Corrida

Feria de Béziers, des taureaux à la fête !

Indissociables des festivités qui animent la cité de Pierre-Paul Riquet à partir du vendredi 11 août jusqu’au 15 août, les corridas sont au cœur de la feria de Béziers et lui donnent une signification particulière.

Sébastien Castella, l’enfant de Béziers, est toujours
très attendu par son public

Béziers est une ville de tradition taurine depuis la fin du XIXe siècle, avec le premier spectacle tauromachique donné dans les arènes de Béziers en 1897.

C’est aux environs de 20 heures, lorsque la corrida se termine, et que la foule commence à remonter vers l’avenue Saint-Saëns, que commence l’autre dimension de la fête ou des dizaines de milliers de personnes se retrouvent dans les rues, pour assister à toutes sortes de spectacles dans différents points de la ville.

Pourtant, c’est vers la fin de l’après-midi, lorsque les spectateurs se rendent vers les arènes, que commence ce moment très particulier, celui qui réunit des personnes de tous âges, de toutes sensibilités, de toutes conditions, pour vivre ce moment unique que représente la fête du taureau, ce que les Espagnols appellent « la fiesta brava ».

La société du plateau de Valras, gestionnaire des arènes de Béziers, dirigée par Robert Margé propose cette année quatre corridas, une novillada piquée et deux novilladas sans picadors. Les corridas ont lieu à 18 heures précises et il s’agit sans doute de la seule activité qui se déroule à Béziers qui commence effectivement à l’heure !

Le matin, le public qui souhaite s’initier, à moindre coût, aux bases de la tauromachie, pourra assister à 11 heures au novilladas sans picadors qui voient des élèves des écoles taurines, des apprentis toreros, affronter des taureaux de deux ans que l’on appelle en espagnol des becerros. Le 15 août, toujours à 11 heures du matin, ce sont des taureaux de moins de quatre ans, les novillos, qui sont combattus.

Pour affronter des taureaux de quatre ans et plus, il faut être « officiellement » matador de toros, c’est-à-dire avoir pris l’alternative, une cérémonie qui marque de façon irréversible ceux qui ont pu aller au bout de ce rêve.

Les spectacles proposés par l’équipe de Robert Margé devraient satisfaire les amateurs de toutes les facettes de la tauromachie de tradition espagnole.

La corrida d’ouverture associe un combattant à pied, l’enfant de Béziers, Sébastien Castella est une torera à cheval, la nîmoise Léa Vicens. L’organisateur d’une corrida doit associer, dans une savante alchimie les deux principaux acteurs de ce spectacle très particulier. La corrida mixte verra entrer en piste les taureaux de Fermin Bohorquez pour la cavalière, tandis que Sébastien Castella affrontera quatre exemplaires de l’élevage de Nunez del Cuvillo. Car ce sont bien les taureaux qui déterminent le spectacle. De leur comportement, de leur bravoure et de leur noblesse, dépendent largement les sensations esthétiques que le public pourra ressentir. Pour la tauromachie à cheval, l’élevage de Bohorquez a très largement fait ses preuves, et la cavalière devrait pouvoir montrer la qualité du dressage de ses montures qui sont de véritables chevaux toreros, entraînés pendant des années, à surmonter la crainte que les taureaux leur inspirent tout naturellement.

L’élevage de Nunez del Cuvillo est une référence pour ceux que l’on appelle « les toreros artistes », et Sébastien Castella s’est largement imposé dans ce domaine. Particulièrement nobles, c’est-à-dire suivant la muleta que le torero leur présente, les taureaux de cet élevage ont permis cette année de très nombreux triomphes. (133 toros - 111 oreilles - 5 queues - 1 toro grâcié).

La seconde corrida, celle du 13 août, verra la présentation à Béziers de la ganaderia (l’élevage), de Garcia Jimenez. L’origine de cet élevage, celui de Juan Pedro Domecq, devrait permettre aux trois matadors qui leur seront opposés de s’exprimer. Le public biterrois aura l’immense bonheur de retrouver celui que l’on appelle dans le milieu, le maestro des maestros, Enrique Ponce qui se situe, depuis son alternative en 1990, toujours au sommet de son art. Enrique Ponce que l’on appelle parfois « le professeur », a une conscience aiguë de sa responsabilité devant le public. Il cherchera, quels que soient les difficultés, la faiblesse d’un taureau, le vent, à tirer le meilleur de son adversaire. La précision de ses gestes, la connaissance qu’il a de son placement dans l’arène et de la conduite qu’il impose à son adversaire lui permettent de s’imposer depuis plus d’un quart de siècle dans toutes les arènes.

Le public biterrois pourra retrouver l’un de ses toreros favoris, Enrique Ponce

Ses compagnons de cartel ne sont pas les premiers venus. Certes plus jeunes, ils auront à cœur de donner le meilleur d’eux-mêmes en compagnie de Enrique Ponce. Il s’agit de Alejandro Talavante et du jeune Péruvien Andres Roca Rey. C’est un cartel exceptionnel que Robert Margé propose ce 13 août, et chacun dans leurs styles différents cherchera à donner le meilleur.

Le torero péruvien, Andres Roca Rey propose au public un répertoire de passe de cape extrêmement varié

 Les corridas du 14 et du 15 août, qui seront présentés plus longuement dans un prochain article sont d’un style très particulier. Les élevages précédents sont réputés pour permettre habituellement aux toreros de s’exprimer, même s’ils demeurent des animaux sauvages et des combattants.

À partir du 14 août, avec les ganaderia de Victorino Martin et Miura, le public change véritablement de catégorie et le spectacle peut être complètement différent. Les spécimens de ces deux élevages demandent des toreros particulièrement rigoureux. Sans doute plus avertis, ils ont tendance à peser sur le torero qui doit littéralement s’imposer à eux pour les combattre. Face à ces spécimens, ce sont des toreros guerriers comme Manuel Escrivano, David Mora et l’arlésien Mehdi Savelli, face aux Victorinos, qui seront présents en piste.

La corrida de clôture verra un mano à mano, réunissant face aux mythiques taureaux de Miura, Rafaellilo triomphateur de l’édition 2016 de la feria de Béziers, et l’arlésien capable d’un engagement très entier, Juan Bautista que le public biterrois apprécie tout particulièrement.  

Avec les quatre corridas de toros, le public pourra donc assister à plusieurs styles de tauromachie, en espérant y voir cette harmonie unique et ressentir ces sensations esthétiques qui font de la tauromachie de tradition espagnole un spectacle à nul autre pareil.

Après 20 heures, c’est une autre fête qui commence, et dans la convivialité, la joie et la bonne humeur, ceux qui auront pu assister aux corridas pourront en parler encore. Mais au-delà des corridas, c’est une ville en fête qui s’offre à ses visiteurs comme à ses habitants, et il conviendra d’en parler également.

» Cliquez ici pour voir la programmation des Arènes de Béziers

Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Léa Vicens et Sébastien Castella au sommet de leur art !

Événement majeur dans la série des festivités au cœur du mois d’août, la féria de Béziers se distingue par l’organisation de corridas de tradition espagnole qui ont fait, depuis le premier spectacle tauromachique (1897), de cette cité : « la Séville française ».

Léa Vicens, la nîmoise s'est imposée dans toutes les férias
en France comme en Espagne

Comme en 2016, Montpellier infos, Thau infos et Béziers infos, le fil d’actualité en ligne de l’Hérault sera au cœur de cet événement majeur qui réunit autour du sable de ses arènes plusieurs dizaines de milliers de spectateurs à l’occasion de plusieurs spectacles.

L’ouverture de la feria commence par une corrida mixte qui verra alterner Léa Vicens pour la tauromachie à cheval, et l’enfant de Béziers, Sébastien Castella.

La corrida mixte qui associe le cavalier et le piéton est un excellent résumé de ces deux tauromachies dont l’histoire est différente. La tauromachie à cheval s’inscrit dans la tradition aristocratique de ces nobles d’Espagne qui combattaient contre les Maures au moment de la reconquista à partir du XIIIe siècle, tandis que le toreo à pied s’est codifié au tout début du XVIIIe siècle. Les corridas mixtes sont très fréquentes en Amérique latine, beaucoup moins en France, mais les arènes de Béziers ont fait le choix depuis plusieurs années d’en présenter en ouverture de la feria.

Léa Vicens est nîmoise et a fait ses débuts officiels en 2010. Elle souvent présentée comme l’héritière de Marie Sara, sa marraine d’alternative. Elle a participé en 2016 à 36 corridas en France comme en Espagne.

Dans la tauromachie à cheval, les amateurs apprécient particulièrement le travail de dressage et certains chevaux « toreros » sont entrés dans la légende comme l’inoubliable Caguancho, le cheval monté par Pablo Hermozo de Mendoza qui s’est présenté, à de nombreuses reprises, dans les arènes de Béziers. Léa Vicens montre beaucoup d’élégance dans ce qui demeure, en tout état de cause un combat, contre un animal sauvage. Ses adversaires sont issus de l’élevage de Fermin Bohorquez Escribano, une véritable dynastie, dans le milieu des caballero en plaza. (C’est ce terme qui désigne les toreros à cheval que l’on appelle également les rejoneadors).

Fondamentalement, la tauromachie à cheval obéit aux mêmes principes que la corrida à pied, si ce n’est que le groupe constitué par le cavalier et sa monture représente la muleta du torero à pied. Le taureau charge inlassablement ce qui constitue pour lui une menace et le groupe équestre exécute différentes figures à proximité de son adversaire. Plusieurs chevaux sont utilisés pendant le combat, divisé en trois phases, comme pour la tauromachie à pied. La première période vise à réduire la charge du taureau, la seconde, plus artistique, consiste à poser des banderilles, tandis que la troisième consiste à mettre à mort l’animal avec une épée dont la lame est fixée à un bâton. (La tauromachie à cheval pratiquée au Portugal ne présente pas la mort du taureau au public. Ce dernier est abattu en sortant de l’arène).

Sébastien Castella a pris son alternative à Béziers il y a très exactement 17 ans. Il s’est imposé dans les plus grandes arènes, en Espagne comme en France et en Amérique du Sud. Présent dans les plus grandes férias, il montre à chacune de ses prestations une tauromachie particulièrement exigeante, au plus près du taureau, associant un sens inné du combat à une grande élégance dans la posture. Dans les passes qu’il exécute de loin, appelant la charge du taureau, il fait preuve d’un très grand courage devant un adversaire qui est, en début de combat, en pleine possession de ses moyens.

Le biterrois Sebastien Castella est toujours au sommet de son art depuis son alternative en 2000. 17 ans déjà !

Le public qui n’est pas forcément averti et qui aurait la bonne idée de se rendre, pour la première fois, aux arènes pour cette ouverture de la feria a peu de chances d’être déçu. Les deux facettes de la tauromachie lui sont présentées par deux représentants de très haut niveau, et l’élevage de Nunez del Cuvillo qui sera opposé à Sébastien Castella a permis cette année de très nombreux triomphes. (111 oreilles - 5 queue - 1 toro grâcié).

» Cliquez ici pour voir la programmation des Arènes de Béziers

Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Une journée de découverte de la tauromachie

Dimanche 12 mars 2017

Le très dynamique club taurin de Béziers, animé par Christian Coll propose, dans le cadre du 120e anniversaire des arènes, une très intéressante journée de découverte, de cet art qui est parfois décrié par des activistes qui ne le connaissent pas.
La journée permet de découvrir successivement, la novillada sans picadors, la novillada piquée et la corrida de toros.
Lors de la novillada sans picadors, les toreros affrontent des bêtes de deux ans, tandis que pour la novillada piquée les taureaux ont dépassé trois ans.
Leur comportement est sensiblement différent de celui des taureaux adultes, plus de quatre ans, qui sont combattus par des toreros confirmés.
Cette corrida de bienfaisance permettra de découvrir des étoiles montantes de la tauromachie, parmi les jeunes qui se produiront en matinée, et notamment le jeune biterrois Lucas Miñana issu de l'école taurine de sa ville.
Un Franco-mexicain, André Lagravère, foulera pour la première fois le sable des arènes de Béziers.

Pour l'après-midi, face à des taureaux issus d'élevages confirmés, les spectateurs habitués pourront revoir Javier Conde. Pour ceux qui ne l'ont jamais vu en piste, il faut noter que ce torero très confirmé propose une tauromachie originale, avec une dimension artistique très affirmée, y compris devant des taureaux particulièrement combatifs.

Ses compagnons de cartel sont largement connus dans les arènes françaises, latino-américaines et espagnoles, et ils auront à cœur, alors que la saison tauromachique s'ouvre à peine, de donner le meilleur d'eux-mêmes.
Il ne faut pas manquer cette occasion pour s'initier et pour découvrir cet art. Lors de ces galas qui se déroulent dans la convivialité, on pourra trouver, au fil des rencontres, des amateurs et des passionnés, bref des aficionados, qui ne demandent qu'à transmettre et à faire partager leurs connaissances et leur savoir.

Le VIIIeme Grand Gala Taurin, organisé par Christian Coll président du CTPR El Mundillo de Béziers, se tiendra DIMANCHE 12 MARS 2017 aux Arènes de Béziers. Il sera au profit de l'association caritative de sapeurs-pompiers professionnels du Centre de secours de Béziers : « Grandir et Vieillir Ensemble ». Ce gala taurin de bienfaisance ouvrira la Temporada Biterroise et se placera dans les diverses manifestations entrant dans le cadre du 120ème anniversaire des Arènes de Béziers (1897-2017).

Le Maestro Javier Conde combattra à 15 heures un toros de la « ganaderia Fernay y sus Hijas », puis les Maestros Jeremy Banti, Sergio Serrano, MG «El Monteño», Tomas Cerqueira, David de Miranda et Michelito se mesureront avec des toros de la ganaderia Blohorn . Auparavant à 11 heures, le novillero franco-mexicain André Lagravere "El Gallo" combattra en piqué un novillo, suivi - en NSP face à des becerros de chez Blohorn - de Pierre Mailhan de Nîmes, Baptiste Cissé du Sud-Ouest, Lucas Miñana de Béziers. La cavalerie sera celle d'Alain Bonijol.

TARIFS : journée complète avec apéritif et repas : 38€ (limitée à 400 places) – matinée 15€ - après midi 25€ ; renseignements et réservation au 06 19 51 47 97 - (entrée gratuite pour les moins de 12 ans). Les 100 premières réservations « journée complète », sur présentation d'une pièce d'identité et payées, pourront donner droit à une accréditation d'accès à la contre piste.

Le Gala est en partenariat avec la Ville de Béziers et l'empresa Robert Margé, avec le soutien de l'Union des Clubs Taurins Paul Ricard, de la Fédération des Clubs Taurins du Biterrois et de l’École taurine de Béziers et bien sur avec « Grandir et Vieillir Ensemble.

Bruno Modica

Feria de Béziers 2016 - Les Miuras en majesté

Rafaelillo est le triomphateur de la feria avec trois oreilles face à des toros de Miura exceptionnels. Mehdi Salvalli, ( Une oreille) et Alberto Lamelas n’ont pas démérité. 

Une sortie à hombros pour Rafaelillo, triomphateur de la feria de Béziers 2016.

Une corrida de Miura est toujours un spectacle très particulier pendant lequel on voit des hommes, vêtus de lumière, armés d’une étoffe et d’une épée, affronter des fauves au comportement imprévisible. Dans la longue histoire de la tauromachie ces taureaux sont auréolés d’une légende noire, en raison de leur agressivité, et surtout du nombre de morts et de blessés qu’ils ont occasionnés.
Dans le même temps, ces animaux de combat permettent des hommes qui les affrontent d’aller au bout de leur passion, celle de l’engagement dans un combat qui révèle à la fois leur courage mais aussi leur sens artistique.
Face à des Miura ce sont davantage les qualités de courage qui permettent au torero de s’exprimer. Mais pour une après-midi exceptionnelle, et celle de la dernière corrida de la feria du 15 août en faisait partie, derrière le combat, il y avait aussi de l’art.

Le torero de Murcie a su maîtriser avec brio la charge de son adversaire comme avec cette naturelle.

Rafaelillo a été exemplaire dans toutes les phases du combat, face à ses deux adversaires. Il s’est imposé avec une parfaite maîtrise des terrains, recevant la charge avec beaucoup de douceur et pesant sur son adversaire par de petits mouvements de poignet qui guidaient sa trajectoire. Au moment de l’estocade, un exercice particulièrement difficile pour cet homme de taille moyenne face à un taureau dépassant les 1,50 m au garrot, l’engagement a été total, et la mise à mort particulièrement efficace. Une oreille à son premier taureau, deux oreilles pour le second, Rafaelillo est incontestablement l’homme de l’année à Béziers. La dépouille de son adversaire a effectué un tour de piste posthume sous les applaudissements du public. ( Vuelta al toro)

Le torero arlésien, Mehdi Savalli est très soutenu par le public biterrois qui le connaît depuis longtemps. Il s’est largement engagé, notamment sur son premier taureau en allant l’accueillir à genoux, face au toril pour cette passe très spectaculaire que les spécialistes appellent : larga afarolada de rodillas a puerta gayola.

 Accueillir à genoux, à la sortie du toril, un toro de 600 kg à pleine charge, c’est le défi de Mehdi Savalli.

 La pose de banderilles par le maestro est également un moment très apprécié, et on a pu, encore une fois, apprécier sa sincérité, en se présentant entre les cornes.
Malheureux à la mise à mort  pour son premier taureau, il s’est totalement engagé face à son second adversaire et le public a très largement pétitionné en faveur de l’obtention d’une oreille.


La pose de la paire de banderilles, d’une seule main, en pleine course, s’appelle al violin. Elle est issue de la tauromachie à cheval mais a été adoptée par les toreros banderilleros depuis une quinzaine d’années.

Alberto Lamelas se présentait pour la première fois aux arènes de Béziers, en remplacement de Manuel Escribano blessé. Dans les arènes du Sud-Ouest, il avait été très remarqué lors de la feria de Vic-Fezensac en 2014 face à un taureau assassin de Dolores Aguirre dont il avait pu triompher grâce à un courage exceptionnel.

Face à des taureaux de Miura qui ne toléraient pas la moindre approximation, le maestro, malgré son enthousiasme, a pu sembler parfois dépassé. Cela ne remet pas en cause l’envie que l’on a de revoir ce torero très courageux, qui est rentré dans ce cercle peu envié par les grandes vedettes, celui des spécialistes des corridas dures.

Alberto Lamelas, un torero au courage exceptionnel reçoit son adversaire à genoux.

Si les Miuras de Béziers ont permis aux toreros de s’exprimer, il n’en demeurent pas moins des taureaux très particuliers. Leur hauteur au garrot, l’envergure de leurs cornes, et surtout la vitesse avec laquelle ils se retournent contre le torero en fait toujours des adversaires redoutables. Ils peuvent être parfois impossibles à toréer, mais c’était loin d’être le cas pour cette dernière corrida de la feria 2016.

Le majoral, le maître du troupeau assiste au combat de ses toros. Sur son petit carnet leur comportement est soigneusement noté
et permet d’anticiper les sélections futures des taureaux de combats. Il est le seul à en connaître les origines.

Sur le visage du majoral de Miura, la satisfaction était visible, à l’image de celle du public qui avait le sentiment d’avoir vécu un grand moment, parfois trop rare, celui d’une tauromachie authentique. Mais la longue histoire des Miura à Béziers a su en offrir, comme ce 15 août 2016, d’exceptionnels.    

Bruno Modica

Feria de Béziers 2016 - Corrida du 14 août

Bilan contrasté pour les toreros et les toros.

Pour, Robert Margé, l’empresa des arènes de Béziers, qui présente ses propres taureaux dans ses arènes, le pari est toujours difficile. Les deux oreilles coupées par Juan Bautista à son premier taureau et par David Mora à son second, ont permis au public d’apprécier la bravoure de la plupart des taureaux présentés qui se sont franchement engagés à la pique, avec deux rencontres à chaque fois. Les picadors de Juan Bautista et de David Mora ont d’ailleurs été exemplaires à cet égard, appelant le taureau de loin en évitant cette monopique que l’on voit trop souvent dans certaines arènes.

Ce premier taureau de Diego Urdiales aurait pu révéler son potentiel avec une approche plus engagée.

On attendait beaucoup du chef de lidia, Diego Urdiales, qui se présentait dans les arènes de Béziers pour la première fois, et qui n’a pas su tirer de son premier taureau, le remplaçant (sobrero) - le premier exemplaire s’est cassé une corne en entrant en  piste - , le potentiel dont il disposait. Il aurait mérité plus d’engagement que des passes à mi-hauteur qui n’ont pas permis d’apprécier la noblesse du pensionnaire de la ganaderia des Monteilles.

Avec beaucoup de sincérité dans cette naturelle, Juan Bautista n’ a pas déçu le public. 

Comme cela avait été annoncé dans le précédent article d’annonce de cette corrida, Juan Bautista s’est comporté en très grand professionnel, engagé face à des adversaires qui n’étaient pas forcément commodes, et proposant son répertoire de passes classiques, avec l’élégance mais aussi l’honnêteté qui le caractérise. Juan Bautista a le sentiment très fort qu’il ne doit en aucun cas décevoir le public, et il a obtenu, pour son premier taureau, un trophée très largement mérité. Au moment de la mise à mort, il a fait le choix de recevoir la charge du taureau, ce que l’on appelle al recibir, et le public a su apprécier cette forme d’estocade que l’on voit trop rarement.

Si son deuxième adversaire ne lui a pas permis de s’exprimer totalement, -il s’est très vite arrêté de charger - , il a tout de même essayé d’en tirer le maximum, et les gradins ne lui en ont pas tenu rigueur.

David Mora est allé défier son second taureau contre les barrières et lui a imposé sa volonté. Le public a su reconnaître sa détermination.

Mal servi à  son premier taureau, David Mora a montré face à son deuxième adversaire, qu’il pouvait s’adapter aux circonstances. Fuyant le long des barrières après la pique, ce toro aurait été estoqué très rapidement par d’autres toreros que David Mora. Sans doute piqué au vif, et avec une énorme envie, David Mora est véritablement allé chercher le taureau en effectuant avec lui un tour de piste complet. Totalement engagé face à son adversaire qui se réfugiait contre les barrières, le maestro lui a littéralement arraché les passes, l’une après l’autre, en se croisant et en s’exposant face à lui, en imposant littéralement sa volonté. Le torero a décliné son répertoire face à un animal peu coopératif, et après une mise à mort concluante, il a été récompensé par une oreille, celle du courage et de la détermination.

Les taureaux de Robert Margé étaient de belle présentation, ils se sont bien livrés à la pique, ce qui est un signe encourageant. Ils demandent pour être toréés beaucoup d’engagement et de maîtrise technique, car, même s’ils suivent la muleta volontiers, ils cherchent à peser sur le torero et peuvent se retourner très rapidement vers lui pendant l’exécution de la passe.

Ces taureaux ne sont pas des faire-valoir des toreros, et face à eux, les trophées se méritent. La frontière est très étroite entre la réussite et la déception, et encore une fois, cela dépend de chacun des taureaux et de l’engagement des toreros.

Il restera de cet fin d’après-midi le respect que l’on doit à David Mora pour son engagement, et à Juan Bautista, le torero arlésien, l’admiration que l’on doit porter à cet homme chaleureux, soucieux du public et fondamentalement honnête. Si le public des arènes de Béziers l’encourage avec constance, cela ne doit rien au hasard.

Bruno Modica.

Feria de Béziers : corrida du 13 août

Corrida de première classe : promesse tenue.

à 18h NUNEZ DEL CUVILLO - Sébastien CASTELLA - Alejandro TALAVANTE - Andres ROCA REY

Castella sort des arènes porté en triomphe

Robert Margé - L’empresa des arènes de Béziers

Pour Robert Margé, le directeur des arènes de Béziers, l’organisation de cette corrida avec les toreros les plus en vue du moment, et un élevage de référence, représente toujours un véritable pari. Par cette belle fin d’après-midi, cette corrida de rêve a répondu à toutes les espérances du public et celle de l’empresa (l’organisateur du spectacle).

Les trois matadors, le biterrois Sébastien Castella, l’espagnol Alejandro Talavante et le Péruvien, Andres Roca Rey ont incontestablement répondu présent et montré au public l’étendue de leur répertoire. Ils ne dominent pas le haut du classement des toreros, l’escalafon, par hasard.

Cinq oreilles ont été coupées, deux pour Sébastien Castella à son deuxième taureau, une pour Talavante à son premier, et une pour chaque toro est tombée du balcon de la présidence ( le palco) pour le jeune Andres Roca Rey, âgé d’à peine vingt ans.

À l’exception du premier, très faible et de charge courte, les taureaux se sont révélés comme d’excellents partenaires, s’engageant modérément à la pique mais permettant aux maestros de décliner leur répertoire. Et en matière de répertoire le public n’a pas été déçu.

Maître sur ses terres, le biterrois Sébastien Castella a très clairement mis les choses au point à son second taureau en alternant des passes de loin, très près du corps, à des naturelles, lorsque la muleta est tenue de la main gauche, très épurées. Mal servi à son premier taureau il avait incontestablement envie de triompher et son estocade justifiait à elle seule la seconde oreille qui dépend toujours de la seule volonté de la présidence de la corrida.

Son second taureau était également le meilleur, avec la noblesse qui caractérise souvent l’élevage de Nuñez del Cuvillo. (On parle de la noblesse pour désigner la capacité du taureau à suivre la muleta du matador). Les taureaux présentés avaient tous cette noblesse, associée à la bravoure qui les conduisait à affronter le cheval avec un certain entrain. Les picadors, aux ordres du maestro, ont su doser les piques pour permettre aux toreros, dans la troisième phase du combat de s’exprimer pleinement.

La muleta tenue dans le dos, le taureau passe très près de Alejandro Talavante.

Alejandro Talavante est un fin torero, maîtrisant avec beaucoup de talent un répertoire de passes de muleta particulièrement étendu. Des naturelles très précises, des molinete, ( des rotations du corps face au taureau) et des manoletinas ( La muleta tenue des deux mains derrière le corps), ont séduit le public dès le second taureau et la pétition d’oreille s’est très largement exprimée. Il a manifesté le même enthousiasme face de son deuxième adversaire mais le public n’a probablement pas mesuré la performance du matador qui a su imposer sa volonté à un taureau plutôt réservé et qui transmettait peu d’émotion aux spectateurs.

La gaonera, une passe de cape trop rarement exécutée que le jeune péruvien, Andres Roca Rey maîtrise parfaitement

Le public biterrois a été très séduit par le jeune Péruvien, Andres Roca Rey. Avec l’enthousiasme de sa jeunesse il s’est pleinement engagé face à ses deux adversaires, et obtenu dans les deux cas une oreille pour chaque toro. Comme tous les toreros latino-américains, Andres Roca a proposé un répertoire de passe de cape particulièrement étendu. Aux classiques Véroniques et aux chicuelina ( lorsque le torero s’enroule dans sa cape sur le passage du taureau), il a rajouté de surprenantes gaoneras ( la cape est tenue à deux mains sur l’arrière du corps). Pour conduire le taureau vers le picador il a même proposé cette passe en marchant, un exercice qui est plutôt rare chez les toreros européens.

En coupant deux oreilles à un taureau Sébastien Castella a ouvert la grande porte des arènes de Béziers. Mais ses deux compagnons de cartel n’ont absolument pas démérité, bien au contraire. En compétition avec l’enfant du pays, ils se sont totalement livrés, en grands professionnels, soucieux de proposer au public un beau spectacle.

Lorsque l’on est familier des arènes, on parle souvent de grande corrida « sur le papier ». Cela désigne la réunion de toreros de grande réputation et d’un élevage de référence. Il arrive parfois que l’on soit déçu, car tout dépend finalement du comportement des taureaux et de l’engagement des toreros. Cette fois-ci, pour la deuxième corrida de la feria, toutes les promesses ont été tenues. Cela n’est pas si fréquent, mais lorsque l’on sort de l’amphithéâtre on conserve au fond de soi, comme l’arrière bouche d’un grand cru, cette sensation de plaisir unique que l’on a pu partager avec tous les autres spectateurs.

C’était une belle fin d’après-midi qui donne assurément envie de participer à «  cette fête du courage, la fête des gens des cœur » comme le chante le ténor qui accompagne le paseo sur l’air d’Escamillo, dans Carmen, l’opéra de Bizet. Et les arènes de Béziers sont incontestablement le plus beau des écrins pour partager ces moments uniques.

Bruno Modica

Première corrida de la feria de Béziers

L’affirmation d’une passion

La première corrida de la feria de Béziers réunissait un torero à cheval, celui qui domine cette spécialité depuis plus de 15 ans, Paulo Hermoso des Mendoza face à des taureaux de Fermin Bohorquez et deux toreros à pied, situés en tête du classement de l’escalafon actuel. Les deux piétons étaient opposés à des taureaux de Garcigrande. De présentation plutôt moyenne, l’ensemble des taureaux, pour le cavalier, comme pour ses compagnons à pied, disons clairement, a plutôt plutôt déçu.
Cette première corrida de la feria a connu une entame plutôt inédite, avec un discours préliminaire de Richard Pascal, un aficionado biterrois bien connu, rappelant le danger qui menace la corrida. Cette passion, solidement implantée dans les villes du Sud subit une pression permanente de ses opposants qui se félicitent de l’arrêt récent du conseil d’État, le 25 juillet dernier, considérant la tauromachie de tradition espagnole comme ne faisant plus partie du patrimoine immatériel de la France. La mort récente d’un torero en Espagne a d’ailleurs laissé place à un déferlement de haine, sur les réseaux sociaux, que le public biterrois a très largement dénoncé.

Une pose de banderille en pleine course face à une charge directe sur le cheval.

Face à ses deux adversaires, le cavalier, Hermoso de Mendoza a confirmé sa maîtrise exceptionnelle de l’art équestre, et a mis en valeur des montures de superbe présentation, affrontant le taureau au plus près des corps. Lorsqu’un cheval rentre en piste son nom est annoncé au public, et nous avons pu apprécier la prestation remarquable de Berlin et de Pirata, sans doute les plus à l’aise pour défier leur adversaire. Les deux taureaux de l’élevage de Boherquez n’ont d’ailleurs pas permis à Pablo et à sa cavalerie de montrer toutes les facettes de leur talent, en raison de charges trop courtes et d’un manque d’agressivité évident. Le premier des taureaux a suscité une indifférence polie du public tandis que le second permettait au cavalier de couper une oreille après une mise à mort extrêmement rapide.

Une demi véronique à pieds joints avec beaucoup de douceur pour évaluer le comportement du taureau au début du combat.

On attendait beaucoup de la confrontation entre Sébastien Castella, l’enfant du pays, et la jeune étoile montante de la tauromachie, Alberto Lopez Simon. Face à son premier adversaire, Sébastien Castella a essayé de tirer le maximum d’un taureau au comportement assez quelconque, suivant la muleta avec une certaine docilité mais dont le manque d’entrain ne permettait pas à son adversaire de développer pleinement sa tauromachie. Faisant preuve de beaucoup d’élégance et de maîtrise, cherchant le terrain du taureau plus près de ses cornes, le maestro biterrois s’est largement imposé face à son premier adversaire et a obtenu la première oreille de l’édition 2016 la feria de Béziers. Son second toro, pourtant plus armé, s’est éteint très rapidement malgré les efforts méritoires du maestro biterrois qui est véritablement venu le chercher entre les cornes pour déclencher ses charges. Deux estocades ratées n’ont pas permis au maestro d’ouvrir la grande porte de ses arènes, face à son public.

Passe de poitrine, al Pecho donnant la sortie au toro à la fin de sa charge


Alberto Lopez Simon a montré sur son premier adversaire d’excellentes dispositions, mais les deux taureaux que le tirage au sort lui a réservés ont montré peu de force pour permettre à ce jeune torero de montrer l’étendue de son répertoire. Il a pourtant essayé de proposer des passes naturelles, celles qui sont servies en présentant la muleta de la main gauche, mais au final les deux taureaux manquaient de force, malgré une belle poussée à la pique du second. Alberto Lopez Simon n’a pas obtenu dans la ville de Pierre-Paul Riquet le triomphe qu’il aurait espéré. L’élevage de Garcigrande est pourtant largement appréciée des toreros, et particulièrement de Sébastien Castella, mais l’origine ne fait pas tout. Dans la tauromachie, chaque taureau est unique, et le public doit savoir apprécier, au-delà de l’esthétique du spectacle qui lui est proposé, la justesse avec laquelle le torero découvre son adversaire et lui permet de livrer son combat. On ne le dira jamais assez, c’est bien le taureau qui est l’acteur principal, et les hommes doivent mettre leur courage, leur talent à son service. Cette soirée était loin d’être déplaisante, mais les moments où l’on a pu vibrer étaiebt trop rares pour que cette première corrida de la feria 2016 s’ancre durablement dans les mémoires.

Bruno Modica

Feria de Béziers du 12 au 15 août

Événement majeur de l’été en Languedoc, la feria de Béziers est un moment très fort pour les amateurs de tauromachie de tradition espagnole. La dimension festive de la feria avec ses animations de rue, ses spectacles, reste tout de même centrée autour de ce rassemblement de plus de 12 000 personnes, à partir de 18 heures, dans les arènes de Béziers, pour assister à ce spectacle à nul autre pareil.

La tauromachie de tradition espagnole qui s’est développée en France au tout début du second empire, suscite des passions et des controverses. Les amateurs passionnés s’opposent à leurs détracteurs qui cherchent à imposer, utilisant des moyens de lobbying, et parfois la violence, son interdiction.

La vocation de cette série d’articles n’est pas de s’ajouter aux multiples comptes-rendus publiés dans la presse spécialisée, ou dans d’autres supports d’information. Ces chroniques visent à expliquer à nos lecteurs, qui peuvent avoir une idée préconçue sur la corrida, en quoi cela consiste vraiment. Une fois informé, le lecteur de bonne foi pourra décider de se rendre à ce spectacle, et peut-être à l’apprécier.

Littéralement la corrida désigne la course et le combat d’un taureau dans l’arène face à une équipe, la quadrille, dirigée par un matador, qui aura la charge, à la fin du combat, de tuer le taureau.

C’est cet animal, appartenant l’espèce bovine, mais aux caractéristiques très particulières, qui est le centre de la corrida. Animal sauvage, issu d’une sélection multiséculaire pour ses qualités athlétiques et son agressivité, il n’est en rien comparable par ses comportements et sa morphologie aux animaux domestiques que les hommes utilisent pour leur viande et leur lait.

vendredi 12 août

tienta À 11h

Corrida mixte à 18h
2 Toros de FERMIN BOHORQUEZ
4 Toros de GARCIGRANDE
PABLO HERMOSO DE MENDOZA
SÉBASTIEN CASTELLA
ALBERTO LOPEZ SIMON
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samedi 13 août

Novilladas à 11h

Corrida à 18h
6 Toros de NUÑEZ DEL CUVILLO
SÉBASTIEN CASTELLA
ALEJANDRO TALAVANTE
ANDRES ROCA REY
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La tienta du 12 août à 11 heures - Arènes de Béziers - Entrée gratuite.

Dès l’ouverture de la feria de Béziers, le vendredi 12 août à 11 heures, la direction des arènes propose, et de façon gratuite, ce qui est à souligner, une « tienta ». Cette activité a lieu traditionnellement dans les arènes privées de l’éleveur, et réunit des toreros confirmés qui se confrontent à des vaches. Il n’y aura pas de mise à mort évidemment, car cette confrontation doit servir à l’éleveur à évaluer le comportement des mères des futurs taureaux de combat.

Si le taureau de combat est un mâle entier, âgé de quatre ans et plus, dont le poids se situe entre 450 et 600 kilos, la vache « brave », qui est combattue pendant la tienta est une génisse de deux ans. Confrontée à un cheval carapaçonné, qu’elle considère comme une menace, cette vache charge le groupe équestre, subir une piqûre légère. Si la vache revient à la charge, cela est plutôt bon signe pour l’éleveur. Les toreros vont, avec la cape dans un premier temps, la muleta ensuite, permettre au propriétaire de l’élevage d’évaluer le comportement, l’agressivité, la course, le port de tête de l’animal. Si la vache fuit le cheval, si elle n’avance pas franchement vers l’homme à pied qui la défie, si elle donne des coups de tête intempestifs, l’éleveur et son homme de confiance, le majoral, la renverront au pré, première étape vers l’abattoir.

Par contre, si la vache charge franchement le cheval, si elle s’engage avec force, et surtout si elle revient, cherchant à bousculer son adversaire, malgré la disproportion de son poids, si elle suit, avec insistance, les mouvements de la cape ou de la muleta que lui propose le torero, sa voie est toute tracée. Elle fera partie du harem du taureau reproducteur, le semental, et portera sa descendance qui livrera ses combats dans l’arène.

La tienta est un spectacle particulièrement apprécié par les connaisseurs, qui cherchent eux aussi à comprendre les secrets du comportement de ces taureaux bien particuliers. La vache de race espagnole n’a rien d’un animal paisible. Moins puissante que le mâle, elle demeure  un animal de combat, particulièrement mobile, et agressif. Ce sont ces particularités que les éleveurs recherchent et surtout espèrent retrouver dans sa descendance.

Malgré son petit gabarit et sa moindre puissance, les toreros qui se mettent au service de l’éleveur en les affrontant, sont particulièrement méfiants. Certes, ils cherchent dans cet exercice, à se perfectionner, et cela constitue en réalité un entraînement, mais il n’est en rien anodin. Cette petite vache de couleur sombre, très mobile, reste un animal sauvage, armé de cornes effilées, et qui s’affronte vaillamment à la menace que constituent le groupe équestre et les hommes à pied qui l’accompagnent.

La tienta du vendredi 12 août pour constituer une belle entrée en matière pour commencer son initiation à la corrida. Faut-il le préciser ? Il n’y a pas de mise à mort en piste pendant ce spectacle que les arènes de Béziers offrent aux connaisseurs mais aussi à ceux qui voudraient commencer leur initiation.

Bruno Modica

Réservation abonnements : Du 13 juin au 8 juillet
          Vente des corridas séparées : A partir du 18 Juillet

Téléphone : 04 67 76 13 45
www.arenes-de-beziers.com

 

dimanche 14 août

Novilladas sans picadors à 11h

Corrida à 18h
6 Toros de ROBERT MARGÉ
DIEGO URDIALES
JUAN BAUTISTA
DAVID MORA

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lundi 15 août

Novilladas piqué à 11h
6 Novillos de « LOS GALOS »
LEO VALADEZ
LOUIS DAVID ADAME
ANDY YOUNES

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lundi 15 août

Corrida à 18h
6 Toros de MIURA
« RAFAELILLO »
MANUEL ESCRIBANO
MEHDI SAVALLI

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Feria de Béziers : 12 août, Corrida d’ouverture

De l’art pour des triomphateurs.

 Depuis plusieurs années, la corrida d’ouverture de la feria de Béziers associe l’équitation, avec un torero à cheval, et deux matadors à pied. Ce choix permet au public qui souhaite découvrir la tauromachie d’apprécier deux formes différentes de cet art pendant le même spectacle.

Pablo Hermoso de Mendoza, le rejoneador, (on désigne ainsi le torero à cheval), a été présenté dans un article précédent. ( Prévoir un lien). Il domine incontestablement, et depuis plus d’une décennie, cette discipline très particulière qui permet d’apprécier le travail des chevaux face au taureau de combat. Pablo Hermoso de Mendoza pratique une tauromachie équestre qui le différencie très largement de ses collègues qui peuvent également offrir un spectacle de qualité par ailleurs comme Andy Cartagena ou Diego Ventura. Cette originalité s’explique par une approche très particulière du cheval, basée sur l’équilibre du cavalier qui semble laisser à sa monture une grande autonomie. C’est la raison pour laquelle, à propos des compagnons de Pablo, les amateurs parlent souvent de « chevaux–toreros », à l’image de l’inoubliable « Cagancho », mort en août 2015. C’est ce cheval extraordinaire qui a construit son torero. Depuis Cagancho, Pablo Hermoso de Mendoza a littéralement transformé la tauromachie à cheval en laissant le taureau charger au plus près de sa monture et en effectuant des passes, comme les toreros à pied.

Présents sur le même affiche, Sébastien Castella et Alberto Lopez Simon, face à des taureaux de Garcigrande, devraient offrir au public biterrois beaucoup d’émotion. Ces deux toreros sont actuellement en grande forme, même si leur prestation dépendra très largement de leurs adversaires. Rappelons que la vocation de cette série d’articles consacrés à la tauromachie est d’initier le public qui n’est pas forcément familier des arènes.

Quel que soit le mérite, le courage, la technique du torero, rien n’est possible si le taureau ne présente pas les qualités requises pour que le matador puisse s’exprimer. Le taureau de combat est l’acteur principal de ce spectacle, et l’émotion que l’on ressent devant cet art de l’éphémère est le résultat de cette alchimie mystérieuse. Elle associe la force brute du taureau à la capacité de l’homme à en maîtriser les comportements d’un animal sauvage, armé de cornes dont il sait se servir avec l’expérience que lui donnent cinq années de lutte contre ses congénères dans les élevages.

Sébastien Castella l’enfant de Béziers, jouera à domicile et beaucoup se souviennent de ses débuts, face à des vaches, dans des novilladas, jusqu’à son alternative, son accession au statut de matador de toros, dans les arènes de sa ville, en 2000.

Sébastien Castella est un torero qui refuse le compromis. Il ne cherche pas à flatter le public par des passes « faciles », mais bien à imposer sa volonté à son adversaire. Le toreo de Sébastien est le résultat d’un apprentissage rigoureux, et au fil des années il a su gagner en précision dans ses postures, construisant des figures avec la rigueur de composition d’un grand peintre. Les taureaux semblent aimantés par les doux mouvements de la muleta et passent très près du corps du maestro immobile et serein. Sébastien Castella sait associer des appels de loin, le corps figé face à un taureau qui le charge sur plus de 10 mètres avant de le détourner au dernier moment, à une tauromachie « entre les cornes », pesant sur son adversaire. 

Alberto Lopez Simon est un jeune torero originaire de Madrid. Souvent récompensé cette année, il a multiplié les sorties triomphales dans les arènes françaises comme espagnoles. De formation classique, il sait s’engager sur le terrain du taureau et construit des séries de passes avec beaucoup d’assurance. Il faut s’attendre, en venant défier Sébastien Castella sur ses terres, à un engagement total de ce torero de 26 ans dont la carrière a littéralement explosé depuis moins de deux ans.

Si les spectateurs familiers des arènes savent que les acteurs en piste sont des maîtres confirmés, actuellement au sommet de leur art, le public qui découvrira la tauromachie à cette occasion pourra en apprécier les multiples facettes. Si les taureaux « servent », pour reprendre cette expression qui résume en un seul mot la bravoure et la noblesse des taureaux sauvages, tous les publics pourront espérer passer une belle fin d’après-midi.

Bruno Modica

Feria de Béziers - Vendredi 12 août

Pablo Hermoso de Mendoza : Au firmament de la tauromachie à cheval

La première corrida de la feria de Béziers est un spectacle particulier, développé en Amérique du Sud, mais que la direction des arènes de la ville de Pierre-Paul Riquet cherche à promouvoir avec une constance méritoire. Il s’agit en effet d’une corrida mixte, qui propose aux spectateurs, aux côtés de deux toreros à pied, un torero à cheval, que l’on désigne en espagnol sous le nom de rejoneador.

Soucieux d’apporter des informations aux lecteurs qui ne sont pas forcément familiers de ce spectacle, nous proposons d’en livrer quelques secrets. Le matador qui intervient à Béziers depuis plusieurs années, Pablo Hermoso de Mendoza est incontestablement le maître de cette discipline. Et il ne peut pas y avoir de plus belle initiation à cet art que celle qui est proposée pour la première corrida de la de la feria.

La tauromachie à cheval est bien plus ancienne que celle, plus connue, qui est pratiquée à pied. Elle trouve ses origines au milieu du Moyen Âge, lorsque les chevaliers de la noblesse, pendant la Reconquista, la guerre menée par les royaumes chrétiens contre les Maures qui dominaient l’Espagne, se livraient à ce type d’exercice contre les taureaux sauvages.

Cette pratique est alors réservée à la noblesse, et s’inscrit clairement dans une logique d’entraînement militaire, équivalente aux joutes et tournois qui voyaient s’affronter en lice des cavaliers en armure partout ailleurs dans l’Occident médiéval.

À la fin du Moyen Âge et pendant la renaissance, les aristocrates espagnols se livraient à cet exercice dans une sorte d’arène, et se désignaient eux-mêmes comme caballeros en plaza. Un roi d’Espagne comme Philippe II, les papes de la famille des Borgia, étaient des amateurs passionnés. 

Cette tauromachie doit beaucoup à l’art équestre, et le cheval de race andalouse, issu du croisement avec les chevaux arabes, est particulièrement adapté au combat face à un taureau sauvage.

Avec Pablo Hermoso de Mendoza, les spectateurs ont très peu de chances d’être déçus. Les chevaux présentés sont de véritables stars, et il faut admirer la qualité du dressage en premier lieu. Le cheval défie le taureau sous la conduite de son cavalier, et c’est le groupe équestre tout entier qui constitue la menace sur laquelle l’animal sauvage présent dans l’arène s’engage.

La charge du taureau, contrairement à ce que l’on pourrait croire, est beaucoup plus rapide, sur une courte distance, que celle d’un cheval au galop. Et c’est toute l’habileté du cavalier qui permet d’éviter que le cheval ne soit blessé par les cornes. Ces dernières sont privées de leur pointe, afin d’éviter les blessures de contact, mais cela n’en rend pas l’impact moins dangereux.

Le combat du torero à cheval se déroule, comme pour la corrida à pied, en trois temps. Ce que l’on appelle les tercios.

À l’entrée en piste, le cavalier évalue la course de son adversaire, et avec un cheval entraîné pour cette fonction, blesse le taureau, au niveau de son encolure, avec une lame effilée de quelques centimètres. Cela correspond aux piques de la tauromachie à pied et a pour fonction de régler le port de tête du taureau afin que le cavalier puisse conduire la suite du combat et effectuer les figures que le public pourra apprécier.

Le deuxième temps du combat voit le torero poser des banderilles en exécutant, en se servant du corps de son cheval, différentes passes. Contrairement à la tauromachie à pied où la cape ou la muleta sont mises en mouvement par le matador qui reste immobile, c’est tout l’ensemble équestre mobile qui déclenche la charge du taureau. La pose de banderilles peut se faire à une ou à deux mains, et montre à quel point le taureau s’approche, à pleine vitesse, du cheval.

Cette tauromachie n’est pas forcément facile à apprécier, même si l’on est toujours admiratif devant la prestance des cavaliers et l’élégance de leur chevaux. C’est pourtant à ce moment que l’on mesure cette remarque qui est un lieu commun : « la plus belle conquête de l’homme est le cheval ». Face à un taureau de combat, le premier réflexe d’un cheval est celui de la fuite. Il faut, pour obtenir le spectacle qu’un cavalier comme Pablo peut proposer, des années de dressage. L’homme et le cheval ne font plus qu’un, et ce qui caractérise celui qui est le numéro un incontesté de cet art, c’est l’immense douceur avec laquelle il conduit ses partenaires. Et le public ne s’y trompe pas d’ailleurs, certains des chevaux de Pablo sont applaudis, plus encore que le cavalier.

Le troisième temps voit la mort du taureau en piste. Contrairement à la corrida portugaise, la mort du taureau à lieu devant le public. C’est un cheval spécifique, particulièrement calme, qui permet au torero, armé d’une lame de 30 cm, de basculer son corps en selle pour tuer son adversaire. Cela demande énormément de précision et d’habileté, et lorsque cette estocade est bien exécutée la mort du taureau est extrêmement rapide. (Pour la corrida portugaise, le taureau est abattu dès qu’il sort de l’arène en dehors du regard du public.)

Pablo Hermoso de Mendoza n’est pas seulement un grand cavalier et un grand torero. Lorsque l’on a eu la chance de l’approcher, on découvre un homme très simple, de contact facile, au sourire chaleureux. Il veille sur ses chevaux avec un soin jaloux, il les appelle par leur nom, leur parle d’une voix très douce pendant le combat et ses montures donnent au public l’impression de survoler le sable de l’arène, comme s’ils dansaient un fandango. Car il ne faut jamais oublier que la tauromachie, à cheval ou à pied, est un art de l’éphémère, celui de ce moment magique et esthétique où la force brute s’oppose à l’intelligence de l’homme qui s’expose face au danger.

Bruno Modica

 

Feria de Béziers : Samedi 13 août, une corrida de prestige

6 Toros de NUÑEZ DEL CUVILLO pour SÉBASTIEN CASTELLA, ALEJANDRO TALAVANTE , ANDRES ROCA REY.

samedi 13 août

Novilladas à 11h

Corrida à 18h

SÉbastien CASTELLASÉbastien CASTELLA

Né le 31 janvier 1981 à Béziers
ALTERNATIVE : 12 août 2000 à Béziers
TEMPORADA 2015 : 57 corridas - 78 oreilles - 1 queue

Alejandro TALAVANTEAlejandro TALAVANTE

Né le 24 novembre 1987 à Badajoz
ALTERNATIVE : 9 juin 2006 à Cehegin
TEMPORADA 2015 : 45 corridas - 56 oreilles

Andres ROCA REY
Andres ROCA REY

Né le 21 octobre 1996 à Lima (Pérou)
ALTERNATIVE : 19 septembre à Nîmes
TEMPORADA 2015 : 22 novilladas - 42 oreilles – 1 queue / 2 corridas – 4 oreilles

   

La deuxième corrida de l’édition 2016 de la feria de Béziers verra se présenter ce que l’on peut espérer de mieux en matière de tauromachie. Les trois toreros sont actuellement dans le top cinq du classement que l’on appelle l’escalafon. Toutes proportions gardées, cela correspondrait au classement ATP du tennis professionnel. Sébastien Castella sera présent au cartel comme la veille, mais il sera accompagné par deux confrères qui eux aussi ne manquent pas d’ambition et surtout du désir de triompher.
Le choix de l’élevage a toute son importance, pour ce que l’on peut qualifier de corrida de prestige. Et les taureaux de Nuñez del Cuvillo sont considérés habituellement comme d’excellents partenaires pour ces toreros qui ont en commun un sens artistique exceptionnel.
Cet élevage a été constitué il y a plus de 30 ans, par une association de plusieurs rameaux de ce que l’on appelle « l’encaste », la souche originelle. Le propriétaire de cet élevage, Joaquim Nuñez, recherche des taureaux avec une charge longue, suivant la muleta avec régularité, permettant aux toreros de servir des passes au plus près du corps. À l’instar de Juan Pedro Domecq, cet éleveur, le ganadero recherche "des taureaux artistes pour des toreros artistes".
La tauromachie pratiquée par les trois maestros présentés ce 12 août est en effet particulièrement contraignante pour le taureau. Les passes les plus esthétiques servies imposent à l’animal des trajectoires près du corps, dans une sorte de mouvement circulaire qui demande des taureaux particulièrement résistants et solides sur leurs appuis.
Les deux compagnons de cartel de Sébastien Castella, Talavante et Roca Rey, ne sont pas les premiers venus. Alejandro Talavante est matador de taureau depuis 10 ans, et depuis cette date il enchaîne les triomphes avec une grande régularité. Il est très inspiré par José Tomas, qui est son modèle, et il recherche, pour peu que le taureau le permette, des mouvements très lents, réglant la charge du taureau au plus près de son corps.
Andres Roca Rey est péruvien, et il a été éprouvé cette année lors de la feria de Séville, par une blessure spectaculaire. Cela n’a pas empêché ce jeune maestro de poursuivre une série de prestations et de triomphes qui justifient parfaitement sa place dans ce cartel prestigieux.
Âgé d’à peine 20 ans, Andres fait preuve d’une très grande maturité avec une tauromachie très précise, cherchant à défier le taureau au plus près, et avec un engagement total. Comme la plupart des toreros latino-américains, il est particulièrement attentif pour tout ce qui concerne les passes avec la cape, le premier temps du combat, lorsque le taureau se présente en piste. Cette grande cape, le plus souvent rose et jaune, capote de brega, est tenue à deux mains. Pendant cette première phase du combat, le matador évalue le comportement du taureau à pleine charge lorsque ce dernier découvre pour la première fois un homme à pied. Les mouvements de cape sont destinés à "intéresser" l’animal qui cherche à éliminer de son champ de vision cet ensemble mobile et en même temps insaisissable.
Pendant cette phase, parfois trop courte, le torero affronte son adversaire en lui proposant une série de passes qui associent l’esthétique à la charge de l’animal, à pleine vitesse. Dans la série de ces figures qui permettent aux matadors de s’exprimer, on citera la Véronique qui est une évocation du mouvement de la Sainte essuyant le visage du Christ pendant la montée vers le Golgotha. Lorsque le taureau charge à pleine vitesse, l’homme déplie, le plus lentement possible, et sans que les cornes ne touchent le tissu déployé, la cape en guidant la trajectoire du taureau pour lui donner "sa sortie".
Le public qui n’est pas forcément initié à ce vocabulaire appréciera sans doute cette passe de cape très spectaculaire, la chicuelina, lorsque le matador s’enroule littéralement dans la cape sur le passage de son adversaire.
Les trois toreros présentés à Béziers pour cette corrida de Nuñez del Cuvillo, maîtrisent parfaitement cet exercice, comme toutes les autres phases du combat. Leur classement au sommet ne doit rien au hasard mais au nombre important de trophées, - les oreilles, dont il sera question dans un prochain article, - reçus dans les différentes arènes cette saison.
La direction des arènes de Béziers offre ainsi au public, et avec le souci de lui faire découvrir le meilleur, un spectacle riche de promesses. Si les taureaux sont à la hauteur de l’événement, cette deuxième corrida a toutes les chances de marquer les esprits.
Novillada sans picadors - Une initiation
Le public qui souhaite accéder à une forme d’initiation à la tauromachie peut, pour un billet d’entrée modique, se présenter en matinée aux arènes de Béziers, les samedis et dimanche, à 11 heures. Les acteurs en piste lors d’une novillada ont en commun leur jeunesse, mais celle-ci peut être synonyme d’enthousiasme.
Les taureaux combattus ont deux ans, et portent le nom de novillos, ou encore de becerros. Les hommes qui les combattent, ne sont pas encore matadors de toros, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas encore atteint le moment où ils prennent l’alternative. Cette cérémonie qui se déroule en piste lors d’une corrida leur donne le droit de combattre des taureaux adultes, âgés d’au moins quatre ans et plus.
Si le gabarit des novillos est moins impressionnant que celui de leurs congénères plus âgés, c’est surtout leur comportement, plus mobile, souvent très actifs en piste, qui change la donne. La novillada sans picadors se déroule sans la présence du groupe équestre auquel s’affrontent les taureaux de trois ans pour les novilladas piquées et de quatre ans et plus pour les corridas de toros.
Les novilleros qui sont présentés pendant le spectacle sont issus, pour la plupart, des différents écoles taurines. La présentation en piste constitue pour eux un point de passage extrêmement important qui déterminera probablement la suite de leur carrière. C’est la raison pour laquelle ces jeunes gens, la plupart ont moins de 20 ans, vont véritablement "tout donner". Ils savent que dans ce milieu les opportunités ne sont pas légion, et que de leur comportement, de leur courage, de leur présence face au novillo, dépendra la poursuite de leurs rêves.
Les novillos où les becerros le sont pas forcément des adversaires très coopératifs, et malgré leur plus petit gabarit, ils restent des animaux de combat qui dans la plupart des cas répondent à toutes les sollicitations du torero.
Ces derniers vont décliner leur répertoire, appris pendant de longues séances d’entraînement, et chercher à triompher. Face à leur adversaire ils devront s’engager pleinement, car le public appréciera en premier lieu leur sincérité et leur enthousiasme.
Assister à une novillada sans picadors et donc une façon commode, et très accessible, de commencer son initiation à la tauromachie. C’est donc un spectacle qui mérite très largement l’intérêt et qui permet parfois de découvrir les futurs talents, qui eux aussi ont commencé leur carrière face à des novillos, et pour certains il y a peine quelques années.

Bruno Modica