Histoire de Sète

Histoire du protestantisme sétois

L'église protestante unie de Sète et bassin de Thau a célèbré les 500 ans de la Réforme, len mai avec une soiré au temple de Sète et une exposition Martin Luther, ainsi qu'une conférence sera donnée par le professeur Michel Miaille de l'Université de Montpellier sur le thème de l'apport du protestantisme dans la société et sa modernité.

La soirée s'était terminée par un récital d'orgue donné par Frédéric Munoz avec la participation des amis de l'orgue qui ont permis la rénovation totale de cet instrument monumental du début du XXème siècle. Seront proposées des œuvres de Böhm, Pachelbel, Bach et Luther. (voir rubrique conférences)
A cette occasion Eva Nocquet, la pasteure de la paroisse de Sète Bassin de Thau,  avait eu la gentillesse de résumer pour les lecteurs de Thau-info l'histoire du protestantisme sétois.

croix du fronton du temple de Sète, tombée lors d'une tempêteSous l’Ancien régime

Après la construction du port commencée en 1666, la ville de Sète naît officiellement en 1673. Elle est exemptée de taxes et attire de ce fait de nouveaux habitants. Jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, elle a compté jusqu’à une trentaine de protestants. Ils ont tous abjuré.

Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, de nouveaux protestants arrivent. Ils vivent leur foi en famille, sans aucune institution ecclésiale, et se conforment à une catholicité de façade. Parmi les immigrants, on compte des Italiens, catholiques, actifs dans la pêche, mais aussi des Suisses, des Hollandais et des Allemands, protestants et spécialisés dans le négoce. Les deux tiers des protestants viennent du Languedoc et des Cévennes, et le dernier tiers se répartit entre les autres régions de France et les pays étrangers. Autour de 1750, les protestants sont une centaine. Ils se réunissent dans une grange au bord de l’étang de Thau. En 1754, la communauté commence à tenir un registre. Vers 1770, un pasteur s’installe à Sète. Il dessert aussi Villeveyrac et Cournonterral.

En quarante ans, la population protestante a quadruplé, et en 1789 elle compte 450 individus, soit 6% de la population. Un négociant sur quatre est protestant, en général d’origine étrangère. Les autres protestants, en particuliers ceux originaires du Languedoc et des Cévennes, se sont spécialisés dans la tonnellerie. Les protestants habitent dans tous les quartiers de la ville, mais ils sont plus nombreux sur les quais qui bordent le canal.

Pendant la Révolution

Dans l’ensemble, les protestants sétois font plutôt bon accueil à la Révolution et y participent activement. Les négociants, quant à eux, semblent plus partagés.
Pendant la période révolutionnaire, le pasteur Jacques Vincent quitte le ministère. Le culte, qui se tenait jusque là dans un grenier près de la mer, est suspendu à la fin de l’année 1793. L’année suivante, un négociant protestant, Louis Flickwier, devient maire de la ville, mais pour quelques semaines seulement. Après la Révolution, les protestants de Sète mettront du temps à se réorganiser.

Sous le Concordat

A Sète, les relations avec les catholiques semblent moins problématiques que dans d’autres lieux, pour deux raisons : les protestants ne sont pas menaçants parce qu’ils ne sont qu’une petite minorité, et d’autre part ils jouissent d’une bonne situation économique. Il n’en demeure pas moins qu’en 1811, la liaison amoureuse qu’entretient le pasteur Philippe Juillerat-Chasseur avec une catholique est mal acceptée. On ne conçoit pas qu’il puisse l’épouser. Finalement il s’en va.

A partir de 1835, Coraly Hinsch, qui s’inscrit dans le mouvement revivaliste, fonde une église indépendante, qui essaime dans les régions environnantes. Elle reproche aux membres de l’Eglise concordataire de ne pas être vraiment chrétiens, de sorte que les relations deviennent vite conflictuelles. En 1847, elle ouvre à Sète un établissement de bains de mer. Le mouvement hinschiste sera actif pendant tout le XIXe siècle et disparaîtra seulement au milieu du XXe.
Pendant cette période, le protestantisme s’inscrit dans le paysage de la ville : en 1832, on commence la construction d’un premier temple, inauguré en 1834.
L’Eglise de Sète se reconnaît dans le courant évangélique, dans un consistoire de tendance libérale. Ainsi en 1862, elle refuse un suffragant libéral. Il est remplacé par un évangélique : le pasteur Lucien Benoît.
En 1865, Lucien Benoit fonde sur la Corniche la société des bains de mer du Lazaret, qui au début utilise des baraquements militaires. En 1876, il crée un comité sétois en faveur du repos et de la sanctification du dimanche, et il organise des réunions de quartier pour toucher les employés qui ne peuvent pas venir au culte parce qu’ils travaillent, le dimanche n’étant pas encore un jour férié. En 1884, il organise un diaconat. A cette époque, les protestants qui arrive à Sète ont une origine plus modeste : il s’agit souvent de viticulteurs touchés par la crise du phylloxéra.
L’Eglise emploie un concierge, un lecteur et un chantre. Durant cette période, la population protestante croît régulièrement, jusqu’à compter près de 2 400 personnes en 1886, soit 6, 3 % de la population sétoise. En 1890, un deuxième poste pastoral est ouvert : Pierre Médard vient seconder Lucien Benoît, très apprécié mais vieillissant. C’est alors que la population protestante de Sète commence à diminuer.
En 1892, un médecin protestant du parti radical, Ernest Scheydt, devient maire de la ville pour trois ans.

Au XXe siècle

En 1905, les protestants de Sète accueillent avec une certaine réserve la loi de séparation. L’Eglise connaîtra effectivement, pendant la période qui suivra, quelques difficultés financières.
Cela ne l’empêche pas cependant de s’équiper. En 1913, on installe un orgue au-dessus de la chaire. En 1932 on construit des salles annexes derrière le temple, qui servent en particulier aux Eclaireurs. Le Lazaret est agrandi dans les années 1920. En 1927, un directeur autonome remplace le pasteur, qui avait jusque là la responsabilité de gérer l’établissement.
De 1925 à 1951, la publication d’un bulletin paroissial, « Le lien », informe et soude la communauté.
Dans les premiers temps, l’Eglise de Sète ne rejoint aucune union et reste autonome. C’est seulement en 1921 qu’elle adhérera aux Eglises Réformées Evangéliques. En 1938, elle rejoint la nouvelle Eglise Réformée de France, mais gardera son autonomie financière jusqu’en 1945.

En 1943, elle accueille Elisabeth Schmidt pour seconder le pasteur Van den Perk. Elle sera la première femme pasteur de l’Eglise réformée. Elle sera consacrée en 1949.

Sources :
J.-C. GAUSSENT, Les protestants et l’Eglise réformée de Sète, Nîmes : C. Lacour, 1993 fait par Bernard Mourou, juin 2011

Histoire du Port de Sète

L’histoire du port est le reflet de la vie économique et sociale de la région Languedoc-Roussillon.

Le port de Sète s'est traditionnellement développé de l'Ouest vers l'Est.

Par le Port de Sète sur http://www.sete.port.fr/fr/le-port/un-peu-dhistoire

1666 : La première pierre du Môle Saint Louis est posée, suite à la volonté de Louis XIV de créer un port d'exportation pour les produits du Languedoc. La création de la digue de protection du port, longue de 650 m signe la naissance du port de Sète.

1820 : Au 19ème siècle, le port de commerce se développe avec, comme principaux trafic, le vin, le soufre, le bois, les céréales et le fer. Sète est également un port de transite d'oranges et de citrons en provenance des Baléares et des Canaries puis d'Algérie et du Maroc, vers les autres régions françaises. Ce trafic s'est développé jusqu'en 1970.

Plus vieille photo de Sète : 1845

Aller plus loin sur : http://www.sete.port.fr/fr/le-port/un-peu-dhistoire

Histoire de Sète par l'Office de Tourisme


La ville de Sète est née, en 1666, d'une décision royale et de la volonté de trois hommes: Paul Riquet, Louis XIV et le Chevalier de Clerville.

Paul Riquet cherchait un débouché sur la Méditerranée pour le Canal du Midi dont il avait entrepris le creusement.
Louis XIV avait chargé son ministre Colbert de trouver une rade pour les galères royales et d'y créer un port d'exportation des produits du Languedoc.

Colbert confia cette tâche au Chevalier de Clerville, qui identifia le Cap de Sète comme le site le plus approprié pour la création d’un port.
Les travaux du port commencèrent dès 1666 avec l'édification du môle St Louis. Cette jetée longue de 650 mètres protège l’entrée du vieux port et offre un abri aux bateaux depuis le 17ème siècle.
 


Au 19ème siècle, le port se développe grâce au commerce du vin, du bois, du soufre, des céréales ainsi que du fer. Sète devint le 1er port de tonnellerie au monde.
Parallèlement, la population triple entre 1820 et 1870 et l’urbanisation s'étend en direction de l’étang de Thau. Le quartier à l’arrière du palais consulaire (ex CCI) témoigne de cette époque prospère.

 

Histoire de Sète en quelques mots…


Les premières traces du genre humain à Sète datent de la fin de l’âge de bronze, plus précisément, du Bronze final II et III (1100-800 avant notre ère). Aujourd’hui ces vestiges, découverts en 1973, se trouvent sous deux mètres d’eau dans le Bassin de Thau, au large du quartier du Barrou.
 

On retrouve les traces de cet habitat sur des cartes du XVIIIème siècle.

On sait que cette zone était encore habitée après la conquête de la Gaule du sud par les Romains et pendant tout l’Empire.

Etape commerciale pour les marins et commerçants des civilisations méditerranéennes, la montagne de Sète servait de repère géographique.
 

Repaire et refuge pour les navigateurs depuis l’âge antique, cette colline a longtemps été un site prisé jusqu’à la réalisation du port et de la ville au XVIIème siècle.


Jusqu’à la fin du XVIIème, la colline était très peu peuplée, voire déserte. Seuls quelques pêcheurs des villages voisins venaient poursuivre quelques bancs de poissons sur les rives de l’étang de thau. L’actuel Mont St. Clair servait également de refuge aux corsaires et aux pirates dont le plus célèbre fut Barberoussette.


A partir du XVIIIème, la colline s’est petit à petit garnie de petites constructions proches de la cabane, construites en pierres sèches, baptisées « baraquettes ». La tradition voulait que le dimanche venu, les familles grimpent les pentes de la colline pour y passer la journée. C’est une véritable institution avec ses traditions, ses histoires et ses rituels à l’image des chanteurs de baraquettes.

Afin de favoriser l’exportation des produits du Languedoc, le projet de la création d’un port avait déjà été envisagé et Henri IV en avait pris la décision le 23 juillet 1596, mais le projet pour diverses raisons n’avait pas abouti.


Sous Louis XIV et à l’initiative de son Ministre Colbert, les premiers enrochements de la jetée et le creusement de la plage pour relier mer et étang commencent le 29 juillet 1666.

Il est coutume de fixer la naissance de Sète à cette date. Les premières pierres furent posées et constituèrent le premier Môle qui fut agrandi et prolongé au XVIIIème. Les populations des villages avoisinants : Bouzigues, Mèze, Frontignan et Marseillan vinrent travailler à Sète. Peu à peu la vie s’organisa pour les premières nécessités, avec la création de divers commerces. La ville naissait alors véritablement.
 

histoire de Sète (c) Office de Tourisme de Sète

Ce jour historique du 29 juillet 1666 fut également consacré au premier tournoi de joutes à Sète. 
Depuis ce jour, la Fête de la St. Louis, avec ses tournois de joutes, demeure le plus grand événement de l’année et rythme la vie des sètois.

A l’aube du 25 juillet 1710, les sètois aperçurent une flotte anglaise qui s’apprêtait à fondre sur la ville. Affolée, la population prit la fuite à travers l’étang de Thau.

La ville de Sète fut donc anglaise pendant quelques heures, jusqu’à l’arrivée du Duc de Noailles et de ses troupes.


Sur la plage, il engagea le combat et remporta la victoire, chassant les anglais.

Cette attaque révéla une faille dans le système défensif de ce nouveau port. Immédiatement, plusieurs fortifications furent bâties. Tout d’abord, l’armement du fort St. Louis fut doublé. Sur la falaise, en bordure de mer, on éleva la batterie du cimetière au fort St. Pierre (l’actuel théâtre de la mer).

Dans les années 1850, des pêcheurs de Gaeta et Cetara, villages de la côte amalfitaine près de Naples, quittent l’Italie, poussés par la nécessité de trouver une vie meilleure : ils s’installent alors dans le Sud de la France, notamment à Sète et au Grau du Roi.
 

En 1928, Cette, que l’on pouvait écrire indifféremment Sette, Septe, Cète, ou Cept sous l’Ancien 
Régime, devient officiellement Sète par arrêté ministériel.

Dans les années 60, la pêche artisanale se développe grâce à l’arrivée de nouvelles techniques amenées par les rapatriés de l’Afrique du Nord.

A ce jour, la ville compte plus de 40 000 habitants et s’est urbanisée au nord et sur le Mont St. Clair.

 




Flânez tout en découvrant le patrimoine de Sète, grâce aux quatorze panneaux qui vous attendent sur chaque site emblématique de la ville.

Un parcours historique inédit a été mis en place pour les 350 ans du port, une façon de remonter le temps ...

Histoire(s) du Barrou.


Gustave Brugidou, président de la Société des Etudes Historiques
et Scientifiques de Sète et de sa région.
 

Vendredi 25 novembre, un parterre de deux cent personnes a assisté à l'évocation de l'histoire du quartier du Barrou par M. Brugidou, président de la Société des Etudes Historiques et Scientifiques de Sète et de sa région.

Têtes chenues et boucles brunes ont assisté à cette projection commentée de documents plus proche de l'exercice de mémoire.

 Il est vrai que la Société historique avait été épaulée par l'Amicale du Barrou qui a fourni un gros contingent de spectateurs. Le Barrou, dont l'occupation est antérieure à la fondation de la ville de Sète. Mais qu'est-ce que le Barrou ? Là, Clio fut traitée avec quelque désinvolture, ainsi que son auxiliaire la Géographie. Ce que l'on connaît bien, c'est la pointe du Barrou. Mais pourquoi ne pas retenir la définition la plus couramment admise du nom de "Barrou" : amas de rocailles ? Cet amas aurait favorisé les atterrissements formant la pointe…du Barrou. Par ailleurs, l'histoire de la paroisse Saint Joseph est bien plus riche et complexe que l'évocation de la présence "d'une église autrefois". La délimitation des propriétés de l'abbaye d'Aniane et de l'évêché d'Agde fut bien évoquée, mais cela apportait-il quelque chose à la compréhension de la mémoire du quartier ? L'occupation préhistorique ne fut qu'incidemment signalée et les traces de l'occupation gallo-romaine auraient pu être mieux utilisées. Si la présence de monnaies atteste un courant d'économie monétaire, les indications diffèrent totalement selon qu'elles sont datées du haut ou du bas empire. Les amphores sont-elles antérieures au Ier siècle après JC ?

Avec l'époque contemporaine, on était sur un terrain plus solide. Le quartier du Barrou, tel qu'on le conçoit aujourd'hui, c'est l'espace entre la voie de chemin de fer (ligne Tarascon-Bordeaux 1849) et l'Etang. Sur sa rive ont vécu des pêcheurs (opérant à la maniguière), des agriculteurs dont l'activité prit de l'importance à la fin du XIXème siècle (jardins potagers) et, photographies à l'appui, on évoque les vignes (labour avec cheval) qui tenaient une grande place dans le terroir au début du XXème siècle. Et, en ce premier après guerre, le Barrou, ce sont aussi les fêtes, les bals populaires qui trouveront un écho dans une époque plus proche de nous avec les corsos fleuris et les très appréciées majorettes du Barrou. Mais, la grande affaire de l'entre deux guerres fut l'installation des Chantiers Généraux sur 12 ha gagnées sur l'étang. Les documents montrent des installations permettant de fabriquer des wagons-foudres, des grosses péniches pinardières de 350 t naviguant sur le canal du Midi et les navires de près de 100 m de long. Les bâtiments de la Société, la rampe de lancement des navires, la cité ouvrière qui naquit auprès des Chantiers font partie de la mémoire du quartier.

 Tout autant que la plage et la pêche aux crevettes. D'ailleurs, après la séance, chacun avait sa version des causes de l'abandon des Chantiers Généraux. "Et c'est la vérité!" s'exclamait un participant. Peut-être, mais est-ce là de l'Histoire ?

Hervé Le Blanche

1765 : Les curieuses joutes du 25 août

On joutait à la Saint Louis dès les années 1680, quand la Communauté de Cette fut constituée. En 1765, la tradition fut respectée et le tournoi se déroula sans incident notable. Mais sa dédicace marque en fait un certain esprit "cettois" d'indifférence au pouvoir central – fut-il celui du roi – d'indépendance locale. Car, outre Saint Louis, ces joutes honoraient la cinquantième année du règne de Louis XV.
Le communiqué des consuls indique vouloir célébrer "l'époque mémorable de la cinquantième année du règne du meilleur des Rois" par une "fête des plus brillantes". Mais en 1765, Louis XV n'est plus le "Bien Aimé" pour la santé de qui l'on priait vingt ans plus tôt. Et pour cause. En 1763, le traité de Paris, à l'issue de la "Guerre de sept ans", a entraîné la perte du Canada, de la Louisiane, des territoires français en Inde. La France a conservé les "îles à sucre" dans les Caraïbes, mais ce désastre majeur a discrédité la royauté. Le régime est mis en cause. Les Parlements (cours de justice) abusent de leurs droits de remontrance, contestent le pouvoir royal. A Rouen, Paris, Pau, Toulouse, les cours de justice s'opposent au pouvoir royal. A Rennes, éclate la vilaine "affaire La Chalotais" où, mené par un ambitieux président sans scrupule (La Chalotais), le Parlement entre en révolte en 1765. Et puis, la vie privée de Louis XV est endeuillée. Madame de Pompadour, "l'amie de vingt ans" après avoir été la maîtresse en titre, est morte en 1764. Et le Dauphin, le fils de 35 ans, aimé et estimé, pâle, amaigri, brûle d'un mal mystérieux.
Alors, le roi défend aux corporations, villes, communautés ainsi qu'à ses courtisans et ses familiers de marquer le cinquantième anniversaire du début de son règne. A Cette, eh bien, il n'y aura pas de jubilé le 1er septembre mais on marque tout de même l'anniversaire. Dès la Saint Laurent, 10 août, les sociétés de jouteurs se sont qualifiées pour le tournoi en décrochant le pavois suspendu sur la façade de l'Hôtel de ville. On se bousculait, "se jetait pêle-mêle sur le pavois". Le jour de la Saint Barthélémy (veille de la Saint Louis), les deux troupes (la jeunesse et les mariés) allaient drapeaux déployés "bailler des livrées" à toutes les personnes de marque (autorités, notabilités), "à tous les gens distingués de leur suite, surtout aux dames s'il y en avait". On accrochait cocardes et rubans aux vêtements : couleur rouge et verte pour les mariés, blanche et bleue pour la jeunesse. Après le défilé aux flambeaux, au matin du 25 août, chefs, officiers, enseignes des deux camps allaient à l'Hôtel de ville recevoir les insignes de leurs fonctions (cannes, épées, écharpes). En 1765, le chef des mariés est Jean Borne (négociant connu). Celui de la jeunesse, Henri Massé. Ils sont chacun à la tête de 16 jouteurs.
Et le 25 août, "à trois heures après les vêpres", s'affrontent les chevaliers de la tintaine. En 1765, "les habitants de la ville de Cette" joutent "dans le respect dont ils sont pénétrés pour leur Auguste souverain" (!) et "avec la décence convenable" (!). Curieuses joutes.

Hervé Le Blanche

Sources :
Jean Meyer, La France moderne – Histoire de France, Hachette, T IV
Michel Antoine, Louis XV, Fayard coll Tempus
Toussaint Roussy, Relation des joutes de 1765 (archives municipales Sète)

De la Saint Louis et des joutes.

Les festivités de la Saint Louis, fête patronale de Sète, vont mettre en effervescence rues, quais et canaux de l'Ile singulière. Et l'on joute, singulièrement le lundi quand les poids lourds montent sur les tintaines. Si les joutes nautiques ne sont pas nées à Sète, ni même en Languedoc, elles sont constitutives de l'histoire de la ville-port.

On a jouté le 29 juillet 1666 : "On avait vu devant que se mettre à table (pour le dîner) passer en très bon ordre deux fort belles compagnies de Mariniers vestus de blanc, les uns parez de livrées incarnates et les autres de bleües, avec des toques de taffetas de ces mêmes couleurs… Elles estaient allées tambour battant et enseignes déployées gagner dans le canal, au son des hautbois, chacune dans leur Chalouppe ornées de même parure, l'une peinte en rouge et l'autre d'azur semé de fleurs de lys, montées par seize rameurs avec leurs Patrons et autres aydes et sur chacune douze jousteurs lesquels s'apprestèrent au combat tout aussi tôt qu'ils virent les Dames et toute la Compagnie sur le rivage", relatent le ou les témoins. La relation ne donne pas le nom du vainqueur du premier tournoi de joute à Cette qui reçut un prix des mains de Mme l'Intendante et "les vaincus mesmes furent consolez de quelques présens agréables". Il y avait peut-être dans les barques des natifs du lieu, mais le gros de la troupe venait de Frontignan et surtout d'Aigues-Mortes. Car c'est à partir de la cité royale que la pratique de la joute nautique se répandit en Languedoc.

On joute en Agde dès 1601, à Frontignan en 1628 et la pratique gagna sur tout le littoral de l'étang de Thau. C'est à Aigues-Mortes, port de la croisade, que les traditions de la chevalerie s'amalgamèrent aux coutumes festives populaires. Comme en bien d'autres lieux en France à la fin du Moyen-Age quand "les tournois se normalisent et deviennent un spectacle tout en restant un entraînement militaire". Des joutes nautiques eurent lieu à Lyon, à Marseille en 1349, puis au Havre, Lille (!) et  Strasbourg en 1744 pour célébrer la guérison de Louis XV. On ne sait qui importa cette très ancienne pratique de combat sur l'eau en France. Elle apparait surgie d'un très lointain passé, peut-être venue d'Italie. Car les Romains joutaient et joutèrent longtemps. En attestent la description des fêtes en l'honneur de Castor et Pollux à Ostie, ainsi que les céramiques montrant des jeux nautiques à Strasbourg en 303 ap JC en l'honneur de l'empereur Dioclétien. Avant eux, les Grecs dès le VIIème siècle av JC. Plus tôt encore, les Egyptiens dès que les pharaons établirent leur pouvoir sous l'Ancien empire (2780 à 2380 av JC).

Cette coutume plurimillénaire trouve à Sète un lieu d'épanouissement. Longtemps pour des raisons politiques : de Louis XIV à Napoléon. Mais aussi parce que, fête populaire, elle est, selon G. Maccone, "halte reposante" et "trépidante" où s'expriment rêves d'enfants et espérances d'hommes. Et dans la lumière du sud quand, parmi les oriflammes, sur une eau miroitante s'affrontent les hommes en blanc, c'est un spectacle…royal!

Hervé Le Blanche

joutes en Egyptejoutes en Egypte (source : www.flacsu.fr)

1943 : le drapeau allemand flotte sur Sète

par David MALLEN

 

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David MALLEN

David Mallen, originaire d’Agde, tient sa passion pour l’histoire régionale en générale et pour la période de la Seconde Guerre Mondiale en particulier, de ses racines familiales.
Son grand-père paternel, Pascal MALLEN, a servi la France pendant cette époque notamment pendant la Campagne de France de 1940. Blessé puis fait prisonnier à Epernay, il fut par la suite interné dans le stalag IXA de Ziegenhain en Allemagne.
Son grand-père maternel, Joaquim FALO, fut aussi un témoin de cette période marquante. En tant que réfugié espagnol, fuyant la dictature de Franco, il fut également interné dans un premier temps au camp d’Argelès puis au camp d’Agde en 1939. Engagé volontaire aux travaux de la ligne Maginot jusqu’à la débâcle puis caché par les FFI à la Grand- Combe dans les Cévennes.

Ces grands témoins de l’histoire vécue ont fait naître en David MALLEN cette passion pour cette période allant de 1939 à 1945, à travers les différents récits qu’ils lui ont racontés dans son adolescence. Ils lui ont donné cette envie d’aller plus loin sur le sujet et de comprendre cette époque dans son contexte historique.

David Mallen a écrit un livre passionnant sur la ville d’Agde sous l’occupation allemande de Novembre 1942 à Août 1944. Cet ouvrage contient de nombreux éléments inédits : photos, documents d’archives de divers pays, interviews, etc.
Il sera publié d’ici la fin de l’année par les “Editions Histoire et Fortifications" et il contribuera à pérenniser l’indispensable devoir de mémoire des jeunes générations pour cette période où la liberté et les valeurs républicaines étaient en jeu. 

   

 Le drapeau de Kriegsmarine flotte sur le port de Sète  en 1943.

Cliquez une image pour l'agrandir


Mariette Pacha à quai


Mariette Pacha à quai


Bateau Fla 30 Lucy Lady

 
Bateau FLa  32 Philomène I 

David MALLEN
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1788, Cette, les Anglais et les autres.

A la fin du XVIII° siècle, il semblait que des divinités malveillantes s’acharnaient à contrarier la vie de la cité portuaire. 8 500 habitants, après plus d’un siècle d’existence. La mauvaise chance. Le « guignon » aurait Baudelaire. Cette n’était pas devenue le grand emporium entre Massif Central, Rhône et Pyrénées.

Conditions locales : un frein au développement.

Le représentant du roi, l’Intendant Barville, évoque désabusé les handicaps du site de la ville-port (Mémoire sur le Languedoc 1788). Son territoire, « une lieue carrée » (environ 4 km2) présente « peu de terrain cultivé », ne produit qu’un peu de blé, d’huile, quelques légumes et fruits. Des plantes médicinales pour la pharmacie de Montpellier. Un peu de bétail et 2 400 hectolitres de vin. Sur ces maigres récoltes, les Cettois payent à l’évêque d’Agde dîme et champart. Infortune de terre. Infortune de mer : « la navigation et le commerce maritime sont presque encore dans leur enfance ». Le port risque l’ensablement et « les grands vents violents » interrompent la navigation sur l’Etang. Selon l’Intendant, les Languedociens « ont toujours craint de se livrer au commerce maritime » et « si l’on a armé accidentellement quelques vaisseaux pour les Isles, le peu de succès de ces premières tentatives a refroidi les spéculateurs.. » Les capitalistes languedociens « ne sont pas assez puissants et trop accoutumés à des placements sûrs ». Et Marseille « conserve le commerce exclusif avec le Levant ».

Languedoc prospère mais fortement concurrencé.

L’arrière-pays a pourtant des richesses naturelles à exporter, en particulier « les grains » si importants dans l’économie de l’Ancien Régime. Les diocèses de Castres et Saint Pons produisent seigle et « bled de Turquie » (maïs). Le Lauragais, l’Albigeois, le Montalbanais, un excellent froment, de même que le Narbonnais. Mais une grande partie des « bleds » part pour Toulouse, Montauban où la farine produite est exportée vers les colonies par Bordeaux. Seul, le Narbonnais exporte par le canal royal vers Toulon ou l’Espagne. Et encore, le canal de la Robine doit être amélioré. Combien Cette capte-t-elle des 1,8 millions de Qx d’excédents du Languedoc ? L’Intendant ne le dit pas. Or, la province est l’une des plus actives de France. L’industrie textile y est très importante. Mais c’est de Marseille que s’exporte la « Grande Draperie » vers Salonique, Chypre, Saint-Jean d’Acre, Le Caire, Alexandrie, l’Inde même. La concurrence anglaise est rude. Elle le sera encore plus pour les tissus de coton si importants fin XVIII°. A Montpellier, « Alby », Toulouse le coton du Levant devient toiles à voile, toiles de blanc, mouchoirs et rubans. Mais l’Anglais produit mieux, moins cher et profite du traité de commerce de 1783. Et il fait de tels achats sur le marché que les cours bondissent, portant un rude coup aux fabriques de Montpellier.

Dans le même temps, malgré le « pacte de famille » (1762) entre l’Espagne et la France, la Péninsule ibérique et l’Amérique espagnole se ferment aux produits français. A Cette, on exporte « bonnets, mouchoirs et autres petites étoffes ». Trafic que l’Intendant ne chiffre pas. Le port survivra, mais grâce à des ressources locales.

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de  "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

Février 1848 : les "Cettois" sans illusions ?

 Le 24 février 1848, face à Paris insurgé, Louis-Philippe abdiquait après 18 ans de règne. De la chute de la monarchie de juillet aux journées de juin 1848, ce fut "l'illusion lyrique". A Paris tout au moins, semblait s'ouvrir une ère nouvelle de Liberté, d'Egalité et, signe des temps, de Fraternité. Mais à Cette ?cetteP1010410

 D'après les sources les plus accessibles, à Cette, on ne semble pas avoir été saisi par "l'esprit de 1848". Encore que… Mais c'est sans agitation ni violence que la municipalité Reynaud cède la place à l'équipe Mercier, désigné par la Commission départementale qui, à Montpellier, a remplacé le préfet de Louis-Philippe. D'ailleurs, au conseil municipal, le "citoyen Lassalvy" fera observer (séance du 27 mai 1848) que l'administration Mercier n'a pas été élue et qu'elle n'a donc pas de mandat légal.

Quelque écho de l'esprit du temps, tout de même, mais si fugace. Car le maire intérimaire, Charles Mercier, est loin d'être un révolutionnaire. Il est issu d'une grande famille marchande. Au banquier Reynaud succède le négociant Mercier. Ce notable est plutôt libéral et il ne tente pas d'entraver prises de parole et réunions qui se déroulent sans que l'ordre soit troublé.

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 Lui-même se félicitera, lors de sa première prise de parole au conseil municipal, "…dans les circonstances les plus difficiles […] d'avoir maintenu l'ordre et la fraternité la plus admirable parmi les habitants"… (séance du 17 mai 1848). Il est étonnant que Sète ait connu une transition aussi paisible. Les débuts de la monarchie de Juillet avaient été tumultueux : légitimistes et républicains s'agitaient, s'affrontaient parfois. En 1835, une grève de tonneliers avait été durement réprimée. D'ailleurs, Cette est une ville de prolétaires. En 1849, dans une ville de 17 259 habitants, on dénombre 820 tonneliers, 160 ouvriers de fonderie, 275 travailleurs dépendant de la construction navale, 250 portefaix. Et on compte 913 marins (dont 445 mousses). Au total, 2 418 ouvriers ou artisans à côté de 250 cultivateurs et 500 pêcheurs. Globalement, environ la moitié de la population dépend d'une activité salariée.

Il est vrai que le règne de Louis-Philippe a pris fin soudainement : c'est le 22 février au soir que l'armée tire sur les manifestants rassemblés, boulevard des Capucines, devant le ministère des Affaires étrangères où siège Guizot, l'homme fort du régime.

 Le lendemain, Paris est couvert de barricades. L'armée est peu sûre. Et lorsque la garde nationale, pilier du régime, accueille le roi au cri de "Vive la Réforme" quand il la passe en revue aux Tuileries, celui-ci abdique. En deux jours, la monarchie de Juillet a sombré. Et tout le torrent du XIXème siècle s'engouffre dans la brèche, charriant liberté, démocratie, socialisme. Illusions ?

Cette 1698 : un avenir incertain.

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier
par Nicolas de Largilliere

Près de trente ans après sa création, le développement du nouveau port se trouvait sérieusement entravé. Les spéculations et calculs de Louis XIV et de ses prédécesseurs de faire de Cette le débouché du commerce atlantique, ou tout au moins de l’économie du Languedoc, se trouvèrent fortement remises en cause.
En effet, malgré les consultations et précautions de toutes sortes qui avaient précédé la création du port, celui-ci présentait un grave inconvénient : le risque de comblement. Les conséquences de l’ensablement de la côte avaient été mal évaluées et les moyens d’y parer étaient insuffisants. Ainsi, en 1693, les Etats du Languedoc en accord avec les commissaires royaux signaient un bail de trente ans avec un sieur Charles Sainte Maure pour « les jetées à faire au port de Cette, creusement et désensablement du dit port. » Il en coûte au roi 15 000 livres et au Languedoc 30 000 livres par an. Plus d’un million au total sous peine de voir le port inutilisable. Et puis, malgré l’appellation de « canal des deux mers », le chef-d’œuvre de Riquet ne vit pas débarquer les trésors atlantiques. Bordeaux, exportateur de vin, concurrençait Cette en « baptisant » les vins du Languedoc. Il fallait aussi compter avec des ports concurrents Agde et, signale l’Intendant Basville dans son mémoire de 1698, « le grau d’Aigues-Mortes ». D’après son enquête, le Languedoc importait pour 6 millions de livres par an et exportait pour 16,49 millions de marchandises.
Or, le pactole ne se déversait pas à Cette. Pour une part, à cause du système fiscal. Les taxes étaient levées par un « fermier » qui avançait les sommes au roi, à charge pour lui de se rembourser (et si possible au delà) auprès des contribuables. A Cette, celui qui levait les taxes royales sur les marchandises du port avait disposé des postes de douane autour de l’Etang. Et quand les marchandises étaient réellement embarquées, il se pouvait qu’elles soient à nouveau taxées. Les bénéfices du « fermier » ne favorisaient pas l’activité. Une solution sera plus tard mise en œuvre après les plaintes des Etats du Languedoc. Les impôts entravaient aussi la production d’une des principales ressources de la province : la production de draps. L’Espagne taxe les exportations françaises et la France les laines espagnoles, renchérissant les draperies de Montpellier, grand centre de production. Et puis, Marseille achète des laines en Espagne, jusqu’à Constantinople et Smyrne et les revend directement en Italie, en Allemagne. Les mêmes marseillais dominent le commerce avec les « Echelles du Levant ». C’est à Marseille que sont acheminés, conditionnés, taxés « les londrines… et autres draps qui seront portés au Levant ». Les Etats du Languedoc demandent que le port de Cette soit « franc et libre comme celuy de Marseille » et les marchandises soient « portées en droiture au Levant ».
Cette plainte reviendra, récurrente, jusqu’en …1789. Cette devait être « la marine de Montpellier » (la ville la plus active de la province), le débouché des campagnes de l’ouest du Languedoc. Mais, que d’obstacles à surmonter !

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de  "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon