsi que, par exemple, le recours gagnant contre l’interdiction généralisée du double-sens cyclable à Sète (quartiers Victor Hugo et Quatre Ponts) est une victoire importante (plus de 2 ans de juridictions)… Elle confirme l'article R 110-2 du code de la route et réfute un attentisme "très à la mode"… La "pause" à Mèze, dans le même ordre d'idées, n'est donc pas innocente et mérite réflexions et surtout décisions. Certaines initiatives déjà amorcées doivent être poursuivies…

Bon à savoir :

 La route est un espace qui se partage, ce qui implique un respect mutuel de la part de ceux qui s'y déplacent. Le cycliste, comme l'automobiliste, doit appliquer les règles du code de la route qui garantissent sa sécurité et celle des autres usagers.

Une carte des « temps de trajet à vélo » entre les 14 communes de SAM… et désormais une carte par commune

Peut être une image de vélo, route et natureLe beau temps n’est pas encore franchement de retour. Mais cela ne saurait trop tarder. Et avec lui, l’envie de se balader sur notre magnifique territoire.
Nombre de nos déplacements peuvent se faire autrement qu’en voiture. En vélo notamment, excellent pour réduire les embouteillages et lutter contre la pollution de l’air.
Parmi les initiatives destinées à en faciliter la pratique, Sète Agglopôle met à votre disposition une carte des « temps de trajet à vélo » entre ses 14 communes…et désormais une carte par commune ===> https://bit.ly/3aQP6rw

MSFC : les U15 ne laissent rien au hasard

Armand et Didier, de sacrés éducateurs…

Si les conditions sanitaires nous privent du ballon rond amateur, les éducateurs du Mèze Stade Football Club savent qu'il va falloir être fins prêts pour 2021-2022. Aussi, du côté U15, ce mercredi, on préparait l'avenir. 18 enfants, dont 3 gardiens, vont changer de catégorie et surtout de format de terrain la saison prochaine. Armand et Didier ont pensé, à juste titre, que ce changement de surface de jeu en surprendrait plus d'un. Afin d'optimiser les capacités de chacun, une panoplie de critères a été proposée sur le terrain N°1 du Sesquier. Très concernés mais quelque peu stressés les joueurs ont donné le meilleur d'eux-mêmes… la petite vidéo qui suit vous sert d'illustration.

Qu’est-ce qu’un corps ? Lettre (17) de Baruch Spinoza.

Chers tous et toutes,

Après la lettre sur la Résonnance, on me demande d’en dire un peu  plus sur le corps. C’est avec plaisir. Qu’est-ce qu’un corps ? Un corps c’est 2 choses. C’est d’une part un ensemble infini de particules dans des rapports  de mouvement et de repos, de vitesses et de lenteurs. C’est son individualité. D’autre part c’est une étendue, un lieu d’affects. Il  agit et pâtit en passion. C’est sa personnalité.

Le concept de corps s’applique à toute chose singulière. Certes l’être humain, l’animal, le végétal, le minéral, mais aussi les sociétés, les institutions (familles, partis, État), …

Le corps ne se définit ni par sa forme, ni par ses organes, ni par sa fonction, mais par un mouvement  intérieur.  Ce mouvement résulte d’un rapport de vitesses entre les éléments infinis qui le composent. Le corps est un rapport différentiel de vitesses fait d’accélérations et de ralentissements des particules. Nous pouvons percevoir cette agitation intérieure en y prêtant attention. Le corps se caractérise par le pouvoir d’affecter et d’être affecté. De ce point de vue un cheval de trait est plus près d’un bœuf de labour que d’un cheval de course, un ouvrier plus près d’une ouvrière que d’un patron. Question d’affects. Les formes du corps, ses organes, ne comptent  pour rien en l’affaire.

Tout corps ne vit que de son rapport avec l’extérieur. Tout corps dépend de son habitat qui le détermine. C’est aujourd’hui un principe d’éthologie.

L’intérieur du corps est de l’extérieur sélectionné provenant des affects reçus et des affects donnés. Je suis le résultat de mes affects, plus ou moins sélectionnés par mon métabolisme, plus ou moins imposés par l’extérieur. Plus ou moins : il y a  un optimum et un minimum de rapport de puissance. Certains affects me sont favorables et d’autres défavorables … jusqu’à un certain point,  selon mon métabolisme intérieur. Favorables ou défavorables à l’accroissement de ma puissance à exister.

L’extérieur du corps est de l’intérieur projeté. Le corps va chercher à l’extérieur ce dont l’intérieur a besoin ou ne peut éviter. Chercher à l’extérieur ou subir par glanage ou par modelage.    

Les conduites sont réglées par les agencements entre le métabolisme intérieur et les affects de l’extérieur. Prenons le cas des situations sanitaires. Quels sont les microbes sains et les microbes pathogènes ? Ça dépend  du métabolisme intérieur. Les microbes des conquistadors anéantirent les amérindiens. Il y le seuil optimal et le seuil pessimal dans toute contagion. Il y a les porteurs asymptomatiques et les porteurs symptomatiques, les sains et les malades. Les agencements entre métabolisme et affects sont plus au moins favorables ou défavorables au corps, en général et en particulier.

Prenons un autre exemple. Celui de la natation. Savoir nager est une expérience de puissance.

Gilles Deleuze dit tout ça très bien.

Je ne sais pas nager. Je vais à la rencontre de la vague c’est-à-dire à une infinité de molécules d’eau. J’y vais, je me lance. Je barbote. J’ai des rapports d’extériorité avec les vagues. La vague me gifle ou m’emporte. Ça dépend des moments. Je reçois des chocs, je reçois des parties de la vague, les effets de son mouvement. Les parties appartenant à mon corps sont secouées par des parties appartenant à la vague. Tantôt je rigole tantôt je pleurniche. La vague me fait rire ou m’assomme. Je suis dans les affects – passions. Je me plains comme un enfant : « Ah ! La vague m'a fait du mal. » C’est comme « l’Autre m’a fait du mal ». C’est aussi bête de dire Pierre m’a fait du mal que de dire la pierre m’a fait du mal. J’ai été affecté, voilà tout. J’ai mal. Le bien et le mal ne dépendent que de moi, de la réception. Maintenant c’est la vague. Je ne comprends rien à ce qui passe, à ce qui m’arrive. Je suis dans le 1er genre de connaissance. Celui des effets. Les parties externes de la vague et mes parties externes entrent en collision. Je suis malmené. Il y a corrélation entre mon esprit (et son 1er genre de connaissance portant sur les faits) et mon corps malmené. Je suis un type de corps inadéquat à son milieu. À chaque genre de connaissance correspond un type d’individu, un état de vitesse et de lenteur des particules qui le composent.

Au contraire, je sais nager. Ça ne veut pas dire que j’ai nécessairement un savoir scientifique approprié à la vague, un savoir de dynamique des fluides. Ça veut dire que j’ai un savoir-faire. J‘ai le sens du rythme. Je me coule dans le mouvement de la vague. Je l’épouse. Je résonne physiquement à l’élément aquatique. Aussi je compose les rapports caractérisant ce que je suis avec les rapports caractérisant la vague. Ça ne se passe plus entre les parties extérieures de la vague et mes propres parties extérieures. Ça se passe entre des rapports, entre les  rapports qui composent mon corps et les rapports qui composent la vague. Mon habileté consiste à mettre en rapport mes rapports et ceux de la vague. Je suis capable de présenter mon corps sous des rapports qui se composent directement avec ceux de la vague. Je plonge au bon moment, je ressors au bon moment. J’évite la vague qui arrive ou bien je m’en sers. C’est l’art de la composition des rapports. Je suis dans la Résonnance équivalent au 2ème genre de connaissance. Celui des rapports. Et donc celui des causes. Je suis un type de corps adéquat à son milieu.

C’est pareil en amour. Soit vous êtes dans le régime de rencontre des parties externes, dans l’effet d’une partie extérieure sur celle d’un autre ou d’une autre. Soit vous êtes dans la composition des rapports de l’un à l’autre, et réciproquement. La composition des rapports caractéristiques d’un corps avec les rapports caractéristiques d’un autre corps. Vous vous présentez dans le rapport qui se compose le plus directement avec le rapport du corps de l’autre. Vous voyez bien que là c’est un étrange bonheur.  

Quand les affects extérieurs rentrent en composition avec les mouvements intérieurs ils les modifient accroissant leur vitesse ou la ralentissant, augmentant ou diminuant les puissances d’exister. Bienfaisant ou malfaisant. Il en est de même avec les rencontres. Telle rencontre, dans des circonstances intérieures et extérieures spécifiques peut être toxique ou saine. Elle peut être aussi à la fois dommageable et profitable dans des proportions variées. Un corps peut, en se composant avec un autre, l’empoisonner, l’absorber et finalement le décomposer. Mais, un corps peut aussi en élargir un autre, lui permette d’étendre ses rapports, de les intensifier. Le cheval pour l’écuyer. L’écuyer pour le prince. Un même corps peut vivre composition et décomposition selon le moment. Rapport d’amour et de haine selon le moment. Comme dans le couple. Comment les corps peuvent-ils se composer pour croître en puissance ? Puissance individuelle et puissance collective. Comment composer les puissances, les vitesses et lenteurs pour que les corps individuels et collectifs prennent de l’ampleur et de l’intensité ? Cela se réalise dans le troisième genre de connaissance où la vitesse de la pensée atteint un absolu. «  L’Amour intellectuel de Dieu » est épousailles de l’affect (l’amour) et du concept (l’intellect).

                                   Salutation philosophique,                  Baruch


P.S.

Mes prochaines lettres porteront sur les corps politiques.

Après la  lettre (16) sur la Résonnance, Noureddine fait quelques remarques.

Il fait un parallèle judicieux  entre le fait que tout corps est affecté et affectant (il pâtit et agit) et l’expression « Nature naturée – Nature naturante ».  Cette dernière expression caractérise le Réel. La Nature naturante est le Réel comme cause. La Nature naturée est le Réel comme effet. Il en est de même au niveau des choses singulières, qui sont des modes du Réel, c’est-à-dire des modalités, des manières pour le Réel d’exister.

 Noureddine a une riche expression pour désigner sa compréhension progressive de mon propos. Il écrit : « Je viens de sauter des barrières. » Oui, je crois que nous pensons par « sauts et gambades » comme l’écrit Montaigne.

Noureddine écrit : « Personnellement, mon corps est en résonnance lorsque je danse je cours, je nage, je fais du sport, je marche, je jardine, je bricole... » Attention, toute activité physique n’est pas de la Résonnance. Il y a résonnance quand il y a une écoute (une attention) silencieuse aux choses, une hospitalité intérieure à leur égard. La Résonnance n’est pas la  posture d’attendre et d’entendre l’écho de soi-même. La résonnance est ouverture au monde, au Réel et à ses choses. La Résonnance est d’abord une disposition propre au pâtir, au recevoir. C’est une qualité, une richesse que de recevoir les affects du monde. Accueillir les choses du monde ou le monde lui-même (le Réel) ce n’est pas y céder, ni même y consentir. C’est  s’y appliquer, s’y investir. En Résonnance, pâtir c’est agir. C’est s’apprêter à être visité par un autre. Et d’abord se taire. Montaigne disait : « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire, et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie, je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude, et à moi. » Montaigne est en disposition de résonnance en « quelques parties du temps »…  et ce jusqu’à son dernier mot « moi » où il en finit sa résonnance.

Ce que je nommais « Dieu ou la Nature » est devenu « le Réel » sous l’influence de Clément Rosset, votre contemporain.  Bien des contresens sont ainsi aujourd’hui, évités. Néanmoins, si Réel est un concept actuel il n’est pas moins abstrait que Dieu ou que Nature.

Noureddine écrit : « Quelle place occupons-nous dans le monde ? Cela me semble un peu prétentieux. Quelle compréhension avons de notre vie, de ce qui nous affecte nous, de nos proches et de certains de nos contemporains ? C’est déjà bien de savoir comment nous les affectons. » Oui, je suis ambitieux. Il est possible d’accéder à un savoir d’éthologie, savoir sur ma manière d’habiter le monde. Ce savoir peut être de connaissance ou de résonnance.  Il y a la connaissance du 1er genre portant sur les formes que comporte le Réel, sur l’infini des effets – affects qu’est le Réel. Connaissance inadéquate des choses réduites à elles-mêmes mais en rapport à leur cause. Il y a la connaissance adéquate du 2ème genre celle des rapports de causalité entre totalité et singularité. Il y a la connaissance du 3ème genre et la résonnance qui portent sur l’essence même des rapports, c’est-à-dire sur la puissance à exister. C’est ce qui se produit souvent en présence du nouveau-né quand nous sommes saisis par l’immanence d’une nouvelle puissance d’exister.

Le ROL prend le pouls de la lagune

Mis en route en novembre, le Réseau d'observation lagunaire (ROL) a déjà initié plusieurs actions et fédéré de nombreux professionnels et partenaires*. Piloté par le SMBT et alimenté de données scientifiques, institutionnelles et de terrain, ce réseau vise à mieux connaître la lagune et ses usages. L'objectif est d'anticiper les aléas pour sécuriser, voire optimiser les activités conchylicoles et de pêche.

Depuis mars, un suivi biométrique des coquillages (taille, poids, remplissage) est ainsi effectué chaque mois sur 3 tables mises à disposition par la DDTM* à Bouzigues, Mèze et Marseillan. Réalisée en collaboration avec le Cépralmar, cette étude, appelée à être pérennisée, intègre deux phases d'élevage (les naissains et les huîtres collées). Elle associe différentes sortes de coquillages (diploïdes, triploïdes), d'approvisionnement (3 écloseries d'Atlantique impliquées) et de culture (lanterne ou pearlnet).

Dans un contexte de changement climatique, une autre enquête sur les pratiques des conchyliculteurs a été lancée en février. Une vingtaine d'entre eux, soit presque 200 tables et filières en mer au total, ont accepté de fournir régulièrement des informations sur les origines, les supports et densités d’élevage, les pertes par mortalité ou prédation et les quantités extraites du milieu.

A la demande des professionnels, vient aussi de démarrer une recherche sur trois pathogènes qui affectent les coquillages de la lagune : l'herpès virus et deux bactéries du genre Vibrio (aestuarianus et splendidus). Une fois la méthode de détection validée, un suivi expérimental (2 à 4 échantillonnages par mois) sera réalisé pendant un an, à la fois sur les naissains et sur les huîtres adultes. Les résultats ainsi obtenus permettront de créer un modèle épidémiologique. Grâce à cet outil, les professionnels pourront adapter leurs pratiques, avec par exemple des mises à l'abri anticipées ou des manipulations évitées.

Connecté au ROL, le projet innovant SENSITHAU, porté par Biocéanor, a lui aussi démarré en mars. Financée par la Région dans le cadre de l’appel à projets « Avenir Littoral » et inscrite dans la plateforme d'innovation du SMBT, l'opération, prévue sur 18 mois, a permis de déployer dix stations de mesure haute fréquence dans la lagune, dont 8 dans des zones d'élevage. Différents paramètres (concentration en oxygène, turbidité, salinité, chlorophylle…) vont ainsi être relevés en continu et en temps réel. Agrégées et traitées grâce à des algorithmes spécifiques, ces informations devraient permettre d’anticiper les phénomènes d’anoxie (malaïgue), de contaminations microbiologiques et les blooms de micro-algues ou phytoplancton. Là encore un outil précieux pour la compréhension du milieu lagunaire et pour les professionnels de la pêche et des cultures marines.

*Le Cépralmar, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) et le Comité Régional de la Conchyliculture de Méditerranée (CRCM) sont très impliqués dans le ROL.

Élections régionales : Antoine Maurice à La Perle de Thau

Ce week-end et lundi, c'est dans l'Hérault et dans l'Aude que se rend Antoine Maurice, candidat écologiste pour les élections régionales "L'Occitanie Naturellement". Pour commencer, sa visite s'est déroulée autour de l'étang de Thau afin d'y rencontrer des acteurs économiques, touristiques et culturels. Après le centre nautique Manureva de Balaruc-les-Bains (impact des activités sur l'écosystème), la ZAC de Balaruc (projet d'extension et conséquences sur l'environnement), rendez-vous était donné aux représentant.e.s de la culture sur les marches du théâtre de la mer à Sète. La journée s'est terminée du côté de Loupian, chez les frères Cambon, mézois d'origine et repreneurs de La Perle de Thau, exploitation ostréicole familiale. C'est Philippe qui a débattu avec le candidat et toute son équipe. Nous avons apprécié l'implication du conchyliculteur dans ses travaux de recherche et sa soif d'aller de l'avant… 

"Il faut continuer à s'occuper de notre lagune, comme nous avons commencé avec MM. Pietrasanta et Giordano il y a bon nombre d'années… La traçabilité fait partie intégrante du processus de production. En effet un numéro est attribué en amont aux différents lots afin d’avoir une visibilité accrue. Des registres précis sont tenus sur le travail réalisé (ré-ensemencement, détroquage, pochonnage, exondation) par notre équipe… Nous attachons une extrême vigilance sur la qualité et la fraîcheur de nos produits que nous commercialisons sous l’appellation « LA PERLE DE THAU »."

Très attentifs, Antoine Maurice et son équipe, ont pleinement participé aux débats, se sont renseignés sur les nouveautés mises en place par le duo des cogérants de la E.A.R.L. (ciment ostréicolle, biodiversité huitres-moules, forme des coquilles, cave à captage, analyses régulières…) Après des explications très pointues et un large panorama de l'entreprise "pas tout à fait comme les autres", une dégustation de coquillages et de vin local a permis d'approfondir les besoins ostréicoles. Une projection efficace par des actes vers la sauvegarde d'un patrimoine nourricier est absolument vitale !

Pour Antoine Maurice, ce passage dans notre région doit concrétiser des idées :

Il est temps de remettre l’homme et la nature au cœur de notre projet de société et de prendre, enfin, soin de nous et des générations futures.

C’est en jouant collectif que nous parviendrons à faire que l’après-covid soit riche en solidarités, en expériences, en cohésion, en ouvertures, en surprises. En vie quoi.

La mobilité est un besoin légitime mais elle doit être adaptée aux enjeux de demain, pour diminuer son impact sur le dérèglement climatique ou la qualité de l’air…

Demain, le candidat écologiste de toutes les tendances et son colistier Thierry Antoine partageront avec les anti corridas à Béziers. Lundi, l'avenir de la viticulture sera au sein des débats. Justine Torrecilla, colistière, l'épaulera à Puichéric et à Aragon…

Images d'une visite appréciée

Philippe Cambon, un conchyliculteur passionné…

 

 

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Le 16ème courrier de Spinoza : la résonnance

Merci à Michel Negrell pour ses lettres hebdomadaires. Depuis début 2021, il nous écrit et c'est avec grand plaisir que nous le lisons et le diffusons.


 "Chers tous et toutes,

Quelle place occupons-nous dans le monde en tant qu’espèce et en tant qu’individu ?  Comment le savoir ?

La Vérité est atteignable par la connaissance, et donc par la Raison, mais aussi par la résonnance, c’est-à-dire par le Sensibilité. Cette Vérité porte en elle le Salut, la Béatitude. Elle nous réconcilie avec le Réel, avec Dieu.

Ma dernière lettre (la 15ème) était consacrée à la connaissance, à la Raison. La Raison opère par l’esprit. Elle est une activité intellectuelle. Cette lettre-ci sera consacrée à la résonnance, à une activité de la sensibilité. La résonnance est une activité physique, corporelle, sensorielle. Le terme de résonnance, je l’introduis aujourd’hui. A l’époque je ne nommais pas cette activité.

Dans mes œuvres j’ai surtout développé la voie de l’esprit. Annonçant la seconde, celle du corps, plutôt que l’explorant. Aussi, depuis, beaucoup de mes commentateurs se perdent en conjectures pour expliquer mon traitement différentiel des deux voies. La plupart en profite pour m’attribuer, abusivement, un hyper-intellectualisme, un hyper-rationalisme. Certes j’ai contribué à l’époque à ses jugements abusifs en développant l’approche spirituelle et pas l’approche matérielle. Faut dire qu’à l’époque on en savait moins sur le corps que sur l’esprit. C’est la puissance de l’esprit humain qui, en ce XVIIème siècle, se révélait pleinement.

Le corps, comme l’esprit, pâtit (être affecté) et agit (affecter). Ils sont tous deux affectés et affectants. 

Aujourd’hui, j’appelle résonnance ce pâtir et cet agir du corps comme j’appelais connaissance le pâtir et l’agir de l’esprit.

L’humain est en relation avec le Réel et ses objets par un double flux, la Raison, portée par le langage et la Sensibilité portée par les sensations.

La Résonnance est une pratique spécifiquement corporelle. Elle recueille des affects en provenance de l’environnement physique et produit, en réponse, des affects atteignant l’environnement. Le corps agit par et sur les autres corps. La résonnance informe le corps récepteur de l’état et de la dynamique du milieu. Cette information est formée d’impressions sensitives. Elle ne prend jamais la forme d’un discours.

 La Résonnance c’est par exemple : 

      Le maçon  capable d’apprécier à l’œil et à la main dotée d’une truelle le suffisant mouillage de son ciment pour une tâche donnée.

       L’infirmière explorant de ses doigts agiles les épaisseurs de l’artère d’un patient pour poser un cathéter.

       La cuisinière qui établit la parfaite cuisson d’un mets à la vue et à l’odeur.

       L’artiste qui, affecté  par une inspiration, affecte  à son tour une toile.

       Le quidam qui, submergé d’émotions à l’écoute d’une musique ou à la senteur d’un parfum, convoque une mémoire inconsciente lui permettant l’évocation du lieu de son enfance.

Toutes ses activités requièrent  aucun raisonnement mais mobilisent les sens du corps.

      C’est aussi l’amant ou l’amante faisant sans réflexion le geste attendu de sa ou de son partenaire.

       C’est le militant politique qui attentif à la multitude lui révèle son unité et sa force.

Dans tous ces exemples, nous sommes dans des situations physiques, sensorielles pas dans des situations intellectuelles, idéelles. Les corps augmentent leur puissance d’être affecté et d’effectuer un retour de manière appropriée.  

Comme il y a avec la connaissance (3ème genre) un « Amour intellectuel de Dieu » de Dieu, de « Dieu ou la Nature » ou encore du Réel, il y a avec la résonnance un véritable Amour physique ou sensuel de Dieu, de « Dieu ou la Nature » ou encore du Réel.   

L’hyperactivité d’un corps (recevoir et donner) est un Amour sensuel du Réel [1] et une richesse pour les humains. « Ce qui dispose le Corps humain à pouvoir être affecté de plus de manières, ou ce qui le rend apte à affecter les corps extérieurs de plus de manières, est utile à l’homme. » La résonnance est utile à l’homme. Plus ou moins utile. La résonnance permet de trouver une place plus ou moins ajustée et réjouie au Réel. Cette ajustement au Rel apporte Salut et Béatitude.

Le salut par le corps est parallèle au salut par l’esprit. Aucun des deux n’est ni exclusif ni même concurrentiel. Le salut peut procéder du corps ou de l’esprit. Alors les deux en bénéficient puisque corps et esprit sont la même chose singulière.

La résonnance est une disposition naturelle, comme le raisonnement. Tous les humains en disposent. Disposition naturelle qui peut être encouragée.

La résonnance ne se raisonne pas car corps et esprit sont deux accès au savoir absolument distinct.

Dans L’Éthique j’écrivais  ceci : « Qui a un corps apte au plus grand nombre d’actions, a un esprit dont la plus grande partie est éternelle. » Cela signifie : celui qui a un corps puissant aura un esprit également puissant. La réciproque est vraie. Encore une fois : Esprit et corps sont la même chose considérée différemment par les humains en raison de leur finitude empêchant de saisir l’infini des manières d’être de toute chose.  

Comme j’ai écrit que la béatitude est « la satisfaction même de l’âme, qui naît de la connaissance intuitive de Dieu » j’aurais pu (j’aurais dû) aussi  écrire : la béatitude est la satisfaction même du corps, qui naît de la résonnance de Dieu, du Réel. Je ne l’ai pas fait et j’ai eu tort [2]. Cette absence crée une ambiguïté. Renforcée par le fait que j’ai rattaché la liberté et le salut à l’esprit, et pas au corps. Je ne l’ai pas écrit considérant que cela allait de soi, en toute logique. En effet, comme j’ai établi, comme le reconnait mon contemporain Leibniz, « un parallélisme » absolu entre l’esprit (« la Pensée ») et la matière (« l’Étendu ») et plus précisément entre les idées de l’esprit et les affections du corps, il va de soi que les affections du corps peuvent accéder à la béatitude comme les idées de l’esprit.Je ne l’ai jamais, jusqu’ici, écrit. Il n’empêche ! Cessons de me faire un mauvais procès, et même pire, de méconnaître mon estime du corps équivalent à celui de l’esprit. Résonnance et connaissance ont même importance. Elles conduisent, toutes deux, au Salut, à la Béatitude. Mais chacun de son côté. Le salut est toujours un, simultanément au corps et à l’esprit, mais il y a toujours deux voies d’accès possibles bien qu’incompatibles entre elles : l’une par l’esprit, l’autre par le corps [3].

 La résonnance procède en deux temps :

1) Je dois d’abord être affecté par quelque chose d’extérieur à moi. Je me tiens disponible à le recevoir. J’offre une hospitalité intérieure à l’affect.  

2) Cette affect modifie mon métabolisme et suscite chez moi une action affectante. Je réponds à l’affect initial par un affect induit.

La résonnance est une relation sensorielle au monde sensoriel.

La résonnance n’est pas planifiable, on ne l’obtient pas sur commande. C’est une ressemblance avec la connaissance du 3ème genre (Lettre 15).  Il y en a une autre. La connaissance intuitive du troisième genre et la résonnance d’un corps à travers un autre corps singulier sont des formes de communion avec le Réel (« Dieu ou la Nature »). L’Amour intellectuel et l’Amour sensoriel du Réel est de l’ordre de l’expérience existentiel. Nous existons pleinement d’avoir rejoint le Réel, l’existant absolu, par résonnance ou par connaissance. 

 Quand j’écris dans l’Éthique « on ne sait pas ce que peut le corps ou ce que l’on peut déduire de la seule considération de sa nature » c’est, comme le dit Deleuze, un « cri de guerre » contre le moralisme, contre la « moraline » pour reprendre un mot de Nietzsche. Le corps est un lieu de puissance à exister (Béatitude, Salut) comme l’est l’esprit. Égalité entre corps et esprit. Même dignité pour le corps et pour l’esprit.

                                                                                                                                                                         Salutation philosophique,                    Baruch."


Notes du secrétaire.

 [1] C’est le symétrique de la proposition de Spinoza qui reconnaît que (le 3ème genre de connaissance) l’hyperactivité d’un esprit en déterminations (recevoir et donner) est un Amour intellectuel de Dieu, du Réel.

 [2] Il faut bien dire que chaque fois que, dans ses œuvres passées, Spinoza aborde explicitement et frontalement la question du salut des hommes (ou de la béatitude, ou de la liberté), il n’est jamais question du corps mais seulement de l’intellect ou de l’esprit ; de même Spinoza ne parle jamais littéralement d’éternité du corps, mais toujours et uniquement d’éternité de l’esprit ou d’une « partie de notre esprit ». Pourtant quand il écrit « Nous sentons et nous expérimentons que nous sommes éternels » il évoque sans contestation possible l’importance du corps. Il ne parle pas de connaissance mais de sensation, d’expérience sensorielle. Dans l’ensemble la voie spinoziste qui mène au salut, est plutôt intellectuelle. Néanmoins il ne s’agit pas là d’un salut « spiritualiste » qui s’acquerrait contre le corps et contre l’ordre des appétits du corps, puisque d’une part les appétits humains, quels qu’ils soient, ne se rapportent jamais uniquement ou originairement au corps seul, mais toujours simultanément à l’esprit et au corps sans prédominance quelconque de l’un sur l’autre. Les déclarations actuelles de Spinoza en faveur du corps étaient attendues. Elles faisaient défaut. Aujourd’hui le spinozisme a gagné en cohérence. L’implicite est devenu explicite.

La bergerie de Thau : Michel Ibanez prépare l'estive alpine

Ce samedi 17 avril, le berger Michel Ibanez avait programmé la tonte de ses moutons, dans sa bergerie. En comité restreint, l'opération s'est bien déroulée à part pour le générateur électrique qui a déclaré "forfait" en début de matinée. Nous avons été reçus par un autre Michel, venu spécialement de Lunel (merci pour l'accueil). Kévin, le tondeur, et son assistant Lucas, ont mis tout leur savoir-faire à la disposition du troupeau. Si le métier de berger ou de tondeur disparaît petit à petit, il est malgré tout envié, surtout par son indépendance apparente et son lien direct avec la nature. S'occuper d'animaux n'est pas une sinécure et nécessite des contraintes telles que celles que nous avons filmées. L'approche de l'estive alpine, avec quelques 5 000 congénères, impose d'abord la tonte (malgré une laine de moins en moins attractive) et ensuite une protection médicale pointue afin d'éviter les contaminations dues à la proximité. Vermifugées et traitées contre les parasites, les brebis de maître Michel sont, ce soir, prêtes à affronter les alpages verdoyants pendant tout l'été. Comme tout ce qui touche à l'élevage, l'évènement est toujours un tantinet festif. Un nouveau générateur a remplacé rapidement le déficient. Ce soir, les ovins ont quitté définitivement leur tenue hivernale. Quant aux jeunes agneaux, non concernés, ils apprendront l'an prochain, à moins qu'une autre destination leur soit réservée dans les jours qui viennent… Ci-joint quelques photos ainsi qu'une courte vidéo. Bonne lecture !

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Navette maritime Mèze-Sète : test de 6 mois

On en a beaucoup parlé, on en parle et on en reparlera… Elle a même existé si l'on cherche bien dans l'histoire. La liaison de transport public entre les deux rives de l'Étang de Thau risque de devenir une réalité avec bien des avantages à tous les niveaux. La traversée d'une durée de 35 minutes entre le quai Descournut à Mèze et le quai de la gare de Sète (avant le pont de la gare) se fera au rythme de 7 allers/retours quotidiens avec des horaires adaptés aux travailleurs et en phase avec les horaires de trains. Le bateau-bus fonctionnera 6 jours sur 7 et 7 jours sur 7 en juillet et août.

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Ouvrages sur Mèze

Alain Cambon
Depuis un demi-siècle, Alain Cambon collectionne avec passion des clichés de sa terre natale. Après une sélection rigoureuse parmi ses très nombreuses photographies et cartes postales anciennes, précieux témoignages historiques, l'auteur révèle dans ce troisième volume la remarquable métamorphose de Mèze durant le XXe siècle. C'est l'occasion pour Alain Cambon d'aborder notamment l'après-seconde guerre mondiale, période pendant laquelle les Mézois, débordant de courage et d'opiniâtreté, valorisèrent les nombreux atouts terrestres et maritimes que la nature avait bien voulu leur donner. Et dans ces pages, le développement de la conchyliculture dès 1960, l'arrivée des rapatriés d'Algérie et la reprise de l'exploitation des mines de bauxite par la compagnie Péchiney, qui relancèrent l'activité économique de la cité, ne sont pas oubliés. Cette rétrospective devrait raviver les mémoires et faire resurgir, peut-être avec un brin de nostalgie, de nombreux souvenirs.