A la découverte des grangeots des vignes

Qui se soucie de ces vieilles cabanes de pierre perdues au milieu des vignes ? Les grangeots font pourtant partie de l’identité bessanaise. Ces constructions modestes, parfois minuscules, ont joué un rôle fondamental dans le développement du vignoble.

 

A l’origine, servant d’abri au travailleur voire parfois même de logement temporaire, elles ont été construites loin du village, permettant de ranger quelques outils, de mettre à l’abri le cheval, de stocker le fourrage, et de s’abriter par mauvais temps ou pour une pause. Parfois équipées d’une cheminée, il était possible d’y faire du feu pour se réchauffer en hiver ou encore de réchauffer le repas de midi.
Il est difficile de dire à quelle date ces constructions ont été réalisées, car on ne trouve nulle trace d’elles sur l’ancien cadastre ou dans les actes notariés. Le mouvement de construction aurait commencé avant l’arrivée du phylloxéra pour se poursuivre jusqu’à la grande guerre.
Bon nombre de ces cabanes sont encore visibles. Elles incarnent un temps ancien bien qu’elles aient perdu peu à peu leur utilité. Très rares sont celles qui n’ont d’ailleurs pas été abandonnées. Elles sont toutefois des points de repère dans le paysage de la plaine ou des garrigues. Si on les enlevait, les vignes n’auraient plus le même attrait...
Mais la mécanisation, le remplacement du cheval par le tracteur, les trajets plus rapides entre la maison et la vigne grâce aux véhicules, ont rendu ces constructions moins utiles, d’où cet abandon progressif. 
Plus de 95 grangeots ont été recensés sur le territoire de Bessan, simple abri de 5 m² comportant trois murs et un toit, grangette de 50 m² avec son portail pour le passage de la charrette, ou  maisonnette à un étage servant d’habitation.
La plus forte concentration, près de 31 %, se trouve dans la plaine des Mègeries Nouvelles (les Arens, le Lévrier) ; viennent ensuite les Garrigues à l’ouest du territoire (22 %), la plaine du Nord-Est bordant l’Hérault, le Moulin, la Chaussée (18 %), les Mègeries Hautes (17 %) et le Causse et les Monts (13 %).
Véritables éléments du patrimoine rural local, certains artistes locaux, tel Yvon Brunet, les ont même croqués sur leurs toile.

D’après Francis Delmas.

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon