Cameras ou policiers ?

Il y a quelques années, le Ministère de l'Intérieur affirmait dans un rapport que la vidéosurveillance était l’outil essentiel pour résoudre les problèmes de l’insécurité. Tout récemment encore, au mois de mars 2013, un sondage BVA montrait que 75% des Français étaient favorables à la vidéosurveillance,
Est-ce à dire que la technologie est la meilleure réponse pour garantir notre sécurité ?

Rien n’est moins sûr d’après les scientifiques qui ont étudié et analysé le problème.
Si la vidéosurveillance apparaît utile dans les lieux fermés ou privés (parking, banques, magasins, etc.) elle est loin d’être la panacée en matière de lutte contre la délinquance dans l’espace urbain. Dans ce cas, son impact est très limité voir nul.
En Angleterre, pays le plus vidéo-surveillé au monde, un haut responsable de Scottland Yard n’hésite pas à parler de « fiasco total » à propos des résultats réels obtenus par les milliers de caméras installée dans les communes du royaume. Chez nous, tout récemment, la commission des finances du Sénat qualifie « d’investissements à fonds perdus » les sommes considérables dépensées par les pouvoirs public pour développer la vidéo-surveillance dans l’espace urbain.
Malheureusement, malgré ces constats, les intérêts, financiers ou politiques, sont tels que l’installation de caméras de surveillance continue de se banaliser au détriment de la réflexion sur leur utilité.
En pays de Thau, les villes y succombent les unes après les autres, même les plus petites : Agde, Sète, Poussan, Gigean, Mèze, Marseillan, Balaruc le vieux.

Quand on sait que la cour des comptes estime que l'installation de caméras par les communes pourrait financer la création de 6.500 postes de policiers municipaux, il est grand temps de s’interroger sur la pertinence du recours à la technologie fut-elle très sophistiquée au détriment des moyens humains.

En ville, pour assurer notre sécurité et notre tranquillité, la présence du policier reste encore préférable à la machine .

Jacques Carles