Pour un référendum sur la redevance audiovisuelle

Une redevance n’est pas tout à fait un impôt : elle correspond au paiement d’une contrepartie précise. L’audiovisuel public d’aujourd’hui mérite-t-il les 139 euros payés en 2019 par les possesseurs de téléviseurs ? La question se pose.

 Les programmes télévisés des chaînes publiques sont pour la plupart médiocres voire consternants. Il est de plus en plus difficile de les distinguer des chaînes privées. Les coupures publicitaires se multiplient. Les rediffusions sont pléthoriques. Les émissions débiles et les parlottes entre soi sont légion. La langue française elle-même est souvent malmenée par un franglais de mauvais aloi. Seules quelques émissions comme « Cash investigation » ou « Complément d’enquête » font encore honneur au journalisme.

 Au-delà du contenu des émissions, la gestion de l’audiovisuel public pose aussi problème.

Une enquête journalistique révèle que les revenus annuels de la PDG de France-Télévision approchent le demi-million d’euros, soit davantage que ses homologues de l'ARD et de la ZDF en Allemagne, de la RAI en Italie ou de la RTBF en Belgique. Il est vrai que la télé paye bien ses dirigeants en France où les patrons des chaînes privées peuvent gagner largement plus d’un million d’euros par an. Par ailleurs la rémunération des hauts cadres n’est guère limpide. Déjà, il y a quelques années, la Cour des comptes avait épinglé sévèrement France-Télévision, citant, entre autres, le cas d’un présentateur vedette, rédacteur en chef « hors grille », qui touchait un salaire mensuel de l’ordre de 20.000 euros par mois et, à coté, des honoraires de pigiste pour plusieurs milliers d’euros supplémentaires

A Radio-France, les journalistes peuvent prétendre jusqu’à 70 jours de repos en cumulant les congés légaux, les compensations RTT, les congés dits de « modernisation », les congés de récupération des jours fériés, les congés d’ancienneté, etc. Un chiffre à comparer à la moyenne des salariés français de 44 jours en incluant les jours fériés chômés.

En 2016, l'ex-présidente de l'Institut national de l'audiovisuel a été condamnée par la justice pour détournement de fonds publics portant sur 40 000 euros de frais de taxis indus dont une partie pour son fils durant l’exercice de ses fonctions.

Le Comité interentreprises de l'audiovisuel public1 avec ses 50 salariés et ses 110 intermittents payés en moyenne près de 4.000 euros par mois fut aussi pointé du doigt par la Cour des comptes car aux salaires généreux du personnel s’ajoutaient parfois des défraiements qui pouvaient laisser pantois. Ainsi un ancien trésorier de ce super CE, qui possédait un logement à Paris mais dont le domicile officiel était dans le Var, avait pu toucher plus de 50.000 euros d'indemnisation pour ses déplacements et son hébergement dans la capitale entre 2010 et 2014.

Toutes ces dérives ont fait l’objet de mesures correctives nous assure-t-on mais où sont les économies ? Après avoir laissé entendre que la redevance serait supprimée, le Ministre de l'Action et des Comptes publics annonce fièrement qu’elle diminuera en 2020. Elle passera de 139 à 138 euros : 1 euro d’économie pour le contribuable!

 

Les français ne sont pas les seuls à s’interroger sur leur redevance. En Italie, en Allemagne, en Grande-Bretagne, nombreux sont les partisans de la remise en cause du financement de l’audiovisuel par l’argent public. L’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique ont, pour leur part, déjà supprimé cette forme d’impôt. A l’inverse, en 2018, les Suisses, à l’issue d’un référendum d’initiative populaire, ont décidé, à 72%, de garder leur redevance bien qu’elle soit la plus chère d’Europe.  Le soutien massif de la population à la SSR, la radio-télévision nationale, s’explique par la qualité de ses programmes et par son rôle pour renforcer la cohésion d’un pays où 4 langues officielles sont en usage (allemand, français, italien et romanche). Des réformes ont néanmoins été engagées depuis ce référendum pour moderniser la gestion, baisser la redevance de 20% et mieux intégrer l’internet dans la stratégie du secteur audiovisuel helvétique.

 

L’exemple suisse est intéressant en ce sens qu’il prouve que les citoyens ne refusent pas le principe d’une taxe. Ils veulent simplement que leur argent soit dépensé à bon escient et ils exigent une gestion exemplaire des deniers publics.

Sur ce thème, les français pourraient s’inspirer de leurs voisins et lancer à leur tour un référendum d’initiative partagée, dispositif prévu par l'article 11 de la Constitution. Un tel référendum serait une occasion de lancer un débat de fond sur le coût, le financement et, au-delà, sur l’utilité et sur le rôle de notre audiovisuel public. Il pourrait déboucher sur la formulation claire d’une politique dans ce domaine instituant une nécessaire rigueur de gestion et une programmation de qualité. La France des Lumières n’est pas encore tout à fait morte, son audiovisuel peut contribuer à l’ouvrir au monde sans faire table rase de ses spécificités, de ses valeurs et de sa propre culture.

Rhadamanthe

1commun à France Télévisions, Radio France et l'Institut national de l'audiovisuel.

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