Histoire de Poussan

Beau succès pour les Journées européennes du patrimoine à Poussan

      Ce week-end vous pouviez profiter de la 35e édition des journées européennes du patrimoine, organisées par le service culturel de la ville de Poussan en collaboration avec Fabrice Bertrand, Jean-Claude Agullo, Roger Tognetti, et l’association Pierres et Chemins de la Moure. 

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Un beau programme et pour chaque événement, entre 20 et 60 personnes, des Poussannais et des visiteurs.

Avec Fabrice Bertrand  une première visite très instructive le samedi.

Pendant près de 1 heure 30, grâce au guide, près de trente personnes, des passionnés ou intéressés, sont partis à la découverte de ce patrimoine exceptionnel poussannais, des Halles, des châteaux de Montlaur et de Malbois, de la chapelle des Pénitents, du prieuré bénédictin et d’un plus modeste patrimoine tout autant intéressant. Avec l’observation de nombreuses façades et maisons, l’on comprenait comment les siècles avaient façonné en fonction des besoins la structure du village.

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Car jadis deux lieux de culte s’étaient développés : Saint-Vincent et Saint-Cléophas. Poussan est toujours une limite, mais entre deux évêchés, celui d’Agde et de Maguelone.

De St-Cléophas-des-Moulières il ne reste aucune trace. Exploitation agricole devenue hôpital pour permettre aux pèlerins de se reposer, il fut détruit durant la guerre de Cent ans, certainement. En revanche, Saint-Vincent-de-Jonquières, en bordure de la nouvelle voie, était un prieuré dépendant des Bénédictins de la Chaise-Dieu et un noyau d’habitat se serait constitué autour de l’église dont il reste certaines ruines, aujourd’hui.

berDSC_0028Ce commerce avec la Chaise Dieu a permis aux Bénédictins de s’enrichir et de de rassembler autour du territoire un certaine population. D’autres lieux de culte comme celui de Saint-Sulpice-de-Thoron, ou celui de l’Ermitage en allant vers le Puech Gayès montrent avec d’autres sites comme celui du Cous où une nécropole a été mise à jour, que des points de peuplement, bien que très dispersés, étaient nombreux sur la commune. Tous disparaîtront à plus ou moins long terme car certainement à partir de l’ancienne villa Porcianus ou plus précisément sur son territoire vont apparaître l’église Saint-Pierre et le château.

L’église sera mentionnée en 960 certainement construite sur un lieu de culte du IXe siècle.

En 990, elle est associée à un château construit à la place d’une tour qui l’aurait précédé.

Le village ou castrum ne sera clairement cité qu’en 1105 se développant d’abord sur les flancs sud et ouest du plateau où dominent église et château.

La visite a commencé par les Halles puis le groupe s’est dirigé vers la place de l’église petit à petit.

A noter la possibilité pour cette visite de pénétrer dans le château Malbois et dans la Salle Vinas, un joyau patrimonial pour Poussan

 Car si dans une commune de France, l’aula, le lieu de prestige, mesurait 20 m sur 8,40, à Poussan, au château d’en bas, il est de 6m sur 9.  Pour Sophie Clarinval, qui a écrit un livre à ce sujet, l’on peut remarquer la cheminée de cette salle d’apparat qui date du milieu du XVème siècle ainsi que le plafond peint à caissons. Celui de la salle Vinas de Poussan est vraiment remarquable. C’est une référence.

D’ailleurs, Jean Laforgue, sur une proposition de Marc Lugand qui avait écrit avec des Poussanais un bel ouvrage sur Poussan,  avait étudié ce plafond de la salle Vinas. Après avoir remarqué l’immense cheminée gothique fixée dans le mur entourée par un magnifique escalier en colimaçon, il avait exploré le plafond de 54 m², du « château d’en bas » devenu château Malbois au moment de la Révolution Française, plafond qui fut redécouvert en 1998 avec sa décoration. Mis à part un problème d’entretien, il était très bien conservé.

Composé de 6 grands carrés, avec un espace libre pour la cheminée, il est fabriqué avec des poutres réelles et 4 fausses poutres transversales pour régulariser. On trouve ensuite selon des proportions bien définies, des planches et des couvre-joints. Mais entre le plancher supérieur et le plafond on s’aperçut que les concepteurs avaient utilisé de la paille compressée qui évite la déformation des bois.

Outre les moulures classiques, rien n’a été laissé au hasard. Les solives moulurées sont posées perpendiculairement aux poutres à raison de 7 par caisson. d’ailleurs on retrouve le même plafond, mais moins riche, sous cette salle.

C’est le frère jumeau de celui de la maison Jacques Cœur à Montpellier, qui date de 1447, ce qui permet de donner une approximation pour la construction de celui de Poussan, aux alentours de 1454.bafP1140039

 Le château d’en bas, qui pourrait être bâti sur un édifice antérieur, n’a pas fini d’étonner.

Ses caissons peints, font encore l’actualité tout en étant des éléments fondamentaux de l’art européen.

Fabrice Bertrand n’était pas avare de détails et donc les participants avaient l’occasion de plonger dans cette histoire locale qui est une de nos richesses mais aussi d’aller à la rencontre virtuelle des anciens habitants et de ce qu’ils ont bien voulu nous transmettre, avec en plus des renseignements sur l’évolution de ces édifices.

Une visite bien instructive qui a permis d’apprécier le caractère global du centre historique de Poussan

montlaur 030 (2)Et si certains enchaînaient sur la découverte du quartier original autour de la Rue de la Salle c’est que cet espace périphérique en prolongement de la porte Notre Dame avait son importance : la Lauze coulait il y a quelques siècles en permanence et permettait à des moulins à huile de fonctionner, autour du pont d’Arcole, tout près d’un champ de foire côté Police municipale.

Il portait le nom de « Castel-vieil » en référence à une demeure située sur le chemin en direction de Loupian. Il développa son identité en 1850 mais certaines des maisons datent des 16ème et 17ème siècles. Une certaine homogénéité surtout  en partie basse et dans la rue de la Salle avec des maisons vigneronnes qui vont s’y sont développés.

Durant la déambulation, rencontre avec un passionné pour qui les échanges sont importants, Jean-Claude Agullo, un autodidacte de la sculpture sur bois et du vitrail, qui sait que la passion ça se partage. patrimP1140053Jean-Claude est toujours motivé pour réaliser de nombreuses expériences et donc son amour pour le travail bien fait lui permet de s’épanouir dans sa passion.  Depuis près de 24 ans Jean-Claude réalise des objets pour le plaisir et souvent pour offrir à tous ceux qu’il aime. Heureux que d’autres s’intéressent à ce qu’il fait il a toujours envie d’en faire profiter à un maximum de personnes.agu 7 7 17DSC_0275 (23)Jean-Claude qui a son atelier dans le quartier de la rue de la Salle était très heureux d’expliquer sa technique aux adultes.
Entre soudure (plomb soudé à l’étain) et maniement du verre, entre ombre et lumière, chacun a pu apprécier le travail de ce passionné qui c’est certain, n’est pas au bout de ses découvertes bien qu’il se soit déjà lancé dans des grandes dimensions avec des psychés et dans les 3 dimensions.

 Près  la placette des Trompe-l’œil, il en fait profiter un maximum de personnes. N’hésitez pas à le solliciter.

La visite guidée pouvait se poursuivre en remontant la rue de la Salle jusqu’au point culminant qui serait celui du Puech des Sarrasins  car une Bataille y aurait eu lieu du temps des Wisigoths entraînant la mort d’un roi !

patrimoP1140052Et ce dimanche vers 10 h 30, un autre voyage dans le temps, mais dans le présent avec Roger Tognetti, un gnomoniste.

Cette année, depuis le 22 juin puis durant l’été, le vendredi en général, il proposait une animation/démonstration sur le fonctionnement du cadran solaire situé sur la place de la mairie de Poussan car Le solstice d’été se produisait cette année  très exactement le 21 juin 2018 à 10h 07 du matin. .

 Le concepteur du cadran, Roger, animait alors cette présentation et se tenait à votre disposition si vous souhaitiez en savoir plus car il est intarissable à ce sujet…

Et ce dimanche à l’occasion des journées européennes du Patrimoine Roger était bien motivé.

Il s’est fait un plaisir d’expliquer d’abord à des Poussannais sensibilisés à l’usage du Cadran solaire et à d’autres néophytes, la bonne utilisation de ce dernier, puis petit à petit, les visiteurs de passage se sont intéressés au cadran qui c’est le cas de le dire a été remis en lumière.

Il faut savoir aussi, qu’en 2012, le cadran scolaire d’azimut déjà situé sur la place de la Mairie avait eu droit à un beau lifting. Et son concepteur, Roger, s’en était occupé du mieux possible afin de lui redonner son aspect originel.patrimP1140121

Le cadran avait eu alors une restauration et le sol aussi. Et depuis, tous les ans, ceux qui souhaitent obtenir des informations ou comprendre son fonctionnement peuvent s’adresser à lui ou participer à des conférences de sa part.

C’est en effet un des plus précis et des plus perfectionnés de France. Roger est toujours prêt à le démontrer aux visiteurs.

Ce gnomoniste passionné en a créé de toutes sortes mais pour celui-ci, la science exacte a parlé particulièrement. Si voilà plus de 17 ans, avec l’aide des services techniques et des enfants du centre aéré il avait déjà réalisé un cadran sur un mur de la MJC, il souhaitait encore s’approcher de l’idéal avec un cadran horizontal. Il avait donc réalisé les plans, réalisé de savants calculs, puis présenté son projet à la mairie qui permit alors sa réalisation avec l’aide des tailleurs de pierre de Vincent Gascon.

Avec des pierres venues de Bolivie, des Pyrénées ou de Jérusalem des compagnons ont réalisé ce cadran selon les mesures, les plans et les données de Roger.

Avec ce cadran, c’est l’homme lui même qui est le style ou la tige qui grâce à son ombre va indiquer l’heure.

L’ombre projetée indiquera l’heure exacte à laquelle il faudra apporter une correction en fonction de la période précisée sur le tableau devant le cadran. (Équation du temps) (http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_du_temps), une autre de 3/4 h en fonction de notre position par rapport au méridien de Greenwich (http://fr.wikipedia.org/wiki/Temps_moyen_de_Greenwich) et une dernière selon l’heure d’été ou d’hiver.

  Ça fonctionne très bien et de plus ce cadran ana-lemmatique est utilisable comme une boussole : un chef d’œuvre en quelque sorte auquel l’on doit  un grand respect.

 

Toutefois, Roger précisait aux visiteurs qu’il avait toujours eu un grand intérêt pour ce qui se passait dans le ciel, ce qui l’avait mené en tant qu’amateur à réaliser des cadrans solaires.

C’est un des plus beaux cadrans solaires de France, qui donne l’heure à 1 minute 1/2 près. Il est en cours d’homologation. Il suffit de se placer au bon endroit en fonction de la saison, du mois et de la date, de lire l’heure sur le cadran et d’apporter la correction nécessaire indiquée par le tableau prévu à cet effet (Attention à l’heure d’été et d’hiver).  Sans celui-ci, il faudrait se baser sur plus 45 minutes. Pour être précis, il faudra toujours en fonction du mois, enlever ou rajouter des minutes à ces 45 qui sont une moyenne. »

Et ça fonctionne aussi, Roger en faisait la démonstration. Pour vous faciliter les choses, il a tout prévu et il est possible de scanner le flash code placé sur le panneau à l’aide de votre smartphone. Vous  serez dirigé ver le site cadranpoussan.perso.sfr.fr où vous aurez de nombreuses précisions complémentaires.

 C’est vraiment une belle réalisation de part sa précision, sa taille et par les matériaux qui le composent ». togDSC_0017

Et pour terminer, toujours ce dimanche, pour près de 60 volontaires bien motivés ce fut l’occasion d’effectuer une balade de près de 2 h sur les sentiers des capitelles.

patrimcapoDSC08554 Guidés par les membres de l’association Pierres et Chemins de la Moure à partir du gymnase des Baux tous ont pris plein nord vers des capitelles non loin des sentiers de randonnée.

Pour en savoir plus sur les capitelles :

http://heraultinsolite.blogspot.fr/2012/06/le-circuit-des-capitelles.html

Poussan des origines : du néolithique aux Romains

A l’heure des visites guidées de Poussan, il est bon de se souvenir que l’occupation actuelle du site est le résultat d’une très longue évolution qui débutait à l’époque du néolithique.

Si bien plus tard, l’agglomération de Poussan se développera autour du château Montlaur, l’on a retrouvé des traces de l’époque du Néolithique avec une fréquentation humaine dans la périphérie de la commune. L’époque Paléolithique n’a pas de représentation à Poussan qui vivait alors sous le régime de la dernière glaciation (entre 80 000 et 35 000 ans) . Le site le plus proche occupé par l’homme de Néandertal serait celui de la grotte d’Antonègre, à Montbazin.poussCapture

 

Entre 3 200 et 2 500 ans av J-C l’homme, qui est devenu agriculteur, se serait installé sur le territoire communal. Il y a certainement vécu auparavant, mais aucune trace ne permet de l’affirmer. Il y fabriquait des haches, il réalisait des poteries, et commença à travailler le cuivre au Chalcolithique jusqu’en 1 800 av. J-C. D’après Raymond Monjardin et Marc Lugand, tous les deux archéologues, une dizaine de sites présentent alors des signes d’habitat avec des tessons de céramique comme à l’Estaque, aux Ors ou à Roumège, avec deux haches trouvées autour du Puech Bruneaud et du Mas Blanc et même avec un mobilier céramique qui concerne La garenne, les Oulettes ou Glauga. L’implantation des habitats alors constitués de cabanes réalisées avec des matériaux périssables est de préférence choisie sur des hauteurs en forme de terrasses, à l’abri du vent du nord. Certains d’entre eux ont en outre vue sur l’étang de Thau.

Cette ouverture sur la Méditerranée aura une influence déterminante aux périodes suivantes : celles de l’Age du Bronze et de l’Age du Fer. Bien plus tard, en 121 av J-C, les Romains victorieux à Marseille des Valques, créent une capitale, Narbonne et une voie de communication, la voie Domitienne. Traversée par cette Via Domitia, le secteur poussannais est mis en valeur, et le cadastre se formalise, dans un but fiscal. On en retrouve encore des traces sur la commune.

Et comme les terres doivent être exploitées, celles de Poussan dépendront du territoire de Nîmes. De cette période, l’on a retrouvé un Cippe funéraire (monument funéraire sous la forme d’un pilier bas qui signalait l’emplacement d’une tombe ), celui de de Lulius Chrysio, dans la basse-cour du Château au XVIIème siècle.

D’après Gilles Sauron, Chrysio était un citoyen romain, un notable, propriétaire à Poussan, d’une villa et d’un domaine. Sa villa devait être source de profit mais aussi lieu d’une résidence luxueuse avec des bains. Il semblerait qu’un autre notable, Porcius, ait possédé un domaine semblable qui serait à l’origine du nom de Poussan. Depuis 1960, plusieurs sites ont été découverts comme celui des Clachs, une exploitation agricole d’une superficie de 1 ha 1/2, avec un bâtiment composé de plusieurs pièces à vocation agricole et résidentielle. son occupation prendra fin vers le VIème siècle.

A 400 m de là, à « Roumège », un établissement Gallo-Romain fut aussi découvert : habitat luxueux, thermes avec tubulure de chauffage et cellier viticole pour ce domaine de trente hectares entre la colline et l’étang. D’autres sites comme celui du « Cateau », ou celui de la Fontaine de « Glauga » ont été étudiés, mais l’ activité du premier cessera vers le IIIème siècle, tandis que la source de Glauga fut divinisée et le lieu occupé jusqu’à la fin de l’Antiquité.. Enfin, au Mas Blanc, sur le site de Tarroussel aussi et au Puech Gayès, l’occupation connaîtra un développement jusqu’au VIème siècle.

De l’étang de Thau à Montbazin, la plaine n’est alors pas déserte même si le Puech Gayès n’est pas devenu une agglomération. La voie Domitienne y joue le rôle de frontière, mais la Pax Romana (jusqu’en 180 à l’annonce de la mort de l’empereur Marc-Aurèle) aurait fait perdre au Puech sa valeur stratégique. Poussan avait des campagnes exploitées avec des fermes et des villas.

Il faudra attendre le Moyen Age pour voir le phénomène urbain se manifeste.

Le plafond de la salle Vinas

Les plafonds en caissons peints de la Salle Vinas à Poussan sont un joyau pour la commune. Jean Laforgue, sur une proposition de Marc Lugand qui a écrit avec des Poussanais un bel ouvrage sur Poussan, lui avait proposé l'étude du plafond de la salle Vinas, dans le cadre de l'école de Chayot. Avant de commencer l'exploration du plafond de 54 m², il faut approcher d'une façon générale le "château d'en bas" devenu château Malbois au moment de la Révolution Française.
C'est un édifice très grand, avec une tour ouest construite au XIVe siècle qui en est le point fort. Au XVIe, toutes les structures en bois seront pétrifiées. Et après les Lévy, les propriétaires suivants ne firent plus grand chose. Il fut mis en sommeil, ce qui explique sa bonne conservation.
« Quant au plafond, il fut découvert en 1998 avec sa décoration. Mis à part un problème d'entretien, il était très bien conservé », précise Jean Laforgue.
Composé de 6 grands carrés, avec un espace libre pour la cheminée, il est fabriqué avec des poutres réelles et 4 fausses poutres transversales pour régulariser. On trouve ensuite selon des proportions bien définies, des planches et des couvre-joints. Mais entre le plancher supérieur et le plafond on s'aperçut que les concepteurs avaient utilisé de la paille compressée qui évite la déformation des bois. Outre les moulures classiques, rien n'a été laissé au hasard. Les solives moulurées sont posées perpendiculairement aux poutres à raison de 7 par caisson.
Le charpentier et le tailleur de pierres parlent le même langage, d'ailleurs on retrouve le même plafond, mais moins riche, sous cette salle. C'est le frère jumeau de celui de la maison Jacques Coeur à Monpellier, qui date de 1447, ce qui permet de donner une approximation pour la construction de celui de Poussan, aux alentours de 1454.
En suivant l'évolution des structures cela corrobore cette estimation. Ce serait à Tarascon que l'idée du caisson régulier aurait pris forme. Mais pour Jean Laforgue la richesse de la salle et du château provient aussi de l'immense cheminée gothique fixée dans le mur entourée par un magnifique escalier en colimaçon (grande vis). Si tout semble lié, le château d'en bas, qui pourrait être bâti sur un édifice antérieur, n'a pas fini de nous étonner.
Ces caissons peints, sont toujours aussi beaux tout en étant des éléments fondamentaux de l'art européen.

J.-M P

Le presbytère, un édifice qui s'est adapté au fil des siècles

Poussan s'est développé autour de son église, son château et autour du prieuré bénédictin dont le siège était au départ à Saint Vincent, probablement.
Si un prieur est mentionné à Poussan, en 1288, l'on sait par un texte à peine plus tardif, qu'un cloître existait déjà aux abords de l'église. Et si, selon Marc Lugand, archéologue de la CCNBT, un des prieurs possédait une demeure assez grande près de l'église, l'on peut dater la construction du bâtiment gothique actuel , "le presbytère", appelé "maison prieurale" par les textes modernes, entre 1333 et 1343.
Cependant, en 1861, des réparations nombreuses et urgentes sont demandées par Louis Bésiné, architecte du Département. La partie antérieure de l'édifice sera alors démolie, la façade reconstruite avec les mêmes matériaux, l'immeuble étant retranché d'un tiers de sa surface au profit de la rue. Si l'extérieur du bâtiment garde encore les traces des multiples transformations qui l'ont affecté, c'est un calcaire coquillier de couleur jaune, venant des carrières de »Peyrierres« qui a été utilisé.
En premier lieu, avec la construction du presbytère, les pièces étaient couvertes de croisées d'ogive. Dans un second temps, au milieu du XV ème siècle, une reprise concernera le jarrier, puis en 1853, la reconstruction de l'église paroissiale entraînera la destruction presque totale du bâtiment perpendiculaire qui sera en grande partie englobé dans l'église.
En 1862, outre le fait que sa surface ait diminué d'un tiers, c'est 'aspect extérieur de l'actuel presbytère qui sera profondément modifié : l'on remarque des "coups de sabre", sur les murs, est, et nord, ainsi qu'une "couture" qui résulte de la transformation et surtout, les fenêtres gothiques du premier étage crées certainement par Bésinet.
Quant au prieuré, s'il dépendait de l'abbaye de la Chaise Dieu, au premier étage il devait comporter des chambres, au rez de chaussée il possédait une cuisine et un réfectoire, pour la communauté, ainsi qu'un jarrier pour stocker les produits de la dîme.
Une magnifique bâtisse inscrite à l'inventaire des Monuments historiques mais pour laquelle les archéologues se posent des questions : citée comme un des témoins les mieux conservés de l'architecture domestique du XIV ème siècle, aux archives départementales, les plans relatifs à la reconstruction sont pourtant datés entre 1861 et 1863.

J.-M P

Une capitelle extraordinaire

Elle est cachée depuis des décennies dans les garrigues poussannaises. Protégée par des chênes, entourée d'oliviers, elle n'a certainement pas subi de transformation depuis sa construction.
Il faut dire que ceux qui l'ont bâtie n'ont pas lésiné sur les moyens. Des tonnes de pierres composent ses murs qui ont près de 1m d'épaisseur. Mais vu la taille de cette capitelle qui a un diamètre de plus de 4m, les constructeurs y ont rajouté d'énormes contreforts qui servent aussi à la camoufler.
Avec un porte-à-faux incroyable pour les dalles composant la toiture, il a fallu des spécialistes pour obtenir un résultat aussi parfait et de plus, stable. Si on la trouve au nord du territoire communal, son ouverture est elle située vers le sud.
Utilisée par des bergers ou par des ouvriers agricoles qui s'y protégeaient de la chaleur l'été ou du froid, l'hiver, l'on pouvait y faire du feu et s'y retrouver à plus d'une dizaine.
Pas de lézardes sur les parois de la capitelle dont la disposition des pierres rappelle celle de certaines constructions grecques.
Avec des niches pour ranger les outils, cette capitelle dont la structure a été réfléchie, est une référence dans notre patrimoine local.

J.-M P