Bitume

En France, c’est l’étendue d’un département français de terres cultivables qui disparaît tous les dix ans sous le bitume et le béton.
Aménageurs et fabricants de lotissements à bas prix avec maisons à rebâtir dans 20 ans font leurs choux gras de terrains agricoles. Souvent avec l’onction des mairies attirées par la promesse d’impots locaux. Et pendant ce temps-là, les jeunes agriculteurs ne trouvent pas de terres à cultiver.
La situation n’est pas nouvelle.
A Sète, dès la création du Port, la vaste propriété de M. Bosc qui s’étendait de la rue de Gaulle à la Plagette fut progressivement morcelée et bâtie. Puis, les riches négociants occupèrent le bas de saint-Clair, de la Caraussane au Château-Vert et à la Corniche. Les Métairies (bien nommées) résistèrent longtemps, jusqu’aux années 50. Au début du 20° siècle, commença l’occupation du Saint-Clair, d’abord avec les baraquettes puis avec les premières villas cossues. Effet bénéfique : la colline qui n’était qu’un roc pelé, sans la moindre herbe, retrouva ses arbres et sa végétation.
A Frontignan, les Pielles n’étaient qu’un vaste jardin avant de se faire progressivement grignoter.
Aujourd’hui, zones artisanales ou commerciales viennent s’ajouter à l’invasion des lotissements et donc à cet appauvrissement des terres agricoles. Et même les portuaires s’y mettent, guignant les vignes de Poussan pour y installer leurs entrepôts. Alors qu’existent des terrains incultes et vierges dans l’arrière-port…
Heureusement, les citoyens se mobilisent et luttent contre cette bitumisation à tout-va.

Bernard Barraillé

 

Anciens éditos