Littérature - Poésie

Anne de Sète publie "Nouvelles du vent"

"Ce sont de petites histoires, comme des tranches de vie. Ça vous est arrivé, ou à moi, ou à d'autres… ou c'est parfaitement imaginaire. Le vent, la mer, les arbres se penchent, vivants, sur ces histoires.

Il y a des chèvres, du vent, deux grands-mères, un chien, de la pluie, des chevaux. Il y a un grand amour d'une région, un grand amour de la nature. Il y a l'envie de vous faire partager tous ces élans du cœur et du corps. Il y a votre regard…"

Nous avons lu le recueil de l'écrivaine Mézoise au style bien personnel : richesse et justesse du vocabulaire, écriture à coup de petites touches comme le ferait un peintre impressionniste… Les sentiments sont à fleur de peau, le cœur palpite, les larmes peuvent perler à tout moment…

Avec Ressac paru chez Sicania en 2014, Anne de Sète annonçait ses "démêlés" futurs avec le vent… C'est réussi ! C'est même brillamment ciselé, on accroche… on attend surtout la suite en s'identifiant aux personnages !

"Les Nouvelles du vent" : l'ouvrage ne peut finalement pas se raconter, il se lit !


Édité chez EDILIVRE - 86 pages - Août 2017 - 10 euros - Disponible au format numérique. Tout libraire dépositaire Decitre.

Autres titres publiés par l'auteure : ÉCUMES (poésie) paru chez Inclinaison, RESSAC aux éditions EDILIVRE.

Le coup de cœur du mois


» disponible en ligne

 

Le voyage des mots : De l'Orient arabe et persan vers la langue française
d'Alain REY (calligraphie de Lassaâd Metoui).

Tel un cortège de Rois mages apportant à l'Europe les richesses de l'Orient, un trésor de mots arabes est venu enrichir les moyens verbaux qui nous permettent de nommer le monde. Du Ciel à la Terre, des sciences aux croyances, des substances naturelles aux étoffes et aux vêtements, de la guerre à la paix, maints domaines de notre expérience peuvent cacher ou dévoiler leur origine orientale, qu'elle soit savante, poétique ou familière. Les mots arabes en français sont souvent surprenants, inattendus, comme la houle de l'océan, le chiffre des calculs, l'élixir et l'ambre, et, dans la vie commerciale, le magasin ou la douane. Le confort n'est pas absent ; non seulement le divan et le sofa sont "arabes", mais aussi le matelas. Que les mots "babouche" et "fez" soient orientaux, on ne s'en étonne guère ; mais le "châle", le "gilet", la "jupe" ? Et la "coupole", le "masque" et la "mascarade" ?
Le Voyage des Mots de l'Orient arabe, persan ou turc vers le français, souvent par l'Italie et l'Espagne, est évoqué ici précisément, mais aussi poétiquement et artistiquement. Car l'écriture arabe, avec ses "arabesques", est un lieu de beauté et de plaisir, en admirables calligraphies décoratives.
Un amoureux des langues et des cultures, ALAIN REY et LASSAÂD METOUI, un artiste de l'écriture, plasticien et calligraphe, se sont retrouvés pour créer un lieu de célébration pour la rencontre de deux cultures, l'orientale et l'occidentale, sous la forme française. Ce lieu ne pouvait être qu'un livre, un livre de Pelles images, celles des mots, à la fois graphiques, mentales et colorées, celles des idées, qui sont aussi des "arabesques" tracées par l'esprit, qui conduit la main.

 

Topolino à l'Echappée belle

 Le 27 octobre, L'Echappée belle inaugurait en même temps que la sortie du livre de recettes confiées par les commerçants des halles centrales et illustrées par Toplino, Sète/Les Halles 2, une exposition des dessins originaux de l'artiste.

Depuis plus de cinq ans, les éditions Dans la boîte et la librairie L’Échappée belle concoivent et éditent ensemble des livres sur un sujet qui leur tient à coeur : la ville de Sète, ses quartiers, ses habitants, ses paysages, ses artistes…

Sète/Les Halles 2, c'est une aventure qui a débuté en 2014 avec la sortie d'un 1er opus illustré par le photographe Jean-Loup Gautreau. Pour ce second livre et pour varier les plaisirs, le choix de l'illustrateur s'est porté sur Marc Combas, alias Topolino, passé maître dans l'art de croquer le quotidien de Sète. Avec un regard bienveillant, un trait vif et fouillé, l'artiste livre une vision poétique et personnelle des Halles de Sète. Les portraits des commerçants brossés sur le vif, comme des instantanés, fourmillent de détails anodins, truculants, qui composent l’essence même de ce marché : le buveur des paroles de Josy La Marseillaise, l’assiette de « charcuterie pour dégustations 6€/pièce » chez Laurie, l’autocollant « Ici on est supporters Arago » chez Karine… 184 pages pour se régaler au sens propre comme au figuré.  

Edités précédemment :  Féeries sétoises texte de Michel Onfray, illustrations de Robert Combas et Topolino (2016). - Arbres de bords de routes herbier de Pauline Boyé, préface de Francis Hallé (2014). - Sète/Les Halles préface de Guy Savoy, avant-propos d’Agnès Desarthe, photographies de Jean-Loup Gautreau (2014). - Sète/Les Joutes photographies de Pierre Nocca (2013). - Fleurs de bords de routes herbier de Pauline Boyé, préface de Gilles Clément (2012). - Sète/La Pointe Courte, textes de Jacky Villacèque, Agnès Varda et Hervé Di Rosa, photographies de Jean-Loup Gautreau (2012). 

Desnos à Sète

Ni Robert Desnos (1900-1945), ni son fantôme ne sont venus hanter l'Ile singulière.

Mais le 25 octobre, à 19 h à la Nouvelle librairie sétoise, le poète était bien là. Car était présenté au public, avec l'aide de Juliette Massat (enseignante du secondaire, animatrice d'un atelier d'Ecriture), l'ouvrage de Gaëlle Nohant, Légende d'un dormeur éveillé, consacré à R. Desnos.

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                                                                             J. Massat à gauche et G. Nohant à droite.

L'auteure a-t-elle douté ? A 19 h, ne siégeaient qu'une dizaine de personnes. Mais par un prompt renfort, un gros tiers est arrivé au quart. Une trentaine de fans de littérature remplissait l'entresol quand "Sophie" ouvrit la séance et en confia le déroulement à J. Massat. Celle-ci évoqua les grands thèmes du livre, vite relayée par G. Nohant qui n'eut besoin que de quelques relances pour exposer au public les tenants et les aboutissants de son œuvre. On a regretté, au moment du verre de l'amitié, que n'aient pas été lues d'œuvres du poète, ni d'extraits du livre. Cela aurait aéré la séance qui manquait d'un modérateur. Certes, l'enthousiasme de l'auteure était contagieux et elle parlait de la vie dans le siècle d'un personnage méconnu par la postérité. Certes, on connaît l'auteur surréaliste, le poète de la Résistance (las, ses recueils ne furent pas évoqués), mais on ne sait pas que ce dormeur-là (avec ses improvisations en état de sommeil) pouvait être bien éveillé. Après "deux ans de travail intense", Gaëlle Nohant restitue au public "un Desnos familier, vivant" et "une visite guidée du Paris de l'époque", notamment celui des "Montparno".

Poète, Desnos le fut dès l'enfance. Le rejeton d'une famille de commerçant des Halles (le père devint mandataire) ne voulut pas faire carrière, son certif' en poche. Le "vilain petit canard" voulait…être poète ! Mais, le "nourrisson des muses" était colérique et aussi bagarreur qu'un autre. Livré à lui-même et bien décidé "à entrer dans la vie et la changer", autodidacte lesté d'une vaste culture, journaliste, il entrera à la radio et cessera sa consommation de vache enragée. Une biographie romancée donc qui a sa part de pittoresque.

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Pittoresque peut-être nécessaire à la compréhension du personnage. Mais dans le flot qui envahit le public ce soir-là, des thèmes essentiels ne firent qu'affleurer. L'auteure a écrit dans la douleur ? Peut-être. Après tout, Stendhal par exemple écrivait pour le plaisir et le grand Charles (Baudelaire bien sûr) savait ce que coûtait "le génie" (99% de transpiration). Mais on est entre lecteurs et les anecdotes plaisent au public. Alors, c'est en deux minutes que l'on tranche du vraisemblable et de la vérité de la fiction. Nous savons que le vrai parfois n'est pas vraisemblable. Il fut bien dit que Desnos était "un résistant de toujours". Il s'en prit à Céline (auréolé du succès du "Voyage"), il lutta avec ses moyens contre le fascisme. A la radio, il fit des émissions accessibles à tous, parla littérature, poésie, culture. Et il le fit jusqu'à sa mort en déportation. Au vrai, il n'y eut pas de "tombeau de R. Desnos", mais un personnage et une auteure. Les lecteurs s'en satisferont-ils ?

Hervé Le Blanche

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Autodidacte et rêvant de poésie, Robert Desnos est introduit vers 1920 dans les milieux littéraires modernistes et rejoint en 1922 l'aventure surréaliste. Il participe alors de manière éclatante aux expériences de sommeils hypnotiques et publie avec Rrose Sélavy (1922-1923) ses premiers textes qui reprennent le personnage créé par Marcel Duchamp. Dans les années 1924-1929, Desnos est rédacteur de La Révolution surréaliste mais rompt avec le mouvement quand André Breton veut l'orienter vers le Communisme.

Il travaille alors dans le journalisme et, grand amateur de musique, il écrit des poèmes aux allures de chanson et crée avec un grand succès le 3 novembre 1933, à l'occasion du lancement d'un nouvel épisode de la série Fantômas à Radio Paris la Complainte de Fantômas . Le poète devient ensuite rédacteur publicitaire mais préoccupé par la montée des périls fascistes en Europe, il participe dès 1934 au mouvement frontiste et adhère aux mouvements d'intellectuels antifascistes, comme l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires ou, après les élections de mai 1936, le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes.

En 1940 après la défaite de la France face à l'Allemagne nazie, il redevient journaliste pour le quotidien Aujourd'hui, et dès juillet 1942 fait partie du réseau de Résistance AGIR. Il poursuit ses activités de Résistance jusqu'à son arrestation le 22 février 1944. Il est déporté à Buchenwald et passe par d'autres camps avant de mourir à Theresienstadt (Térézin), en Tchécoslovaquie : épuisé par les privations et malade du typhus, il y meurt le 8 juin 1945, un mois après la libération du camp par les Soviétiques.

La dépouille du poète est rapatriée en France, et Robert Desnos est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris. Son œuvre comprend un certain nombre de recueils de poèmes publiés de 1923 à 1943 - par exemple Corps et biens (1930) ou The Night of loveless nights (1930) - et d'autres textes sur l'art, le cinéma...


 

   

 

 

 

Le Grand Montpellier et ses Peintres

par Alain Laborieux/Robert Faure - Editions du Papillon Rouge

Depuis le XIIe siècle, Montpellier est un lieu de brassage, une ville savante, bourgeoise, raffinée où l’art a pris une place remarquable. Le nombre des peintres qui y sont nés, ou y ont vécu, est ainsi devenu très important au fil du temps. Citons par exemple Raoux, Ranc, Bourdon, Vien, Cabanel, Glaize, Bazille, Castelnau, Leenhardt… ou plus près de nous Dezeuze, Pradalié et Bioulès… qui ont immortalisé sur leur chevalet la capitale languedocienne. Un hommage rendu aux peintres qui sont nés ou ont vécu à Montpellier

En 1779, quelques Montpelliérains fondent même une Société des Beaux-Arts et posent les bases d’un musée qui, avec François-Xavier Fabre, deviendra l’un des plus riches de province ; si bien qu’en 1888, Van Gogh et Gauguin, séjournant alors à Arles, viennent le visiter.

Pour la première fois, un livre rend hommage à tous ces peintres de talent qui ont laissé de leur ville-lumière un regard, un souvenir, une impression… En tout cas, une vision impérissable. 

Disponible à partir du 3 novembre 2017

Joseph Delteil

"La Delteilherie est le domaine imaginaire de ma création, comme la Tuilerie de Massane est le domaine réel où je vis... Ah! La Tuilerie, je n'y suis pas né, mais je considère que c'est ma maison sur la terre. C'est celle où j'ai le plus souvent habité, celle où j'ai fait ma coquille, comme un escargot... "
Joseph Delteil, né le 20 avril 1894 à Villarenval dans l’Aude d’un père bucheron et d’une mère illettrée, sera très vite attiré par l’écriture. Installé à Paris dès sa démobilisation en 1919, il rencontra le succès dès ses premières publications, «Le coeur grec» et «Le cygne androgyne» qu’il dédia à Henri de Régnier qu’il visitait souvent. Après le succès d’édition de «Sur le fleuve Amour» et de «Choléra», Aragon le présenta à André Breton. Il resta proche du mouvement surréaliste jusqu’en 1925, date à laquelle il en est exclu après la parution de sa «Jeanne d’Arc». Il se lie d’amitié avec Pascin qui projetait d’illustrer «Don Juan» mais qui se suicide le 2 juin 1930, ainsi qu'avec Henry Miller, Robert et Sonia Delaunay...
Souhaitant renouer avec ses racines paysannes, Delteil projette de se fixer près de Montpellier. Séjournant d’abord à Gigean dans la propriété de Mme Bouscaren, il se porte acquéreur de La Tuilerie de Massane, propriété proche de Grabels. C’est dans ce domaine, qu’il baptise «La Delteilherie», qu’il vivra jusqu’à son décès le 12 avril 1978. «La cuisine paléolithique» et «La Delteiherie», ses deux derniers ouvrages lui apporteront la reconnaissance littéraire.

La REVUE SOUFFLES organise le Grand Prix de Poésie Joseph Delteil
date limite d’envoi des manuscrits: 31 décembre 2017
Ce prix est destiné à couronner un manuscrit (poèmes ou prose poétique) dont la sensibilité et l’écriture poétique suscitent une émotion esthétique profonde et durable.
40 poèmes maximum / format A4
L’œuvre primée, sera éditée et le lauréat en recevra 100 exemplaires (valeur 1000 euros).
Droits à concours : 30 euros.
Voir : Règlement de Prix

La REVUE SOUFFLES lance un appel pour sauver la Tuilerie de Massane à Grabels  
Au-delà des mots et de l’encre, il est des lieux poétiques de mémoire et de patrimoine à préserver.
La Deltheillerie, maison de l’écrivain Joseph Delteil, fait partie de ceux-là.
Rejoignez le Comité de sauvegarde en signant l’appel « UN NOUVEAU SOUFFLE POUR DELTEIL«   lancé par la Revue Souffles, avec le soutien de Pierre SOULAGES, Fabrice LUCHINI, Christian LACROIX, Catherine FROT, Vénus KHOURY-GHATA, Jean-Claude DROUOT, Françoise BOB TER SCHIPHORST, Salah STETIÉ, Jean-Baptiste HUGO, Madeleine ATTAL…

Pour signer la pétition cliquez ICI

« Je serai compris dans trente ans. Dans trente ans quand reviendra le règne de l’instinct. »

crédit photos Bob Ter Schiphorst et autres

Belle soirée poésie à Bouzigues

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Le samedi 14 octobre, à la Maison des Gens de l’Étang, une quarantaine de personnes a répondu favorablement à l'invitation du club poésie du Foyer Rural, pour partager ensemble l'oeuvre poétique de René Guy Cadou.

Annie Caporiccio, Chantal Bayer, Corinne Hardouin, Monique Cazes et Roselyne Camélio ont su recréer l'atmosphère intimiste du poète et sa proximité avec la nature. Alain Benet reprenait, à la guitare, quelques poèmes dits et prolongeait l'enchantement par d'autres chansons.

Madame Nicole Drano-Stramberg et Monsieur Georges Drano ont rappelé avec pudeur leur rencontre avec la poétesse Hélène Cadou (épouse de René Guy Cadou). Puis ils ont présenté les publications de ces deux poétes. Pour les coups de coeur, Hélène Cadou, Jean Luc Pouliquen, Arthur Rimbaud et S. Barendson, furent mis à l'honneur.

La soirée s'est achevée dans une ambiance festive, autour de plats apportés par chacun.

René Guy Cadou :

"Né en Grande Brière, il est fils d’instituteurs laïques. Il grandit dans une ambiance de préaux d’écoles, de rentrées des classes, de beauté des automnes, de scènes de chasse et de vie paysanne qui deviendront plus tard une source majeure de son inspiration poétique : « Mon père s’y plaisait en costume de chasse, Nous y avions de tendres rendez-vous… » Puis viendra à 7 ans à Saint-Nazaire la découverte de la ville et du cinéma populaire. En 1930 (il a dix ans), c'est le départ à Nantes pour le 5 quai Hoche, et pour le lycée Clemenceau. La mort de sa mère Anna le 30 mai 1932 plongera le tout jeune adolescent dans une mélancolie profonde. La nostalgie de Sainte-Reine et de cette enfance terrienne, végétale et heureuse, mais aussi la ville et sa vie ouvrière, et la mort hanteront plus tard sa poésie. ."

 

Le wagon plombé, de Stefan Zweig et la révolution russe

L'œuvre multiple et dense de Stefan Zweig (1881-1942) fait de lui un auteur inclassable.

Hypersensible et perpétuellement angoissé, il décrit avec précision les tourments émotionnels de ses personnages, tous victimes de passions destructrices. Son écriture concise et efficace ainsi que l'importance de la dimension psychologique dans ses textes en font un écrivain moderne, toujours apprécié aujourd'hui.

Le wagon plombé

Dieu, que l'Espérance est violente ! Souvent, on ne se souvient pas de l'auteur de cet aphorisme. Il inspirait sans doute une partie de l'intelligentsia européenne après la prise de pouvoir par les bolcheviks en Russie, en octobre 1917.

En témoigne, dans le flot des publications qui a marqué le centenaire des évènements de 1917, la réédition par les éditions Payot de textes de Stefan Zweig sous le titre Le Wagon plombé. Le texte qui donne le titre au recueil (qui comprend aussi la relation du voyage en URSS en 1928 et un bref essai sur Gorki) relate le voyage de Lénine et ses compagnons de Zurich à Saint-Pétersbourg (alors Petrograd) en pleine guerre, alors que venait de s'effondrer le tsarisme. La préface, bien informée, nous apprend que le texte ne fut pas écrit "à chaud", mais en 1936 alors que S. Zweig était exilé à Londres. Il sera publié en allemand en 1940, puis intégré au recueil Les Très riches heures de l'Humanité (Paris, Belfond 1989) où Zweig raconte "Les Journées qui ont changé le cours de l'Histoire".

Zurich 1917 : un pandémonium de suspicions, de menées souterraines où s'agitent diplomates, hommes d'affaires, "dames voilées ou non". "Tout est rapporté, tout est surveillé". A l'écart, "dans un quartier modeste, au deuxième étage de l'une des solides maisons de la vieille ville ", vit un certain Vladimir Ilitch Oulianov et sa femme.

"Comme il se montre inaccessible et peu conciliant, on ne s'occupe pas beaucoup de lui". Avec une régularité de métronome, il est présent à la bibliothèque. Jusqu'au jour où l'inlassable lecteur fait défaut. C'est le 15 mars 1917. La révolution a éclaté en Russie. Mais à en croire S. Zweig, s'appuyant sur un témoignage, Lénine aurait compris cet épisode comme "une insurrection de palais contre le tsar menée à l'instigation de diplomates anglais et français dans le but d'empêcher le tsar de conclure la paix avec l'Allemagne.

Curieuse version que ne corrobore aucun des biographes de Lénine, même l'Anglais David Shub (Lenin, Londres 1945) qui semble particulièrement bien informé. Son ouvrage éclaire les arrières plans de l'épisode du départ de Lénine de Suisse. Zweig, par ailleurs biographe scrupuleux, forge une légende. L'idée d'un compagnon de Lénine, d'échanger le passage des révolutionnaires contre la libération de prisonniers allemands. Une exécution prompte grâce à l'accord du consul général d'Allemagne en Suisse et du chef d'état-major de l'armée.

S'il est vrai que l'Allemagne cherchait à terminer la guerre sur le front de l'est, ses agents s'agitaient dans l'ombre. L'un d'eux persuada le chef du service de propagande et le chancelier Bethmann-Hollweg. Et, le 9 avril 1917, 32 personnes, hommes, femmes, enfants, chargées de valises, corbeilles, montent dans le train pour Stockholm et la Russie. Ils bénéficient de l'extra-territorialité.

Et "les révolutionnaires les plus dangereux, les plus décidés…, du trinitrophénol vivant", roulent vers l'ex empire des tsars. S. Zweig et d'autres comme Romain Rolland croyaient qu'avec Lénine s'imposeraient "la liberté, la justice, la paix éternelle". Rêveries de belles âmes ?

Hervé Le Blanche

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Poète chrétien, Charles Péguy a célébré l'Espérance, une des vertus théologales. Face aux désillusions, aux revers, aux drames, "Il n'y aurait rien s'il n'y avait la petite espérance / La petite espérance de rien du tout…" Un siècle après la prise de pouvoir par les bolcheviks en Russie, c'est peut-être ce qui reste quand s'est éteinte "la grande lueur à l'Est". Mais les contemporains ont-ils été aveuglés par le surgissement de la flamme révolutionnaire ?

 

Stéphan Zweig et nombre d'hommes politiques, d'intellectuels ont fait le voyage en Russie. S. Zweig n'ira en "Russie rouge" qu'en 1928 en tant que délégué autrichien à l'occasion du 100ème anniversaire de la naissance de Tolstoï. Voyage organisé par la VOKS (section panrusse des liens avec l'étranger) qui ne laissera à Zweig, jusqu'à la visite à la tombe du grand écrivain, que peu de temps morts. Se succèdent meeting (et prise de parole à l'opéra), puis, "à une heure du matin, un autre tour en ville", le musée Dostoïevski, la maison de Tolstoï… Il aura ensuite le temps de rencontrer "Boris Pilniak avec tout un tas de Russes", voir les bouquinistes pour la VOKS, visiter Moscou et rêver, en esthète, à "l'impression puissante" que Napoléon Ier a pu éprouver face à l'incendie de la ville. Comme prévu par la VOKS, S. Zweig n'a rencontré que peu de citoyens soviétiques et il lui a été difficile de se faire une opinion sur le régime. Pourtant, lors d'une visite, un anonyme glisse un papier dans sa poche dénonçant les privations de liberté.

Cela, S. Zweig n'en parlera pas dans son Voyage à Moscou, mais bien après, évoquant ses souvenirs dans Le Monde d'hier. En 1928, il célèbre la patience du peuple russe, son incroyable faculté à surmonter les pires épreuves et souligne "l'énergie inouï et la rigueur fanatique des dictateurs de la Russie". Ce n'est que dans ses lettres à R. Rolland qu'il évoque la privation totale de liberté, les suicides d'étudiants refusés à l'université, les appartements communautaires… En effet, comme d'autres, Zweig veut défendre la Russie nouvelle contre ses détracteurs. Surtout quand le pays est soumis au blocus et que son économie est en crise. Zweig, européen humaniste, s'est voulu témoin lucide. Et il souligne deux aspects qui tranchent dans la masse des témoignages de l'époque. Lorsqu'il visite le "trésor" du musée de l'Ermitage à Saint Petersbourg, il est abasourdi par la masse d'objets en or, de pierres précieuses. Est-ce le "diadème de Catherine, avec ses diamants jaunes et d'autres blancs" qui lui fait songer que jadis en Russie se côtoyaient "le gaspillage fou et blasphématoire des tsars et cette pauvreté abyssale, presque diabolique…"? Et puis, en 1928, comme celles qui ont connu les tsars, les "babouchkas" sur la place Rouge se prosternent face à la Vierge d'Iverie.

 Et si tout cela, Lénine et son mausolée, le drapeau rouge dans la nuit au-dessus du Kremlin, l'assurance des jours heureux à venir, était une foi nouvelle, après celle de la Vierge et des saints ? S. Zweig pose la question. Et pour les réfractaires reste tout de même "la petite espérance". Résultat de recherche d'images pour "photo kremlin"

 

 

   

 

 

 

Montpellier, Hier | aujourd'hui

par Jocelyne Fonlupt-Kilic / Jeanne Davy - Editions Wartberg

Si elle n’est pas encore tout à fait « la façade maritime entre Gênes et Barcelone » qu’aurait souhaitée sonancien maire Georges Frêche, la ville de Montpellier n’en demeure pas moins un bel exemple de dynamisme en termes de croissance démographique et de création de nouveaux quartiers. Revers de la médaille, il reste peu d’anciens monuments en dehors de l’Écusson, centre historique de la ville. Le XIXe siècle s’inspire des travaux d’Haussmann à Paris : larges avenues, grands magasins, palais de justice et préfecture. Sans oublier la célèbre place de la Comédie avec son Grand Théâtre…

L’auteure
Née à Lyon,Jocelyne Fonlupt-Kilic a longtemps vécu à Paris avant de poser définitivement ses valises à Sète.Elle a exercé trente-six métiers, de la vente au journalisme en passant par l’enseignement. Aujourd’hui à laretraite, elle peut se consacrer pleinement à ses passions : l’écriture, la photo et les voyages.

La photographe
Jeanne Davy découvre la photographie après ses études de lettres. Elle collabore à de nombreuses revuesavant d’intégrer le service culturel du Conseil départemental du Gard pour lequel elle couvre des manifestationsculturelles durant quinze ans, sans pour autant délaisser ses travaux personnels qu’elle continue d’exposer.

 

Une ville conjuguée au passé et au présent

La collection Hier| aujourd'hui (Editions Wartberg) retrace par l'image l'histoire d'une ville française en privilégiant l'évidence de l'iconographie à l'évocation littéraire. Ces livres de photographies raviront les férus d'histoire et les amoureux de leur ville. Fondés sur un principe simple et efficace, mettant en regard une image d'archives avec un cliché contemporain d'un lieu emblématique effectué dans le même axe et avec la même perspective, ils apportent au lecteur un outil de comparaison indispensable à la bonne compréhension de l'évolution de la ville. Chaque paire de photographies s'accompagnant d'un texte éclairant sur l'historique du site présenté.Ce va-et-vient entre passé et présent révèle l'âme d'une ville, ce qui la rend unique, au-delà des transformations voulues par ceux qui en ont eu la charge et des marques laissées par l'histoire.Chaque titre de la collection est le fruit du travail combiné d'un auteur et d’un photographe.

 

Les Compagnons du livre en octobre

livreCaptureDimanche 8 octobre : 

FOIRE AUX LIVRES & VIEUX PAPIERS à Sète avec 10 bouquinistes -

Entrée gratuite

 

 Dimanche 15 octobre :

SALON DE LA BD, POLAR & SF à Frontignan

Avec 8 bouquinistes dont un spécialiste de BD et un autre de l'"Enfantina" 

Conférence sur le langage de San-Antonio et de Brassens 

Entrée gratuite 

 

Plus de détails : http://www.lescompagnonsdulivre.fr/

L'actualité du mois d'octobre à la Nouvelle Librairie Sétoise

sc+ Rencontre avec Renato Cisneros autour de La Distance qui nous sépare traduit de l'espagnol (Pérou) par Serge Mestre, éd. Bourgois

mercredi 11 octobre 2017 à 19h,

Cinéma le Palace, Sète (avenue du Victor Hugo)

Dans la grande tradition de la littérature sud-américaine, au réalisme plus réel que magique, avec une volonté de vérité et de réconciliation, Renato Cisneros, né à Lima en 1976, écrit le roman d'une histoire privée : comment admettre la figure d'un père oppresseur qui échappe à toute forme de légalité ?

Dilemme d'un fils devant la personnalité d'un géniteur sévère mais aimant au quotidien et celle d'un père dictateur, Luis Cisneros Vizquerra (1926-1995), dit El Gaucho, compagnon de guerre de Videla et Pinochet, que le fils découvre au fil du récit. Renato Cisneros dévoile aussi un séducteur passionné de littérature qui jouissait des plaisirs de la vie.

  Rencontre organisée avec l'association Salsa

+ Rencontre avec Erwan Lahrer autour de Le livre que je ne voulais pas écrire

Editions Quidam jeudi 19 octobre 2017 à 19h,

Nouvelle Librairie Sétoise "

Je suis romancier. "J’invente des histoires. Des intrigues. Des personnages. Et, j’espère, une langue. Pour dire et questionner le monde, l’humain. Il m’est arrivé une mésaventure, devenue une tuile pour le romancier qui partage ma vie : je me suis trouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit au mauvais moment ; donc lui aussi."

"Un travail profondément littéraire qui, passant du «tu» au «il», tend tout entier vers ce moment magistral où Erwan Larher enjambe ce drame pour «redevenir je". Lire

+ Rencontre avec Franck Bouysse autour de Glaise Editions

La Manufacture de livres samedi 21 octobre 2017 à 15h,

Nouvelle Librairie Sétoise

L'auteur révélé par Grossir le ciel, prix polar SNCF et Plateau, lauréat du prix de la Foire du Livre de Brive revient ici avec un roman dont le magazine Lire dit : "Il y a des traces de Giono et de Jim Harrison chez cet auteur qui s’est imprégné de leurs oeuvres, fouillant dans les noirceurs de l'âme et l'âpreté des lieux." Franck Bouysse a été l'invité du Festival international du roman noir de Frontignan / FIRN en 2016 et 2017.

+ Rencontre avec Gaëlle Nohant autour de Légende d'un dormeur éveillé

Editions Héloïse d'Ormesson mercredi 25 octobre 2017 à 19h,

Nouvelle Librairie Sétoise

"Robert Desnos a vécu mille vies

– écrivain, critique de cinéma, chroniqueur radio, résistant de la première heure –, sans jamais se départir de sa soif de liberté. Pour raconter l’histoire extraordinaire de ce dormeur éveillé, Gaëlle Nohant épouse ses pas ; comme si elle avait écouté les battements de son cœur, s’était assise aux terrasses des cafés en compagnie d’Éluard ou de García Lorca, avait tressailli aux anathèmes d’André Breton, fumé l’opium avec Yvonne George, et dansé sur des rythmes endiablés au Bal Blomet aux côtés de Kiki et de Jean-Louis Barrault.

S’identifiant à Youki, son grand amour, la romancière accompagne Desnos jusqu’au bout de la nuit. Légende d’un dormeur éveillé révèle le héros irrésistible derrière le poète et ressuscite une époque incandescente et tumultueuse, des années folles à l’Occupation."

Nouvelle Librairie Sétoise 7 rue Alsace-Lorraine - 34200 Sète 04 67 74 43 21 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, a sorti un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.

L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.
L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.

Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promets étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon