Connaissez-vous le plus ancien « jardin botanique » de France ?

 

Ne cherchez pas c’est celui de Montpellier. Il fut créé en 1593 sous le règne d’Henri de Navarre - Henri IV - suivant le modèle de celui de Padoue créé vers 1545 et devant celui de Strasbourg fondé en 1619, celui de Paris créé en 1635 et celui de Caen en 1736.

Qui fut le créateur de ce jardin ?

Un jeune médecin du nom de Pierre Richer de Belleval botaniste Français, né autour de 1564 à Châlons-en-Champagne et mort le 17 novembre 1632. Premier intendant, il consacra son énergie et sa fortune personnelle à la création de ce jardin qui s'étend sur 4,6 hectares en plein centre de Montpellier. Ce jardin fut classé « site protégé » le 12 février 1962 puis classé monument historique en 1992.

Dévasté en 1622 lors des guerres de religion et du siège de Montpellier par l'armée de Louis XIII, il sera restauré en 1629. Les plus grands botanistes se succèdent à sa direction. Il fut créé à l’origine pour la culture des plantes médicinales utiles aux étudiants médecins et apothicaires de la faculté de médecine, mais devint très vite un vrai jardin d’étude botanique. N’oublions pas que la faculté de médecine de Montpellier est la plus ancienne faculté de médecine en activité du monde. Au XVIIIe siècle, le jardin est réaménagé par le médecin botaniste François Boissier de Sauvages de Lacroix.

Dès la fin du siècle, il est ouvert à la promenade des Montpelliérains. Tout au long des XIXe et XXe siècles, il connaît une période de renaissance et d'aménagements. Propriété de l'Etat, il est géré par la faculté de Médecine de Montpellier.

Le jardin est très agréable, il y est parsemé de magnifiques bancs de pierre pour profiter du calme et des senteurs du lieu, que ce soit à l’ombre ou au soleil. On peut y admirer une des toutes premières coupoles astronomiques du sud de la France et une Noria,  une machine hydraulique utilisée pour l'irrigation.

Et puis nous sommes à deux pas de la cathédrale Saint-Pierre autre monument prestigieux de notre cité.

A l’entrée du Jardin botanique l’invitation en quelques vers du poète et philosophe français Paul Valéry dont l’université de lettres porte le nom :

« Nous irons doucement par les ruelles fort pierreuses et tortueuses de cette vieille ville à cet antique jardin où tous les gens à pensées, à soucis et à monologue descendent vers le soir ». Paul Valéry

Ce jardin comporte notamment une bambouseraie, une orangeraie de 267 m², et une surface sous serre de 688 m² un arboretum, un jardin qui est riche de plus de 2679 espèces, et une école forestière. S'ajoutent également plusieurs serres où poussent toutes sortes de plantes grasses, de plantes « terrestres et aquatiques de la forêt ombrophile », des plantes exotiques et des végétaux encombrants. Dans le jardin anglais se trouve un bassin où grandissent des nélombos, également appelés lotus sacrés, aux superbes corolles rouges lorsqu'ils fleurissent en août. La « montagne », partie la plus ancienne du jardin, présente la plupart des espèces de la garrigue méridionale. Quelques arbres remarquables s'y distinguent dont un arbre de Judée, aussi vieux que le jardin, et le ginkgo biloba le plus âgé de France, probablement l'ancêtre de la plupart de ceux qui poussent dans le pays. Le filaire de la montagne de Richer (Phillyréa Latifolia) ce géant de 10 mètres est le plus vieil arbre du jardin, il a dépassé les 4 siècles, et à l’entrée du jardin, un micocoulier totalise environ 250 ans.


Au début des années 2000, la restauration du jardin des plantes de Montpellier avait été estimée à 15 millions d’euros. Un chiffre trop élevé pour une université. Et si la restauration d’un montant de 500 000 € des serres Martins est terminée grâce à l’université de Montpellier I propriétaire et gestionnaire des lieux, il reste encore beaucoup à faire, sans parler des coûts d’entretien. Mais on peut espérer qu’avec l’engouement actuel pour notre patrimoine on arrivera à trouver les financements permettant de maintenir ce magnifique jardin dans l’état qu’il mérite. Tout dépendra des volontés politiques, mais on peut raisonnablement penser que ce magnifique lieu qui a miraculeusement échappé aux promoteurs, héritage ancestral de la ville de Montpellier, les vaut bien !

Georges Cantin

Toutes les visites gratuites et guidées du jardin du 10 juillet au 31 août 2018.

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon