Le plafond de la salle Vinas

Les plafonds en caissons peints de la Salle Vinas à Poussan sont un joyau pour la commune. Jean Laforgue, sur une proposition de Marc Lugand qui a écrit avec des Poussanais un bel ouvrage sur Poussan, lui avait proposé l'étude du plafond de la salle Vinas, dans le cadre de l'école de Chayot. Avant de commencer l'exploration du plafond de 54 m², il faut approcher d'une façon générale le "château d'en bas" devenu château Malbois au moment de la Révolution Française.
C'est un édifice très grand, avec une tour ouest construite au XIVe siècle qui en est le point fort. Au XVIe, toutes les structures en bois seront pétrifiées. Et après les Lévy, les propriétaires suivants ne firent plus grand chose. Il fut mis en sommeil, ce qui explique sa bonne conservation.
« Quant au plafond, il fut découvert en 1998 avec sa décoration. Mis à part un problème d'entretien, il était très bien conservé », précise Jean Laforgue.
Composé de 6 grands carrés, avec un espace libre pour la cheminée, il est fabriqué avec des poutres réelles et 4 fausses poutres transversales pour régulariser. On trouve ensuite selon des proportions bien définies, des planches et des couvre-joints. Mais entre le plancher supérieur et le plafond on s'aperçut que les concepteurs avaient utilisé de la paille compressée qui évite la déformation des bois. Outre les moulures classiques, rien n'a été laissé au hasard. Les solives moulurées sont posées perpendiculairement aux poutres à raison de 7 par caisson.
Le charpentier et le tailleur de pierres parlent le même langage, d'ailleurs on retrouve le même plafond, mais moins riche, sous cette salle. C'est le frère jumeau de celui de la maison Jacques Coeur à Monpellier, qui date de 1447, ce qui permet de donner une approximation pour la construction de celui de Poussan, aux alentours de 1454.
En suivant l'évolution des structures cela corrobore cette estimation. Ce serait à Tarascon que l'idée du caisson régulier aurait pris forme. Mais pour Jean Laforgue la richesse de la salle et du château provient aussi de l'immense cheminée gothique fixée dans le mur entourée par un magnifique escalier en colimaçon (grande vis). Si tout semble lié, le château d'en bas, qui pourrait être bâti sur un édifice antérieur, n'a pas fini de nous étonner.
Ces caissons peints, sont toujours aussi beaux tout en étant des éléments fondamentaux de l'art européen.

J.-M P