L'image de nos villes

De grands travaux améliorent le cadre de vie de nos cités. FR3 diffuse une superbe Thalassa sur Sète. Candice Renoir, la série filmée autour de l’étang de Thau, conclut un partenariat avec l’agglo. Escale à Sète, le Festival International du Roman Noir à Frontignan et bien d’autres de nos grands événements bénéficient d’une notoriété croissante. Les médias nationaux et internationaux nous renvoient, de plus en plus, une image positive de notre petit pays.
Ce n’est pas un hasard mais le fruit d’un patient travail de nos municipalités qui ont compris les multiples enjeux associés à l’image.

Une bonne image de la ville est bien sûr essentielle au développement du tourisme et du commerce. Elle est également nécessaire pour attirer les entreprises, les hommes et les capitaux qui créeront les emplois de demain. Dans ce monde en crise, les villes sont en concurrence entre elles et l’image peut jouer un rôle décisif dans la guerre économique actuelle où les chômeurs remplacent les morts.
A une époque où la maîtrise de notre futur exige d’investir dans les infrastructures, les municipalités doivent par ailleurs lutter âprement pour obtenir des ressources et des financements qui se font rares. Là encore, l’image de la ville a une grande importance auprès des bailleurs de fonds, qu’ils soient publics ou privés.

Enfin cette image que nous renvoie l’extérieur influence notre propre perception de la situation. Vivre dans une ville dont on dit du bien donne de l’assurance et du dynamisme. Vivre dans une ville où il ne se passe rien donne le sentiment d’habiter une banlieue dortoir. Vivre dans une ville perçue comme les quartiers du nord de Marseille est dévalorisant et démotivant.

Si l’image de la ville est un facteur déterminant pour les habitants eux-mêmes, encore faut-il qu’ils réalisent qu’ils ont aussi un rôle à jouer dans cette bataille de l’image.

Lors de la dernière St Louis, attablée dans un café à 10 mètres de la mairie, une sétoise "de souche" n’a rien trouvé de mieux que de piquer la chaise sur laquelle comptait s’asseoir un vieux touriste fatigué. Et comme il s’en plaignait, elle en a rajouté en injuriant vulgairement le pauvre homme dont le seul tort était de n'être pas d'ici. Cette anecdote illustre le chemin encore à parcourir pour canaliser le comportement grossier de quelques uns de nos concitoyens. Comment réagir aussi face à cet automobiliste qui se gare sur le passage protégé, à ce collégien qui gêne tout le monde avec son téléphone portable ? Comment lutter contre les déjections canines, les prospectus, les mégots, les canettes, les bouteilles et toutes ces poubelles improvisées qui jonchent nos trottoirs ou nos quais.
A Sète la mairie est obligée de faire passer les éboueurs sur la marine vers 13h, tant les détritus s’amoncellent. Les clients des restaurants apprécient moyennement ce passage des camions à ordures à l’heure du déjeuner.

A l’étranger, on ne plaisante pas avec les règlements sur la propreté. A Calgary, dans la province canadienne de l’Alberta, jeter un papier sale peut vous valoir une amende de 1000$. Dans certains états des USA, c’est plus sévère encore. Ainsi dans le Maryland, pour les cas graves de dépôts illicites d’immondices, la peine encourue va jusqu’à 30.000$ d’amende et 5 ans d’emprisonnement.

Les discours moralisateurs ayant hélas peu d’effet, il est urgent, chez nous aussi, de sévir pour faire respecter les lois du vivre ensemble. Il est temps de sanctionner et de s’opposer aux individus dont le manque de savoir-vivre ruine l’image de nos villes.
"Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen. Par l'obéissance il assure l'ordre; par la résistance il assure la liberté" disait déjà le philosophe Alain.

Jacques Carles