Leçon d’Escale (Suite)

 

 Edito
Leçon d’Escale (Suite)

Cette année la Russie était l’invitée d'Escale à Sète. Un choix judicieux qui souligne à quelques semaines des élections européennes combien la Russie est proche de nous.

Ces marins russes qui parcouraient les rues de Sète et dont certains parlaient un peu français nous ont en effet rappelé que la Russie a une longue tradition francophile. Au 18ème siècle déjà, Voltaire, à Saint Petersbourg, semait á la cour de Catherine II les idées des Lumières.

La pensée unique relayée par les médias oublie ces liens historiques. Ils reprennent sans discernement le discours anglo-saxon sur l'impérialisme russe en Crimée, une terre russophone tout aussi liée à la Russie que l'est l'Alsace-Lorraine à la France.

La Russie de Poutine est loin d'être un modèle de démocratie mais l'Europe l’est elle ? L’intégration européenne, qui s'est faite sans réelle consultation de la population, nous conduit dans une impasse. José Manuel Barroso, le président de la commission européenne n’a pas été élu mais désigné selon un processus opaque qui n’a rien de démocratique. L’administration de Bruxelles, guère plus légitime, s’obstine dans une politique qui prive de plus en plus la population européenne de ses droits.
Le capitalisme de nomenklatura de la Russie est proche d'un capitalisme maffieux, mais est-il si différent du capitalisme financier qui ravage l'Europe ?

Qu’il s’agisse de littérature, de musique, de danse ou de peinture, l’apport de la Russie à la culture européenne est indéniable. Les liens économiques ne sont pas moins forts : la moitié du commerce extérieur de la Russie se fait avec l’Europe.

Dans quelques semaines nous élirons des députés européens. Mais pourquoi faire ? Leur signer de nouveau un chèque en blanc ? Les trois quarts d’entre nous ne connaissent même pas le nom de leur député actuel à Bruxelles , encore moins le bilan leur action pendant les 5 ans passées au parlement européen.

Sauver l’euro n’est peut être pas la priorité que nous devrions assigner à nos futurs représentants européens. Leur seule vraie priorité devrait être de sauver l’Europe, de la sortir des dogmes économiques inadaptés et des règles de gouvernances élitistes qui ignorent le citoyen et nous mènent droit au suicide collectif .

La priorité pour l’Europe c’est de lui redonner une dimension culturelle et sociale conforme à son histoire pour répondre à l’espoir de paix et de prospérité partagé qui anime sa population.
Dans cet espace européen encore inachevé, la Russie y a sans doute une place tout aussi légitime que l’Angleterre ou la Turquie, c’est aussi une des leçons d’Escale à Sète.

Jacques Carles 

 

 

 

 

Les réactions à l'édito 

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Félicitations pour ce texte . Y. Giordano

Bravo pour cet éditorial. Je suis entièrement d'accord avec vous. L'affaire de la Crimée est symptomatique du manque d'objectivité de la majeure partie de la presse. Enfin, il y a eu un referendum et tant pis si le résultat ne satisfait pas nos pantins élus. Imaginez que Poutine vienne contester le résultat de ,nos propres élections !!! Et voilà que notre président-grenouille veut se faire aussi gros que le boeuf-Poutine et envoie DEUX avions de chasse pour se mêler de ce qu'il ne comprend pas !!! Après avoir fait quelques voyages au long cours, j'ai circulé récemment dans de nombreux pays d'Europe centrale dont certains appartenaient à l'ex-URSS. Tous regrettent ce temps, où il n'y avait pas de chômage, pas de SDF, où l'école, le sport, la musique entre autres étaient accessibles au plus grand nombre. Après des bouleversements gigantesques, Poutine a remis la Russie sur les rails. On peut le reconnaître et éviter de lui faire des croche-pied. - Madeleine Le Guillou

Je viens de lire l'excellent article "Leçon d'escale( suite). Je me retrouve totalement dans l'analyse sur l'UE et je me suis permis de le diffuser à mes contacts. - Michel Colas  

 

Bravo pour cet article intelligent et courageux ! ça fait du bien !

Je suis d'autant plus sensible à vos arguments que lorsque j'étais en activité (CNRS), directeur du labo de science politique de Rennes, j'avais monté à partir de 1992 un réseau formation-recherche avec plusieurs universités de Russie et du Kazakhstan, réseau que j'ai fait vivre  sept ans avec bonheur. J'avais, aussi, réalisé dans ces pays les premières enquêtes par sondage digne de ce nom (plusieurs milliers d'individus et non pas une simple monographie à partir d'une poignée d'interviewés comme c'était l'habitude à l'époque) sur le monde universitaire post-soviétique (voir : Le courrier des pays de l’Est, n° 424, novembre 1997, “ Enseignants et étudiants en Russie et au Kazakhstan depuis la fin du communisme, une enquête 1992-1994-1996 ”, p. 24-59. Radioscopie du post-communisme, La Documentation française. Etude synthétique et analyse comparative sur les trois enquêtes de 1992-1994-1996 réalisées à Moscou, Irkoutsk et Almaty).
Tout ça pour dire que je suis assez bien placé pour dire à quel point je suis atterré devant les erreurs de nos responsables politiques successifs depuis cette époque. Nous sommes complètement passés à côté d’un rendez-vous historique pour une véritable et grande Europe. Et, en 1991, j’ai regretté l’absence cruelle du couple Malraux-de Gaulle pour donner, avec maestria, du sens à l’Histoire… - Patrick Guiol

 

C'est toujours un vrai plaisir de découvrir vos lettres et se délecter de la rédaction de l'édito. Les sujets sont toujours clairement exposés et sont guidés par une clairvoyance et un patriotisme certain, qui fait tant défaut et à tous niveaux en France. Tous mes voeux d'encouragement à tous,... bravo,... bravo!!!   -  Thierry Lecouteux

 

 Cher Monsieur, comme toute opinion la vôtre est "respectable" et le rappel de l'apport culturel de la Russie, tsariste, communiste ou actuelle est bien sûr frappé au coin du bon sens. En revanche vous n'en savez pas plus que les autres sur ce qui se passe en Ukraine et Voltaire eut tancé Catherine si elle avait ordonné quelque chose de similaire à ce que fait le gouvernement de la Russie dans cette région. Votre diatribe sur l'Europe est incongrue dans les pages de Thau Info si vous ne laissez pas la possibilité d'un droit de réponse et surtout votre exemple de l'Alsace-Lorraine est on ne peut plus mal choisi: on pourrait imaginer, si nous vous suivions, que l'Allemagne reprenne cette région de la France au prétexte qu'une part importante de la population germanophone serait mal traitée par les autorités françaises. Si votre choix politique est celui du FN, affichez-le, ne vous cachez pas derrière une tribune qui quelque libre qu'elle soit ne doit pas servir à des fins de propagande et lancer déjà insidieusement la campagne des européennes. Je ne suis ni russologue ni ukrainologue, mais je connais assez bien ces deux pays, d'où mon éffarement quand je vois ce qui s'y passe. Svoboda Ukrainia; laissez-les vivre. Si votre mémoire remonte si bien jusqu'à Voltaire, sollicitez-la et souvenez-vous aussi de Staline, de Budapest 1956 et du printemps de Prague. Je ne connais pas vos fonctions dans l'organisation de Thau Info, mais vous devriez ouvrir un espace tribune libre; et j'y débattrais volontiers. -  Bernard Allegre

 NDLR : Il existe une rubrique courrier des lecteurs sur Thau-info . J.C a travaillé en Ukraine et en Russie.

 

 je suis toujours les infos de Thau et l’escale russe m’a donné bien de regret de ne pas pouvoirs aller admirer Sedov et Kruzenshterne que j’ai tant aimé voir au quai de Saint-Pétersbourg dans mon enfance ! Ils étaient souvent amarrés dans ma ville natale, qui est très marin et c’est peut—être pour cela que j’aime tant Sète ! Les paroles apaisantes par rapport à la situation actuelle en rappelant les liens d’amitiés qui lient nos deux pays sont comme jamais bienvenus ! Les politiques sont capables de nous vite mettre en guerre des mots au moins ( encore heureux que cela ne soit pas la vraie guerre ) mais cela ne fait qu’échauffer les esprits fragiles, en manque d’ennemi tout désigné pour trouver le coupable dans nos propres maux d’un coté et de l’autre, mais, nous les gens de la culture , nous nous devons rester calmes et mesurés par rapport à tous ces emballement qui me désolent en permanence . Encore Merci - Anna Filimonova

  

 Je m’étais inscrit sur Thau Info pour me tenir au courant des infos du bassin, mais je m’aperçois que c'est à chaque fois de la propagande politique, qui n'a pas lieu d'être dans l'infolettre ...dommage.  - signé "Evicens"

 

Avec l'APAVH, Joe, la fripouille , est à l'adoption

joeIMG_0437Après avoir alerté les vétérinaires, les dianes de chasse les plus proches, mis des annonces, il a bien fallu se rendre à l’évidence personne ne recherchait notre poilu ! Avec sa bouille de chien abandonné et son air de rien, on l’a tout d’abord appelé « Le Chien Marcel », et puis c’était un peu long alors ce fut « Plumeau » finalement 3 jours plus tard c’est Joe qui s’est imposé ! Et ça lui va super bien. Quand Joe est arrivé en famille d’accueil, il n’en menait pas large…les 8 autres chiens l’ont niflé, reniflé. Il était tout kiki à côté. Joe est typé Bleu de Gascogne, mais plutôt version mini! Le Bleu qui n’a pas grandi. Allez savoir pourquoi, il s’est pris d’affection pour le grand Roch qui fait environ 3 fois son poids ! Seulement les premiers temps Roch appréciait très moyennement ce zébulon qui le suivait partout alors il le lui a fait savoir avec force claquements de mâchoires et grognements…nous avons laissé faire. Encore une fois grogner est un mode de communication, même si nous avions peur que le gros nous le coupe en deux… Roch regardait Joe comme si c’était un insecte, un ouistiti qui l’agaçait...

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