Le petit nuage et la mer

Il venait de loin lorsque je l’aperçus. Poussé par un mistralou indolent, il avait quitté les hautes garrigues du Larzac, puis survolé le Lodévois, passant très vite, un peu méprisant, sur le lac du Salagou.

Seul au milieu d’un ciel uniformément bleu, il apercevait enfin son but : la grande mer dont il rêvait.

En passant sur Villeveyrac, il put croire être arrivé mais ce n’était que l’étang de Thau. Encore quelques rafales et enfin, dans un scintillement argenté de vaguelettes, il aperçut la Méditerranée.

Hélas, alors qu’il s’apprêtait à planer au dessus de l’immense nappe bleue où son blanc cotonneux allait se refléter, ce fut soudainement la renverse du vent ! Il était midi au soleil, heure où les souffles marins reprennent durant l’été leur domination sur les vents de terre.

Le petit mistral, épuisé, s’assoupit se laissant relayer par un guilleret labech.

Lentement mais inexorablement, mon petit nuage se vit repoussé et renvoyé vers ses montagnes natales. Il faisait trop sec pour qu’il verse la moindre larme.

Pauvre petit nuage qui n’eut que moi pour le plaindre. J’étais seul ce jour-là à rêvasser les yeux au ciel, allongé sur le sable. Autour de moi, les baigneurs batifolaient, les baigneuses bronzaient et les marmots réclamaient des glaces.

De toutes façons, qui s’intéresse aux malheurs des petits nuages …

Bernard Barraillé

Avec l'APAVH, Voyou, le beau chat, est à l'adoption

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"L'histoire de ma courte année de vie est triste, comme celle de milliers d'autres animaux sur cette pauvre planète. J'ai très certainement été donné lorsque j'étais un bébé à n'importe qui. Une fois que j'ai passé l'âge d'être un tout petit, je n'ai plus intéressé les membres de la famille. Du grand classique chez les humains. Ils m'ont donc tout simplement abandonné comme si c'était un acte normal et absolument pas grave. Un acte anodin dans de pauvres esprits. Je suis resté de long mois dehors... j'avais très faim et j'étais blessé. Je manquais énormément d'amour, je cherchais à rentrer chez des voisins, je cherchais désespérément une personne qui allait enfin me voir, je cherchais de l'aide tout simplement. ""J'ai mis du temps à en trouver... mon désarroi ne faisait que grandir... jusqu'à ce qu'une personne se mobilise enfin pour moi et contacte l'association. Merci du fond de mon petit coeur à cette personne. Ce fût la fin de mon calvaire de chat de rue. Depuis quelques semaines auprès de famille d'accueil, je revis ! Je suis enfin épanoui, je reçois enfin l'amour que je mérite et croyez moi je leur fais des milliers de ronrons et de bisous. Je suis devenu zen, tranquille, je ne suis plus inquiet( la preuve, je dors en montrant mon ventre ce qui est signe pour le chat d'une parfaite confiance)..."

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