Expérience salutaire

Gratiféria, gratiféria, gratiféria …! Euphorisantes syllabes qui répétées  à l’infini plongeraient le sujet dans un état de transe dont il ne sortirait brutalement qu’à l’écoute de quelques mots clé tel que … diesel... ? La gratiféria c’était hier, toute la journée à la salle Brassens…De nombreux étals garnis de livres, de cd, d’objets décoratifs en tous genres, d’autres plus pratiques, de bijoux, de vêtements : des chapeaux, des bonnets, des gilets, rouges, roses, verts, bleus…

Bleu, comme un ciel sans nuage… il pleuvait pourtant hier, c’est vrai… Mais l’ambiance était douce, reposée , et ce n’est pas parce que c’était gratuit - le principe de la gratiféria en deux mots : le matin,  on dépose ce que l’on veut, l’après-midi,  on prend ce que l’on veut – que les gens perdirent leur  contrôle,  comme il le leur arrive,  hélas,  lors de certaines opérations promotionnelles, se montrant capables de tout,  pour jeter le dévolu sur l’objet divinisé.

Pas d’incident, non,  heureusement, car contrairement aux grandes braderies, ou aux soldes, qui attirent les acheteurs en leurs suggérant  l’économie qu’ils feront en dépensant leur argent (ce qui ne constitue donc jamais une économie) ici il n’y a pas d’enjeu monétaire. On pourrait bien sûr se servir grassement  pour revendre par la suite, pratique qui témoignerait d’une mesquinerie de type supérieure. Mais, ce qu’il est surtout remarquable, c’est que les défauts ( plus ou moins larvés ) des individus,  sont souvent révélés par certaines situations,  certains facteurs, la peur, le pouvoir, l’argent en font partis. La peur de ne plus avoir d’argent. Avoir de l’argent pour avoir du pouvoir. Du pouvoir pour avoir davantage d’argent. D’avantage d’avoir.

Les évènements de ces derniers jours qui ne semblent pas prêts de s’essouffler semblent unir les françaises et les français en dépit de leurs divergences politiques. Un même ras le bol fédérateur. Notre vocation n’est pas d’émettre une opinion sur la légitimité d’un évènement qui peut être éclairé sous des angles divers. Il y a néanmoins  une réalité : les gens ne veulent pas payer (beaucoup ) plus cher quelque chose dont ils ne peuvent se passer. Ce n’est pas comme taxer l’oxygène mais bon… Deuxième réalité : il y a des gens qu’une pareille hausse affecte plus que d’autres…Et puis ,  il y a une manière de faire, dans la lignée d’autres mesures qui ont été prises de manières autoritaires sous couvert du bien-être de la population à qui l’on demande « juste » un peu patience afin de récolter les fruits de leurs efforts…Enfin,  il y a encore, brandi, l’argument écologique légitimant la mesure, la fameuse transition énergétique… Et quand on sait que le très populaire ministre de l’écologie, Monsieur Hulot-  prise de choix et mascotte du nouveau gouvernement pas encore touché par la disgrâce- a rendu sa démission car il avait la nette sensation de piétiner face à des politiques fatalement sous la houlette des lobbys, l’agaçante impression d’être pris pour des imbéciles par un président qui se croit plus intelligent que tout le monde est compréhensible… Mais malgré cela ; ils sont nombreux, également, ceux qui ne désirent pas être assimilés au mouvement, dérangés par les fatidiques rattrapages idéologiques ou simplement par le fait que l’argent soit au cœur de la contestation … sujets au même type de malaise que peut provoquer l’argument mesquin – ici le terme de mesquin n’a plus rien de caractéristique –mais auquel on ne peut pas rester totalement insensible, du sacro- saint pouvoir d’achat . Car , en effet, à moins d’adopter un mode de vie alternatif- ce qui n’est pas permis à tout le monde - , ici, c’est-à-dire sur cette planète (ironiquement bleue,  depuis les profondeurs de l'espace  ) sans argent,  les plaisirs, ou bien simplement la vie nous est interdite. Ainsi défendons nous bec et ongle ce qui nous asservit. Et si les évènements comme celui d’hier font du bien, c’est que cette notion , quelques heures, disparaît . Générosité, partage, et l’intelligence , point . Pourquoi conserver des choses dont on n’ a plus l’utilité ?  Pas besoin d’être frappé du  syndrome de Diogène pour accumuler bêtement… Se débarrasser peut s’avérer un arrachement dans une société matérialiste. Et pourtant cela fait du bien, et si ça peut servir à autrui  c’est encore mieux ! Alors juste pour le plaisir… gratiferia, gratifria, gratiferia… !

J.B.S

Cuisine secrète du Languedoc

Cuisine secrète du Languedoc-Roussillon

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