Histoire de Sète

1666 : le dessous des cartes.


Louis XIV vers 1660 au début de son règne. Le jeune roi a déjà visité nombre des ports du royaume.
 

Le 29 juillet dernier, on a célébré le 350ème anniversaire de la création officielle du port de Cette. C'est le roi, Louis XIV, qui avait suscité ce "miracle". Mais, créer un port "au Cap de Cette" mettait en jeu de gros et grands intérêts.

Les cérémonies furent spectaculaires à souhait. On eut quelque peine à poser la première pierre, mais on célébra par une médaille ce jour mémorable. Sur une face, était évoqué l'œuvre de P-P Riquet "le Moïse du Languedoc", créateur du canal des Deux Mers et du port. Sur l'autre face, des devises latines célébraient la gloire de Louis XIV, "victorieux et triomphateur", "le vainqueur et arbitre du monde". Trompettes, tambours, artillerie, explosions des boëtes et des cris de "Vive le Roy" ont salué la pose de "l'assez grosse pierre" probablement agathoise. Et pourtant, tout restait à faire sur le site d'une province périphérique du royaume où vivaient quelques dizaines de familles de pêcheurs et d'agriculteurs. Pourquoi, à coup de millions, offrir un débouché au canal de Riquet ?

Géographiquement, en Méditerranée, se croisent deux grands courants commerciaux : Europe du nord-Afrique et Moyen-Orient-Europe. Sur terre, l'île de Cette est à l'écart de la grande voie de passage Italie-Espagne (via Domitia). Créer un "havre facile et assuré" au fond du golfe du Lion correspondait toutefois à une logique stratégique : un port d'escale pour les galères du roi surveillant la Méditerranée occidentale. Le site n'était pas sans défauts. D'ailleurs, l'ingénieur hollandais Renejens avait recommandé d'établir le port, derrière le lido, dans l'étang de Thau. Le mont Saint Clair abritait des vents du ponant mais non de ceux du levant (le grec si redouté). Mais, marchands-fabricants, propriétaires fonciers avaient alerté l'Intendant : une des meilleures provinces du royaume périclitait faute de débouchés. A Montpellier, on tissait depuis le Moyen-Age des draps de laine fins. Les paysans tissaient l'hiver et le Haut Languedoc produisait des grains en abondance. Or, Colbert voulait mener une vraie guerre économique contre les autres puissances. Selon lui, le royaume devait acquérir le plus possible de numéraire. Alors, il suscita la création de ports, de compagnies de commerce. Pour Cette, ce fut la Société du Levant où les financiers de Montpellier contribuèrent beaucoup : la famille Bosc (Laurent, à l'origine du quai qui porte encore son nom ; Marc-Antoine, possesseur de plusieurs maisons à Cette). Contribuent aussi les Pouget, actionnaires de la manufacture de Villeneuvette et le grand consortium protestant des Sartre au rayonnement européen qui armeront les premiers navires partis de Cette courir "la grande aventure". Et investissent dans l'entreprise le chevalier de Clerville (4 000 livres) et…le Roy "en son particulier" (30 000 livres).

Cette devait concurrencer Cadix, Séville afin de capter les trésors de l'Amérique espagnole et exporter les draps, les grains, le sel, le pastel, le vin du Languedoc. Les médailles, l'évêque, les jouteurs, ce sont les figures des cartes du jeu. Reste le dessous des cartes.

 Hervé Le Blanche

Cette en 1845

Un des plus anciens documents sur Cette : un daguerréotype datant de 1845 ! Et déjà, une belle activité.

Cette en 1913

Pas d’autos mais un tramway, des barriques partout, voilà à quoi ressemblait l’actuel Quai de la Résistance en 1913. On voit la terrasse du Grand Café, occupé actuellement par Monoprix.

Plage Camping

Dans les années 60, la plage de Sète était devenue le plus grand camping du monde ! Sur 12 kilomètres, s’entassaient les tentes d’estivants ravis de camper gratuitement. Mais les conditions sanitaires étaient lamentables et l’Etat dut interdire le camping sur la plage sétoise. Les exploitants de campings retrouvèrent leur clientèle.

Le Souras en 1900

C’était l’époque où le Souras-Bas etait le domaine exclusif des pêcheurs. Et pour ravauder les filets, les femmes de pêcheurs s’installaient sur la rampe des Arabes où la circulation était rare, Saint-Clair n’étant pas habité…

Des quais très encombrés

Le quai de la République en 1920 : il y avait tellement de marchandises et surtout de barriques que le quai est presque bouché ! 

Sete 1666

Un livre sur Sète de grande qualité avec une iconographie originale qui change de tout ce qu’on voit habituellement sur Sète. Un ouvrage que tout amoureux de Sète voudra posséder. 


Le livre "Sète 1966, imaginer un port, faire naîte une ville" sera présenté et dédicacé par ses auteurs à l'occasion d'Escale à Sète

- Le vendredi 25 mars à l’Echappée Belle à 18.30 avec une expo
- Le samedi 26 mars au Bar du Plateau à 18.30 en musique
- Le dimanche 27 mars à l’Office de tourisme de Sète à 11.30
- Le dimanche 27 mars aux Puces Marines de Frontignan

Djinn & Christophe Naigeon
FOXTROT LIVRES
16 rue Garenne - 34200 Sète
06 09 02 68 85 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Un projet de plan de ville "au carré" qui - heureusement, n’a pas été réalisée…

plan du Cap de Cette et de la jetée proposée pour en faire un port

Les Joutes à la Une

C’était le 19 Mars 1905 : le Petit Journal consacrait sa Une aux joutes sétoises.  Déjà un coup de pub à nos traditions au niveau national sur un journal à gros tirages. On remarquera que les tintaines étaient plus hautes et que les musiciens n’étaient pas très bien installés…

Les salins de Villeroy

Aujourd’hui transformés en zone résidentielle, les salins de Villeroy produisaient du sel marin jusqu’en 1960. Une activité qui procura du travail à de nombreux sétois et fit la prospérité des Salins du Midi.

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon