Du travail

En Extrême-Orient, les asiatiques voient leur salut dans le travail. Au Moyen-Orient, les fanatiques islamistes n’ont que faire du travail et voient leur salut dans la religion et le retour au moyen-âge. En occident, le travail disparaît ou change de nature.

Dans nos pays la fin de l’ère industrielle annonce sans doute la fin du salariat capable de procurer un revenu stable et une protection sociale.
L’entreprise d’aujourd’hui tend à transférer aux travailleurs le risque lié à l’activité économique. Après l’externalisation des services, la sous-traitance généralisée, les  contractuels qui remplacent les salariés permanents, l’entreprise en vient à confier à des travailleurs « libres » les tâches qu’elle confiait jadis aux salariés, telles celles des chauffeurs Uber avec leurs terminaux mobiles reliés à l’internet.

Parallèlement, l’automatisation  des taches, l’intelligence artificielle et l’ensemble des nouvelles technologies détruisent des millions de postes de travail.

En France, contrairement à d’autres pays, la création d’emplois est insuffisante pour compenser cette déperdition. Le chômage de masse s’installe durablement et la précarité crée un climat anxiogène. Ceux qui ont encore un emploi se voient  assigner des objectifs de plus en plus difficiles à tenir. Leur travail devient source de frustrations ou de stress.

Sans perspective professionnelle, les salariés s’impliquent moins. Le travail  n’est plus une valeur en soi. Comme dans l’antiquité il est vécu comme la punition des esclaves.

Pendant ce temps les leaders politiques,  s’enlisent dans des débats secondaires autour de leurs propres personnes, du burkini ou d’autres débats dits de société. Les nécessaires réformes que l’on nous présente pour moderniser l’économie ne sont bien souvent que de sombres reculs. Le libéralisme qu’on nous vend, loin d’apporter des libertés nouvelles aliène davantage qu’il n’émancipe. Avec  cette logique, le modèle de protection sociale qui attend, le travailleur devenu intérimaire dans une économie déclinante, est, dans le meilleur des cas, celui des intermittents du spectacle.

La vérité c ‘est que la mondialisation et les nouvelles technologies annoncent  un changement de civilisation aussi important que celui qu’a connu l’espèce humaine avec la maitrise de l’agriculture il y a quelque 10.000 ans

Face à une telle mutation, la France ne peut pas se contenter de  protéger l’environnement. A quoi bon faire de notre pays un musée écologique si on est  incapable de travailler pour payer les importations des biens indispensables à notre vie quotidienne.

Investir massivement dans les infrastructures et les industries de demain est une impérieuse nécessité pour retrouver des emplois de qualité. Investir tout aussi massivement dans les hommes, l’éducation, la recherche et l’innovation est plus essentielle encore.

Aucun des très nombreux candidats à la présidence de la république que l’on entend en ce moment, ne parle sérieusement d’investir. Tous se limitent à des surenchères démagogiques à courte vue. C’est pourtant en investissant que l’on retrouvera « le travail,  ce pain nourricier des grandes nations »  comme le disait déjà Mirabeau en 1789.

Jacques Carles