La Marquise sur le sable

Le quotidien tue l’insolite. Prenez la plage. Qui s’étonne de devoir enjamber une armée de corps pour tremper un orteil dans la Méditerranée ? Et pourtant, si la Marquise de Sévigné revenait parmi nous et décrivait ce qu’on peut voir, l’été venu, à Sète ou à Palavas… Imaginons un peu.

Fuyant pour une journée notre retraite languedocienne surchauffée, calcinée, écrasée par un impitoyable astre solaire, nous allâmes sur les bords du Golfe du Lion à la recherche de quelque rafraîchissant zéphyr. La route fut longue et notre carrosse à moteur, bien que toutes les vitres fussent ouvertes, se retrouva très vite dans d’impressionnantes réunions d’engins similaires, venus dans le même but que nous sur les chaussées menant à la mer.

Le croirez-vous, ma chère fille, j’eus beau arguer de mes titres et de la faveur du Roi, nul de ces manants ne consentit à s’écarter et à nous faire place. Il nous fallut, des heures durant, avancer aussi lentement qu’un gastéropode et subir les ardeurs du soleil, enfermés dans cette boîte sur roues où nous respirions les malodorants effluves des machines voisines.

Nous finîmes par aboutir à cette plage tant désirée, je vous laisse imaginer dans quel désordre vestimentaire ! Mais ces vapeurs furent bien vite oubliées tant le spectacle nous surprit.

Imaginez une longue, très longue, bande de sable mollement caressée par une eau plus proche de nos étangs solognots que de l’Océan. Et là-dessus s’allongeaient des centaines d’êtres des deux sexes et de tous âges exhibant des corps nus, si l’on excepte quelques triangles de tissus censés sauver ce qui leur reste de pudeur.

Vous vous doutez que le costume dans lequel j’approchai des eaux salées était d’une tout autre facture. Mais l’entassement était tel que, pour atteindre le rivage, il me fallut enjamber bien des corps étalés dont beaucoup luisaient d’épaisses couches d’huile. Curieuse coutume ! Elle me rappela cette bonne cuisinière de nos gens qui n’avait pas son pareil pour enduire les peaux des animaux destinés au tournebroche.

Ayant enfin atteint le sable mouillé par les vaguelettes, il me fallut parer à un autre danger inattendu : de lourdes balles sillonnaient les airs, frappées violemment par des joueurs se faisant face. Il s’agit, m’a t-on dit, d’une variante de notre jeu de paume, venue d’Albion sous le nom de beach-ball. Probablement un jeu inventé par ces perfides anglais pour que les français se tuent entre eux.

Ayant esquivé ces tirs, je pus enfin m’immerger dans les eaux méditerranéennes et trouver la fraîcheur, objet de toutes ces pérégrinations et de tous ces tracas. Soudain, alors que je savourai cette récompense, un engin bizarre, sorte de madrier flottant orné d’une voile à laquelle s’accrochait un énergumène, fonça dans ma direction et me frôla de quelques pouces.

C’en était trop ! La recherche de la fraicheur et la nécessité pour les gens de notre monde de connaître les goûts du peuple ne pouvaient me retenir davantage. Une prompte retraite nous fit échapper à ces moites rivages surpeuplés. Je vous laisse deviner avec quelle satisfaction nous avons retrouvé les charmes agrestes du parc de notre château. A l’ombre de nos pampres, un simple éventail a suffi à nous donner ce que nous étions allés chercher avec tant de risques. Méditez bien cela, ma chère fille, et évitez si m’en croyez ces rivages salés si peu hospitaliers.

Bernard Barraillé

Avec l'APAVH, le beau Domino, est à l'adoption

domino44

"Je m'appelle Domino, on m'a récupéré dans la rue. Depuis j'ai été castré et je suis aux petits soins dans ma famille d'accueil, j'ai une très belle frimousse avec un petit grain de beauté près du museau. Je suis certainement le plus gentil des minous, d'ailleurs ma douceur se lit dans mes beaux yeux clairs . J'ai environ 2 ans, je suis une vraie crème de chat et je cherche une famille pour la vie plutôt dans une maison avec un jardin, je suis très sociable et je m'entends avec d'autres chats sans problème.

Même si je suis un peu craintif, je n'ai aucune agressivité. Je suis gourmand, propre, je réponds à mon nom, je ronronne facilement et je dors avec ma famille d'accueil toutes les nuits pour son plus grand plaisir.Bref, je suis un bon gros patapouf plein d'amour.

Pour mon adoption, on vous demandera une participation pour mes frais d'identification et de stérilisation...

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