Histoire de Sète

Voiliers dans Cette

Pas encore de cargos en 1867 mais plein de voiliers dans le port de Cette. Un avant gout d’Escale à Sète…

St Clair désert

Le Fort du Semaphore vu à l’époque où St Clair était désert et en tous cas très peu habité. Seules quelques baraquettes d’ici et là. L’urbanisation ne commença qu’après la guerre et aujourd’hui la même vue regorgerait de bâtiments et de villas.

Sète par Honoré Roques

 

Entre les deux guerres, Honoré Roques fut le peintre des paysages sétois. Le Musée Paul Valéry possède de nombreuses œuvres, toutes consacrées à Sète.

Les poissonnières

C’est sur le quai de la Consigne, à l’arrivée des bateaux, que les femmes de pêcheurs vendaient leurs poissons. Un Marché aux poissons fut ensuite édifié sur le quai de la Marine et en 1960 fut construite l’actuelle Criée.

Casino d’antan

Entre les deux guerres, la grande plage du Kursaal était le rendez-vous des sétois car plus proche que la Corniche car située en pleine ville. Aujourd’hui, elle a disparu avec l’agrandissement du port de commerce dans les années 60. Un grand Casino très fréquenté y était installé et ne disparut qu’à la guerre de 1939-45.

Un fort devenu théâtre

Le Fort Saint Pierre fut longtemps abandonné. Il servait surtout de refuge aux amoureux en quète de solitude… En 1961, fort du succès de son Festival de la Cité à Carcassonne, le comédien Jean Deschamps, ancien de la troupe de Jean Vilar, obtint l’agrément de la municipalité pour créer un festival de théâtre à Sète. Son choix se porta d’abord sur l’anse du Lazaret où il prévoyait une scène flottante. Mais les Ponts et chaussées maritimes s’y opposèrent. Il se rabattit alors sur le Fort Saint Pierre qu’avec l’architecte parisien Percet il transforma en théâtre de plein air, qu’il appela Théâtre de la Mer.

Ce fut le début d’un Festival de théatre qui connut de beaux succès. Aujourd’hui, les variétés ont remplacé l’art dramatique mais attire toujours autant de spectateurs.

Le Souras et le Stand Marty

A gauche, on aperçoit les maisons de pêcheurs du Souras Bas . A droite le Stand Marty qui, entre les deux guerres et jusqu’en 1965 fut le seul ensemble sportif dédié à la <<gym et que fréquentèrent tous les jeunes sétois.

Montpellier-Cette, Messieurs Pouget.

"la porte du palais de l'Amirauté", rue du Palais - Sète

S'il est une famille qui a joué un rôle notable à Sète sous l'Ancien Régime, c'est bien celle des Pouget. Pourtant, ce n'est pas dans la ville-port qu'elle prit de l'envergure, jusqu'à constituer un clan de notables du Montpelliérais. Mais la lignée d'André-François Pouget est étroitement liée à l'histoire du port voulu par la royauté dont ils défendirent âprement les prérogatives.

Les Pouget sont originaires d'un bourg, aux confins du Montpellérais, situé à l'est de Clermont-l'Hérault. Ils lui ont même donné leur nom. L'origine de leur fortune est obscure. Le premier notable, François-Honoré, est titulaire d'un office de finance héréditaire, "conseiller" du roi et donc noble (noblesse de robe). D'ailleurs, son fils André-François, portera le titre d'écuyer (pas tout à fait chevalier), ce qui ne l'empêchera pas de devenir président-juge des  traites et gabelles du "département" de Cette et lieutenant général de l'Amirauté, nouvellement créée en 1691. La famille avait bien contribué à la création du port. André Pouget dirigeait la manufacture royale de Villeneuvette avec une "compagnie" de financiers favorisés par Colbert et, avec son frère Honoré, figure parmi les actionnaires de la Compagnie du Levant, créée à l'incitation de l'omniprésent ministre de Louis XIV. Cette, c'était donc un peu l'œuvre des Pouget. André-François qui dirigea l'Amirauté depuis 1692 fit un mariage en rapport avec son rang. Il épousa en seconde noces, en 1743 à 48 ans, la fille d'un officier de finance. Et un fils du lieutenant de l'Amirauté, André-Joseph, deviendra "capitaine de Sète" en 1785.

D'autres membres de la fratrie s'illustrèrent à Montpellier. Un seul restera dans l'ombre, chanoine de la cathédrale de Montpellier. Mais c'est le fils d'André-François, le premier lieutenant de l'Amirauté qui défraya la chronique en Ile singulière. Joseph-Suzanne Pouget y naquit et succéda à son père. Il cultive les lettres anciennes et montre un réel intérêt pour le monde maritime. Il aura une brillante carrière qu'il terminera de Paris à Saint Domingue, avant de mourir au large de Port au Prince en 1792. A Cette, son père avait obtenu un arrêt de justice lui donnant la préséance sur tous les autres officiers et magistrats et "un banc à l'endroit le plus honorable de la nef" à l'église. L'édit de 1706 précisait que "les juges de l'Amirauté ne sont pas des juges ordinaires" et que "la loi expresse déroge du droit commun" (article 52). En 1783, il créa un énorme scandale. En l'absence de son fils, Joseph-Suzanne, il assistait aux réjouissances de la Saint Louis. On joutait  sur le canal devant les balcons des notables. Pouget envoie "4 différents émissaires" qui, "de la manière la plus impérative et même fort incivile", intiment l'ordre de faire donner "l'assaut" devant son balcon et non celui du lieutenant du roi. Il menace d'envoyer 20 fusillers pour arrêter les joutes.

Des commissaires furent nommés "pour tâcher de s'arranger avec le lieutenant de l'Amirauté". On ne sait qui gagna le tournoi, mais Pouget était bien dans son droit. Le droit du roi ?

Hervé Le Blanche

Les ravaudeuses

Au Souras Bas, les femmes de pêcheurs ravaudaient les filets de leur mari. (Photo de 1910)

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon