La Pointe Courte

« Ecrire des textes sur les rues de Sète, sur ses quartiers et n’avoir encore rien écrit sur la Pointe Courte, ça n’a aucun sens » me disait avec délicatesse, Pascal, un vendredi soir à 18h 30, son verre d’apéritif à la main, appuyé sur le comptoir de son café préféré. « C’est comme écrire des histoires sétoises en n’ évoquant ni Brassens, ni Valéry, ni Combas, Ni Di Rosa, ni même François L . » Je m’autorise une mini censure pour ne pas mettre Pascal dans l’embarras.

Bien sûr la Pointe Courte, la Pointe Courte à Sète, où la pointe Courte de Sète … je ne sais pas, je ne sais vraiment pas comment en parler. Lorsque je m’y rends, c’est à pied que je préfère le faire et c’est un peu comme me rendre ailleurs.

Aujourd’hui les pêcheurs de daurade ne sont pas au rendez-vous, ce n’est pas la saison de la transhumance. Le passage sous le pont du chemin de fer est libre, la voie est déserte. Je me suis toujours demandé comment il n’y avait pas plus de meurtre en ce lieu, en période de « chasse à la daurade » lorsque les pêcheurs sont positionnés, épaules contre épaules de chaque côté du canal qui relie l'étang de Thau à la mer en traversant Sète et qui sépare la Plagette de la Pointe Courte si proches et si éloignées. Pas un « étranger » oserait tenter l’aventure de prendre place dans ce lieu d’initié. La découverte, à la sortie du tunnel, de ces petites maisons basses, aujourd’hui coquettes, de ces pêcheurs d’étang, « exilés » là, provoque toujours chez moi beaucoup d’émotion. Exilés ! Ces habitants de la rue de la Pétanque, de la traverse des jouteurs, de la traverse des Rameurs, de ceux de la rue Louis Vaille dit « Le Mouton » héros de la Saint Louis, tourné vers l’étang, les barques et les filets. Il semblerait qu’il y est des exilés heureux et fiers. Pourquoi Agnès Varda, qui a droit à sa traverse a-t-elle débuté son aventure cinématographique dans ce lieu ? Est-ce sa rencontre avec Lubrano enfant qui provoqué ce déclic ?

La balade est tranquille… Mais même moi, sétois, je suis regardé par les pointus assis sur le pas de leur porte avec …dédain…peut-être pas mais avec ce regard qui me rappelle une phrase de mon oncle « le pauvre, il n’a pas la chance d’être d’ici », mélange de pitié et de condescendance.

« Et toi, Pascal, tu y vas des fois à la pointe courte ? »

« Que veux-tu que j’aille y faire ? Je ne suis pas un touriste moi »

« Alors, écrire sur la pointe courte, c’est s’adresser uniquement aux touristes ? »

« Tu m’énerves avec tes raisonnements ! »

Sète sans la pointe Courte, c’est Sète sans le Saint Clair, sans le théâtre de la mer, mais c’est aussi Sète sans la rue Pierre Sémard, sans la Grande Rue Haute, sans la rue Rapide.

On y va. On s’y pose un moment. On y prend parfois un verre et on y mange un morceau un soir d’été accompagné par le bruit des trains au-dessus de nos têtes. Des maisons basses, des barques de pêcheurs, des habitants jaloux de leur quartier, des rameurs pour les joutes de la Saint Louis, et l’âme d’Agnès Varda.Il me suffit, il m’est nécessaire d’aller de temps  en temps y faire un tour. « Salut Pascal ! » « Salut, toujours en balade ? » « Oui, j’arrive de la Pointe Courte »

 

Henri Blain

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon