Conférence sur Ferdinand Buisson à Villeveyrac

L’association « Le Mastroquet » tient à offrir à ses membres des conférences très diverses. Le Jeudi 1er février, les adhérents ont été invités à la présentation du personnage qui a donné son nom à l’Ecole de Villeveyrac : Ferdinand Buisson.

Le conférencier, Jean-Louis BONNET, s’est fondé essentiellement sur les travaux d’un universitaire, Patrick Cabanel, Professeur Agrégé d’Histoire à l’Université de Toulouse. Ce spécialiste du protestantisme a écrit un ouvrage de référence : « Ferdinand Buisson : Le Père de l’école Laïque ». Certes, c’est Jules Ferry qui a été à l’origine de l’enseignement primaire obligatoire et laïque, mais le responsable de l’enseignement primaire, démarrant avec Jules Ferry et en poste pendant 18 ans dans ces fonctions, c’est bien Ferdinand Buisson.

Ferdinand Buisson est originaire de Picardie par sa maman et de Normandie par son papa. Elevé dans la foi protestante il eut la douleur de perdre son père très jeune à 16 ans. Sa maman n’ayant pas d’activité professionnelle, il eut alors à assurer seul la subsistance de sa mère et de son jeune frère. Travailleur acharné, il arriva à mener de front des études universitaires d’histoire, la préparation du concours de Normale Supérieure en philosophie et des cours particuliers qui finançaient la vie du foyer. Malgré sa réussite au concours il ne put intégrer Normale Sup pour des raisons médicales et se lança à corps perdu dans une thèse sur un  théologien protestant du XVIème siècle : Sébastien Castellion, figure essentielle  du protestantisme libéral. Il eut l’opportunité, du fait de ses voyages en Suisse, d’être nommé Professeur de littérature comparée au sein de l’Université de Neuchâtel. Durant les cinq années passées en Suisse il acquiert une assez grande notoriété notamment en raison de conférences très originales sur l’Histoire Sainte ou d’interventions au Congrès pour la Paix et la Liberté.

Proche des républicains exilés - notamment Edgar Quinet et Jules Ferry - il va, après la guerre de 1870, être nommé Inspecteur de l’Education Nationale tout spécialement chargé d’étudier les pratiques pédagogiques en Europe et en Amérique du Nord. Cette expérience lui permettra de lancer une œuvre colossale : Le Dictionnaire de Pédagogie et d’Instruction primaire qui regroupera 359 collaborateurs et constituera selon Pierre Nora « Une cathédrale de l’Instruction primaire ».

Nommé par Jules Ferry directeur de l’enseignement primaire en France en 1879, il restera en poste jusqu’en 1896 puis occupera la Chaire de Pédagogie à la Sorbonne. Ferdinand Buisson, chantre de la Liberté,  a effectué un travail considérable conduisant à la concrétisation de la morale laïque En 1902 élu député dans le Cartel des Gauches, il sera la cheville ouvrière de la Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Après la guerre il travaillera en vain  à l’obtention du vote des femmes et à la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Cette dernière action lui vaudra en 1927 l’obtention du prix Nobel de la Paix qu’il dédiera à tous les Instituteurs et institutrices de France. Il se retire alors en Picardie, dans une demeure très modeste, où il mourra à 91 ans ce que ne laissait pas présager le jugement médical qui lui interdit d’entrer à Normale Sup !

La prochaine conférence proposée par Jean-Louis Bonnet sera l'histoire de Montpellier.