A propos du Président de la République ?

Les français n’aiment plus l’actuel Président de la république. Ils n’aimaient guère davantage son prédécesseur. Cela n’empêche pas les médias et les politiciens de lancer déjà la campagne des présidentielles 2017.

Ne serait-il pas plus pertinent de se poser une question : à quoi sert le Président ?

Fait sur mesure pour le général de Gaulle, le costume de Président de la 5ème République apparaît, un demi siècle plus tard, bien grand pour ses successeurs et surtout bien mal adapté au contexte du 21ème siècle.

En Europe, la France fait figure d'exception. Son monarque absolu, élu au suffrage universel, n’est soumis à aucun contrôle et n’est responsable que devant lui-même.
En Grande Bretagne, en Espagne, en Suède et dans tous les royaumes, le roi ou la reine n'ont qu'une fonction symbolique de représentation. En Allemagne, en Italie et dans tous les autres pays républicains du continent, le président n'a qu’une autorité morale. Partout, le vrai pouvoir est exercé par le premier ministre ou son équivalent,le Chancelier en Allemagne ou le Président du Conseil en Italie.
Dans toutes les démocraties d’Europe, le pouvoir est exercé par la représentation parlementaire qui désigne le premier ministre. Seule, la France marginalise son sénat et accepte que son assemblée nationale ne soit qu’une chambre d’enregistrement des volontés du chef de l’état.

En Amérique, les Etats Unis, république fédérale à l’échelle d’un continent, le président élu au suffrage indirect par les grands électeurs de chaque état, cumule le rôle de chef d’état et de premier ministre.Tout au long de son mandat, il doit tenir compte du peuple et de sa représentation, le « congrès ».

La théâtralisation de l'élection présidentielle française ne doit pas faire illusion. Dépassée, elle n’est démocratique qu’en apparence. De Gaulle voulait un Président au-dessus des partis. Aujourd’hui, ce sont les partis qui contrôlent le système. La fonction présidentielle n’est plus que le poste couronnant la carrière d’un politicien professionnel.

Le débat d’idées est totalement vidé de sens au profit de l'apparence. Promesses inconsidérées, voire dangereuses et discours réducteurs font croire le temps d’une campagne électorale que des solutions simplistes suffisent à régler des problèmes complexes.

La forme prime le fond. L’affect l’emporte sur le raisonnement. Le « look » des candidats ou leurs vies privées a valeur d’arguments. Slogans et incantations ont valeur de programmes. Les medias font leurs choux gras des batailles d’ego et occultent les vrais enjeux.

Les français le supportent de moins en moins. Dans le contexte actuel de méfiance envers la politique, le risque est grand de voir un jour le système accoucher d’un despote, éclairé ou borné, à l’opposé de l’idéal démocratique de notre république.

Un escalier se balayant par le haut, il est alors grand temps d’attaquer le mille-feuille par le bon côté et de recréer une vraie représentation populaire au sommet de l’état.

Jacques Carles