Appellations

 

Appellations

C’est un intéressant débat linguistique que vient d’ouvrir un internaute en estimant trop restrictive l’appellation « Étang » donnée au vaste plan d’eau autour duquel s’est créé le Pays de Thau. Certains trouveraient plus gratifiant de le qualifier de Lac, mais le mot est réservé aux eaux douces. D’autres, telles certaines administrations, parlent de la lagune de Thau ou de Bassin de Thau. Pourtant, au bord de la Méditerranée, il est d’autres étangs, presque aussi vastes, tels ceux de Berre et de Salses.
Ces débats de vocabulaires ne sont pas nouveaux. Pour Saint-Clair, le mot « Mont » s’est imposé mais longtemps les vieux sétois préféraient parler de Colline ou de Montagnette. Pour les cyclistes qui le gravissent, ce serait plutôt le Mur de Saint-Clair !
La Crique de la Nau, que fréquentait Barberousse, a posé aussi des problèmes : sur certains guides, plans et cartes, on la trouve encore baptisée « Crique de l’Anneau », alors que son vrai nom occitan est bien « La Nau » (petit bateau).
La longue et vaste Gardiole qui s’étire entre Sète et Montpellier, a connu, elle aussi, maints baptêmes. Pour les géographes, c’est « Le Pli de la Gardiole ». Pour d’autres, ce sont « Les Monts de la Gardiole ». Autrefois, la diligence la traversait entre Frontignan et Gigean par le « Col de Gigean ». Un bien modeste col à ne pas comparer avec Aspin ou Iseran. Mais l’essentiel est que toutes ces réalités géographiques confèrent son attachante personnalité au Pays de Thau.

Bernard Barraillé

 

Anciens éditos

 

 

     

Réactions
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de Audrey Plévert

Merci de ce bel article de linguistique.

de André Charié

Merci pour ces éditos variés et souvent instructifs. A propos de celui-ci, la traduction de "la nau" (pour la crique) par "embarcation, petit navire" est peut-être plus complexe que celà. Je connais en effet un lieu - dit dans l'Aveyron qui porte presque le même nom, la Nauq (le "q" n'étant pas prononcé) situé au bord du Tarn. Cela signifie "vasque, auge", en langue d'òc, et le lieu correspond à cela. Il y a une foule d'autres lieux portant ce nom en occitanie. J'ai cherché l'éthymologie sur le net: ça vient indirectement du latin "navis". Si ça vous intéresse (et que vous ayez le temp!) : http://www.etymologie-occitane.fr/2011/09/nauc-nauca-nauquet/

d'Anne V

Le lac, quelle idée ! Il est de Genève, le monsieur ??? Pour parler vrai, c'est une lagune et rien d'autre. Mais ici, on dit l'étang. Comme on dit, en effet, la montagnette, voire la "montagne de Sète" -idem pour celle d'Agde, d'ailleurs... Voilà. En somme, il faut s'adapter au parler régional, qui a de vieilles racines linguistiques, ou qui peut aussi venir d'une vieille erreur -mais tant pis ! Il est baptisé, ne le débaptisons pas ! Bonjour à toute l'équipe,

de Christian Durand

Miladiou ! Mon sang d'occitan s'est échauffé : j'habite la Corniche juste au-dessus de la Nau (*)
LA NAU = La Crique Nouvelle ! Miladiou !
Pour rappeler que ce fut le premier accostage permanent sur l'Ile après les échouages hasardeux des Phéniciens sur le sable du Lido. Quand aux étangs bordés d'un lido, qui recoivent eaux douces (sources sous-marines) et eaux salées des graus, l'appellation Lagune serait la plus légitime, cf. Venise - et ses prétentions de "Sète adriatique..." Et donc le tour de l'étang : La Terre Ferme... au lieu de l'infâme appellation d'Agglo !
Veuillez publier un rectificatif, sinon : ... tribunal populaire du Mont Saint Clair... dont on connait la sévérité... 

(*) comme en témoigne la photo de mon bandeau de site : http://www.perepeinard.fr

de Claude Bonfils

Bien sûr, cher Bernard, "le pavillon couvre la marchandise" comme disent ceux qui font négoce sur les océans et modifier une appellation peut valoriser un produit aux yeux des consommateurs. Ainsi, l'anoblissement, que tu signales, de notre étang de Thau en Bassin, pour la satisfaction des producteurs d'huîtres, (lesquelles d'ailleurs étaient, avant leur changement d'état-civil, aussi excellentes qu'aujourd'hui).
Autres exemples : les lieux dont on a changé l'identité d'origine contre leur nom d'usage, familier ; ainsi des ponts National en Civette, ou Legrand en Savonnerie, ou Pont Neuf en Pont de Pierre... Alors, pourquoi, dans le même élan, ne pas rebaptiser la Rampe des Arabes, son nom "d'état civil", certes, en "Montée des Bédouins" comme l'ont toujours nommée et la nomment encore les Sétois, les vrais ? Bédouins ! un nom tellement plus pittoresque, chargé d'exotisme et d'histoire, et dénué de toute connotation... sensible ?