Aux halles

Aux Halles

Le chantier des Halles de Sète va s’interrompre pendant les fêtes. Bientôt, nous aurons des Halles rajeunies permettant aux artisans et petits commerçants d’encore mieux recevoir leurs clients.
Mais les Halles ne sont pas seulement un Temple du bien manger. Elles sont aussi le lieu où s’exprime le mieux la convivialité sétoise. Sous l’œil acéré des vicomtes de Brageole installés en terrasse du Barajo ou des galéjeurs du Diego Café, nombreux sont ceux qui ne fréquentent les Halles que pour bavarder avec des amis et connaissances.
C’est surtout le mercredi, jour de marché, que les Halles deviennent le lieu le plus culturel de la ville. C’est fou ce qu’on peut y faire d’intéressantes rencontres. Ainsi, récemment, devant l’étal de son poissonnier préféré, l’illustrissime peintre Pierre Soulages me racontait le séjour sétois de son invitée Mme Claude Pompidou pendant que son épouse Colette choisissait des rougets. Descendante d’une très vieille famille sétoise, Colette ne cuisine que les vraies recettes sétoises, ( celles d’avant l’arrivée des italiens et dont le fleuron est la matelote d’anguilles qu’on se procure à la Pointe-Courte).
Soudain Mme Pinotti, bien connue au Quartier-Haut, m’apostropha, croyant que j’officiais toujours dans la gazette locale : "C’est un scandale ! Les mareyeurs, ils veulent plus acheter les daurades. Pourquoi y veulent plus ? M. Pinotti y se faisait beaucoup des sous. On fait tout pour nous embêter…"
Lâchement, Soulages m’avait abandonné aux vociférations de la pétulante virago et je ne saurai jamais si l’ex-présidente avait aimé son séjour à Sète

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