La culture, élément clé de la politique publique en pays de Thau?

Selon une étude, la valeur de la Tour Eiffel est estimée à 434 milliards d’euros, soit 1/5ème du PIB de la France. Cette estimation prend en compte des critères tels que son image, son attractivité et son impact sur l’économie en général.

Ceci montre que le patrimoine culturel est un levier économique puissant. Autre exemple, à Metz, avec l’ouverture de l’antenne lorraine du Centre Pompidou, les commerces et les restaurants sont en plein boom. Exactement comme à Bilbao en 1997 avec l’ouverture du musée Guggenheim qui a généré 45.000 emplois dans les dix ans qui ont suivi son ouverture.

Investir dans la culture est aussi rentable. Pour 1 euro de dépenses de fonctionnement du Château de Versailles, les retombées économiques sont de plus de 23 euros. Mieux que le tiercé !

Au-delà des musées et des monuments, une véritable politique d’investissement culturel doit aussi s’intéresser à l'ensemble des entreprises produisant des biens culturels ou issues de la créativité intellectuelle : musique, films, télévision, radio, jeux vidéo, livre, médias numériques et nouvelles technologies, design, gastronomie, etc.

La Chine prévoit déjà qu’en 2020 le chiffre d’affaires de ses industries culturelles atteindra 10% de son PIB. En Allemagne, le Centre Européen pour l’Economie Créative, en plein cœur de la Ruhr industrielle, prépare l’avenir de l’économie immatérielle. Des “hubs culturels” fleurissent un peu partout en Asie et en Amérique. Au Moyen-Orient, l’émirat d’Abou Dhabi aménage l’île de Saadiyat en un gigantesque complexe touristico-culturel, avec le musée Guggenheim Abou Dhabi, le Louvre Abou Dhabi, un musée maritime, des salles de spectacles, des studios d’enregistrement, etc.

On le voit aujourd’hui la compétition est mondiale pour attirer les touristes mais aussi les entreprises et les cerveaux qui créeront bien plus d’emplois de qualité que n’importe quelle marina géante.

A l’heure où le conseil général de l’Hérault réduit le budget de la culture quand nos voisins font le choix inverse, il serait intéressant de connaître les programmes en la matière de nos futurs candidats aux élections municipales de 2014

Que représente pour eux la culture en Pays de Thau ? Nombre de nos élus en ont compris l’importance et agissent déjà dans le bon sens mais peut-on aller bien au-delà ? Comment nous différencier et favoriser ici un véritable essor des industries créatives ? Quelles sont les synergies innovantes qui s’offrent à nous à la croisée des arts, du terroir et de l’activité portuaire ? Bref, au-delà de l’incontournable tourisme et de la plaisance, quelles sont les idées neuves des candidats pour créer de la richesse et de l’emploi ?

La campagne électorale est déjà bien lancée. Les états-majors des candidats tiennent réunion sur réunion mais, pour l’heure, nous ne faisons pas partie des convives invités à leurs tables. Et pour cause, nous sommes au menu.

Jacques Carles

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