La sétoise Fidji Simo directrice de Facebook et sa famille invités d'honneur de la Saint Louis

La Sétoise Fidji Simo, directrice de Facebook, et sa famille, les Morello, sont les invités d’honneur de la 277e édition de la Saint-Louis. Une famille représentative de l’identité sétoise, faite d’enracinement à l’île singulière, à ses traditions,  à un regard sans cesse tourné vers l’avenir.

 Une famille sétoise invitée d’honneurfidgi000Capture

L’histoire de cette famille de pêcheurs se fond avec celle de Sète, un mélange d’authenticité, de créativité et d’ouverture.

Il s’appelait Rocco. Sétois pendant 60 ans, il était arrivé sur l’île singulière en 1957 après une naissance en Sicile et des jeunes années en Tunisie. Pêcheur dès le plus jeune âge puis, à force de ténacité, patron de chalutier, il s’était fait un nom dans le monde de la pêche. Elle s’appelle Fidji. Après l’obtention de son bac au lycée Paul Valéry, elle prend rapidement son envol.

Des études à HEC à Paris puis un passage chez eBay avant de gravir, aux Etats-Unis, les échelons de Facebook dont elle est désormais directrice. Tout en gardant les pieds sur terre. A Sète. Point commun de ces deux parcours singuliers : une réussite au mérite et une famille. Les Morello. Une fratrie discrète, professionnellement respectée et enracinée dans la vie sétoise. C’est pour mettre en valeur leur riche histoire et leur amour profond pour leur ville que Fidji Simo et ses proches ont été choisis comme invités d’honneur de la Saint-Louis 2019.

Une manière aussi de célébrer ce savant mélange entre modernité, ouverture sur le monde, authenticité et respect des valeurs patrimoniales qui forment le socle de l’identité sétoise. A l’image de la saison estivale animée par une programmation culturelle foisonnante et clôturée traditionnellement par la fête des joutes languedociennes. Cette année du jeudi 22 au mardi 27 août. Une 277e édition lors de laquelle sont conviés Fidji Simo, sa grand-mère Viviane, sa maman Tchétine, ses trois frères et soeurs Thérèse, Viviane et Ange ainsi que leurs conjoints.

Le parcours remarquable de Fidji Simo, ses proches le résument en peu de mots.

Une obtention du bac à 16 ans au lycée Paul Valéry de Sète, la suite de ses études à 18 ans à la prestigieuse école de commerce HEC à Paris et à l’université de Californie à Los Angeles, puis une expérience chez eBay avant de rejoindre, sur candidature spontanée, les équipes de Facebook. Simple à expliquer mais difficile à imaginer. Il y a de quoi ! Nommée directrice de Facebook début 2019, elle a désormais en charge le développement de l’une des applications les plus utilisées au monde.

Malgré cette ascension fulgurante, Fidji, mariée à Rémy Miralles, un Sétois rencontré il y a 20 ans au lycée Paul Valéry, a su rester humble. “Mon message, c’est qu’il faut rêver grand et dire aux jeunes que c’est possible” explique l’intéressée. Comment Fidji en est arrivée là ? “Grâce au travail” répondent tour à tour ses proches. “Travaillez, vous serez récompensés” disait son grand-père Rocco avec qui elle entretenait une relation particulière.

Autant dire que Fidji l’a bien compris. “Elle travaille tout le temps et reste constamment en alerte” souligne sa maman Tchétine, commerçante installée rue Frédéric-Mistral. Pendant ses vacances à Sète, c’est toute la famille qui vit un peu à l’heure américaine. Avec le décalage horaire, il n’est pas rare qu’elle soit debout au milieu de la nuit. “C’est une travailleuse, elle ne cesse jamais d’apprendre” ajoute sa marraine Thérèse, infographiste à la mairie et peintre officielle des pavois de la Saint-Louis.

Avant d’être exceptionnel, le parcours de Fidji se résume donc au mérite. Tout comme celui de son grand-père. "Les valeurs de mon grand-père - travail, ambition, famille et honnêteté - ont grandement inspiré mon parcours. Lorsque je lui disais que j'avais eu un 20/20 à l'école, il me disait avec son grand rire : c'est très bien ma chérie, je suis très fier de toi... et maintenant réfléchis pour savoir comment avoir 21 la prochaine fois". Encore aujourd’hui, sa vie professionnelle est un challenge permanent.

C’est elle qui est à l’origine du “Facebook live” dont elle doit s’assurer qu’il est utilisé à bon escient à travers le monde. Avec de telles responsabilités, on pourrait la croire au-dessus du lot mais ce serait mal connaître la Sétoise. “Il ne faut pas imaginer Fidji installée dans son bureau de numéro 1, elle travaille tout le temps au contact de ses équipes” confient ses parents Jacques et Tchétine.

Humble et sérieuse dans son travail, Fidji est aussi décrite comme “souriante, joviale par nature et curieuse de tout” par ses proches. Née dans une ville qui baigne dans l’art, elle s’est trouvée une vocation artistique à travers la peinture, la sculpture ou encore le modélisme. Dès l’enfance, elle avait développé cette fibre artistique. A une époque où son grand-père disait d’elle qu’on la verrait un jour à la télévision. Il ne s’était pas trompé.

 

INVITES D'HONNEUR :

Rocco Morello, De mousse à patron pêcheur Le vendredi 23 août 2019, cela fera deux ans que Rocco Morello aura quitté les siens. Le souvenir d’une Saint-Louis douloureuse pour toute la famille. Même si “c’est très difficile d’avancer sans lui”, la fratrie éprouve le besoin de discuter de sa riche histoire avec Sète et se dit qu’il aurait beaucoup aimé être invité d’honneur.fidgi1Capture

 

“Papa aurait beaucoup apprécié cette reconnaissance. Il aurait été fier. Il sera là parmi nous” témoigne Ange, son fils qui a tout appris sur la pêche à ses côtés avant de lui succéder. Rocco a arrêté sa carrière en 1989 après 50 ans de mer. Arrivé à Sète en 1957, ce Sicilien a fait ses armes dès cinq ans en tant que mousse sur un bateau en Tunisie, là où ses parents avaient émigré. Après son service militaire passé sur un dragueur de mines, il traverse la Méditerranée et commence sa vie sur l’île singulière. Les débuts sont difficiles. Lui qui expliquait “ne pas savoir faire autre chose que la pêche” va se faire une place aux côtés des patrons pêcheurs.

Travailleur invétéré, il finit par créer son propre chalutier. Un 25 m à poupe carré, le premier du genre à Sète. Rocco le dessine lui-même et le fait réaliser par le charpentier de marine Stento. La technique sera reprise par d’autres pêcheurs dans son sillage. En 1969, “L’ange des mers” est mis à l’eau. Il poursuit donc sa carrière en tant que patron de chalutier après des années de galère.

Cinq ans plus tard, sa femme Viviane ouvre la poissonnerie Morello, la deuxième à Sète en dehors des Halles, et vend les poissons pêchés par son mari. Rocco crée aussi ses propres filets de pêche suivant des calculs mathématiques dont lui seul avait le secret.

Ayant toujours voulu faire partager sa passion, il offrira son invention à l’Ifremer. “Il m'a toujours donné l'impression que tout était possible si on travaille dur. Et même s'il a excellé dans un métier bien différent du mien, sa capacité à innover et prendre des risques m'a beaucoup influencée” commente sa petite-fille Fidji. Un parcours singulier qui a laissé une belle empreinte dans toute la Méditerranée. “Les pêcheurs me parlent de lui tous les jours” confirme Ange. Cette vie professionnelle réussie n’aurait sans doute pas été possible sans l’amour qu’il a très vite porté à sa femme Viviane. “Son meilleur souvenir” disait-il.

“Quand il m’a connue, il ne parlait pas Français alors pour me charmer, il me chantait des chansons napolitaines” se souvient-elle. Un amour qui s’est transmis aux enfants et aux petits-enfants. “Notre vie a été marquée par l’amour et le travail” résume Thérèse. Avec Fidji, le patriarche entretenait une relation fusionnelle. Elle qui était très attachée au bateau de son grand-père dont une reproduction trône sur le buffet de la salle à manger de l’appartement familial, quai de la République.

 http://blog.ville-poussan.fr/wp-content/uploads/2019/08/fidgi2Capture.jpg

La force du lien familial :

Un premier bain et un premier pas. C’est l’histoire racontée dans le journal La Marseillaise daté du mardi 9 septembre 1969. A gauche, une photo du bateau de Rocco Morello et un titre : L’ange des mers a pris son premier bain. A droite, une photo de la rentrée des classes sur laquelle Thérèse, fille de Rocco, tient fermement la main de sa maman entourée de ses soeurs Tchétine et Viviane. Si, ce jour-là, le lien familial s’est illustré par un savoureux hasard, il n’en reste pas moins le fil rouge de l’histoire de cette famille sétoise.*

De la rencontre des parents à Sète en 1957 à aujourd’hui, cette fratrie a su rester unie. “Je ne serais jamais arrivée au poste que j'occupe sans le soutien inconditionnel de ma famille. Se sentir aussi aimée, ça donne du courage” affirme Fidji. “On ne va pas dire qu’il n’y a pas eu des hauts et des bas mais aujourd’hui on reste tous très proches” résume Ange Morello, cadet de la famille et patron pêcheur.

“On s’appelle tous très souvent mais on n’empiète pas sur la vie de chacun” ajoute Thérèse, sa marraine. “C’est courant dans la famille de se réunir mais quand Fidji rentre des Etats-Unis, c’est tous les soirs” précise sa maman Tchétine dans la salle à manger du cocon familial. On comprend vite l’utilité de l’imposante table en bois réalisée - ce n’est pas anodin - par un charpentier de marine. C’est là que la maman Viviane, ses enfants et leurs petits-enfants se retrouvent, partagent un repas et s’entretiennent, parfois jusque tard dans la nuit. Ce rassemblement fait presque office de tradition au moment du retour de Fidji. Très occupée, la première petite- fille de la famille rentre aussi souvent que son travail le lui permet, idéalement en été et à Noël. Le reste de l’année, la famille communique quotidiennement sur un groupe Messenger, l’application de discussion instantanée de Facebook. Il faut dire que le réseau social a beaucoup facilité les échanges longue distance. “C’est un grand privilège de voir l’impact positif que les produits que je crée avec mes équipes ont sur le monde, en permettant à des familles de se reconnecter et de partager des moments clés de leur vie” se réjouit Fidji.fidgi3Capture

Quand l’occasion se présente, ses oncles et tantes n’hésitent pas à prendre l’avion pour la rejoindre de l’autre côté de l’Atlantique. Pour la maman Tchétine, c’est un rituel chaque année. Même Viviane, sa grand-mère, a fait le voyage jusqu’à Palo Alto en Californie. Preuve que même 9500 km ne peuvent pas briser le lien familial. “Elle est absente par son travail mais on est ensemble quand même”, confirme son papa Jacques. Sa maman Tchétine se souvient : “Un jour je lui ai acheté une planète en porte-clé et je lui ai dit, tu vois la terre est petite”.

La famille ouverte sur le Monde : Au fil des années, Sète s’est ouverte sur le monde et a réussi à maintenir un équilibre entre traditions et modernité. Entre vie locale et attractivité touristique. Entre fidélité à son histoire et envie d’ailleurs. A l’image des membres de la famille Morello pour qui rester à Sète n’a jamais été un sacerdoce.

Plutôt une envie naturelle. Un besoin même. Les petits-enfants, eux, sont partis étudier ailleurs à Marseille ou à Paris. Comme Fidji il y a quelques années qui a aussi connu Londres et Miami lors de stages pendant ses études. Très attaché à sa ville d’adoption, son grand-père Rocco l’avait encouragée “ à aller voir le monde”. Pourquoi les Etats-Unis ?

Peut-être parce que son arrière-grand-père s’y était aussi rendu. A Brooklyn précisément pour travailler pendant cinq ans dans la construction de chemins de fer. Une autre époque où l’on ne voyageait pas d’un bout à l’autre du globe en quelques heures et où Fidji Simo ne montrait pas à Mark Zuckerberg les joutes languedociennes sur smartphone de l’autre côté de l’Atlantique. Cette anecdote, la Sétoise la répète avec envie.fidgi4Capture

C’est aussi ça l’ouverture sur le monde : savoir vivre ailleurs tout en gardant un oeil sur les traditions de sa ville natale. Ou l’inverse. A ce titre, il est encore plus surprenant de constater que la maman de la famille, Viviane, 79 ans, s’est très bien accommodée de ces envies d’ailleurs et de cette adaptation aux nouvelles technologies. Oui, elle a aussi son smartphone et ses applications.

 Oui, elle est allée rendre visite à celle qu’elle appelle encore son enfant, Fidji. Une dizaine d’heures d’avion et 9 h de décalage tout de même. Elle n’en retient pourtant que des bons souvenirs. “Faire ce voyage et aller voir Facebook, c’est quelque chose, j’ai rêvé pendant 20 jours” raconte-t-elle comme le ferai une jeune de son temps. Cette ouverture au monde passe aussi par la relation que plusieurs membres de la famille entretiennent avec l’art. Quand elle revient à Sète, Fidji prend du temps pour découvrir de nouvelles expositions. Elle peint aussi à ses heures perdues avec sa marraine Thérèse et découvre de nouvelles techniques. Dans l’appartement familial, les nombreuses oeuvres accrochées au mur témoignent de ce besoin de regarder ailleurs tout en restant à Sète.

Cuisine secrète du Languedoc

Cuisine secrète du Languedoc-Roussillon

"Totalement sublime ! Un livre de recette que je recommande rien que pour la poésie des recettes et les commentaires authentiques.

J'y ai trouvé les recettes des bons petits plats que mes grands-mères préparaient si bien. De la rouille à la Sétoise aux escargots à la cévenole vous en aurez l'eau à la bouche !
C'est la vrai cuisine familiale du Languedoc, celle qui se transmet depuis des générations. » Amazon