Violence, littérature et poésie !

par Maurice Bouchard, en charge de la rubrique Littérature et poésie.

L’homme est-il un loup pour l’homme, intrinsèquement agressif envers son semblable ou le bon sauvage poussé au mal par une société corruptrice ?

Une étude très sérieuse, extrêmement documentée (menée par des scientifiques espagnols et publiée récemment par la revue Nature), montre que la violence humaine est enracinée dans nos origines, les primates étant le groupe d’espèces chez qui le poids de la violence létale est le plus important parmi toutes les autres. Cette étude montre aussi que les espèces où la place des femelles est prépondérante présentent des mœurs plus pacifiques.

Mais il apparaît, et c’est le plus important, que plus une espèce est sociale et territorialisée, plus la violence s’y exprime. En ce qui concerne Homo Sapiens, (c’est-à-dire nous !), les organisations tribales ou claniques affichent un degré de violence nettement plus élevé que les sociétés étatiques.

Heureusement, cette violence semble diminuer avec le temps depuis la fin du Moyen-Age, l’agressivité humaine étant flexible en fonction des organisations sociales.

« S’il doit y avoir un message philosophique dans ces résultats, c’est que peu importe notre violence à l’origine, nous avons la capacité de la moduler en changeant notre environnement social. Nous pouvons construire une société plus pacifique si nous en avons le désir » José Maria Gomez, directeur de l’étude.

On peut raisonnablement penser que le langage joue un rôle particulièrement important lors de l’élaboration des structures sociales et dans leur maintien, au plan matériel, technique, et plus encore au plan symbolique.

Par conséquent, littérature et poésie, deux formes du langage des cultures, contribuent puissamment à rapprocher les humains les uns des autres en tentant d’élucider les mystères de ce qui gouverne intimement chacun d’entre nous ainsi que, socialement, les groupes que nous formons.

Comme l’écrit Eric Chevillard (dans Le Monde des Livres), la littérature peut être définie « paradoxalement comme l’art ou la science des hypothèses. Paradoxalement puisque, à la rigueur et à la maîtrise technique requises par l’art et la science, s’oppose le caprice de l’imagination spéculative et de ses songes. Ecrire, c’est pourtant bien cela, non pas créer un monde par le verbe - naïve illusion du romancier idéaliste -, mais combiner les données brutes qui constituent le nôtre, profiter du jeu entre les strates du réel pour provoquer de féeriques tremblements de terre, proposer aussi des solutions aux énigmes qui pétrifient notre logique et notre raison, quitte à sublimer quelquefois le rébus le plus plat. C’est alors la pénétration de l’écrivain qui fera la profondeur du mystère ».

C’est donc à l’éducation à l’écriture et à la lecture, au sens le plus élevé de ces deux termes (et pas seulement au simple déchiffrage et à la simple calligraphie) que, tous, nous devons consacrer nos efforts auprès des générations qui nous succèderont, et ce, dès leur plus jeune âge.

Maurice Bouchard

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