Place Stalingrad

Mon grand-père paternel était russe, il dressait des chevaux et exerçait son art au grand Cirque de Moscou. Il était orginaire de Stalingrad... pardon Volograd. Aujourd’hui, je montre mon spectacle de chevaux dans le grand Cirque Bouglionne. Mon père faisait ce métier , mon fils continue la tradition familiale. J’ai le même prénom que mon grand père paternel, Igor. Cela fait cinq jours que le grand chapiteau est installé sur la place Stalingrad de Sète. Ce soir, je rentrerai sur la piste pour la dernière fois. Toute mon histoire et celle de ma famille paternelle semble se dérouler dans ma tête telle une bande annonce. Je n’ai jamais voulu aller en Russie. La méditerranée n’a rien à voir avec la Volga, mais le sol défoncé de cette place Stalingrad évoque chaque fois en moi la douloureuse et cruciale bataille de Stalingrad durant laquelle périrent des centaines de milliers d’hommes et de femmes. Je suis là comme dans un chez moi, tel mon grand- père enseveli dans une des nombreuses fosses publiques des cimetières de la ville. Auparavant, ma grand-mère et mon père avaient quitté ce lieu de mort.

 

"Face à moi, sur cette place, le théâtre Molière et, comme un lien entre les deux et non comme une frontière ,le boulevard Victor Hugo."

 

Mon père m’a souvent raconté combien ce poète était important pour mon grand père qui se targuait de parler français comme la noblesse russe de l’époque. Ainsi, des passages entiers de la légende des siècles m’unissent à mes chevaux et à nos exercices de dressage. Place Stalingrad, Victor Hugo, cinq jours par an depuis vingt ans, je cesse d’être un itinérant, un nomade. Une seule chose me tracasse dans ce lieu... Le devenir de l’ancien collège Victor Hugo passé depuis la fin de sa fonction éducative à un espace de résidence d’artistes et de lieu d’exposition. Il paraît qu’il risque demain d’être associé à Saint-Joseph... Je pense à Joseph Staline ... et Staline était loin d’être un saint.

Demain je m’installerai dans mon studio acheté rue Proudhon... la mère de mon fils est enterrée au cimetière des pauvres ,pas loin de Georges Brassens. Vendredi, j’irai m’imprégner de la senteur des étals sur le marché du boulevard Victor Hugo, ensuite je ferai le tour du bâtiment des bains publics et dimanche soir j’irai au théâtre Molière. Demain je serai là, une seule chose me manquera,  mes chevaux.

Henri Blain 

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon