Le presbytère, un édifice qui s'est adapté au fil des siècles

Poussan s'est développé autour de son église, son château et autour du prieuré bénédictin dont le siège était au départ à Saint Vincent, probablement.
Si un prieur est mentionné à Poussan, en 1288, l'on sait par un texte à peine plus tardif, qu'un cloître existait déjà aux abords de l'église. Et si, selon Marc Lugand, archéologue de la CCNBT, un des prieurs possédait une demeure assez grande près de l'église, l'on peut dater la construction du bâtiment gothique actuel , "le presbytère", appelé "maison prieurale" par les textes modernes, entre 1333 et 1343.
Cependant, en 1861, des réparations nombreuses et urgentes sont demandées par Louis Bésiné, architecte du Département. La partie antérieure de l'édifice sera alors démolie, la façade reconstruite avec les mêmes matériaux, l'immeuble étant retranché d'un tiers de sa surface au profit de la rue. Si l'extérieur du bâtiment garde encore les traces des multiples transformations qui l'ont affecté, c'est un calcaire coquillier de couleur jaune, venant des carrières de »Peyrierres« qui a été utilisé.
En premier lieu, avec la construction du presbytère, les pièces étaient couvertes de croisées d'ogive. Dans un second temps, au milieu du XV ème siècle, une reprise concernera le jarrier, puis en 1853, la reconstruction de l'église paroissiale entraînera la destruction presque totale du bâtiment perpendiculaire qui sera en grande partie englobé dans l'église.
En 1862, outre le fait que sa surface ait diminué d'un tiers, c'est 'aspect extérieur de l'actuel presbytère qui sera profondément modifié : l'on remarque des "coups de sabre", sur les murs, est, et nord, ainsi qu'une "couture" qui résulte de la transformation et surtout, les fenêtres gothiques du premier étage crées certainement par Bésinet.
Quant au prieuré, s'il dépendait de l'abbaye de la Chaise Dieu, au premier étage il devait comporter des chambres, au rez de chaussée il possédait une cuisine et un réfectoire, pour la communauté, ainsi qu'un jarrier pour stocker les produits de la dîme.
Une magnifique bâtisse inscrite à l'inventaire des Monuments historiques mais pour laquelle les archéologues se posent des questions : citée comme un des témoins les mieux conservés de l'architecture domestique du XIV ème siècle, aux archives départementales, les plans relatifs à la reconstruction sont pourtant datés entre 1861 et 1863.

J.-M P