1788, Cette, les Anglais et les autres.

A la fin du XVIII° siècle, il semblait que des divinités malveillantes s’acharnaient à contrarier la vie de la cité portuaire. 8 500 habitants, après plus d’un siècle d’existence. La mauvaise chance. Le « guignon » aurait Baudelaire. Cette n’était pas devenue le grand emporium entre Massif Central, Rhône et Pyrénées.

Conditions locales : un frein au développement.

Le représentant du roi, l’Intendant Barville, évoque désabusé les handicaps du site de la ville-port (Mémoire sur le Languedoc 1788). Son territoire, « une lieue carrée » (environ 4 km2) présente « peu de terrain cultivé », ne produit qu’un peu de blé, d’huile, quelques légumes et fruits. Des plantes médicinales pour la pharmacie de Montpellier. Un peu de bétail et 2 400 hectolitres de vin. Sur ces maigres récoltes, les Cettois payent à l’évêque d’Agde dîme et champart. Infortune de terre. Infortune de mer : « la navigation et le commerce maritime sont presque encore dans leur enfance ». Le port risque l’ensablement et « les grands vents violents » interrompent la navigation sur l’Etang. Selon l’Intendant, les Languedociens « ont toujours craint de se livrer au commerce maritime » et « si l’on a armé accidentellement quelques vaisseaux pour les Isles, le peu de succès de ces premières tentatives a refroidi les spéculateurs.. » Les capitalistes languedociens « ne sont pas assez puissants et trop accoutumés à des placements sûrs ». Et Marseille « conserve le commerce exclusif avec le Levant ».

Languedoc prospère mais fortement concurrencé.

L’arrière-pays a pourtant des richesses naturelles à exporter, en particulier « les grains » si importants dans l’économie de l’Ancien Régime. Les diocèses de Castres et Saint Pons produisent seigle et « bled de Turquie » (maïs). Le Lauragais, l’Albigeois, le Montalbanais, un excellent froment, de même que le Narbonnais. Mais une grande partie des « bleds » part pour Toulouse, Montauban où la farine produite est exportée vers les colonies par Bordeaux. Seul, le Narbonnais exporte par le canal royal vers Toulon ou l’Espagne. Et encore, le canal de la Robine doit être amélioré. Combien Cette capte-t-elle des 1,8 millions de Qx d’excédents du Languedoc ? L’Intendant ne le dit pas. Or, la province est l’une des plus actives de France. L’industrie textile y est très importante. Mais c’est de Marseille que s’exporte la « Grande Draperie » vers Salonique, Chypre, Saint-Jean d’Acre, Le Caire, Alexandrie, l’Inde même. La concurrence anglaise est rude. Elle le sera encore plus pour les tissus de coton si importants fin XVIII°. A Montpellier, « Alby », Toulouse le coton du Levant devient toiles à voile, toiles de blanc, mouchoirs et rubans. Mais l’Anglais produit mieux, moins cher et profite du traité de commerce de 1783. Et il fait de tels achats sur le marché que les cours bondissent, portant un rude coup aux fabriques de Montpellier.

Dans le même temps, malgré le « pacte de famille » (1762) entre l’Espagne et la France, la Péninsule ibérique et l’Amérique espagnole se ferment aux produits français. A Cette, on exporte « bonnets, mouchoirs et autres petites étoffes ». Trafic que l’Intendant ne chiffre pas. Le port survivra, mais grâce à des ressources locales.

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de  "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Avec l'APAVH, Joe, la fripouille , est à l'adoption

joeIMG_0437Après avoir alerté les vétérinaires, les dianes de chasse les plus proches, mis des annonces, il a bien fallu se rendre à l’évidence personne ne recherchait notre poilu ! Avec sa bouille de chien abandonné et son air de rien, on l’a tout d’abord appelé « Le Chien Marcel », et puis c’était un peu long alors ce fut « Plumeau » finalement 3 jours plus tard c’est Joe qui s’est imposé ! Et ça lui va super bien. Quand Joe est arrivé en famille d’accueil, il n’en menait pas large…les 8 autres chiens l’ont niflé, reniflé. Il était tout kiki à côté. Joe est typé Bleu de Gascogne, mais plutôt version mini! Le Bleu qui n’a pas grandi. Allez savoir pourquoi, il s’est pris d’affection pour le grand Roch qui fait environ 3 fois son poids ! Seulement les premiers temps Roch appréciait très moyennement ce zébulon qui le suivait partout alors il le lui a fait savoir avec force claquements de mâchoires et grognements…nous avons laissé faire. Encore une fois grogner est un mode de communication, même si nous avions peur que le gros nous le coupe en deux… Roch regardait Joe comme si c’était un insecte, un ouistiti qui l’agaçait...

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