Corrida du 13 août - La maîtrise artistique et le moment de vérité

Le très beau cartel de toreros opposés aux pensionnaires de l’élevage de Garcia Gimenez a pu, pour cette deuxième corrida de la feria 2017, largement satisfaire le public à la recherche de sensations esthétiques, avec des toreros situés vers les sommets du classement de leur discipline.

À l’exception du premier, plutôt faible, tous les taureaux se sont présentés deux fois face au picador, et le dernier de l’après-midi s’est révélé particulièrement intéressant.

Le maestro des maestros Enrique Ponce n’a pas été favorisé par le tirage au sort, et il a dû, avec toute la maîtrise qui le caractérise, toréer à mi-hauteur le premier toro de l’après-midi, sur un terrain très réduit. On a retrouvé ici les immenses qualités de ce matador dont l’expérience lui a permis de littéralement inventer un taureau et de proposer des séries de passe réglées au millimètre. Malgré une pétition du public que l’on pouvait considérer comme majoritaire, la présidence n’a pas reconnu la qualité de son engagement. À notre sens, une oreille n’aurait pas été déméritée. Cela pose d’ailleurs la question de l’attribution des trophées. Tous les taureaux ne permettent pas de livrer une tauromachie complète, mais le public, et a fortiori la présidence d’une corrida, particulièrement éclairée, doivent reconnaître la capacité du torero à s’adapter à un taureau qui ne présente pas d’exceptionnelles qualités. C’était évidemment le cas du premier Toro de l’après-midi, et Enrique Ponce lui a opposé son immense savoir et son respect du public. Beaucoup de matadors ne se seraient pas engagés autant et auraient beaucoup plus vite abrégé le combat. Cela n’a pas été le cas du maestro de Valencia et l’ovation du public, à deux reprises, et au moment de sa sortie a montré que finalement cet engagement avait été reconnu.

Toute la maîtrise du maestro des maestros dans cette naturelle à mi hauteur, indispensable face à un adversaire plutôt faible

Mieux servi pour son deuxième taureau, montrant toutes les facettes de son « savoir », le maestro a été particulièrement malheureux à la mise à mort, ce qui l’a privé de trophées que le public lui aurait attribués très probablement.

Le triomphateur de l’après-midi, (une oreille à son premier Toro, et deux oreilles à son second), a été incontestablement le jeune péruvien de 21 ans, Andres Roca Rey. Le tirage au sort, que l’on appelle sorteo et qui attribue une paire de taureaux à chaque matador, a été particulièrement favorable à Andres. Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, il s’est concentré sur la faena et ne s’est pas livré à sa démonstration habituelle de passes de cape qui sont la marque des toreros d’Amérique du Sud. Sans doute voulait-il, très opportunément, conserver tout le potentiel de ses deux adversaires, et il a commencé ses deux combats  avec une certaine douceur, servant des séries de passe de facture très classique, avant de s’engager avec une grande détermination, et suscitant, surtout à son second toro, l’enthousiasme du public. Présent pour la seconde fois consécutive au cartel de la feria de Béziers, Roca Rey a répondu aux attentes et très logiquement est sorti par la grande porte des arènes.

Servi par un remarquable adversaire, Andres Roca Rey a pu exprimer la fougue de sa jeunesse, mais aussi proposer une tauromachie très classique, et à certains égards inspirée

Alejandro Talavante a vite tiré le meilleur de son premier adversaire, plutôt coopératif, et ne présentant pas de difficulté particulière. Construisant une faena vers le centre de la piste, il a pu donner une mise à mort rapide, qui lui a permis d’obtenir logiquement une oreille. Le style de Talavante est particulièrement épuré, très précis dans l’exécution des passes, mais il aurait peut-être été possible d’éviter, sur ses deux taureaux de l’après-midi que les faenas soient pratiquement identiques. Très malheureux à la mise à mort de son deuxième adversaire, il n’a pu, logiquement, obtenir un second trophée.

Une sortie de passe naturelle, (à gauche), à hauteur de poitrine (pecho)

Les taureaux de l’élevage de Garcia Giménez se sont révélés dans l’ensemble, moyen de force. S’ils ont eu deux rencontres au cheval, celles-ci ont été parfaitement dosées, et seul le dernier tour de l’après-midi, récompensé par une vuelta posthume s’est engagé contre le picador avec beaucoup de force. D’origine Juan Pedro Domecq, ces taureaux sont bien présentés, bien armés, et en dehors du premier, particulièrement faible, on peut permettre aux toreros de s’exprimer. Cette seconde corrida de la feria, si elle n’a pas été exceptionnelle, a permis une belle après-midi de taureaux, avec tous les aléas qui sont indissociables de ce spectacle. À quelques centimètres près, une estocade concluante, au moment de la mise à mort, permet l’attribution de trophées. Une conclusion maladroite fait perdre en quelques secondes tout le bénéfice d’une faena particulièrement bien construite.

Triomphateur de l’après-midi avec trois oreilles, le torero péruvien a été adopté par le public biterrois

C’est aussi une des particularités de la corrida, malgré l’engagement, malgré le courage, malgré l’expérience et le savoir, dans ce moment que l’on appelle « l’instant de vérité », le destin peut contrarier toutes les certitudes. Enrique Ponce et Alejandro Talavante qui sont loin d’avoir démérité, en ont fait l’expérience. Leur benjamin, Andres Roca Rey, encore une fois, très bien servi, par le tirage au sort, a pu très largement en profiter, et répondre ainsi, avec l’enthousiasme de sa jeunesse, aux attentes du public.

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Si vous croisez un chien ou un chat errant, ne détournez pas le regard

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"Alors la mort dans l’âme, sur les conseils du vétérinaire et en concertation avec la famille d’accueil, nous avons pris la décision d’abréger ses souffrances. Véronique et son fils Ange ont décidé que cette petite misère aurait quand même un nom, Glimm car « glimmer of hope » signifie lueur d'espoir… Alors voilà maintenant Glimm est au paradis des chiens.Mais que de souffrances. Cette petite chienne a été vue errante des semaines auparavant par des habitants du village, elle était à ce moment là sur ses 4 pattes, courant la campagne, mais personne ne s’en est inquiété. Un chien comme elle tout le monde s’en fout. Cela n’émeut et ne touche personne. Ce n’est qu’un chien de chasse. Personne ne lui a donné à boire, ni même de quoi manger. Glimm est morte lentement mais sûrement. Elle est morte de faim, de soif, de fatigue. Glimm est morte de notre indifférence à tous. Enfin presque tous...

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