Expos

Margot Paris à Valmagne

Exposition « Éléments Perdus » de Margot Paris.
à l'Abbaye de Valmagne, route de Montagnac (Villeveyrac)
du 17 au 30 septembre 
(tous les jours de 10h à 19h avec l'admission à l'abbaye).

Vernissage le 16 septembre de 19h à 20h30

Cette exposition d’œuvres mixtes par l’artiste canadienne Margot Paris, explore le thème des éléments architecturaux « perdus » de l’abbaye de Valmagne. Le travail sur papier imagine les couleurs et la forme de la grande rosace de l’église gothique. Les sculptures installées dans la salle capitulaire sont fabriquées à partir de sarments de vignes et expriment l’essence du vignoble.

L’artiste sera présente à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine le 17 et le 18 septembre 2016.

Les Chinois du quai aspirant Herber.

Mandela, Liu Zhengyong, galerie Dock Sud Liu Zhengyong expose un magnifique Mandela à la galerie Dock Sud. La Vocation de saint Matthieu ; Le Martyre de saint Matthieu, d’après Caravage (Photo : André Morin ©Yan Pei- Ming, ADAGP, 2016) au CRAC

C'est tout à fait pacifiquement que des représentants de l'ex Empire du Milieu sont présents dans la bonne ville de Sète. Nulle revanche à prendre sur l'écrasement de la révolte des Boxers (1900) et le siège des légations européennes où périt l'aspirant Herber. Galerie Dock Sud, Liu Zhengyong qui demeura trois mois en résidence à Sète en 2012. Au CRAC - Occitanie, l'artiste qui montra la voie : Yan Pei-Ming. On est invité, par ces deux ensembles, à suivre une voie de douleurs et de tourments.

Chez Dock Sud, des visions de ruines et débris urbains où dominent les gris et les noirs de Li Baoxun dont une toile à illustré un article du Monde diplomatique de juillet (ayant aussi résidé deux mois à Sète) ; les grands formats de Liu Zhengyong théâtralisent des personnages masculins emblématiques d'une vision dramatique de la condition humaine contemporaine. Ce dernier s'est colleté avec le réel, le concret : la matérialité d'épais aplats de couleurs en témoigne. Mais si les gris, et noirs et blancs confèrent une forte présence à ses personnages, l'emploi de rouges, d'ocres, voire de touches discrètes de vert donne aux portraits une étonnante expressivité. Deux œuvres antithétiques frappent le spectateur. Dans l'une, un homme fortement charpenté, torse nu, bras croisés, semble habité d'un potentiel de force et de violence que soulignent des blancs très crus et des taches ocres et roses contrastant avec les teintes sombres du reste du torse. La réaction face à une réalité incommode risque d'être explosive. En contraste, un Mandela apaisé plaide pour un monde plus souriant.

Le peintre, à l'âme quelque peu sétoise, a transformé la tradition picturale chinoise (présence très forte des noirs) en intégrant les apports de l'art contemporain : division des tons, larges touches épaisses, contrastes de couleurs brutes. Ceci dans le sillage de son prédécesseur à Sète, Yan Pei-Ming. Venu de Shanghai, il expose en 2009 à Pékin, puis au Louvre, à San Francisco, aux Emirats Arabes Unis. Et puis, ce sera Arles, Nantes, Salzbourg, Malaga et cette année, la villa Médicis à Rome pour les 350 ans de cette fondation. L'ensemble des "Ruines du temps réel" montre, pour une partie, la maîtrise picturale de l'artiste. Il réinterprète le Caravage avec ses moyens propres, sans le trahir comme en témoignent "Le Martyre de Saint Mathieu", "La crucifixion de Saint Pierre", une expressivité poignante présente même dans "La conversion de Saint Paul". Mais le monde de la religion n'apporte pas de consolation. Un prie-Dieu vide l'atteste. Et même si Jean-Paul II prie, il ne peut rien contre le terrorisme et ses habits d'apparat ne lui épargnent pas le sort commun. Ce sort qui a été celui de la Rome antique et la fontaine de Trevi sera aussi vide et noire.

Aldo Moro a été assassiné, Benazir Bhutto aussi. Les femmes deviennent invisibles, happées par le noir et des oiseaux métalliques porteurs de missiles hantent aujourd'hui le ciel. Le monde "A l'est d'Eden", violent, meurtrier, est tout sauf humain. Inhumanité de la voie chinoise ?

Hervé le Blanche

Les voies de la rue Garenne à Sète

Les voies de la poésie sont diverses et imprévisibles. Dès le début du festival sétois de poésie, la voie orale était ouverte rue Garenne (point 3 de la manifestation). On y disait des poèmes, parfois sans traduction (langue arabe). Mais d'autres cheminements étaient proposés non loin de là. A la galerie Open Space étaient exposés les tableaux de Raphaël Ségura qui avaient inspiré des poètes, dernièrement le regretté Jean Joubert.


 

L'initiatrice du Festival, Mme Maïthé Vallès-Bled elle-même, avait veillé à l'accrochage des œuvres de M. Ségura. A droite, les scènes terriennes, à gauche les plus maritimes et, entre les deux, des vitrines présentant recueil d'eaux fortes et linogravures de l'artiste avec, en regard, les textes des poètes. Et le tout pour inviter à un voyage vers de lointains horizons. De La Réunion où il a vécu, R. Ségura a ramené images et poésies. Voici "Images d'alizé", dont cette laveuse noire qui inspire ces mots à Gilbert Aubry, le poète :…" mais tombe son battoir / et monte le pavois d'une croisière de cris / sur l'écho cadencé"… Voici l'hommage aux "Belles créoles" et l'ode en leur honneur de Jean Albany. Et pour les amateurs de curiosités, un dépliant petit format où les mots de Laurent Grison accompagnent l'évocation de "La pie funambule". Et Jean Joubert, l'ami, l'amoureux lui aussi des garrigues et de la Séranne, inspiré par la "petite montagne magique" et l'amour d'Aphrodite : "je suis printemps, dit-elle… Je suis jardin… Pupille, pensée, pervenche / bouche baisée coquelicot…"  Chemins vers des jardins plus secrets.

Ceux qui suivent la démarche de Raphaël Ségura retrouveront les œuvres dictées par la muse dans le vagabondage à Sète en 1994, peut-être plus marquantes en format 20x30. Une vue cavalière du vieux bassin, le môle, l'activité portuaire où même un quai de chargement et la grue de levage sont quelque peu oniriques. Comme un air de surréel. Il y a même quelques pieds du poulpe de Pierre Nocca.  Mais, lumière et couleur s'installent tout au long de ces aquarelles et du recueil où, en regard d'un cargo habillé de bleu, Jean Joubert a écrit : "Le cargo médusé bleu / Sous l'œil rond d'une grue / Va-t-il enfin lever l'ancre ?/ Pas l'ombre d'un matelot sur le pont…" Et puis, côté terre, voici l'univers minéral de la Séranne. Parfois inquiétant, où le poète s'interroge : "Quel geste tente / Un arbre déchaîné / Près de la passe rude". Le végétal y est rare. Mais l'élan de la pierre, sa monumentalité (sentinelle de pierre) et la polyphonie colorée émeuvent. Un certain vertige peut saisir face aux falaises, mais elles sont délicatement rosées et, après le chaos des ravines, l'œil se pose sur des lointains saumonés.

Et en surplomb des roches, règne le "Grand ciel pur", où flottent parfois des nuées,  rosé à certaines heures, mais quand on nous invite à "Contempler le ciel", il est si vaste, si profond, si bleu. Une voie vers la poésie.

Hervé Le Blanche

Dessins d'encres

Une exposition éphémère de Sylvie Seigneuret-Léotard à la salle du Chapitre d'Agde
une artiste dont les grandes qualités techniques sont mises au service d'une inspiration créative et sensible.

      

L'association UBIK-ART a pris ses quartiers à la salle du Chapitre d'Agde. Avec le soutien de la ville elle lance une série de manifestations culturelles. Après la conférence-dégustation « La cuisine de ma mère » autour de Michel Adgé, elle vient de proposer au public une vision sur le travail de Sylvie Seigneuret-Léotard, une "exposition éphémère" intitulée « dessins d'encres ».

 
Elle a offert aux yeux des visiteurs toute une série de portraits tous plus étonnant les uns que les autres. J'avoue être tombé en admiration devant certains de ces portraits.

Ce que j'aime, c'est prendre des risques, me mettre en déséquilibre.
Supports de récupération, outils de fortune, jus divers et variés.
Pour tenter de saisir, en quelques gestes, un instant de vie, le temps d'une pose.
Juste ici et maintenant

Sylvie Seigneuret-Léotard

 Ses modèles "montent sur l'estrade comme on entre dans l'eau et laissent tomber le linge qui recouvre leur corps. Poses rapides, trente secondes. Puis une autre, trente secondes. Puis une autre encore. Corps tendus, lumineux, ouverts, offerts... Dans l'atelier saturé de silence, se noue un lien étrange entre artistes et modèle, fait de pudeur et d'humilité, d'intensité de l'attention, de densité de la concentration. De solitude aussi devant la dureté de la tâche".
Brou de noix, encre de chine, encres colorée d'écolier, Sylvie Seigneuret-Léotard
Sylvie Seigneuret-Léotard a du mal à montrer son travail, elle expose peu, alors si vous voyez son nom inscrit sur une affiche, n'hésitez pas à aller à sa rencontre.

Jean-Marc Roger

Atelier : 23 rue des Deux-Ponts 34000 Montpellier
06 81 43 56 21
Site : www.dessinsdencres.com

 

Expo Le Bail

Beaucoup de monde jeudi soir chez Fiesta Sète pour le vernissage de l'exposition de Le Bail et le lancement du festival d'été qui fête cette année son 20 ème anniversaire avec de très belles réjouissances musicales et festives programmées en perspective. Malgré son éloignement de Sète, Jean-Pierre Le Bail n'a rien perdu de son talent de dessinateur.

Une famille agathoise par Maxence Gérard

            

   

« Si je devais résumer ma peinture en quelques noms, je vous dirais que je suis le résultat d'influences très éclectiques …. les portraits de Frans Hals, les couleurs de Vincent Van Gogh, le graphisme de Norman Rockwell, les atmosphères d'Edward Hopper ». Ainsi s'exprime Maxence Gérard, né à Agde dans une famille d'artistes.

Peintre figuratif Maxence Gérard s'inspire de lieux très variés comme le sud de la France, Paris, Londres, New York.... Depuis 2012 il réalise ses premières sculptures et bronzes dans le cadre de l'atelier du sculpteur Sylvie Roubes, à Chantilly.

L'exposition intitulée « Une famille agathoise » qu'il présente à l'espace Molière est construite autour d'un double hommage : tout d'abord à la ville d'Agde, au travers de lieux qui ont marqué sa jeunesse et à la région en voyageant de la Camargue à Collioure, mais aussi à sa famille, aux hommes, aux femmes, aux coutumes, fondement de ses racines.



Un public nombreux et séduit est venu assister au vernissage, en présence de Mme Yvonne KELLER, Adjointe au Maire chargée de la culture

Jean-Marc Roger


« Une famille agathoise »
Exposition de peintures et de sculptures
du 25 juin au 21 juillet 2016
à l'Espace Molière - Cap d'Agde
Tous les jours de 10h à 12h et de 15h à 19h.
Entrée libre.

Le Street art, hors la rue.

Du 30 mai au 19 juin s'est tenu à Sète le "Klive festival", manifestation unissant art urbain, arts plastiques et concerts de musiques actuelles. Prolongeant ce moment autant festif qu'artistique, la galerie Dock Sud invite le public à venir apprécier des œuvres issues du "Street art" (art des rues) avant décrochage le 8 juillet. Pari à bien des égards risqué, mais dont on ne peut douter qu'il soit gagné.

D'un art de rue…

D'abord parce qu'à Dock Sud, où Martin Bez et Aymeric Fillière sont plus tournés vers les artistes languedociens et l'art de la Chine contemporaine, on a fait appel à l'expérience et au bagage de la galerie "Berthéas-Les Tournesols" qui opère à Saint-Etienne, Vichy, Paris. Le rapprochement s'est fait lors d'une foire d'art contemporain à Lille et l'étincelle a jailli entre les galeristes, encore que l'expérience d'Alain Berthéas dans la Figuration libre (Di Rosa, Combas) ait pu faciliter les choses. Côté Berthéas, il y eut, dès la fin des années 80, l'intérêt pour le Street art.
Ces "interventions" dans l'univers urbain peuvent être dues à d'élémentaires réactions face aux éléments de cet univers. Quik "graffait" les wagons de métro à New York , il a laissé ici et là (quik, vite) dans Paris des pictogrammes au feutre. Et puis, il y a ceux qui, par jeu, reproduisent en grand, au pochoir sur les murs, les images des fantasmes populaires, plus ou moins hollywoodiens, stéréotypés et interchangeables (comme chez Andy Warhol). La pin-up lisse et glamour par exemple.

…à la reconnaissance artistique

A Dock Sud, on peut voir des œuvres du français Psykose qui "graffa" dès l'âge de 15 ans métros et palissades de chantiers. Parfois les graffeurs graffaient en bandes, en collectif. Et puis, ce bouillonnement jaillit en geysers dans les années 1990 et reçut une validation institutionnelle à l'orée des années 2000. Du vandalisme à une expression brute, de révolte en décoration de rue (ah, le sourire de M. Chat émergeant de taches jaunes) on débouche sur une reconnaissance artistique et quelques reconnaissances marchandes.
Il est vrai que ces artistes du Street art ont illustré une forme de culture populaire. L'atlas a pris des empreintes de bouches d'égout, a épuré, travaillé, transformé jusqu'à produire des œuvres calligraphiques d'une typographie juste, précise qui ne parle que la langue du regard. Etrange et fascinant. Le chat figure sur des boites à lettres, des transformateurs électriques et C235 s'est même payé une visite à l'hôtel de Paris, à Sète. M. Chat a dû bien s'amuser. Tous ceux du Street art sont-ils à présent "hors la rue" comme on était "hors la loi" ? Quand on considère les portraits d'Hussein Bolt et les si expressifs et si remarquables portraits au pochoir de l'Africaine et du marginal âgé, on se dit que les galeries ont mis à jour un beau filon.

L'imaginaire sourd de maintes sources. Des rebelles en ont capté certaines. Et les galeries donnent à voir les jeux de l'imagination. Le vernissage passé, on peut retourner à Dock Sud, revoir la singulière typographie noire et même, oui, la pin-up type USA. Deux rêves.

Hérvé le Blanche