Beaux Arts

Elke Daemmrich au Salon des Artistes Français

Après une 227e édition plébiscitée par le public, la critique et les institutions, le Salon des Artistes Français continue d’affirmer son identité : Être un Salon de découvertes et de rencontres qui propose un autre regard sur l’Histoire de l’Art.

Elke  Daemmrich participera dans la section gravure au Salon des Artistes Français,du 14 au 18 février 2018 au Grand Palais des Champs Elysées Paris.

http://www.artistes-francais.com/

Elke est une artiste peintre qui habite dans notre région qui avait participé au dernier Concours MADLAB, à Marseillan, un concours qui visait à stimuler la créativité des artistes amateurs et professionnels, désireux de contribuer, par leurs œuvres, à la démarche de responsabilisation de tout un chacun au regard du développement durable et de la protection de l'environnement (notamment littoral), ainsi que de l’activité conchylicole représentative du bassin de Thau.

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Elle précisait sur ses oeuvres  :"Ma création est toujours une communication directe avec un objet qui capte mon intérêt. Il peut être dans mon jardin où une louange de prière suscitera ma curiosité, ou en nageant dans la Méditerranée près de Valence en Espagne."

"Il peut aussi être motivé par un événement politique ou une situation traumatique très personnelle, comme dans ma nouvelle gravure 'Bien protégé"

 Et Renée Philips disait d'elle : " Elke Daemmrich crée des peintures dynamiques et colorées en plus des gravures détaillées qui célèbrent la magnificence du monde naturel."

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 Il est vrai que l'on se laisse vite emporter par la couleur qui est à son paroxysme.

 L'artiste qui a aussi un talent de dessinatrice réalise de magnifiques gravures vous emporte dans l’exaltation des couleurs qui dégagent une énergie incroyable.

 Pour le Salon des Artistes Français, l’édition 2018 consolide une nouvelle phase de maturité dans laquelle le renom de l’événement et son Histoire, son empreinte sur Paris et son rayonnement à l’international continuent de croître. La dénomination « Société des Artistes Français » est un label de qualité et de savoir-faire à la française.
La sélection d’artistes et le programme d’évènements prévus pour l’édition 2018 marque une nouvelle étape dans l’évolution du Salon, avec un contenu de haut niveau, fondé sur l’exigence de qualité et un souci réaffirmé d’ouverture et de nouveaux projets.
Les artistes du cru 2018 seront soumis aux regards expérimentés d’un jury composé de personnalités de l’art contemporain, sociétaires de la Société des Artistes Français.

Présidés par Alain Bazard pour la peinture, Jean-Pierre Gendis pour la sculpture, Claude Tournon pour la gravure, Sylvain Harivel pour la photographie et Martine Delaleuf pour l’architecture, le Jury remettra, pendant l’exposition, les célèbres Médailles et récompenses du Salon historique.

Pour en savoir plus sur le Salon : http://www.artistes-francais.com/

Stage de nus

Stages de l'école des Beaux-Arts _ Réservation obligatoire au 04 99 04 76 10 #Sète #BeauxArts www.sete.fr

Ateliers du Musée P. Valery

ATELIERS

Musée Paul Valéry - Sète

Expérimentations plastiques à partir des collections du musée.
 
 
LES ATELIERS D'ECRITURE

Animé par Sabine Atlan À partir de 13 ans
Le fonds Paul Valéry sera un point de départ pour animer cet atelier, pour se laisser emporter par le désir et le plaisir de jouer avec les mots. Là où le regard se pose, l'écriture dans son humeur vagabonde se laisse aller du bleu de la mer à l'objet, du bleu du ciel au tableau. Là où le regard se pose...l'écriture peut surgir.
Samedi 10 février de 10h30 à 12h
Samedi 17 février de 10h30 à 12h
Inscription obligatoire – gratuit
sur réservation dans la limite des places disponibles

 
ATELIER FAMILLE
Au cours de cet atelier le public expérimentera différentes techniques plastiques comme le collage, le dessin, la peinture.
En lien avec nos collections.
Ateliers pour les familles ( 3,60 euros/ personne)
Samedi 10 février de 10h30 à 12h00

Tél. 04 99 04 76 11
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STAGES DE PRATIQUES ARTISTIQUES

Stages autour d’une thématique particulière, animés par l’artiste Alice Marchesseau.
Rencontre d’un artiste qui porte son regard sur l’exposition en cours afin d’expérimenter avec lui plusieurs techniques plastiques.

Mardi 20, Mercredi 21 et Jeudi 22 Février 2018
De 10h à 12h pour les enfants (6-12 ans)
De 14h à 17h pour les adultes
10,80 euros le stage
 
Inscription obligatoire
Sur réservation dans la limite des places disponibles
Renseignements et inscriptions au 04-99-04-76-11  -   Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

Carmelo Zagari rencontrera le public au MIAM

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A l'occasion de son exposition Carnaval des yeux, l'artiste Carmelo Zagari, rencontrera le public au MIAM Musée International des Arts Modestes le mercredi 7 février à 18h30.

Une rencontre animée par Didier Arnaudet, critique d'art, spécialiste de l'oeuvre de l'artiste.

Entrée Gratuite

L'exposition est visible jusqu'au dimanche 11 mars, tous les jours sauf le lundi de 10h à 12h et de 14h à 18h

"En trois décennies, Carmelo Zagari a bâti une œuvre féconde, fondée sur les laissés- pour-compte de la modernité : figure, symbole, narration. En quête de ses racines, il pratique la peinture comme une « performance autobiographique ».
L’exposition au MIAM présente pour la première fois un ensemble exceptionnel  d’une centaine de grandes toiles, portraits de ses proches et de ses amis réalisés au cours des douze dernières années. L’artiste invite chaque visiteur à concevoir ses propres règles pour battre et rebattre les cartes de ce vaste jeu de tarots. Mêlant culture savante et culture populaire, l’œuvre de Zagari s’inscrit parfaitement dans la cartographie incertaine et mouvante des Arts modestes."carm22Capture

Appel à candidatures aux artistes

Pour exposer à l'Espace Saint-Ravy - Saison septembre 2018 / août 2019

Montpellier compte de plus en plus d'artistes plasticiens. En terre héraultaise, nombre d'entre eux, peintres,  vidéastes,  graphistes, photographes, se sont installés dans leur atelier, un lieu unique et intime voué à la création, souvent leur domicile même, un espace privé et confidentiel. Chaque année, le Parcours d'ateliers des Briscarts, lancé en 2006, témoigne d'un vif succès sans conteste et permet au public de découvrir leur univers. Pour davantage de visibilité, l'Espace Saint-Ravy qui est une salle d'exposition municipale sise dans l'Ecusson et dédiée aux plasticiens est mise à disposition.

saint-ravyPour les artistes émergents de Montpellier et de sa Métropole

Afin de soutenir la création émergente dans le domaine des arts plastiques, la ville de Montpellier met gracieusement à disposition des artistes amateurs ou en devenir, seuls ou en collectifs, un lieu de qualité, l’Espace Saint-Ravy. La Ville lance un appel à candidatures jusqu'au 16 février pour la saison de septembre 2018 à août 2019.

Pour sélectionner les artistes qui y exposeront  lors de la prochaine saison, la commission d’experts et de représentants de la municipalité chargée d’étudier les dossiers tiendra compte de divers éléments : l’originalité de la démarche, la diversité des expressions artistiques, le soin apporté à la présentation du dossier, l’insertion du projet par rapport au lieu ainsi que l’expression de la motivation et de l’intention du ou des artistes.

La priorité sera par ailleurs donnée aux artistes ayant peu, voire jamais exposé.

Les artistes exposants sélectionnés s’engagent à assurer la présentation et le gardiennage de leur exposition au public pendant trois semaines, selon les horaires d’ouverture de l’Espace Saint-Ravy, du mardi au dimanche de 13h à 19h.

Mairie de Montpellier, direction de la culture et du patrimoine
M. Paul Jesslen, chargé de la coordination de l’Espace Saint-Ravy
1 Place Georges Frêche
34267 Montpellier cédex 2

Attention : désormais les dossiers sont à transmettre en mairie uniquement par voie postale.

Yves Faurie : demeurer dans la beauté des choses.

Quant à la beauté, selon M. Faurie (galerie 6 quai L. Suquet), à Sète, nous sommes des privilégiés.

Reconnaissance d'un adorateur du beau sous toutes ses formes qui est "descendu" de la capitale il y a trente ans. Il anima "The marcel", lieu de rencontres et d'échanges et, en 1987, ouvrit une galerie dans un local voisin, rue Lazare Carnot.

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Au début, dans les années soixante, il y eut Paris et la liberté (liberté chèrement payée). Paris, ce fut d'abord un pavillon de banlieue pourvu d'un jardin : arbres fruitiers, rosiers, haies, fleurs de toutes sortes et un coin potager. Et dans l'esprit de l'enfant se fixèrent des impressions d'harmonie, d'équilibre. Ce besoin de beau, ressenti très tôt, l'Ile de France pouvait l'assouvir. Châteaux, églises et cathédrales firent le bonheur de l'enfant de 12 ans qui poussa jusqu'à Pierrefonds, Versailles. Harmonie des monuments, beauté des jardins. Et le beau, ce sont aussi les Beaux Arts.

L'adolescent poursuivit sa quête au Louvre, dans les galeries rue de Seine, rue Saint Honoré. Et Paris, tel qu'en lui-même au mitan des "sixties" quand certains quartiers rappelaient la capitale d'avant Haussman. Faubourg Saint Antoine, œuvrait tout un peuple d'artisans : menuisiers bien sûr, mais aussi maîtres et petites mains de la confection. Ne manquaient même pas les "bougnats". Les marches au cœur de la "ville-océan", chère à Balzac, n'étanchaient pas complètement la soif d'idéal de celui qui était sensible à la musique des mots, qui, à 23 ans, acquit une œuvre sur papier, un dessin de Wiensbuch.

 Sète vint plus tard, en particulier après les rencontres avec Di Rosa, Combas, Sarthou, Desnoyer.

A côté du "Marcel", s'ouvrit la galerie Beau Lézard Sud. Et Y. Faurie se fit marchand. La galerie est un lieu "entre celui qui produit et celui qui achète". Et il est important d'acheter : pour le renom de la galerie ("être crédible") et pour l'artiste pour qui l'art est son moyen d'existence. La galerie Faurie ne se contente pas de dépôts, elle achète, même si cela gonfle le stock. Et elle vend aux amateurs, aux collectionneurs. Certes, "il n'y a pas de quoi faire fortune". Les prix de vente s'échelonnent entre 500 et 3 000 euros. Parfois, c'est la bonne fortune : un collectionneur à l'aise dépense 20 000 euros. Mais à Sète, il y a peu de collectionneurs. La ville à la culture populaire prégnante ne peut rivaliser avec Aix en Provence, Avignon ou…Montpellier. Le temps des riches négociants en vin est passé.

Et puis, les Schenke, Comolet étaient plutôt des "capitaines d'industrie" surtout soucieux de leurs affaires. Alors, comme à 15 ans, pour Yves Faurie, c'est toujours l'aventure : on prospecte au fil des rencontres, des articles de la presse spécialisée, à l'écoute du bouche à oreille.

 C'est une activité comparable à celle d'un éditeur. Mais l'on est à Sète où, de la mi-décembre au début février, "de 16 h 45 à 16 h 30", si l'on est sur la Corniche, les Pyrénées paraissent proches dans la lumière du couchant. Et ainsi, "on demeure dans la beauté des choses."

Hervé Le Blanche

Joseph Vernet, version Pradalié

Parmi les œuvres de J. Vernet, la série représentant les principaux ports de France au milieu du XVIIIème siècle est devenue indispensable à l'histoire maritime. Les œuvres exposées au musée de la Marine ont inspiré des "continuateurs", en particulier la vue du port de Cette.parparCapture

Répondant à la commande d'un ami, le languedocien Philippe Pradalié a donné sa version, illustrant sa manière et la tradition dont il se réclamait.

 J. Vernet aurait connu Cette par des jours de tempête. Il aurait voulu fixer sur la toile le souvenir d'une impression désagréable, établissant pour le public l'équivalence : "Cette-tempête". Avérée ou non, cette tradition ne va pas à l'encontre de certaines données de la situation du port fondé sous Louis XIV. Il est niché au fond du golfe du Lion, redouté par tous les navigateurs du temps de la marine à voile.

Et, dans les parages du mont Saint Clair quand se lèvent les vents d'est ou sud-est, de nos jours, les petites unités ne prennent pas la mer. La mer creusée, hachée, écumante de Vernet n'est sans doute pas l'expression d'un ressentiment, ni les difficultés d'approche d'un vaisseau, au grand largue, qui gite fortement. En outre, comme le montrent d'autres œuvres de Vernet (Les Naufrages), le tableau est bien l'expression de la sensibilité du temps : la mer est un espace dangereux, inquiétant, monstrueux. Et si la mise en place de la scène, toute d'équilibre, rend bien compte du site du port, les nuées charbonneuses percées de "gloires" accentuent cette impression.

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 Certes, une éclaircie se fait et le soleil un temps dévoilé éclaire les constructions de la ville qui prennent, chez Vernet, des teintes d'ocre. Or, c'est par le traitement de la lumière qu'au milieu du XIXème siècle ceux qui assumèrent la dénomination "d'impressionnistes" révolutionnèrent la peinture.

Et Philippe Pradalié plaçait son art sous l'égide de Manet, Bazille. Bazille, dont une reproduction dans la maison familiale à Montpellier le détermina à fréquenter le musée Fabre et ne fut pas pour rien dans sa vocation de peintre.

Alors, pour la version Pradalié du port de Cette, les nues sont moins noires, l'éclaircie plus large.

La mer est plus un spectacle, avec ses bouillonnements d'écume au premier plan plus sombre du tableau et à la crête des vagues qui, curieusement, déferlent.

Et la lumière sculpte les pentes du mont Saint Clair, éclaire le fort Richelieu et les alignements urbains d'une clarté vive et crue. Couleurs et lumière donnent un relief particulier à la scène du premier plan : dans une barque non pontée, face à la lame, sept hommes d'équipage tentent de résister aux éléments. A la proue, on raidit les drisses et au pied de l'arbre de maistre, on lutte pour affaler les voiles. Le rouge et les blancs des casaques donnent à la scène un singulier relief, à la différence de Vernet.

 Là se joue un drame.

Et comme Monet voulait que l'on entende bruisser les feuilles de ses peupliers, en regardant Pradalié, on entend claquer la toile. Telle est la version Pradalié.

Hervé Le Blanche

 PS, le tableau est visible à la galerie Yves Faurie, 6 quai L. Suquet à Sète.

Le street art : des « anonymes » qui fascinent !

Si le vandalisme est un acte condamnable par la loi, l’art urbain (ou street art) doit-il être considéré comme tel ? Derrière ce mouvement se cachent des réalités bien diverses allant du simple graffiti peu travaillé à de véritables chefs d’œuvre.

Se pose alors la question de la légalisation de l’art urbain. Néanmoins, n’est-ce pas le caractère illicite du projet qui lui donne une valeur supérieure ? Ces artistes recherchent-ils l’esthétique ou la provocation ? L’art urbain est-il un moyen d’expression ou une simple révolte ? Un peu comme le débat sur la légalisation du cannabis, accepter ouvertement et pleinement l’art urbain conduirait-il à des « dérives » encore plus importantes ? L’art urbain n’est-il pas en réalité un appel de détresse ?


DEIH
- "Are you ready?
rue Ulysse Darracq -Bayonne

http://www.blublu.org/sito/walls/2010/big/021.jpg
Blu et Os Gemeos à Lisbonne
le roi du pétrole aspirant le monde


JR/Marco Berrebi
Editions alternatives

 

Des réalisations prodigieuses

L’art urbain est un art très vaste et varié, en perpétuelle mouvance. Il désigne l’art réalisé dans la rue et existe sous de multiples formes : le graffiti, le pochoir, les stickers, la peinture, la projection vidéo, etc.  Il est parfois à tort ou à raison qualifié de vandalisme, car détériorant un lieu public. Cependant, certaines de ses productions sont véritablement stupéfiantes. À ce propos, le site Widewalls, spécialisé dans l’art et ses dernières tendances, a recensé en 2017 les 55 plus belles œuvres de street art au monde et c’est dans le Pays basque à Bayonne que se trouve la plus plébiscitée d’entre elles. Il s’agit d’une femme portant un casque et un blouson qui semblent être reliés par un tas de fils et connexions et s’insérer directement dans les méninges de celle-ci. La femme tient dans ses mains écartées les extrémités de ce qui raccorderait et alimenterait le circuit entier. Enfin des tuyaux émanant du casque laissent sous-entendre que toutes ces liaisons consumeraient le sujet lui-même. Pour Widewalls, la fresque est une réflexion fabuleuse sur l’importance et le poids de la technologie dans les sociétés occidentales. Si le message est limpide, la technique n’en demeure pas moins soignée ; les couleurs intelligemment assemblées et les jeux d’ombre bien choisis et mis en scène donnent au tableau une force saisissante. L’artiste espagnole Deih à l’origine de cette œuvre intitulée « Are you ready ? » est originaire de Valence et peint depuis une vingtaine d’années dans les rues. Les anonymes de l’art urbain acquièrent alors parfois malgré eux une certaine notoriété. 

Un art engagé

Au-delà des critères artistiques, c’est parfois le message ou l’engagement qui priment sur le côté purement artistique de la réalisation. L’art urbain joue alors le rôle de messager ou de moralisateur. Il vient pour redonner une vision transparente et intelligible à ceux dont le regard et les sens ont été obstrués. L’art ici vise à dénoncer pour faire ouvrir les yeux, prendre conscience de certaines réalités qui devraient être repensées. Il peut ainsi condamner des mesures ou des comportements politiques, des injustices, s’attacher à défendre la condition de minorités exclues, exprimer des difficultés, une colère, etc. Ces œuvres dénoncent les turpitudes des hommes ou peuvent même se montrer visionnaires en alertant la population sur les dangers auxquels nos sociétés pourraient s’exposer. Ainsi à Lisbonne, l'artiste argentin Blu et les jumeaux portugais Os Gemeos , avec l'œuvre ci-contre mettent en exergue les puissantes organisations pétrolières qui « aspirent » le monde. On voit sur l’œuvre en question le globe terrestre qui se dissipe et se réduit considérablement pendant que les rois du pétrole se développent. En outre, il revendique une véritable liberté d’expression, l’engagement est donc double : à la fois par le message qu’il souhaite véhiculer, mais également à travers le moyen de le faire, car selon les pays, s’adonner au street art est passible de sanctions sévères.

Un appel à l’aide

 Mais au-delà de l’esthétisme, au-delà même de l’esprit contestataire, l’art urbain apparait parfois comme étant un appel au secours. En ce sens, il n’est plus une simple dénonciation, il ne traduit plus simplement une aversion, il incarne le désespoir, une détresse profonde, un cri d’alarme ! Les artistes JR et Marco ont ainsi mis en place un vaste projet en 2007 baptisé « Face 2 Face ». Ce dernier consista à coller face à face des photographies gigantesques d’Israéliens et de Palestiniens exerçant le même métier de part et d’autre du mur de séparation. Selon ces artistes, le projet visait à montrer à ces populations qui se déchirent à quel point elles se ressemblent, encourageant la mise en place de solutions pacifistes pour résoudre le conflit. JR et Marco ne sont pas les seuls à s’être insurgés. Depuis la construction du mur en 2002, celui-ci a été l’objet de nombreux graffitis et réalisations mettant en lumière l’affliction des populations et leur désir de liberté. Banksy, pseudonyme d’un artiste aussi énigmatique que talentueux, fait incontestablement partie de ceux qui ont marqué par leur subversivité. Il ouvre un hôtel à Bethléem en Cisjordanie en mars 2017 pour sensibiliser la communauté internationale sur le mur et la réalité des populations : le Walled Off Hotel (l’hôtel séparé par un mur). Banksy souhaite rappeler les conséquences politiques de la déclaration de Balfour en 1917, texte reconnu comme étant un des actes fondateurs de l’État d’Israël, du nom du ministre des affaires étrangères britannique de l’époque marquant la prise de contrôle des Britanniques sur le territoire palestinien. Selon Banksy, c’est une décision « qui a conduit à un siècle de confusion et de conflit ». Le site précise que l’hôtel « accueille chaleureusement les visiteurs venus des deux côtés du conflit et du monde entier. » Les chambrent qui donnent sur le mur de la honte (qualificatif donné par certains en référence au mur de Berlin lui-même recouvert de graffitis, slogans et peintures en tout genre) offrent « la pire vue du monde » selon Banksy.

Tony Toilier

 

MaCO K live Musee a ciel ouvert Sete 2015 BaultLe MaCO à Sète

Si New-York a son MOMA, Shanghai son MOCA, Sète en toute modestie a son Musée à Ciel Ouvert.
Depuis 2008, des artistes phares du mouvement Street-Art se sont succédé, invités par le festival K-LIVE : C215, PHILIPPE BAUDELOCQUE, ROMAIN FROQUET, ALËXONE, MAYE, L’ATLAS, POCH, M.CHAT, EPSYLON POINT, JAN KALAB, CLET, BAULT, STEW, CHANOIR, JONNYSTYLE, PABLITO ZAGO, CLAIRE STREETART, SPOGO, JULIEN SETH MALLAND, KASHINK, MONSIEUR QUI, GODDOG, PEDRO & KAZ, LES MONKEY BIRD, SATONE, CODEX URBANUS, MADEMOISELLE MAURICE, RELLE, SUNRA, QUENTIN DMR, LEVALET. En laissant leurs empreintes dans des lieux en friche, ou sur les murs de la ville, ils ont enrichi le Musée à Ciel Ouvert (Le MaCO de Sète), une balade artistique et pittoresque le long des quais, sur les canaux ou encore dans les ruelles typiques du quartier haut. Un Musée à Ciel Ouvert pour une Ville Galerie ! 

 

LE BODY ART : LE CORPS DE LA LOI, LE CORPS HORS LA LOI

Orlan : American Indian self-hybridization 5
Le Body Art constitue une réflexion sur l'homme en tant que corps. Les modalités du genre rompent avec la vision hegelienne de l'art et les nus idéalement beaux de la Renaissance. Il met l'accent sur ce qui était considéré jusque là comme esthétiquement laid ou moralement condamnable: à savoir le corps banal, rompu, désindividualisé, blessé et révélateur d'oppressions et de sévices. En ce sens il pénétre de ses brèches l'intact et la prétendue perfection. Faisant abstraction d'un objet médiateur il passe enfin directement par le corps de l'artiste. Sa propre chair est parfois mutilée sans souci de ce que la culture classique occidentale pourrait nommer le « péché contre nature » si l'on entend par nature la préservation du corps tel qu'il est donné.

Sous ses différentes formes le Body Art a réinventé toute une stratégie de la monstration du corps, de sa banale monstruosité en posant les questions des limites entre intériorité et extériorité, proximité et de distance. Devenant son propre œuvre l'artiste dans ce type d'approche ne cesse lui-même de se remettre en cause à l'image d'Orlan par exemple. On se souvient combien le public et la critique réagirent de manière négative à ses atteintes portées à son corps. L'artiste fut taxée de troubles mentaux et son œuvre fut le symptôme rattaché à divers types de pathologies : exhibitionnisme, masochisme, perversion, narcissisme, mégalomanie. Tout cela bien sûr avant que l'oeuvre ne jouisse de la reconnaissance institutionnelle et muséale.

L'artiste eut l'occasion et surtout l'audace, à côté d'une Cindy Sherman, de mettre en scène un corps extrême. Elle amena à interroger les frontières entre la perversion et la sublimation, le rôle civilisateur de l'art ou son utilisation commerciale. De même que le trivial et le tragique, le respect ou le mépris, le sérieux ou la dérision, l'altérité ou la déshumanisation. Une telle auto-brutalité physique ouvrit à une violence conceptuelle qui eut un impact sur les atteintes au corps comme sur la conception et la représentation sociales.

Pionnier du genre l'actionnisme viennois procéda à une approche autodestructrice voire avilissante d'un corps censé symboliser et stigmatiser les tabous dictés par une société considérée comme répressive. Il donna lieu à des performances aux scenario où s'entremêlaient le cas échéant matières fécales, sang et animaux sacrifiés, le tout dans une « ambiance » implicitement ou explicitement sexuelle qui ne faisait que renforcer la part d'interdit qui pesait sur elles. En lacérant leurs parties génitales, en buvant leur urine, en égorgeant des animaux, les actionnistes viennois illustraient à leur manière la fraîcheur dévastatrice de macérations d'un nouveau type et la forme contondante d'une iconoplastie inconnue dans le registre de l'art.

Soudain l'art est sorti d'un espace exemplaire de la sublimation définie comme ce qui échappe à la tyrannie du corps. Selon Freud cette sublimation était la « capacité d'échanger le but sexuel originaire contre un autre but. (…) Sublimer, c'est être capable d'abandonner l'expression direct du corps et de ses désirs pour opérer un transfert de libido sur des objets sociaux valorisés. Cette opération valeureuse demande du renoncement, du contrôle, de l'idéalisation, le respect de formes supérieures de conscience ». Le Body-Art s'inscrit donc en faux contre le nécessaire détournement des pulsions dont parlait le père de la psychanalyse. Ou plutôt ses approches proposent une détournement autre. Il implique tout un long processus de transformation voire d'idéalisation néanmoins très difficilement perceptible dans la mise en spectacle d'atteintes corporelles au sein de performances.

Elles sont d'autant dérangeantes que, par effet de miroir, celui qui les regarde s'y voit interloqué de la manière la plus pressante puisque son corps lui-même est sollicité. Lorsque Gina Pane est allongée sur une grille sous laquelle sont brûlent des bougies ou lorsque Ana Mendieta s'entaille le corps avec une lame de rasoir et avale son sang, par leur corps dolent elles cherchent à partager un rite avec le public. Il n'a de sens que par sa présence. La démarche est construite en vue de susciter une réaction épidermique voire traumatique chez un spectateur qui n'y est pas forcément préparé. D'autant qu'il ne possède pas la conscience des étapes de la préparation de l'oeuvre ni des commentaires qui lui permettraient en direct d'appréhender un tel sacrifice.

Ces divers types d'auto-agression par effet-psyché deviennent une agression volontaire du spectateur loin de tout effet de métaphore cher généralement à l'art. Du moins tel qu'on le concevait jusque là. Emergèrent dans les années 70 du siècle dernier les premiers exemples de déconstruction systématique des cadres mentaux et physiques qui délimitaient traditionnellement les frontières de l'art. Il y eut effraction stratégique, passage à l'acte dont la conservation de la mémoire de l'événement put avoir (chez Ana Mendiata par exemple) divers types d'enregistrements.

L'artiste cubaine trouva un moyen de refuser les circuits d'expression classique par ces choix de mises en scène. Elles présentaient toutes les apparences de la pulsion mais permirent à l'artiste de sublimer sa démarche et la dimension poltique de son travail. Altérer le corps est donc toute sauf une absence de pensée. Celui-ci est considéré comme seul support. Le « produit » artistique n'est plus distinct du corps de l'artiste. Le spectateur ne fut pas indemne. Sa notion de plaisir y fut quelque peu contrarié ( et c'est un euphémisme). Révélant le plus intime du corps le choc de Body-Art fut violent. Il était d'ailleurs voulu comme un dialogue capable de viser l'inconscient par ses images « trauma ».

Face à des corps impurs, souffrants, troubles, inquiétants les pouvoirs (politique, économique, idéologique, moral, religieux) crièrent d'abord au scandale. Les artistes incriminés firent désignés comme des complices de toutes les transgressions. Néanmoins la permissivité institutionnelle accepta relativement vite ces pratiques sulpiciennes. Si bien, que les artistes poussèrent plus loin leur « actionnisme » pour repousser les frontières de l'acceptable, détruire les canons de l'esthétique, remplacer le couple de l'art et du beau par celui de du monstre et de la réalité. Néanmoins et en dépit de leur dimension contestataire, de telles œuvres ont acquis un statut socialement valorisé par l'entremise des galeries et des musées qui ne voulurent par rester à la traîne. Dans le contexte d'un marché de l'art ce contre-exemple fut récupéré et commercialisé sous forme de spectacle ou de produits dérivés (enregistrement vidéos, photos par exemple). Bref il rentra dans le circuit.

D'autant qu'en prenant le corps pour objet d'effraction l'art se rapprocha des techniques d'imagerie médicale qui surgirent à la même époque. Dans les deux cas il fut possible d'assister à une forme de décontexualisation voire de désacralisation. On peut d'ailleurs le constater de manière « molle » jusque dans les séries télévisées populaires. Avec les « Experts », « NCIS » ou autres « Bones » l'enveloppe du corps s'ouvre pour laisser place aux autopsies de cadavres,. Dans le même temps avec les maquettes graphiques de l'imagerie médicale, il devient possible de décomposer le corps hors mise en scène comme c'était le cas dans les premières planches anatomiques. Le corps y était disséqué dans un décor ou en diverses postures. Désormais la représentation du corps humain se détache de son sujet. Sous l'aspect spectaculaire de la représentation, l'intérieur du corps humain laisse place à des corps neutres, neutralisé, dé-visagé. Il devient sinon transparent du moins translucide et quasi un objet d'exposition publique.

Néanmoins cette neutralisation et cette désacralisation pour les artistes du Body-Art sont le signe de la libération physique ainsi que d'un mépris des tabous des représentations et des savoirs. En faisant du corps humain un objet d'art et la matière première du geste esthétique le corps sacré, reflet de l'âme, fait place à un corps dont l'individu se sent non « dépris » mais propriétaire. L'artiste entend en faire usage pour enrayer les circuits et les schèmes des images admises.

Un tel art redéfinit par ailleurs le droit de la propriété littéraire et artistique. Jusqu'ici il a traité le body-art via les débats sur la possibilité de protéger le droit de propriété performance. N'en demeure pas moins ouverte la question relatives à la dignité et à la non-commercialisation. du corps humain.

La question est loin d'être réglée. En questionnant l'identité et l'intégrité du corps, le Body Art expose et met en scène, les questions de la délimitation du corps et des conditions de l'atteinte à son intégrité. Dans ce cadre le body-art teste les limites de la loi et de l'éthique et pose notamment l'articulation de différents droits de l'homme attachés au corps vivant ainsi que celui du droit à l'intégrité et le droit à l'autonomie.

Le Code Civil français prévoit que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie. Toutefois la Cour européenne des droits de l'homme a précisé que la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l'entend peut également inclure la possibilité de s'adonner à des activités perçues « comme étant d'une nature physiquement ou moralement dommageable ou dangereuse pour sa personne ». Tout reste donc ouvert.

On peut toutefois s'interroger sur les limites d'un tel mécanisme et sur les débordements éventuels d'artistes qui pourraient sans parler de forcément de symptômes psychopathologiques être débordés par leur œuvre. Les questions « Où s'arrête le droit à l'autonomie ? », « Où s'arrête le droit d'auteur ? », « À partir de quel stade le droit devrait protéger l'individu contre lui-même » ne sont pas vaines mais le Body Art aura eu – entre autres – le mérite de poser la question de cette limite depuis près de cinquante ans

A ce titre le « Shoot » de Chris Burden est significative. Dans un centre d'art en Californie, en 1971, Burden reçut une balle tirée par un ami dans le bras gauche. Il voulait par cette action comprendre pour et par lui-même les forces qui président à nos mouvements : « Je voulais que ces choses soient réellement là pour qu'il soit impossible de se faire des illusions à leur sujet ». Burden chercha aussi à rendre le réel par l'horreur banalisée, à démystifier certains choix et le romantisme de certains symboles,.

Burden était bien sûr consentant. Néanmoins certains se demandèrent si le droit ne devait pas interdire ces démarches même si elles étaient faites au nom de l'autonomie et de la liberté artistique. Pour des juristes le consentement de la victime d'une infraction pénale même dans le cadre d'une démarche artistique, ne devrait pas protéger son auteur de toute sanction. Le droit à la liberté individuelle ne devrait pas abriter les comportements portant atteinte au corps humain de façon aussi violente

D'autant que parfois le public qui prend part à l'acte de violence. Lors de ses Happening Marina Abramovic livre son corps au public en annonçant : « Faites de moi ce que vous voulez », mettant à sa disposition des outils de torture (couteaux, haches, seringues, fouets), mais aussi des fleurs. Elle fut parfois maltraitée, ses vêtements arrachés, on braqua même sur elle un pistolet chargé.

L'intention de blesser est manifeste dans cette performance. Mais il existe aussi d'autres atteintes à l'intégrité du corps plus troublantes encore troublante. Que penser du chirurgien qui a implanté une troisième oreille sur l'avant bras de l'artiste Sterbak ? Une telle opération contrevient aux dispositions du Code civil, selon lequel il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale. Si Stelarc est parfaitement libre de désirer modifier son apparence corporelle, son chirurgien bénéficie-t-il d'une protection par écho du fait de la nature artistique et expérimentale de son « patient » ?

C'est bien là tout le problème généré par body art. Et ce même dans des actes plus anodins dont il n'est qu'une modalité plus symbolique que physique. C'est le cas de la bulle de savon soyeuse et brillante de l'artiste mexicaine Teresa Margolles exposée au musée d'art moderne de Francfort en 2004 avant qu'elle n'explose au nez des visiteurs. Une telle bulle n'était pas un rond de savon ordinaire. L'eau dont elle était constituée provenait d'une morgue, plus précisément, de la douche dans laquelle les cadavres sont lavés. Le morbide, se heurte là à un des derniers tabous en art : la mort entre écoeurement et de fascination. Un tel acte seraient répréhensible dans n'importe quel lieu public, il devient parfaitement acceptés – qui plus est valorisés comme une démarche créatrice – lorsqu'il a lieu dans un tel musée

La performance ou le happening arracherait la violence de l'acte réel par effet de jeu et de re-présentation.. Il le soustrairait aux menaces du Code pénal. Même si cela ne règle pas tout. Néanmoins le Body art a le mérite de désacraliser le corps de la loi, la loi par le corps. L'art prouverait donc que le droit à l'autonomie présenterait une condition « spatiale » et un caractère relatif. L'art corporel met ainsi en lumière la nature contingente des dispositions relatives à l'autonomie personnelle quels que soient les risques inhérents à ses « jeux »..

Il oblige à reconsidérer notre conception du corps et de la liberté et sape les fondations traditionnelles du droit. Au moment où de tous côtés le droit de la personne est de plus en plus érigés en garant des libertés l'avancée artistique ouvre des séquences instables. Le Body Art, aussi choquant qu'il soit reste à ce titre l'exemple de ce que l'art a de plus sublime et louable. Le choc qu'il propose en est la preuve irréfutable mais dans la seule mesure où comme chez Mendiata, Pane ou Orlan, il ne se réduit pas à la gesticulation mais à un rituel.

Jean-Paul Gavard-Perret.