L'amour, l'amour ...

Le temps est maussade. Hier c’était les journées de l’amour. Le vent souffle également et fait quelques heureux, les courageux capables de patienter des heures pour une vague. Il m’arrive de déjeuner dans ma voiture. Peut-être pour trouver mon appartement, le soir venu, plus grand, moins froid. Ou aussi simplement par plaisir. A la radio c’est l’heure du Grand face à face. Nom hyperbolique  tant les deux acteurs de cette émission politique à savoir Natasha Polony et Raphaël Glucksmann s’exténuent à se trouver des points de désaccord. Lorsqu’ils y parviennent, peut être favorisés par l’animateur, celui-ci jubile, c’est à ce moment qu’il en devient insupportable. Aujourd’hui un invité est venu évoquer le printemps de la laïcité. Remarque immédiate de la perspicace journaliste : peut-on idéologiser une valeur cardinale de la république comme la laïcité ? La réponse m’échappe. Je me demande si on peut célébrer l’amour sans l’idéaliser ?

Assurément : L’année dernière j’avais écrit un article sur ces Journées de l'Amour spontanément. Sans davantage réfléchir, les premiers mots qui m’étaient venu à l’esprit étaient ceux de T. S ’Elliot Avril est le plus cruel des mois…

Quel temps faisait-il alors ? Beau ? Très vraisemblablement . Dans sa chanson Ostende, le beau Léo à deux alternatives impérieuses d’évasions opère le choix de la vigueur : se mettant ainsi à l’abri d’un contre coup, il part se balader dans le printemps.

Il va peut-être pleuvoir mais tant pis.

La marche aussi délassante soit-elle, n’est pas immanquablement provocatrice d’éclaircissement même si au-dessus de moi l’étau des nuages se craquelle pour laisser filtrer des bras de soleil charnus. Avril, cruel, …il devait faire un temps superbe. Aimer être aimé. Aimer aimer. Aimer l’amour plus que l’autre. Des regrets comme des vipères sortent de leur nid et piquent de leurs pointes acides l’esprit désireux de cette quiétude suscitée par les projets plus ou moins audacieux . Amertume inéluctable des subtils parfums d’efflorescences. Doute de savoir encore prendre les bon risques.

 

Et hop, à nouveaux les nuages. Pour de bon. Je ne sais pas si un battement d’aile peut provoquer un tsunami, mais la soudaine  panique des papillons avant ce nouveau coup de sombre fut édifiante. Leur dispersion silencieuse a précédé de quelques secondes une longue rafale de vent qui a paradoxalement chassé mes regrets.

Il ne s’agit plus que d’accélérer. Je repense à ces coussins vus hier en forme de cœurs brodés de mots doux, sensuels, enfiévrés, sur un petit lit exténué. De quelles couleurs étaient-ils, couleur boue diluée ? Celle du temps passant ? Les mots étaient rouges, intemporels. Rentré chez moi, le bouquin ouvert sur le bureau de ma loggia me rappelle un sketch d’une humoriste dont j’ai oublié le nom.

Il y est question d’une amie à elle qui la reçoit toujours en s’excusant de la grande pagaille car elle n’a pas le temps de ranger plaide-elle, alors que,  et c’est ici  que c’est drôle, c’est  absolument  impeccable.

Enfin pas tout à fait, car ensuite l’observatrice aiguisée souligne que ce bordel imaginaire recèle néanmoins quelques véritables éléments anarchiques (qui ont  néanmoins  le mérite de rendre le contraste encore plus saisissant avec l’ordre général) et de citer un verre de thé sur une table basse ainsi qu’ un bouquin ouvert à l’envers, c’est-à-dire qui présente la première et la quatrième de couverture. Le mien, qui repose seul sur mon bureau est ouvert à l’endroit, à la première page.

Il s’agit d’une lettre ouverte de Julio Cortázar qui fait office de préface au recueil  résidence sur la terre de Pablo Neruda. L’écrivain argentin  et ami du poète commence ainsi : Cher Pablo, quelle chance que les rituels de l’édition m’aient offert ce courrier vertigineux, cette boîte à lettre aux mille facettes ou une lettre pour toi va en être une pour tant d’autres.Je déteste les prologues et les introductions mais tu vois il arrive parfois que les coutumes et les routines accèdent à une vie nouvelle, comme le geste mécanique de serrer la main (est-ce vrai qu’il est né  du sentiment contraire, pour prouver qu’on ne cachait pas une dague entre ses doigts ? ) peut devenir rencontre et communion, dialogue de la peau qui se reconnaît et se comprend  sous les paroles, poésie du toucher,  signe de l’amitié entre les hommes.

Je m’arrête ici ému par ce terme de communion de la peau me demandant si l’amour inclut l’amitié ou si c’est plutôt l’inverse. Hier les personnes présentes  à cette soirée d’ouverture de ces journées de l’Amour se trouvaient dans une sorte de communion, on ne peut plus laïque précisera-on seulement pour en référer à notre débat du départ. Dans une Chapelle quartier haut bondée de monde et  investie  d'œuvres d'un éclectisme euphorisant on retrouvait cette atmosphère de paix joyeuse , ce signe de désir fraternel.

L’année dernière Pierre Tilman dans une après-midi consacrée à la lecture de ses œuvres avait évoqué l’amour lettre après lettre tout doucement goulument, délicatement, amoureusement. Il parlait avec la bouche mais aussi avec les bras, les yeux, la chair.

On avait l’impression en le regardant de voir le mot amour , son enveloppe corporelle , son caractère , pluriel , peut-être une allure, une manière de marcher , d'attendre,  mais également de voir, de  se donner, puis de vous  filer entre les mains , échappant ainsi  à l'utopie d'une appropriation nocive .... C’était un beau et mystérieux  moment. Cette année d’autres belles choses se préparent certainement….

Pour ma part je vais retourner voir l’exposition car hier ce sont les gens qui ont davantage attiré mon attention. Des spectateurs d’une pièce d’Oscar Wilde auxquels Dorothy Parker disait s’intéresser davantage qu’à l’intrigue, la piquante critique américaine d’affirmer qu’ils ronronnent  d’approbation pour montrer qu’ils cautionnent , comprennent tout, et qu’ils utilisaient le mot « brillant » avec tellement de fierté qu’on avait l’impression qu’ils venaient de l’inventer.

Cette observation de la terrible Dorothy pourrait valoir pour certains vernissages où le mot « brillant » n’aurait qu’à être remplacé par celui de « génial ». Ce n’était pas le cas hier. Qu’entend-on par aveugle lorsque l’ évoque pour les amoureux ? Qu’ils ne prêtent plus attention aux assommants tumultes produits par ceux qui comblent malheureusement une  absence dans leur vie qu’ils n’osent pas nommer?  L’amour, l’amour, l’amour !

J.B.S

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Avec l'APAVH, les belles LALIE et DIARRA sont à l'adoption

pepit2229683346_1645563212187152_5084249881548282965_nSi le physique est à prendre en considération , on imagine que ce qui compte le plus ce sont nos caractères... A propos de Lalie, la jolie grisette : "j'ai un caractère calme. J'apprécie passer du temps couchée dans le salon de jardin de ma famille d'accueil. Je suis demandeuse de jeux et de câlins."pepit29571372_1645563708853769_1155069375934100749_nPour Diarra, l'arlequine : "je suis un peu plus speed, j'aime chasser, eh oui suis une chipie , j'embête les petits animaux. Je suis curieuse, j'explore tout ce que je peux, intérieur comme extérieur. J'aime aussi les câlins et parfois même, lorsque je l'ai décidé, je monte sur les genoux"...Nous avons toutes deux impérativement besoin d'un extérieur, nous sommes certes des minettes faites par avoir une vraie vie de famille mais aussi des minettes de la nature. Nous en priver serait très difficile pour nous. Pour nos adoptions, on vous demandera le remboursement de nos frais d'identification et de stérilisation...

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