Petit panorama de la faune et de la flore

Ce vendredi 4 novembre, Marc Cheylan, vicois et zoologiste au CEFE de Montpellier,  a présenté une approche très intéressante de la flore mais surtout de la faune de Vic la Gardiole avec de nombreuses anecdotes devant un public passionné. Un accueil chaleureux dans la salle de l’association « Les amis vicois ».

 

Marc Cheylan travaille à Montpellier, au sein du Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Évolutive du CNRS. Ses recherches portent sur des questions d’écologie, de biogéographie et d’évolution animale. Il est membre du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel et fortement impliqué dans les problématiques régionales de protection de la nature. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la faune méditerranéenne aux éditions Belin, Parthénope, éditions du Muséum national d’Histoire Naturelle. Il réside à Vic-la-Gardiole depuis 1985.

 
Le CEFE, centre d’écologie fonctionnelle et évolutive est un des plus importants laboratoires de recherche en France et en Europe : biodiversité, changements à l’échelle planétaire et développement durable. Une grande partie des recherches porte sur les écosystèmes méditerranéens et tropicaux. Créé en 1961, le Centre d’Etudes Phytosociologiques et Ecologiques (CEPE) est une unité de recherche du CNRS. Il est devenu en 1988 le Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE).
140 chercheurs, français et étrangers, y travaillent sur tous les aspects de l’écologie.

   

Il faut d'abord rappeler  que la ville de  Vic-la-gardiole  a établi une charte d’occupation du domaine public qui tient compte de sa spécificité, de sa richesse et de ses paysages très divers: la garrigue, les étangs, le lido, la village.

La Gardiole

Les oiseaux les plus caractéristiques de la garrigue sont les fauvettes : méditerranéennes, mélanocéphale, pitchou et le merle bleu. Viennent ensuite les rapaces : grand duc, épervier, engoulevent, busard cendré dont une colonie niche près de la piste d’essai Good year.
Parmi les mammifères  on trouve le lérot ou loir des greniers qui niche dans les endroits rocheux ou les habitations,  la souris à queue courte un rongeur sauvage qui vit dans la nature, différente des souris des habitations, la musaraigne musette et des prédateurs : renard, blaireau, fouine, genette visible uniquement la nuit.
Les reptiles sont aussi bien présents : lézard ocellé présent au creux de Miège ; lézard catalan ; couleuvre de Montpellier, une espèce inoffensive même si elle est dotée de crochets à venins au fond de sa gorge, elle ne mange que des reptiles ; psammodrome algire, lézard de taille relativement grande, pouvant atteindre 30 centimètres de longueur totale ; couleuvre à échelon, la plus commune.



Tadorne de belon

 

Les étangs

L’’étang de Vic et la Grande palude sont des étangs d’eau douce. Beaucoup d’ oiseaux nichent sur la commune : héron cendré, busard des roseaux, rousserolle ; martin pécheur.

Les mammifères les plus courants sont : rat surmulot ; campagnol amphibie ; ragondin ; putois qui son revenus sur la commune suite au retour des lapins dont ils se nourrissent. La populations des lapins est saine à l’inverse de la Camargue où ils ont été éradiqués. Leur disparition sur un large territoire a entraîné celle des grands prédateurs dont ils étaient la proie principale, notamment le lynx ibérique. Parmi les reptiles on trouve: couleuvre vipérine ; lézard vert ; seps strié ; couleuvre à collier.

La tortue cistude : cette espèce protégée a disparu de la commune de Vic. Mais une campagne de réintroduction a été lancée sur la commune de Villeneuve les Maguelone où elle s’est reproduite et d’où, nous l’espérons, elle colonisera à terme le reste de la région.

Les lagunes

La flore particulière des lagunes résiste au sel. Statice ou limonium ; salicorne ; soude qui servait à préparer la soude en brûlant les buissons pour les savonneries de Marseille, remplacée par la soude chimique ; obione.
Les oiseaux : avocette, présente dans le petit étang à l’entrée de Vic ; grèbe huppée, vit plutôt au milieu des grands étangs ; échasse blanche ; Tadorne de Belon, niche soit dans les terrier soit dans la végétation ; flamants roses.
Il n’y aucune espèce de reptile ou de mammifère.

 Le Lido

 Le lido, sur 8kms de Frontignan à Villeneuve les Maguelone, est intact. Les plantes qui y poussent figurent sur la liste rouge au niveau national.Giroflée des dunes ; oyat ; panicaut de mer.
Pour préserver la diversité de la faune et de la flore, il est important de connaître la situation précise de chaque espèce, de surveiller l’évolution des menaces et d’identifier les priorités d’actions : c’est l’objectif de la Liste rouge nationale des espèces menacées.
Le lido est un lieu très intéressant par la diversité des oiseaux qui vivent : les sternes (caugek, pierregarin, naines), ou encore les gravelot à collier interrompu : une espèce qui niche ensemble, d’où un risque d’abandon des nichés s’ils sont dérangés.

 

Le village

Plus d’oiseaux qu’on ne pourrait le penser vivent dans le village : chouette effraie, la chouette chevêche a disparu du centre du village ; moineau domestique et moineau soulcie ; rouge queue noir : il y en a au moins un de répertorié au centre du village, sous le porche en face de la coiffeuse, il y revient tous les ans, c’est un oiseau très bruyant. Tourterelles turques : oiseau qui occupait le proche Moyen Orient et le Bosphore. Il a colonisé toute l’Europe il y a près 30 ans. On le trouve à présent au Maroc jusqu’en Mauritanie.

 En fin de conférence, une discussion s’est instaurée entre Marc et les participants, discussion qui s’est prolongée par un apéritif dînatoire.