Histoire de Sète

Place Delille en 1920

La Place Delille  juste après la Grande Guerre et le quai de la  République accueillent de plus en plus les négoces venus du Quai  Royal qui, lui, est progressivement voués désormais à l’habitat des sétois.

QUAND LES VOILIERS PASSAIENT LA CIVETTE

Curieux ; jusqu’à la dernière guerre, les grands voiliers marchands transportaient leurs marchandises directement dans les magasins installés sur les quais. Le plus souvent, ce pont appelé Pont Legrand du nom de son constructeur était ouvert aux navires ; contrariant l’activité des roulants : charretiers, tramway et portefais à chariot. Ils devaient donc passer par les autres ponts moins souvent ouverts aux bateaux.

Progressivement, le pont fut baptisé  par le  peuple  « PONT DE LA CIVETTE ». Tandis que les grands négoces abandonnaient ces entrepôts pour s’installer dans des lieux en dépots plus accessibles,  ces ateliers abandonnés devinrent des appartements avec boutiques au RDC.

Cette photo de 1925 nous montre qu’à cette époque, le port était vraiment dans la ville.

Ernest Renan (1823-1892), en touriste pressé.

Il y eut un « moment Renan » l’hiver dernier. D’Emmanuel Carrère au magazine Marianne et alors que la France connaissait les attentats djihadistes, beaucoup s’intéressaient aux écrits du fondateur de la critique historique des dogmes religieux. D’ailleurs, les éditions Gallimard rééditèrent sa Vie de Jésus en édition de poche. On sait moins qu’il fut aussi un grand voyageur et parfois, un touriste peu perspicace.

Théologien peu critique,

Certes, il connut Rome dès 1849 et l’Italie. Mais à Rome, il était chargé très officiellement d’ "une mission scientifique et littéraire ayant pour objet la recherche, dans les bibliothèques de Rome et des principales villes d’Italie, des manuscrits grecs et orientaux intéressants pour l’Histoire générale et pour les études philosophiques "… Il fut ébloui toutefois par les monuments, les paysages, la lumière. Grâce à une proche de Napoléon III, il fut au Levant en 1860, en Syrie ottomane sur les traces du christianisme primitif. Accompagné de sa sœur Henriette, il a vu Beyrouth, Saïda (ancienne Sion), le site de Tyr, Byblos. Il se fait archéologue, puis c’est Jérusalem, la Galilée, la région du haut Jourdain et le lac de Tibériade. Le voyageur théologien écrit dans sa tête la Vie de Jésus. Il n’a pas vu (voulu voir) les intrigues politiques qui ont amené des soldats français au Levant. Il a trouvé que Beyrouth, malgré une saleté repoussante, « faisait de l’effet » et s’il a été sensible à la misère des populations « parvenues au dernier degré de l’abaissement », il espère pour elles une bienfaisante tutelle européenne.

Voyageur pressé.

Mais quoi, la perfection n’est pas de ce monde, disait un adage ecclésial. Ecrivant à sa sœur Henriette en mai 1850, il lui décrit Montpellier, "ville bien triste", dépourvue de mouvements, "située dans une plaine assez basse" et "des maisons parfaitement blanches "(!). D’ailleurs, n’est-elle pas proche des "lagunes de Cette" ? Cela doit donner à l’atmosphère une qualité nuisible. Ce breton-là, à qui rêvait-il face à une campagne où il ne vit que les oliviers ? Mais, moins distrait en 1852, il célèbre le Midi dans des lettres à sa mère, dont celle datée de Cette le 7 septembre 1850. Depuis Lyon, il a descendu le Rhône, vu Avignon, Arles, le pont du Gard. Et le voilà « sur les bords de la Méditerranée, devant une mer éblouissante ». Il a retrouvé "un peu de ce soleil qui a déjà quitté le Nord". Et en chemin de fer, de Montpellier à Cette, la contrée paraît moins inquiétante : certes, il est construit au milieu des lagunes, mais on se croirait à Venise. Les "immenses étangs d’eau salée" n’effraient plus le natif de Tréguier. D’ailleurs les dunes (!) "portent les plus admirables vignobles". A Cette, M. l’académicien et son ami Marcelin Berthelot, éminent scientifique, "prennent un bain dans cette belle mer".

Et puis, vite, ce sera Narbonne, Toulouse, Bordeaux. En voiture, en bateau à vapeur et en chemin de fer pour regagner Paris. Ainsi, l’écrivain philosophe aura vu en quinze jours « ce qui aurait autrefois exigé des mois entiers ». Et dès la fin du mois, M. Ernest Renan retrouvait ses chères études.

Hervé Le Blanche

La plus vieille carte de Sète

Un petit voyage dans le temps : une carte de CETTE qui date de la première campagne de cartographie de la France dirigée par Cassini. C'est une gravure qui est datée entre 1780 et 1815. Certainement la plus vieille de Sète

Daurades au Pont Virla

Autrefois, c’est dans tous les canaux que l’on pêchait les daurades. Ici au Pont Virla. Aujourd’hui, on les pêche surtout à la Pointe Courte et à la Plagette.

1923 - Des parcs en pleine ville

 

En 1923, les parcs à huitres étaient nombreux en pleine ville. Tel celui-ci en 1923 situé quai Vauban. Ils existèrent jusqu’à la guerre puis émigrèrent dans l’étang de THAU, la pollution générée par le tout à l’égout se déversant dans les canaux rendant les coquillages impropres à la consommation.

1883 - le port - le môle

Cette photo prise en 1883 a été retrouvée par Gustave Brugidou, président de la Société d'études historiques de Sète, dans les collections de la Bibliothèque Natioanel de France. Elle fait partie d'un portfolio de 40 photos titré "les travaux publics de la France" édité par J. Rothschild.

Le tramway à Sète

La Compagnie des tramways de Sète a exploité quatre lignes qui forment un réseau long de 8,6 kilomètres. Cette compagnie est une filiale du groupe Omnium lyonnais de chemins de fer et tramways. Elle est fondée le 22 décembre 1898 à Lyon. Son siège est à Paris, 22 rue Scribe
.
Les lignes mises en service en janvier 1901, fonctionnent jusqu'en décembre 1933

Lignes Le réseau comprend les lignes suivantes:

  • Ligne 1 : Gare - Môle, 2,1 km

  • Ligne 2 : Les Halles - La Peyrade, 3,4 km
  • 
Ligne 3 : Métairies - Bourse, 2 km

  • Ligne 4 : Môle - Corniche, 1,7 km

Il existe un ouvrage d'art, un pont tournant franchi par le tramway. Ce pont se situe à proximité de la gare.
Le dépôt et l'usine de production d'électricité se trouvent au terminus de la Peyrade, sur la route de Montpellier.

Le matériel roulant comprend:

  • 12 motrices à 2 essieux, livrées en 1901
  • 
4 remorques à 2 essieux, ouvertes sur les côtés type "balladeuse".

J.-P Souquet

Quand le Théâtre naissait…

Nous sommes en 1903. La construction du théâtre est bien avancée. Le sculpteur biterrois Antoine Injalbert travaille sur la façade. Déjà, le sculpteur sétois Marius Roussel installe ses statues en marbre tandis que les peintres sétois Émile Roussel et Guirand de Scevola décorent escaliers, foyer et plafonds. Eh oui, à cette époque, les artistes sétois étaient prioritaires… Un an plus tard, le 13 avril 1904, le théâtre municipal (qui n’est devenu Molière qu’en 1983 par décision d’Yves Marchand) était inauguré en grande pompe.

Perier, Mercier, Auriol, citoyens de Sète

Les noms de rues à Sète, peut-être plus qu’ailleurs, renvoient à l’Histoire. La discrète rue Mercier, reliant la place de la République à la rue Paul Bousquet et au delà au quai de Bosc, sous le laconisme de sa dénomination, évoque en fait bien es épisodes de l’histoire sétoise et de la grande histoire.

Au début du XVIII° siècle, les terrains compris entre le parc Simone Weil (jardin du Château d’eau), la future rue Caraussane, le quai de Bos et les Métairies étaient la propriété de François Perié dont l’hôtel est visible à Montpellier au 11 de la Grand’ Rue et qui était à la tête d’une fortune considérable. Il aurait pu être appelé « milord Perié » comme un parisien du XIX° siècle : marchand de laine, banquier, propriétaire des bains de Balaruc, armateur, il avait acquis les terrains du Mas des Juges et terres bordant le quai de Bosc. Son puits approvisionnait en eau douce les embarcations venant « faire aiguade » à Sète. Les terrains de Perié passeront par héritage à une famille alliée, les Mercier qui jouèrent un rôle important en « Ile singulière ». Le premier, Charles Borromée Mercier, connu à Sète, venait de Dunkerque et mourut en 1807 dans « l’Isle de la Bordigue ». Puis, l’Histoire de Sète signale un Charles Mercier administrateur de l’hôpital, agronome importateur de tabac fin XVIII° et consul de la ville. Charles et Toussaint Mercier armeront le brick Soleil Levant pour le commerce en mer du Nord et dans la Baltique.

Les Mercier sont liés aux meilleures familles de Sète. Le fils de Toussaint épouse une demoiselle Grangent. On fréquente les Taissié, les Ratyé et tout un monde de négociants, capitaines de navires. La famille fournit des consuls à la communauté, fréquente la « Loge des amis fidèles des treize états Unis ». Dame, on est protestant, ami de la Liberté…et du commerce. La famille tente d’établir une ligne commerciale avec New-York, faisant apprécier le muscat de Frontignan aux « Yankee ». La tourmente révolutionnaire n’affecte pas leur situation. Un Mercier est nommé maire en 1832 et Charles Mercier est maire après la Révolution de 1848. Il sera évincé par l’autoritaire Doumet et quand Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) arrive au pouvoir, il est arrêté, interné à Dunkerque. Leurs biens seront passés à une famille venue de Castres : les Auriols. Le noble Jean-Louis Elysée Auriol (seigneur des Graisses, Cadalens, Sicusac dans le Tarn) se met au commerce des vins et fait fortune : société fondée avec Johann Dietrich Krüger-Hinsh. Elle durera jusque dans les années 1850 ; Auriol, Maurice Charles, multimillionnaire, achètera les terrains Mercier. Ces propriétés seront loties par les héritiers. En 1882, pas moins de 16 voies privées deviendront publiques.

Ce seront les rues Arago, Révolution, de l’Egalité. On a sans doute honoré Charles Mercier, victime du 2 décembre. Le maire du temps voulait « révolutionner les consciences » et baptisa, au cœur du nouveau quartier, la nouvelle esplanade : place de la République.

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Si vous croisez un chien ou un chat errant, ne détournez pas le regard

CHIENCapture

"Alors la mort dans l’âme, sur les conseils du vétérinaire et en concertation avec la famille d’accueil, nous avons pris la décision d’abréger ses souffrances. Véronique et son fils Ange ont décidé que cette petite misère aurait quand même un nom, Glimm car « glimmer of hope » signifie lueur d'espoir… Alors voilà maintenant Glimm est au paradis des chiens.Mais que de souffrances. Cette petite chienne a été vue errante des semaines auparavant par des habitants du village, elle était à ce moment là sur ses 4 pattes, courant la campagne, mais personne ne s’en est inquiété. Un chien comme elle tout le monde s’en fout. Cela n’émeut et ne touche personne. Ce n’est qu’un chien de chasse. Personne ne lui a donné à boire, ni même de quoi manger. Glimm est morte lentement mais sûrement. Elle est morte de faim, de soif, de fatigue. Glimm est morte de notre indifférence à tous. Enfin presque tous...

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