Corrida

Les Victorino, la référence des connaisseurs !

Si les deux premières corridas de la féria ont permis de découvrir des toreros particulièrement bien placés dans la hiérarchie de la profession, le spectacle proposé ce 14 août par l’empresa Robert Margé mérite assurément le détour. Les taureaux qui fouleront le sable de l’arène en cette fin d’après-midi sont issus d’un élevage d’exception, celui de Victorino Andres Martin.

Les taureaux qui sortiront en piste sont le résultat d’un patient travail de renaissance qui a commencé il y a plus de 50 ans. Victorino Martin retrouvait les souches originales d’une branche qui avait été largement décimée pendant la guerre civile espagnole, celle des Saltillo, une branche issue de ce que l’on appelle une encaste, celle de Santa Coloma.

Les toros de cet élevage sont reconnaissables à leur tête très particulière, avec un museau plutôt fin, une conformité très athlétique, et dans la plupart des cas une armure qui inspire le respect.

Un exemplaire de la corrida du 14 août, parfaitement dans le type de cet élevage d’exception

Ces toros peuvent permettre les plus grands triomphes, car ils se caractérisent par leur bravoure, notamment face à la pique, et ils conservent, dans toutes les phases du combat, une grande mobilité. Ce sont des adversaires qui peuvent se montrer particulièrement piquants, et qui demandent aux matadors un investissement total. Face à un Victorino Martin, ce qui marque en premier, c’est la mobilité de son regard. Le torero qui ne serait pas parfaitement positionné face à un tel adversaire pourrait très vite « perdre ses papiers », c’est-à-dire se faire déborder, et finalement se mettre en danger.

Robert Margé, l’empresa des arènes de arènes de Béziers propose une corrida qui peut se révéler riche en émotions

Pour combattre ce bétail, il faut faire preuve d’une extrême rigueur. Il est indispensable de livrer une tauromachie très engagée, en se croisant face aux cornes, et en imposant la trajectoire au toro.

Les torero présentés cet après-midi sont parfaitement aptes à s’exprimer devant de telles adversaires. Manuel Escrivano est connu à Béziers depuis longtemps, et après une éclipse dans sa carrière, revient en se spécialisant dans ce que l’on appelle « les corridas dures ». Torero très complet, il pose ses banderilles, il s’engage totalement, et il peut transmettre énormément d’émotion au public.

Manuel Escribano

C’est également le cas de l’arlésien que les biterrois connaissent bien également, Mehdi Savalli. Torero particulièrement courageux, communiquant avec le public, notamment lors des poses de banderilles, il peut enflammer les arènes, tant son engagement se révèle total. Encore une fois, face aux Victorino Martin, il devra faire preuve de la plus grande rigueur, notamment lorsqu’il prendra l’épée et la muleta.

Mehdi Savalli

David Mora est également un très fin torero. Très élégant dans ses postures, et pourtant lui aussi abonné aux « corridas dures », il dégage dans son toreo une impression de facilité, alors que ses adversaires cherchent à peser sur lui. Il se montre toujours particulièrement serein, quels que soient les fauves qui lui sont opposés. Il peut, lui aussi, pour peu que le tirage au sort lui soit favorable, réaliser de très grandes choses dans ces arènes qu’il apprécie tout particulièrement.

David Mora

Une corrida de Victorino Martin est toujours dans une féria un moment fort. L’expression de « toros de combat » prend ici tout son sens. Ensuite, comme toujours en la matière, le destin décide.

» Pour en savoir plus sur la corrida du 14 août

Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Corrida du 13 août - La maîtrise artistique et le moment de vérité

Le très beau cartel de toreros opposés aux pensionnaires de l’élevage de Garcia Gimenez a pu, pour cette deuxième corrida de la feria 2017, largement satisfaire le public à la recherche de sensations esthétiques, avec des toreros situés vers les sommets du classement de leur discipline.

À l’exception du premier, plutôt faible, tous les taureaux se sont présentés deux fois face au picador, et le dernier de l’après-midi s’est révélé particulièrement intéressant.

Le maestro des maestros Enrique Ponce n’a pas été favorisé par le tirage au sort, et il a dû, avec toute la maîtrise qui le caractérise, toréer à mi-hauteur le premier toro de l’après-midi, sur un terrain très réduit. On a retrouvé ici les immenses qualités de ce matador dont l’expérience lui a permis de littéralement inventer un taureau et de proposer des séries de passe réglées au millimètre. Malgré une pétition du public que l’on pouvait considérer comme majoritaire, la présidence n’a pas reconnu la qualité de son engagement. À notre sens, une oreille n’aurait pas été déméritée. Cela pose d’ailleurs la question de l’attribution des trophées. Tous les taureaux ne permettent pas de livrer une tauromachie complète, mais le public, et a fortiori la présidence d’une corrida, particulièrement éclairée, doivent reconnaître la capacité du torero à s’adapter à un taureau qui ne présente pas d’exceptionnelles qualités. C’était évidemment le cas du premier Toro de l’après-midi, et Enrique Ponce lui a opposé son immense savoir et son respect du public. Beaucoup de matadors ne se seraient pas engagés autant et auraient beaucoup plus vite abrégé le combat. Cela n’a pas été le cas du maestro de Valencia et l’ovation du public, à deux reprises, et au moment de sa sortie a montré que finalement cet engagement avait été reconnu.

Toute la maîtrise du maestro des maestros dans cette naturelle à mi hauteur, indispensable face à un adversaire plutôt faible

Mieux servi pour son deuxième taureau, montrant toutes les facettes de son « savoir », le maestro a été particulièrement malheureux à la mise à mort, ce qui l’a privé de trophées que le public lui aurait attribués très probablement.

Le triomphateur de l’après-midi, (une oreille à son premier Toro, et deux oreilles à son second), a été incontestablement le jeune péruvien de 21 ans, Andres Roca Rey. Le tirage au sort, que l’on appelle sorteo et qui attribue une paire de taureaux à chaque matador, a été particulièrement favorable à Andres. Contrairement à ce que l’on pouvait attendre, il s’est concentré sur la faena et ne s’est pas livré à sa démonstration habituelle de passes de cape qui sont la marque des toreros d’Amérique du Sud. Sans doute voulait-il, très opportunément, conserver tout le potentiel de ses deux adversaires, et il a commencé ses deux combats  avec une certaine douceur, servant des séries de passe de facture très classique, avant de s’engager avec une grande détermination, et suscitant, surtout à son second toro, l’enthousiasme du public. Présent pour la seconde fois consécutive au cartel de la feria de Béziers, Roca Rey a répondu aux attentes et très logiquement est sorti par la grande porte des arènes.

Servi par un remarquable adversaire, Andres Roca Rey a pu exprimer la fougue de sa jeunesse, mais aussi proposer une tauromachie très classique, et à certains égards inspirée

Alejandro Talavante a vite tiré le meilleur de son premier adversaire, plutôt coopératif, et ne présentant pas de difficulté particulière. Construisant une faena vers le centre de la piste, il a pu donner une mise à mort rapide, qui lui a permis d’obtenir logiquement une oreille. Le style de Talavante est particulièrement épuré, très précis dans l’exécution des passes, mais il aurait peut-être été possible d’éviter, sur ses deux taureaux de l’après-midi que les faenas soient pratiquement identiques. Très malheureux à la mise à mort de son deuxième adversaire, il n’a pu, logiquement, obtenir un second trophée.

Une sortie de passe naturelle, (à gauche), à hauteur de poitrine (pecho)

Les taureaux de l’élevage de Garcia Giménez se sont révélés dans l’ensemble, moyen de force. S’ils ont eu deux rencontres au cheval, celles-ci ont été parfaitement dosées, et seul le dernier tour de l’après-midi, récompensé par une vuelta posthume s’est engagé contre le picador avec beaucoup de force. D’origine Juan Pedro Domecq, ces taureaux sont bien présentés, bien armés, et en dehors du premier, particulièrement faible, on peut permettre aux toreros de s’exprimer. Cette seconde corrida de la feria, si elle n’a pas été exceptionnelle, a permis une belle après-midi de taureaux, avec tous les aléas qui sont indissociables de ce spectacle. À quelques centimètres près, une estocade concluante, au moment de la mise à mort, permet l’attribution de trophées. Une conclusion maladroite fait perdre en quelques secondes tout le bénéfice d’une faena particulièrement bien construite.

Triomphateur de l’après-midi avec trois oreilles, le torero péruvien a été adopté par le public biterrois

C’est aussi une des particularités de la corrida, malgré l’engagement, malgré le courage, malgré l’expérience et le savoir, dans ce moment que l’on appelle « l’instant de vérité », le destin peut contrarier toutes les certitudes. Enrique Ponce et Alejandro Talavante qui sont loin d’avoir démérité, en ont fait l’expérience. Leur benjamin, Andres Roca Rey, encore une fois, très bien servi, par le tirage au sort, a pu très largement en profiter, et répondre ainsi, avec l’enthousiasme de sa jeunesse, aux attentes du public.

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Une novillada d'exception

LES AMATEURS QUI ONT EU LA BONNE IDÉE, MALGRÉ LES FESTIVITÉS ET LA COURTE NUIT DE LA VEILLE, DE SE PRÉSENTER AUX ARÈNES DE BÉZIERS CE DIMANCHE 13 AOÛT À 11 HEURES, AURONT INCONTESTABLEMENT VÉCU UN TRÈS GRAND MOMENT DE TAUROMACHIE.

Le directeur des arènes de Béziers, Robert Margé, est aussi éleveur de taureaux de race espagnole, et son fils Olivier gère lui aussi le domaine, et les 500 pensionnaires qui permettent à la ganaderia de Monteilles de présenter plusieurs corridas dans l’année depuis 1993. Présenter les taureaux de son élevage, lorsque l’on est l’empresa des arènes, (l’organisateur des spectacles tauromachiques), n’est jamais facile.

Les pensionnaires de la ganaderia sont cette année présentée en novillada sans picador à deux reprises, et pour la novillada piqûre du 15 août au matin.

Le deuxième adversaire issu de la ganaderia des Monteilles avait les comportements d’un grand taureau

Le lot présenté ce 13 août était littéralement exceptionnel. Ces becerros, (le terme qui désigne les taureaux de deux ans), ont permis aux quatre élèves des écoles taurines de Madrid, de Saragosse, de Toledo et de Navarre de s’exprimer pleinement. Le second becerro combattu par Alfonso Ortiz de Saragosse avec les comportements d’un très grand taureau, capable de suivre la muletta  avec constance, et demandant à son adversaire beaucoup de rigueur. Rares sont les novilleros qui ont la chance de rencontrer de tels adversaires en début de carrière. Alfonso Ortiz a vu assez rapidement le potentiel de son adversaire et a pu exprimer ses capacités de combattant, proposant de très belles séries de passes, à la grande satisfaction du public. Très opportunément, et avec une très large pétition du public, ce becerro a été gratifié d’un tour de piste posthume, que l’on appelle la vuelta et que la présidence ordonne avec un foulard bleu.

Olivier Margé, le majoral de l’élevage familial a d’ailleurs laissé les petits-enfants de Robert Margé, dont sa propre fille âgée de cinq ans, faire le tour de piste avec le novillero.

Ce novillo d’exception a été honoré d’une vuelta posthume

Parmi les triomphateurs de cette novillada sans picador, le public a pu apprécier le savoir-faire du jeune madrilène, Juan José villa, deux oreilles, et celui de Alejandro Adame de Toledo, deux oreilles également. Le premier novillero en piste, El Luri de Navarra a obtenu, a obtenu, tout comme Alfonso Ortiz une oreille.

Assister à ce type de spectacle permet au public de s’initier véritablement à la tauromachie. Les élèves des écoles taurines ont évidemment à cœur de séduire le public, les comportements très rapides de ces taureaux qui ont à peine deux ans de proposer des passes qui sont beaucoup moins évidentes avec des adversaires plus massifs, et surtout beaucoup plus armés.

Ce sont les petits enfants de Roberts Margé qui ont accompagné, Alfonso Ortiz, le torero triomphateur pour le tour de piste

Pour le public qui souhaiterait faire cette expérience pour la première fois, sans parler de ceux qui étaient présents ce 13 août au matin, et qui voudraient la renouveler, une session de rattrapage est prévue pour le 14 août. Si les pensionnaires de la ganaderia des Monteilles sont du même niveau, il faudra s’attendre à un excellent moment de tauromachie.

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

Deuxième corrida de la feria de Béziers - En première classe !

Une corrida repose sur la rencontre de taureaux et de toreros dont l’engagement dans ce qui relève à la fois du combat et de l’art permet au public d’éprouver des sensations esthétiques uniques. C’est dire l’importance, pour l’organisateur du spectacle, de choisir les acteurs les plus à même de s’adapter aux taureaux qui seront présentés en piste.

L’équipe de Robert Margé a mit la barre très haut pour cette deuxième corrida de la feria en réunissant trois matadors particulièrement en vue, face à un élevage de grande origine, dont les spécimens sont particulièrement adaptés au type de tauromachie pratiquée par Enrique Ponce, Alexandre Talavante et Andres Roca Rey.

Les taureaux de Garcia Jimenez, d’origine Juan Pedro Domecq, se sont révélés, lors des dernières temporadas, comme d’excellents partenaires, permettant aux toreros de s’exprimer pleinement. Bien présentés, ils sont habituellement aptes à suivre la muleta et se révèlent bien adaptés au type de tauromachie pratiquée par les trois maestros.

Le premier d’entre eux, Enrique Ponce est resté au sommet depuis un quart de siècle, son alternative date de 1990, et reste une référence incontournable de toutes les grandes férias. Comme torero le plus ancien de ce cartel, il sera le chef de lidia, celui sur lequel repose finalement la bonne coopération de tous les acteurs du spectacle. Paradoxalement, ce qui est la marque d’un grand torero, c’est la facilité, seulement apparente, avec laquelle il se présente devant ses adversaires. Cette aisance est liée à une maîtrise exceptionnelle de ce que l’on appelle « les terrains », (en espagnol on dirait le sitio), qui permet au torero de déclencher la charge de son adversaire et de lui imposer les trajectoires qui lui permettent de littéralement « construire » son toreo. Enrique Ponce, séduit aussi par sa très grande lucidité, et par sa capacité à véritablement tirer le meilleur de ses adversaires. En ayant gracié trois taureaux en 2016,  il a montré qu’il restait au sens littéral du terme « le maître ». Car si un taureau peut sortir vivant des arènes, cela signifie que le torero a pu révéler tout le potentiel de l’animal, et permet ainsi à l’éleveur de le conserver éventuellement comme reproducteur.

Toute la maîtrise du professeur Ponce dans ce redondo où le taureau subit cette passe circulaire qui le contraint à suivre la muleta

 

Alejandro Talavante qui a pris son alternative en 2006 propose, une tauromachie épurée, très rigoureuse, et il parvient à imposer aux taureaux sa volonté. Présent dans toutes les grandes férias, Talavante avait séduit le public biterrois l’année dernière, et sa présence en piste permet d’augurer une prestation de qualité. Bien entendu, il n’y a pas dans ce domaine de garantie absolue, puisque le comportement du taureau détermine finalement les possibilités du maestro d’interagir pour construire la faena. (  La troisième phase du combat où le matador utilise la muleta).

Une passe du répertoire, la manoletina, exécutée par Talavante. En fin de faena, le taureau passe au plus près, dans une trajectoire rectiligne face à un torero immobile

 

Le péruvien Andres Roca Rey est le benjamin de ce cartel. Il a pris son alternative, (la cérémonie qui permet le passage au statut de matadors de toros de plus de quatre ans), à Nîmes en 2015. Il avait alors 18 ans. Il associe la fougue de sa jeunesse à une maîtrise exceptionnelle de toutes les phases du combat. Comme la plupart des toreros sud-américains il est particulièrement attentif aux passes exécutées avec le capote, ( la cape de travail tenue à deux mains, utilisée avant l’entrée des picadors). Son répertoire dans ce domaine est particulièrement varié. À la Véronique, très classique, qui demande beaucoup de douceur d’exécution, face à un taureau en pleine vitesse, à la sortie du toril, Roca Rey peut ajouter des chicuelina, (lorsque le corps s’enveloppe dans la cape, faisant passer le taureau au plus près), et des serpentina, un exercice particulièrement difficile où le capote ondule littéralement, au moment de la charge.

Beaucoup de sérénité chez Andres Roca Rey dans cette exécution de la passe de cape face à un taureau en pleine charge

 

Tout est réuni pour offrir au public une corrida d’exception. Mais dans ce domaine, il faut rester modeste, il n’existe pas véritablement de certitude. Dans les milieux éclairés de la tauromachie, on parle de grande corrida sur le papier. Mais sa grandeur ne se révèle vraiment que sur la piste, et là, parce que la corrida demeure un spectacle vivant, au sens premier du terme, qui associe l’intelligence de l’homme à la nature sauvage, tout peut arriver. Et c’est sans doute la raison essentielle pour laquelle la corrida est un spectacle unique qui ne mérite assurément pas l’indignité des attaques dont il est l’objet périodiquement. La présence du public, plus massive cette année, que l’année dernière, dans les arènes comme dans la ville en fête, est sans doute la meilleure des réponses à ceux qui voudraient remettre en cause cette tradition ancrée dans certaines cités du Midi de la France, et qui s’affiche comme à Béziers, sur le fronton des arènes, « ville de tradition taurine ».

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

La fête au pied des Arènes!

La fin de la corrida marque le vrai début de cette folle soirée de la feria, et cela commence devant la grande porte des arènes de Béziers, là où le public attend, s’ils ont triomphé, la sortie des toreros. C’était le cas pour la corrida du 12 août, avec la sortie en triomphe de Sébastien Castella, qui a obtenu trois oreilles face à ses quatre adversaires.

Une fois le torero conduit à son véhicule, un véritable minibus dans lequel il commencera à décompresser après l’exercice intense auquel il s’est livré, le public, qu’il ait assisté ou non à la corrida ne pense plus qu’à la fête, dans une ambiance musicale que les bodegas proches des arènes entretiennent avec force décibels.

C’est aussi l’occasion de réaliser quelques images de ces personnes de tous âges et de toutes conditions, croisées dans la foule, qui s’écoule peu à peu vers l’Avenue Saint-Saëns.

On peut donc croiser Henri Cabanel le sénateur de l’Hérault, mais aussi ces groupes de jeunes anonymes, venus tout simplement faire la fête. Derrière les comptoirs des bodegas il y a aussi toutes ces personnes qui s’affairent, et qui se mettent au service des festejaires, pour reprendre l’expression en langue occitane.

La Pena Oliva très proche des arènes est un lieu très apprécié,
et avec un personnel particulièrement investi

Henri Cabanel, sénateur de l’Hérault, sort de la corrida

Dans cette cohue, plutôt bon enfant, l’on peut croiser aussi ceux qui sont en charge de la sécurité publique, CRS, policiers nationaux et municipaux, pompiers, et même des soldats de la légion étrangère, dans le cadre de l’opération sentinelle. Pour eux il n’est pas question de fête, mais bien de vigilance, et d’engagement.

Pour ces jeunes filles la fête avait déjà bien commencé !

Ce jeune homme avait un sens inné de l’effet de lumière !

La simple vue d’un appareil photo, dès lors qu’il a une touche plutôt professionnelle, suscite d’ailleurs des demandes, un peu comme si ces personnes voulaient immortaliser à tout jamais les bons moments qu’ils passent. Difficile dans ce cas de ne pas répondre à leurs sollicitations.

Bruno Modica

Première corrida de la feria de Béziers - 12 août 2017

La corrida d’ouverture a permis de découvrir la cavalière nîmoise Léa Vicens dont les chevaux, magnifiquement présentés, foulaient pour la première fois le sable des arènes de Béziers. Facette spécimens de l’élevage de Fermin Bohorquez, la caballera en plaza ont montré qu’elle s’inscrivait très largement comme l’héritière de Marie Sara mais avec un style qui n’était pas sans rappeler celui du maître incontesté de la discipline, Pablo Hermozo de Mendoza.

Une caballera en plaza que le public biterrois aura sans doute plaisir à revoir

Son premier taureau, plutôt cours de charges, ne lui a permis de déployer l’étendue de son art, même s’il a pu montrer, au-delà de la technique équestre, de vraies qualités de torera. On a pu apprécier notamment des poses de banderilles courtes, au plus près des cornes du taureau, et surtout une très belle série de quiebro, lorsque le cheval s’élance contre la charge de son adversaire, et change de trajectoire au dernier moment.

Comme Mendoza, Léa manie ses chevaux avec la plus grande douceur. Ce n’est pas si fréquent dans la discipline ou le cheval est durement mis à contribution. On a pu apprécier la prestation de ses compagnons dont les noms étaient annoncés au public au moment de leur entrée en piste. On a pu retenir Bazuka, Guitara et Greco qui composaient une partie de la cavalerie de Léa Vicens. Son premier adversaire ne lui a pas permis de triompher, tandis que son second, avec de vraies qualités de combattant, lui a permis de couper une oreille très largement pétitionnée par le public.

Léa Vicens maîtrise parfaitement l’exercice avec des chevaux magnifiquement présentés qui sont des partenaires dans ce qui demeure un combat au plus près des cornes du taureau

Rien n’est laissé au hasard dans cette tauromachie, pas plus la façon dont le cheval est conduit au combat, que la posture très élégante de la cavalière dont on imagine sans difficulté le travail particulièrement rigoureux, pour fournir un spectacle de cette qualité.

C'est en pleine vitesse que l’estocade est portée au taureau, ce qui suppose une maîtrise des trajectoires et du comportement de la monture

Le public ne s’est pas trompé, notamment lorsque Léa a littéralement toréé ses adversaires en utilisant comme muleta la queue de son cheval, inscrivant des figures sur le sable de l’arène, très proches finalement, de la tauromachie à pied.

Sébastien Castella est toujours très concentré avant de rentrer dans l’arène

Confronté à quatre spécimens de l’élevage de Nunez del Cuvillo, Sébastien Castella qui remplaçait, au pied levé, José Mari Manzanares, indisponible pour cause de blessure, s’est retrouvé directement sur ses terres. Connaisseur des particularités de cet élevage, Sébastien Castella a pu livrer quatre faenas très complètes à des adversaires qui manquaient tout de même de force et que les picadors, aux ordres du maestro, ont tout particulièrement ménagés. Le torero biterrois voulait conserver le maximum de potentiel à ses adversaires qui se sont révélés tout de même particulièrement coopératifs.

Cela a permis à Sébastien de toréer au plus près, quasiment entre les cornes, en livrant de très belles séries de naturelles, notamment à son premier et à son troisième adversaire.

Le défi se situait plutôt dans la succession de deux paires de taureaux, en alternance avec la cavalière, et dans la difficulté de maintenir l’attention du public sur ce qui se passe en piste. Si l’on devait mettre une critique, bien entendu constructive, au maestro biterrois, peut-être celle-ci se situerait au niveau de la transmission en direction du public. Le risque existe bien entendu de chercher à susciter des réactions du public par des passes spectaculaires mais plutôt « faciles », mais quand on connaît la rigueur de Sébastien Castella, la maîtrise des terrains, acquise depuis près de 20 ans, cela n’est pas un grand risque. Le public a d’ailleurs suivi très largement son torero, tout comme la présidence, et au final avec trois oreilles, Sébastien Castella a pu sortir par la grande porte de ses arènes.

Toute la maîtrise du maestro biterrois dans ce derechazo où le taureau est littéralement aspiré par la muleta

On peut toutefois s’attendre à ce que la présidence, plutôt généreuse en matière de trophées, soit l’objet de quelques remarques, et de la même façon que le choix de présenter un seul torero à pied, soit également l’objet de critiques.

Avec trois trophées obtenus sur ses quatre adversaires, Sébastien Castella ouvre la grande porte des arènes de Béziers

Cela fait incontestablement parti de la tauromachie, et le public qui souhaiterait poursuivre cet échange la possibilité de se rendre aux différentes tertullias qui sont organisées par les différents clubs taurins de la ville. ( Cela désigne des discussions entre amateurs éclairés qui analysent la corrida après le spectacle.)

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Feria de Béziers, des taureaux à la fête !

Indissociables des festivités qui animent la cité de Pierre-Paul Riquet à partir du vendredi 11 août jusqu’au 15 août, les corridas sont au cœur de la feria de Béziers et lui donnent une signification particulière.

Sébastien Castella, l’enfant de Béziers, est toujours
très attendu par son public

Béziers est une ville de tradition taurine depuis la fin du XIXe siècle, avec le premier spectacle tauromachique donné dans les arènes de Béziers en 1897.

C’est aux environs de 20 heures, lorsque la corrida se termine, et que la foule commence à remonter vers l’avenue Saint-Saëns, que commence l’autre dimension de la fête ou des dizaines de milliers de personnes se retrouvent dans les rues, pour assister à toutes sortes de spectacles dans différents points de la ville.

Pourtant, c’est vers la fin de l’après-midi, lorsque les spectateurs se rendent vers les arènes, que commence ce moment très particulier, celui qui réunit des personnes de tous âges, de toutes sensibilités, de toutes conditions, pour vivre ce moment unique que représente la fête du taureau, ce que les Espagnols appellent « la fiesta brava ».

La société du plateau de Valras, gestionnaire des arènes de Béziers, dirigée par Robert Margé propose cette année quatre corridas, une novillada piquée et deux novilladas sans picadors. Les corridas ont lieu à 18 heures précises et il s’agit sans doute de la seule activité qui se déroule à Béziers qui commence effectivement à l’heure !

Le matin, le public qui souhaite s’initier, à moindre coût, aux bases de la tauromachie, pourra assister à 11 heures au novilladas sans picadors qui voient des élèves des écoles taurines, des apprentis toreros, affronter des taureaux de deux ans que l’on appelle en espagnol des becerros. Le 15 août, toujours à 11 heures du matin, ce sont des taureaux de moins de quatre ans, les novillos, qui sont combattus.

Pour affronter des taureaux de quatre ans et plus, il faut être « officiellement » matador de toros, c’est-à-dire avoir pris l’alternative, une cérémonie qui marque de façon irréversible ceux qui ont pu aller au bout de ce rêve.

Les spectacles proposés par l’équipe de Robert Margé devraient satisfaire les amateurs de toutes les facettes de la tauromachie de tradition espagnole.

La corrida d’ouverture associe un combattant à pied, l’enfant de Béziers, Sébastien Castella est une torera à cheval, la nîmoise Léa Vicens. L’organisateur d’une corrida doit associer, dans une savante alchimie les deux principaux acteurs de ce spectacle très particulier. La corrida mixte verra entrer en piste les taureaux de Fermin Bohorquez pour la cavalière, tandis que Sébastien Castella affrontera quatre exemplaires de l’élevage de Nunez del Cuvillo. Car ce sont bien les taureaux qui déterminent le spectacle. De leur comportement, de leur bravoure et de leur noblesse, dépendent largement les sensations esthétiques que le public pourra ressentir. Pour la tauromachie à cheval, l’élevage de Bohorquez a très largement fait ses preuves, et la cavalière devrait pouvoir montrer la qualité du dressage de ses montures qui sont de véritables chevaux toreros, entraînés pendant des années, à surmonter la crainte que les taureaux leur inspirent tout naturellement.

L’élevage de Nunez del Cuvillo est une référence pour ceux que l’on appelle « les toreros artistes », et Sébastien Castella s’est largement imposé dans ce domaine. Particulièrement nobles, c’est-à-dire suivant la muleta que le torero leur présente, les taureaux de cet élevage ont permis cette année de très nombreux triomphes. (133 toros - 111 oreilles - 5 queues - 1 toro grâcié).

La seconde corrida, celle du 13 août, verra la présentation à Béziers de la ganaderia (l’élevage), de Garcia Jimenez. L’origine de cet élevage, celui de Juan Pedro Domecq, devrait permettre aux trois matadors qui leur seront opposés de s’exprimer. Le public biterrois aura l’immense bonheur de retrouver celui que l’on appelle dans le milieu, le maestro des maestros, Enrique Ponce qui se situe, depuis son alternative en 1990, toujours au sommet de son art. Enrique Ponce que l’on appelle parfois « le professeur », a une conscience aiguë de sa responsabilité devant le public. Il cherchera, quels que soient les difficultés, la faiblesse d’un taureau, le vent, à tirer le meilleur de son adversaire. La précision de ses gestes, la connaissance qu’il a de son placement dans l’arène et de la conduite qu’il impose à son adversaire lui permettent de s’imposer depuis plus d’un quart de siècle dans toutes les arènes.

Le public biterrois pourra retrouver l’un de ses toreros favoris, Enrique Ponce

Ses compagnons de cartel ne sont pas les premiers venus. Certes plus jeunes, ils auront à cœur de donner le meilleur d’eux-mêmes en compagnie de Enrique Ponce. Il s’agit de Alejandro Talavante et du jeune Péruvien Andres Roca Rey. C’est un cartel exceptionnel que Robert Margé propose ce 13 août, et chacun dans leurs styles différents cherchera à donner le meilleur.

Le torero péruvien, Andres Roca Rey propose au public un répertoire de passe de cape extrêmement varié

 Les corridas du 14 et du 15 août, qui seront présentés plus longuement dans un prochain article sont d’un style très particulier. Les élevages précédents sont réputés pour permettre habituellement aux toreros de s’exprimer, même s’ils demeurent des animaux sauvages et des combattants.

À partir du 14 août, avec les ganaderia de Victorino Martin et Miura, le public change véritablement de catégorie et le spectacle peut être complètement différent. Les spécimens de ces deux élevages demandent des toreros particulièrement rigoureux. Sans doute plus avertis, ils ont tendance à peser sur le torero qui doit littéralement s’imposer à eux pour les combattre. Face à ces spécimens, ce sont des toreros guerriers comme Manuel Escrivano, David Mora et l’arlésien Mehdi Savelli, face aux Victorinos, qui seront présents en piste.

La corrida de clôture verra un mano à mano, réunissant face aux mythiques taureaux de Miura, Rafaellilo triomphateur de l’édition 2016 de la feria de Béziers, et l’arlésien capable d’un engagement très entier, Juan Bautista que le public biterrois apprécie tout particulièrement.  

Avec les quatre corridas de toros, le public pourra donc assister à plusieurs styles de tauromachie, en espérant y voir cette harmonie unique et ressentir ces sensations esthétiques qui font de la tauromachie de tradition espagnole un spectacle à nul autre pareil.

Après 20 heures, c’est une autre fête qui commence, et dans la convivialité, la joie et la bonne humeur, ceux qui auront pu assister aux corridas pourront en parler encore. Mais au-delà des corridas, c’est une ville en fête qui s’offre à ses visiteurs comme à ses habitants, et il conviendra d’en parler également.

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Léa Vicens et Sébastien Castella au sommet de leur art !

Événement majeur dans la série des festivités au cœur du mois d’août, la féria de Béziers se distingue par l’organisation de corridas de tradition espagnole qui ont fait, depuis le premier spectacle tauromachique (1897), de cette cité : « la Séville française ».

Léa Vicens, la nîmoise s'est imposée dans toutes les férias
en France comme en Espagne

Comme en 2016, Montpellier infos, Thau infos et Béziers infos, le fil d’actualité en ligne de l’Hérault sera au cœur de cet événement majeur qui réunit autour du sable de ses arènes plusieurs dizaines de milliers de spectateurs à l’occasion de plusieurs spectacles.

L’ouverture de la feria commence par une corrida mixte qui verra alterner Léa Vicens pour la tauromachie à cheval, et l’enfant de Béziers, Sébastien Castella.

La corrida mixte qui associe le cavalier et le piéton est un excellent résumé de ces deux tauromachies dont l’histoire est différente. La tauromachie à cheval s’inscrit dans la tradition aristocratique de ces nobles d’Espagne qui combattaient contre les Maures au moment de la reconquista à partir du XIIIe siècle, tandis que le toreo à pied s’est codifié au tout début du XVIIIe siècle. Les corridas mixtes sont très fréquentes en Amérique latine, beaucoup moins en France, mais les arènes de Béziers ont fait le choix depuis plusieurs années d’en présenter en ouverture de la feria.

Léa Vicens est nîmoise et a fait ses débuts officiels en 2010. Elle souvent présentée comme l’héritière de Marie Sara, sa marraine d’alternative. Elle a participé en 2016 à 36 corridas en France comme en Espagne.

Dans la tauromachie à cheval, les amateurs apprécient particulièrement le travail de dressage et certains chevaux « toreros » sont entrés dans la légende comme l’inoubliable Caguancho, le cheval monté par Pablo Hermozo de Mendoza qui s’est présenté, à de nombreuses reprises, dans les arènes de Béziers. Léa Vicens montre beaucoup d’élégance dans ce qui demeure, en tout état de cause un combat, contre un animal sauvage. Ses adversaires sont issus de l’élevage de Fermin Bohorquez Escribano, une véritable dynastie, dans le milieu des caballero en plaza. (C’est ce terme qui désigne les toreros à cheval que l’on appelle également les rejoneadors).

Fondamentalement, la tauromachie à cheval obéit aux mêmes principes que la corrida à pied, si ce n’est que le groupe constitué par le cavalier et sa monture représente la muleta du torero à pied. Le taureau charge inlassablement ce qui constitue pour lui une menace et le groupe équestre exécute différentes figures à proximité de son adversaire. Plusieurs chevaux sont utilisés pendant le combat, divisé en trois phases, comme pour la tauromachie à pied. La première période vise à réduire la charge du taureau, la seconde, plus artistique, consiste à poser des banderilles, tandis que la troisième consiste à mettre à mort l’animal avec une épée dont la lame est fixée à un bâton. (La tauromachie à cheval pratiquée au Portugal ne présente pas la mort du taureau au public. Ce dernier est abattu en sortant de l’arène).

Sébastien Castella a pris son alternative à Béziers il y a très exactement 17 ans. Il s’est imposé dans les plus grandes arènes, en Espagne comme en France et en Amérique du Sud. Présent dans les plus grandes férias, il montre à chacune de ses prestations une tauromachie particulièrement exigeante, au plus près du taureau, associant un sens inné du combat à une grande élégance dans la posture. Dans les passes qu’il exécute de loin, appelant la charge du taureau, il fait preuve d’un très grand courage devant un adversaire qui est, en début de combat, en pleine possession de ses moyens.

Le biterrois Sebastien Castella est toujours au sommet de son art depuis son alternative en 2000. 17 ans déjà !

Le public qui n’est pas forcément averti et qui aurait la bonne idée de se rendre, pour la première fois, aux arènes pour cette ouverture de la feria a peu de chances d’être déçu. Les deux facettes de la tauromachie lui sont présentées par deux représentants de très haut niveau, et l’élevage de Nunez del Cuvillo qui sera opposé à Sébastien Castella a permis cette année de très nombreux triomphes. (111 oreilles - 5 queue - 1 toro grâcié).

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Bruno Modica

Bruno Modica est agrégé d'Histoire enseignant au lycée Henri IV de Béziers. Passionné de corridas, il intervient souvent aux arènes en tant que photographe taurin et fait profiter Béziers-Infos de sa vaste culture sur le sujet.

 

Une journée de découverte de la tauromachie

Dimanche 12 mars 2017

Le très dynamique club taurin de Béziers, animé par Christian Coll propose, dans le cadre du 120e anniversaire des arènes, une très intéressante journée de découverte, de cet art qui est parfois décrié par des activistes qui ne le connaissent pas.
La journée permet de découvrir successivement, la novillada sans picadors, la novillada piquée et la corrida de toros.
Lors de la novillada sans picadors, les toreros affrontent des bêtes de deux ans, tandis que pour la novillada piquée les taureaux ont dépassé trois ans.
Leur comportement est sensiblement différent de celui des taureaux adultes, plus de quatre ans, qui sont combattus par des toreros confirmés.
Cette corrida de bienfaisance permettra de découvrir des étoiles montantes de la tauromachie, parmi les jeunes qui se produiront en matinée, et notamment le jeune biterrois Lucas Miñana issu de l'école taurine de sa ville.
Un Franco-mexicain, André Lagravère, foulera pour la première fois le sable des arènes de Béziers.

Pour l'après-midi, face à des taureaux issus d'élevages confirmés, les spectateurs habitués pourront revoir Javier Conde. Pour ceux qui ne l'ont jamais vu en piste, il faut noter que ce torero très confirmé propose une tauromachie originale, avec une dimension artistique très affirmée, y compris devant des taureaux particulièrement combatifs.

Ses compagnons de cartel sont largement connus dans les arènes françaises, latino-américaines et espagnoles, et ils auront à cœur, alors que la saison tauromachique s'ouvre à peine, de donner le meilleur d'eux-mêmes.
Il ne faut pas manquer cette occasion pour s'initier et pour découvrir cet art. Lors de ces galas qui se déroulent dans la convivialité, on pourra trouver, au fil des rencontres, des amateurs et des passionnés, bref des aficionados, qui ne demandent qu'à transmettre et à faire partager leurs connaissances et leur savoir.

Le VIIIeme Grand Gala Taurin, organisé par Christian Coll président du CTPR El Mundillo de Béziers, se tiendra DIMANCHE 12 MARS 2017 aux Arènes de Béziers. Il sera au profit de l'association caritative de sapeurs-pompiers professionnels du Centre de secours de Béziers : « Grandir et Vieillir Ensemble ». Ce gala taurin de bienfaisance ouvrira la Temporada Biterroise et se placera dans les diverses manifestations entrant dans le cadre du 120ème anniversaire des Arènes de Béziers (1897-2017).

Le Maestro Javier Conde combattra à 15 heures un toros de la « ganaderia Fernay y sus Hijas », puis les Maestros Jeremy Banti, Sergio Serrano, MG «El Monteño», Tomas Cerqueira, David de Miranda et Michelito se mesureront avec des toros de la ganaderia Blohorn . Auparavant à 11 heures, le novillero franco-mexicain André Lagravere "El Gallo" combattra en piqué un novillo, suivi - en NSP face à des becerros de chez Blohorn - de Pierre Mailhan de Nîmes, Baptiste Cissé du Sud-Ouest, Lucas Miñana de Béziers. La cavalerie sera celle d'Alain Bonijol.

TARIFS : journée complète avec apéritif et repas : 38€ (limitée à 400 places) – matinée 15€ - après midi 25€ ; renseignements et réservation au 06 19 51 47 97 - (entrée gratuite pour les moins de 12 ans). Les 100 premières réservations « journée complète », sur présentation d'une pièce d'identité et payées, pourront donner droit à une accréditation d'accès à la contre piste.

Le Gala est en partenariat avec la Ville de Béziers et l'empresa Robert Margé, avec le soutien de l'Union des Clubs Taurins Paul Ricard, de la Fédération des Clubs Taurins du Biterrois et de l’École taurine de Béziers et bien sur avec « Grandir et Vieillir Ensemble.

Bruno Modica

Feria de Béziers 2016 - Les Miuras en majesté

Rafaelillo est le triomphateur de la feria avec trois oreilles face à des toros de Miura exceptionnels. Mehdi Salvalli, ( Une oreille) et Alberto Lamelas n’ont pas démérité. 

Une sortie à hombros pour Rafaelillo, triomphateur de la feria de Béziers 2016.

Une corrida de Miura est toujours un spectacle très particulier pendant lequel on voit des hommes, vêtus de lumière, armés d’une étoffe et d’une épée, affronter des fauves au comportement imprévisible. Dans la longue histoire de la tauromachie ces taureaux sont auréolés d’une légende noire, en raison de leur agressivité, et surtout du nombre de morts et de blessés qu’ils ont occasionnés.
Dans le même temps, ces animaux de combat permettent des hommes qui les affrontent d’aller au bout de leur passion, celle de l’engagement dans un combat qui révèle à la fois leur courage mais aussi leur sens artistique.
Face à des Miura ce sont davantage les qualités de courage qui permettent au torero de s’exprimer. Mais pour une après-midi exceptionnelle, et celle de la dernière corrida de la feria du 15 août en faisait partie, derrière le combat, il y avait aussi de l’art.

Le torero de Murcie a su maîtriser avec brio la charge de son adversaire comme avec cette naturelle.

Rafaelillo a été exemplaire dans toutes les phases du combat, face à ses deux adversaires. Il s’est imposé avec une parfaite maîtrise des terrains, recevant la charge avec beaucoup de douceur et pesant sur son adversaire par de petits mouvements de poignet qui guidaient sa trajectoire. Au moment de l’estocade, un exercice particulièrement difficile pour cet homme de taille moyenne face à un taureau dépassant les 1,50 m au garrot, l’engagement a été total, et la mise à mort particulièrement efficace. Une oreille à son premier taureau, deux oreilles pour le second, Rafaelillo est incontestablement l’homme de l’année à Béziers. La dépouille de son adversaire a effectué un tour de piste posthume sous les applaudissements du public. ( Vuelta al toro)

Le torero arlésien, Mehdi Savalli est très soutenu par le public biterrois qui le connaît depuis longtemps. Il s’est largement engagé, notamment sur son premier taureau en allant l’accueillir à genoux, face au toril pour cette passe très spectaculaire que les spécialistes appellent : larga afarolada de rodillas a puerta gayola.

 Accueillir à genoux, à la sortie du toril, un toro de 600 kg à pleine charge, c’est le défi de Mehdi Savalli.

 La pose de banderilles par le maestro est également un moment très apprécié, et on a pu, encore une fois, apprécier sa sincérité, en se présentant entre les cornes.
Malheureux à la mise à mort  pour son premier taureau, il s’est totalement engagé face à son second adversaire et le public a très largement pétitionné en faveur de l’obtention d’une oreille.


La pose de la paire de banderilles, d’une seule main, en pleine course, s’appelle al violin. Elle est issue de la tauromachie à cheval mais a été adoptée par les toreros banderilleros depuis une quinzaine d’années.

Alberto Lamelas se présentait pour la première fois aux arènes de Béziers, en remplacement de Manuel Escribano blessé. Dans les arènes du Sud-Ouest, il avait été très remarqué lors de la feria de Vic-Fezensac en 2014 face à un taureau assassin de Dolores Aguirre dont il avait pu triompher grâce à un courage exceptionnel.

Face à des taureaux de Miura qui ne toléraient pas la moindre approximation, le maestro, malgré son enthousiasme, a pu sembler parfois dépassé. Cela ne remet pas en cause l’envie que l’on a de revoir ce torero très courageux, qui est rentré dans ce cercle peu envié par les grandes vedettes, celui des spécialistes des corridas dures.

Alberto Lamelas, un torero au courage exceptionnel reçoit son adversaire à genoux.

Si les Miuras de Béziers ont permis aux toreros de s’exprimer, il n’en demeurent pas moins des taureaux très particuliers. Leur hauteur au garrot, l’envergure de leurs cornes, et surtout la vitesse avec laquelle ils se retournent contre le torero en fait toujours des adversaires redoutables. Ils peuvent être parfois impossibles à toréer, mais c’était loin d’être le cas pour cette dernière corrida de la feria 2016.

Le majoral, le maître du troupeau assiste au combat de ses toros. Sur son petit carnet leur comportement est soigneusement noté
et permet d’anticiper les sélections futures des taureaux de combats. Il est le seul à en connaître les origines.

Sur le visage du majoral de Miura, la satisfaction était visible, à l’image de celle du public qui avait le sentiment d’avoir vécu un grand moment, parfois trop rare, celui d’une tauromachie authentique. Mais la longue histoire des Miura à Béziers a su en offrir, comme ce 15 août 2016, d’exceptionnels.    

Bruno Modica

Feria de Béziers 2016 - Corrida du 14 août

Bilan contrasté pour les toreros et les toros.

Pour, Robert Margé, l’empresa des arènes de Béziers, qui présente ses propres taureaux dans ses arènes, le pari est toujours difficile. Les deux oreilles coupées par Juan Bautista à son premier taureau et par David Mora à son second, ont permis au public d’apprécier la bravoure de la plupart des taureaux présentés qui se sont franchement engagés à la pique, avec deux rencontres à chaque fois. Les picadors de Juan Bautista et de David Mora ont d’ailleurs été exemplaires à cet égard, appelant le taureau de loin en évitant cette monopique que l’on voit trop souvent dans certaines arènes.

Ce premier taureau de Diego Urdiales aurait pu révéler son potentiel avec une approche plus engagée.

On attendait beaucoup du chef de lidia, Diego Urdiales, qui se présentait dans les arènes de Béziers pour la première fois, et qui n’a pas su tirer de son premier taureau, le remplaçant (sobrero) - le premier exemplaire s’est cassé une corne en entrant en  piste - , le potentiel dont il disposait. Il aurait mérité plus d’engagement que des passes à mi-hauteur qui n’ont pas permis d’apprécier la noblesse du pensionnaire de la ganaderia des Monteilles.

Avec beaucoup de sincérité dans cette naturelle, Juan Bautista n’ a pas déçu le public. 

Comme cela avait été annoncé dans le précédent article d’annonce de cette corrida, Juan Bautista s’est comporté en très grand professionnel, engagé face à des adversaires qui n’étaient pas forcément commodes, et proposant son répertoire de passes classiques, avec l’élégance mais aussi l’honnêteté qui le caractérise. Juan Bautista a le sentiment très fort qu’il ne doit en aucun cas décevoir le public, et il a obtenu, pour son premier taureau, un trophée très largement mérité. Au moment de la mise à mort, il a fait le choix de recevoir la charge du taureau, ce que l’on appelle al recibir, et le public a su apprécier cette forme d’estocade que l’on voit trop rarement.

Si son deuxième adversaire ne lui a pas permis de s’exprimer totalement, -il s’est très vite arrêté de charger - , il a tout de même essayé d’en tirer le maximum, et les gradins ne lui en ont pas tenu rigueur.

David Mora est allé défier son second taureau contre les barrières et lui a imposé sa volonté. Le public a su reconnaître sa détermination.

Mal servi à  son premier taureau, David Mora a montré face à son deuxième adversaire, qu’il pouvait s’adapter aux circonstances. Fuyant le long des barrières après la pique, ce toro aurait été estoqué très rapidement par d’autres toreros que David Mora. Sans doute piqué au vif, et avec une énorme envie, David Mora est véritablement allé chercher le taureau en effectuant avec lui un tour de piste complet. Totalement engagé face à son adversaire qui se réfugiait contre les barrières, le maestro lui a littéralement arraché les passes, l’une après l’autre, en se croisant et en s’exposant face à lui, en imposant littéralement sa volonté. Le torero a décliné son répertoire face à un animal peu coopératif, et après une mise à mort concluante, il a été récompensé par une oreille, celle du courage et de la détermination.

Les taureaux de Robert Margé étaient de belle présentation, ils se sont bien livrés à la pique, ce qui est un signe encourageant. Ils demandent pour être toréés beaucoup d’engagement et de maîtrise technique, car, même s’ils suivent la muleta volontiers, ils cherchent à peser sur le torero et peuvent se retourner très rapidement vers lui pendant l’exécution de la passe.

Ces taureaux ne sont pas des faire-valoir des toreros, et face à eux, les trophées se méritent. La frontière est très étroite entre la réussite et la déception, et encore une fois, cela dépend de chacun des taureaux et de l’engagement des toreros.

Il restera de cet fin d’après-midi le respect que l’on doit à David Mora pour son engagement, et à Juan Bautista, le torero arlésien, l’admiration que l’on doit porter à cet homme chaleureux, soucieux du public et fondamentalement honnête. Si le public des arènes de Béziers l’encourage avec constance, cela ne doit rien au hasard.

Bruno Modica.

Avec l'APAVH, Voyou, le beau chat, est à l'adoption

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"L'histoire de ma courte année de vie est triste, comme celle de milliers d'autres animaux sur cette pauvre planète. J'ai très certainement été donné lorsque j'étais un bébé à n'importe qui. Une fois que j'ai passé l'âge d'être un tout petit, je n'ai plus intéressé les membres de la famille. Du grand classique chez les humains. Ils m'ont donc tout simplement abandonné comme si c'était un acte normal et absolument pas grave. Un acte anodin dans de pauvres esprits. Je suis resté de long mois dehors... j'avais très faim et j'étais blessé. Je manquais énormément d'amour, je cherchais à rentrer chez des voisins, je cherchais désespérément une personne qui allait enfin me voir, je cherchais de l'aide tout simplement. ""J'ai mis du temps à en trouver... mon désarroi ne faisait que grandir... jusqu'à ce qu'une personne se mobilise enfin pour moi et contacte l'association. Merci du fond de mon petit coeur à cette personne. Ce fût la fin de mon calvaire de chat de rue. Depuis quelques semaines auprès de famille d'accueil, je revis ! Je suis enfin épanoui, je reçois enfin l'amour que je mérite et croyez moi je leur fais des milliers de ronrons et de bisous. Je suis devenu zen, tranquille, je ne suis plus inquiet( la preuve, je dors en montrant mon ventre ce qui est signe pour le chat d'une parfaite confiance)..."

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