Histoire

Cette et le quatrième marquis de Castries.

Portrait par Joseph Boze.
Charles Eugène Gabriel de La Croix, marquis de Castries, baron des États de Languedoc, gouverneur de Montpellier et Sète
 

Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries était sans conteste un "haut et puissant seigneur". Sa famille avait été anoblie au XVème siècle et son père, Armand François (1725-1743) lui léga des possessions des environs de Lunel au Narbonnais et aux Corbières. Et depuis trois générations, les de Castries étaient gouverneurs de Montpellier et de Cette.

 Charles Eugène Gabriel (1727-1800) était de haute naissance. Orphelin à trois ans, il fut élevé par son oncle, archevêque d'Albi, troisième en dignité aux Etats du Languedoc dont il présidait parfois les séances. Et, à la suite de son père, le quatrième sera "marquis de Castries, comte de Charlus, baron de Montjouvent, seigneur de Saint Bres et autres places…" (en Auvergne ou en Artois !). Sans oublier son titre de gouverneur du port et de la ville de Cette. Comme tout sujet bien né, Charles Eugène fut d'abord un militaire. Certes parrainé par son oncle par alliance, le maréchal de Belle Isle, il entre dans la carrière à 12 ans. A 15 ans, il est lieutenant. Et pas seulement pour "la montre" (les revues). Pendant la guerre de succession d'Autriche (1741-1748), il est dans l'armée française aventurée en Bohème qui prend Prague. Assiégées, les troupes de son oncle fuient la ville et font retraite en plein hiver. A marches forcées. Son frère aîné en mourra d'épuisement. Et puis, le marquis guerroiera en Flandre sous le maréchal de Saxe. A 17 ans, il est le benjamin des "Mestres de camp" (officier supérieur). Il continuera à s'illustrer sur les champs de bataille. Présenté à Louis XV en 1748, il est "Maréchal de camp" (général 2 étoiles) à 21 ans.

Il se fera remarquer lors de la guerre de Sept ans (1756-1763), monte en grade, reçoit l'ordre du Saint Esprit. Parvenu au plus important commandement militaire du royaume, en tant que gouverneur de la Flandre et du Hainaut, il songe au ministère. Echec. Il rentre à Castries. Devenu par héritage "l'homme le plus riche du royaume", il arrondit ses possessions (achat du comté d'Alès, mise en exploitation des mines de La Grand Combe). Mais il ne restera pas en Languedoc, retrouvera la cour, ses plaisirs, les faveurs. "Le beau de Castries" aura des maîtresses en titre. Il a la faveur de Mme de Polignac, la favorite de Marie-Antoinette. Il est des petits soupers de Mme de Pompadour. Mais Charles Eugène "avait de la branche" et n'oubliait aucun de ses devoirs. Il savait, même avec affabilité, faire sentir son rang. Gouverneur de Montpellier, il renonça en 1746 à une "joyeuse entrée", trop onéreuse pour la communauté. Pour Cette, ville pour laquelle "il y a bonne apparence qu'il aura la même bonté et la même affection", "il ne manquera pas, par la modestie qui lui est ordinaire, de vous donner ses ordres…" (sic).

Il dût faire un bref séjour à Montpellier en 1764. Les Cettois s'attendaient à sa visite afin d'accomplir "le devoir des habitants de faire à ce seigneur les honneurs et les réjouissances que son rang et sa qualité de gouverneur ont le droit d'exiger de leur part". Devoir qui sera rempli près de vingt ans plus tard à une autre occasion.

Hervé Le Blanche

Vive le maréchal de Castries !



photos de documents tirés de la correspondance des consuls (aux archives municipales) montrant le style employé par de Castries à l'adresse des consuls et depuis Versailles(!).
 

Le 4ème marquis de Castries, Charles Eugène (1725-1800) appartenait à la haute aristocratie. Il n'est pourtant pas un des personnages importants de notre "roman" national. Cependant, il eut un rôle public non négligeable où les Cettois jouèrent leur partie.

 Il est d'ailleurs paradoxal qu'il obtint certaines des plus hautes charges de l'Etat à la suite d'intrigues de cour et de manœuvres politiques. Ce militaire de haut rang qui s'exposa sur les champs de bataille (trois fois blessé au cours de sa carrière) avait, outre sa naissance, des talents politiques. Et c'est plutôt grâce à ceux-ci qu'il accéda à des postes prestigieux et au grade suprême de maréchal de France. Très jeune officier, il eut une carrière fulgurante et il commanda la Flandre et le Hainaut, stratégiquement les provinces les plus importantes du royaume. Grand maître de la cavalerie, il dirigea des corps d'élite. Par ailleurs, homme de cour, il dut à Choiseul le gouvernement de Lyon, du Lyonnais et du Forez. Mais il n'a pas été ministre de la guerre, peut-être à cause de Louis XV qui lui garda une tenace rancune de sa fidélité à Choiseul qu'il visita dans son exil en Touraine. Mais il devint ministre de la Marine et des Colonies. Il avait montré quelques talents dans le commandement à la mer lors de la guerre de Sept ans (1756-1763), mais ce fut le jeu des influences qui fut décisif. Les comptes du précédent secrétaire d'Etat à la Marine étaient loin d'être en ordre. Pour le remplacer, Necker, le contrôleur général des Finances, fit le siège de Mme de Polignac, de la reine et proposa pour la place son ami de Castries.

 Et, bien que quelque peu gêné par cette faveur, de Castries devint ministre. Il est surprenant qu'à Cette on n'ait pas marqué cette accession au ministère par des réjouissances publiques. Est-ce parce qu'il s'agissait d'une charge civile ? Lacune de la documentation ? Toujours est-il qu'en 1781, la Communauté fêta dignement l'accession de Charles Eugène au maréchalat. Dignité qui ne couronnait pas l'action du marquis au département de la Marine, où il fut un grand ministre. Mais due à la faveur de Louis XVI voulant adoucir la démission de de Castries, outré que l'on ait abusé de sa signature dans l'affaire des comptes de Sartine. Quoi qu'il en soit, à Cette, on célébra dignement l'évènement. On dressa des arcs de triomphe ; on fit tonner "les boëtes" ; on tira des "fuzées". Il y eut un grand déjeuner arrosé de vin de Malaga. Et il y eut des joutes. On avait ferré soigneusement les lances, peint les pavois. On avait acheté des drapeaux neufs. On fit un "feu de joye" avec des "sarmens et autres bois". Et les deux finalistes du tournoi reçurent deux montres de prix.

 Après quoi, à la lueur des flambeaux et des chandelles, on a dansé. Furent gratifiés les valets de ville, les garçons et servantes d'auberge, le corps de la jeunesse qui put "aller par la ville" fêter l'évènement : M. de Castries était fait maréchal de France.

Hervé Le Blanche

Sources : dictionnaire biographique de l'Hérault ; papiers de famille du duc de Castries ; archives municipales de Sète (correspondance des consuls, réjouissances publiques).

Le "Languedoc" dans la tourmente


comte d'Estaing par J.P. Franque
 

Le "Languedoc", le navire "offert" par les Etats du Languedoc  à Louis XV affronta bien des épreuves sous le règne de Louis XVI, après 1778. Le royaume de France entre alors en guerre contre l'Angleterre, aux côtés des "Insurgents" américains. Après la Révolution, il servit la République en Méditerranée jusqu'à sa fin, controversée selon les sources.

Au moment de la guerre d'Indépendance américaine, le vaisseau faisait partie de l'escadre de 18 navires de l'amiral d'Estaing qui y arborait sa flamme. L'amiral ne fut pas un chef de guerre heureux. Une première action contre les Anglais à "Rhode-Island" fut un échec. Puis, le navire essuya une forte tempête : démâté, privé de son gouvernail, "il ne pouvait arriver [profiter des allures portantes], ni venir au vent". Et il est attaqué par un vaisseau anglais, le Renown. Or, celui-ci abandonne sa proie. On répare comme on peut en remâtant avec des espars du Protector. Mais c'est un vaisseau de rang inférieur (64 canons au lieu de 74) et le Languedoc aura moins de surface de voile, perdra en vitesse, sera moins équilibré. Le 2 novembre 1778, il faillit sombrer dans le gros temps. Face aux 22 navires des escadres des amiraux anglais Howe et Byron, les Français se replient sur les Antilles. La Martinique est bien gardée par les 25 unités de Byron. C'est alors que les 20 vaisseaux d'Estaing, aidés des 5 de La Motte Piquet, emportent La Barbade, puis l'île de la Grenade malgré la flotte de Byron. Mais face à Savannah, base de l'armée anglaise au sud des futurs Etats-Unis, c'est l'échec.

 

le Languedoc démâté attaqué par le Renown le 13 août 1778

escadre au large de Rhode-Island après la tempête, au centre le Languedoc "rafistolé".

Et le Languedoc rentre en France. A Brest, il est réparé, mais on consolide sa carène en la doublant en bois, non en cuivre. Or, un tel revêtement était plus efficace contre les dépôts marins et rendait le navire plus rapide. Quoi qu'il en soit de l'esprit de routine, le Languedoc reprend la mer dans l'escadre du comte de Grasse qui appareille le 22 mars 1781. Après 37 jours de navigation, La Martinique est en vue, puis Saint Domingue. Et dans la baie de Chesapeake, des combats font reculer les navires de l'amiral Graves. Celui-ci ne peut secourir Yorktown assiégé par les "Insurgents" et les Français  de Rochambeau. Yorktown capitulera, ce sera la victoire décisive des "Américains". C'en était pas fini des batailles, surtout lorsque de Grasse, sur le Ville de Paris, se porta au secours du Zélé. Le combat est terrible. Le Languedoc manœuvra pour intervenir, mais de Grasse amena son pavillon. L'état-major du Languedoc fut mis en cause. Un procès eut lieu devant l'Amirauté. Or, la mâture du vaisseau avait été criblée de boulets : 5  dans la grande vergue, 5 dans le mât de misaine! Le navire avait pu s'échapper, mais non sans avoir combattu.
Et c'est le retour à Brest. Le vaisseau reprend du service en 1792 sous le commandement de Latouche-Tréville dans l'escadre de Méditerranée. On le verra face à Naples et à son retour, il perdit sa misaine et son grand mât! Sous d'autres noms, il combattit les Anglais. Il terminera sa carrière à Toulon ou, suivant certains (Olivier Marsaudon), sombra dans la lagune de Venise.

Hervé Le Blanche

Et "Le Languedoc" fut construit.

Le vaisseau « Languedoc » (1763-1799)
Modèle réduit exposé au MUCEM

 

De 1746 à 1783, la France et le Royaume Uni se disputèrent la maîtrise des mers et la suprématie en Europe. La province de Languedoc fut quelque peu partie prenante dans cet affrontement, en particulier par une action singulière qui fit des émules en France, portée par un état d'esprit que l'on ne soupçonnait pas en ce milieu du XVIIIème siècle.

C'est lors du second affrontement avec l'Angleterre, connu sous le nom de "Guerre de Sept ans" (1756-1763), que s'illustra la province. En 1761, la situation des armées de terre et de mer de Louis XV était tragique. Car, en Europe, s'affrontaient deux coalitions : le Grande-Bretagne et la Prusse d'une part et la France alliée à l'Autriche et à la Russie d'autre part. Les armées françaises étaient embourbées en Allemagne et ce qui restait de la flotte française n'était pas opérationnel. L'escadre de Toulon a été dispersée au large de Lagos, ainsi que celle de Brest près de Belle Ile en mer. Le duc de Choiseul, "l'homme fort" du moment, après avoir dirigé les Affaires étrangères, cumula les portefeuilles de la Guerre et de la Marine. Choiseul était certes un grand seigneur très mondain, mais il avait du talent, de l'énergie. Alors que la guerre finissait et qu'en 1761 les belligérants envisageaient la paix, la France ne devait pas traiter en position de faiblesse. L'Angleterre s'était saisi de l'essentiel du domaine colonial français (comptoir des Indes, certaines îles Caraïbes, Canada), il était urgent de reconstituer la Marine.

Mais le fardeau fiscal était déjà lourd, les nouveaux impôts mal acceptés. Choiseul ne goûtait guère les solutions de force et eut recours à son crédit : l'influence que lui valait sa haute naissance (issu de l'ancienne et prestigieuse famille de Lorraine), sa fortune et sa position de "principal ministre". Il fit contacter Monseigneur de La Roche-Aymond, archevêque et primat de Narbonne et, à ce titre, président des Etats du Languedoc. Et il lui fit demander de suggérer aux Etats un don exceptionnel pour construire un vaisseau de ligne, sans que le gouvernement apparaisse. Monseigneur sut trouver les mots pour convaincre l'assemblée : "Nos seigneurs des Etats" accueillirent le discours du prélat par des acclamations. Est-ce que les deux délégués de Cette à l'assemblée applaudirent aussi ? On ne le sait. Par contre, la "municipalité" de Cette avait pris la guerre très au sérieux. Qu'on en juge : on ne joutait plus à Cette depuis 1756. Mais le patriotisme cettois avait une couleur particulière : les consuls justifiaient leur décision par la misère engendrée par la mobilisation des gens de mer (matelots, calfats, charpentiers de marine).

Et, la décision prise, il fallait réunir la somme de 700 000 livres. Les Etats, incapables de faire face à la dépense, eurent recours à l'emprunt. Emprunt (à 3%) bien accueilli par les gens de finance et les particuliers. Certains notables s'offrirent pour payer les intérêts. Et, en mars 1762, débuta la construction d'un vaisseau de premier rang, de 80 canons. A Toulon, on construisait Le Languedoc.

Hervé Le Blanche

Hérault : 2000 Ans d'Histoire

Cet ouvrage, publié à l'occasion de l'exposition réalisée en 2016 au Domaine départemental Pierresvives à Montpellier par les Archives départementales de l'Hérault sous la direction de Sylvie Desachy, est l’occasion d’appréhender l’histoire de l’Hérault et de découvrir des trésors conservés aux Archives départementales, cet héritage insoupçonné du département et des Héraultais.

 

Hérault. 2000 Ans d'Histoire

 208 PAGES -  Editions Un Autre Reg’Art – 25€
Ouvrage en vente à l'accueil de pierresvives, 
ou en ligne chez Amazon ou chez Un Autre Reg’Art

 

 

Hérault. 2000 Ans d'Histoire

L'Hérault fait partie du grand amphithéâtre régional tourné vers la Méditerranée et organisé en paliers successifs : la montagne, les garrigues, les plaines. Mais cette vision schématique ne suffit pas à recouvrir la réalité des paysages du département. Il faut aussi compter sur ceux modelés par les hommes. Car l Hérault c est aussi une terre de passage et d échanges, dont témoignent non seulement les infrastructures, d hier et aujourd hui, routes, ponts, canaux,..., mais aussi les lieux symboliques de culture, les universités prestigieuses, l organisation de la vie civile et administrative, les traditions populaires et la vie économique. La Méditerranée, comprise comme un espace non seulement naturel mais politique, social et culturel, a façonné l histoire du département au même titre que son identité méridionale. Si l on en croit les documents d archives, la Méditerranée imprègne toute l histoire locale ; et c est tout naturellement que s y rencontrent, au fil des pages, des marchands vénitiens ou du Levant, des sultans, un juriste de Bologne, un médecin de Salerne, un pèlerin japonais, des juifs de Majorque, un géographe catalan, ... un éléphant ! Cet ouvrage, publié à l occasion de l exposition réalisée au Domaine Pierresvives à Montpellier par les Archives départementales de l'Hérault est l occasion d appréhender l histoire de l Hérault sous un angle certes évident mais peu étudié en tant que tel et de découvrir des trésors conservés aux Archives départementales, cet héritage insoupçonné du département et des Héraultais. Documents d archives du ixe au xxe siècles, objets, tableaux, photographies issus des collections du département comme d institutions étrangères, nationales ou locales (Archives nationales de France, Musée du Prato en Italie, Universités de Bâle, de Padoue, Montpellier, musée Médard de Lunel...) témoignent d une histoire riche et passionnante, miroir d un destin local dans une dimension nationale et internationale : ils sont le reflet de l histoire administrative du territoire, de sa géographie et de ses paysages, naturels et aménagés, de ses traditions de commerce et d échanges tant matériels que spirituels et intellectuels. » disponible en ligne chez Amazon

Issanka oublié

reportage Michel et Valrie Campion (MCV)

 Il y a des noms et des lieux qui intriguent c’est le cas d’Issanka. Issanka, quelle est ton étymologie, quelle est ton histoire ?
Ce magnifique petit parc d’ombre et de fraicheur, entre Balaruc et Gigean, devait être autrefois, un site magique, un lieu de rêve, un havre de paix propice à la méditation.
En effet, le parc d'Issanka est planté de grands arbres qui sont essentiellement des érables, des chênes, des bouleaux, et un immense magnolia. Nombreux sont les petits ponts qui enjambent la Vène.
Aujourd’hui négligé, déserté, le parc d’Issanka était dans les années 1900 le lieu de promenade préféré des sétois. Ils s’y rendaient en charrettes, à pieds pour les plus pauvres ; en vélocipède, en auto, pour les plus aisés mais tous y venaient passer une journée sous les arbres, au bord de la Vène.
Un hôtel-restaurant était ouvert ainsi qu’un dépôt de carburant. Une belle activité y régnait, loin de la canicule estivale de Sète. Les dernières animations eurent lieu dans les années 60 avec la fête du parti communiste.
Quelle ingratitude des hommes qui ont pitoyablement délaissé ce parc et son cours d'eau alors qu'ils devraient faire partie du patrimoine régional
On a bien du mal à imaginer qu'à la belle époque, cet endroit était le R.V. de toute la société Sétoise qui, venait profiter de la fraîcheur, de la verdure et de l'eau, dans cette première moitié de siècle, où les joies de la plage n'étaient pas encore au goût du jour.
On a du mal à imaginer, toutes ces familles qui déroulaient des tapis sur l'herbe pour des pique-niques ; on a du mal à imaginer les orchestres qui faisaient danser ; on a du mal à imaginer la fête, les chants, les rires, la joie, les belles villégiatures.
Depuis la Vène a fait l'objet de nombreux procès entre les riverains.
En 1862, la source d'Issanka a été captée pour alimenter en eau la ville de Cette ( Sète ). De nos jours, la source comme le parc qui l'entoure, sont la propriété de Sète.
Aujourd’hui Issanka n’est peuplé que de fantômes, de maisons abandonnées et de ruines ; Issanka oublié, marginalisé, lugubre.

 

Ghost story

Au lieu dit du parc d'Issanka se trouve une maison réputée hantée. C'est une ancienne maison bourgeoise à l'abandon. Elle aurait été appelée la maison "Mon plaisir" dans les années 40, en effet elle aurait été une maison close. Mais la légende dit aussi : que deux familles se seraient entretuées lors d'une querelle concernant une histoire d'amour entre la fille de la première famille et le fils de la seconde.... Est-ce de l'utopie que d'avoir envie de voir cet endroit réhabilité, et revivre ses réjouissances d'antan ?

 

Valérie Campion

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Issanka au début du 20ème siècle

Histoire de la tielle

par Jean Brunelin (Chef, auteur, photographe et créateur du groupe Facebook "Défendons la cuisine Sétoise et Méditerranéenne")

Non seulement la ville de Séte érige un poulpe sur la place de sa mairie mais elle en perpétue l'emblème à travers une de ses spécialités gastronomiques typiques à savoir LA TIELLE de pouffre... car à Sète, le poulpe a pour nom "pouffre"...

Cette magnifique tourte nous est venue d'Italie dans les bagages des émigrants italiens de GAETA au nord de Naples à la fin du XIX ème siècle. La tielle vient sans conteste de GAETA mais plus précisément de la petite bourgade de pêcheurs de BORGO de GAETE qui sous la domination espagnole au siècle de Charles Quint nourrissait frugalement ses enfants qui tentaient tant bien que mal de résister à l'envahisseur. De la pâte étalée, un peu d'huile, quelques anchois et olives, l'ancêtre de la pizza était l'ordinaire...

Mais les autochtones remarquèrent très vite que la soldatesque ibérique confectionnait à peu prés la même chose avec toutefois un couvercle de pâte par dessus. Cela les amusa certainement mais ils se rendirent compte que cette chose se conservait plus longtemps que leur pizza qui séchait aussitôt. A l'époque ou les réfrigérateurs n'existaient pas, cela avait toute son importance surtout lorsqu'on partait plusieurs jours en mer... Les italiens ont donc copié leurs envahisseurs en recouvrant leur pizza. La technique se perfectionna et par souci pratique on ne mit plus directement la pizza sur la sole du four mais dans un plat de terre cuite appelée "TEGLIA"...et la tielle était née. Si vous allez en Espagne demandez une empanada et vous comprendrez...

À GAETA le tielle se décline de plusieurs façons, selon les propres mots des natifs du lieu, il y a les tielles de la mer, au poulpe, sardines, anchois, crevettes, moules etc... et les tielles "de la terre" à la scarole et aux pignons, aux oeufs et aux courgettes. À Sète, seule la tielle de poulpe connut la célébrité.
Au début de leur installation à Sète, les pécheurs Gaétans faisaient la tielle comme dans leur mère patrie et lorsque les enfants allaient à l'école, la maman mettait souvent une tielle de pouffre dans le cartable fait de morceaux de vieille voile cousue ; aujourd'hui, les anciens racontent qu'à l'école ils se cachaient pour la manger car les petits Sétois mangeaient des croissants du boulanger. La tielle était l'ordinaire des pécheurs installés au quartier haut ou était regroupée la communauté italienne, comparé à l'opulente société Sétoise enrichie par le commerce du vin, c'était un quartier pauvre ou ils vivaient selon leur coutumes et parlaient le napolitain. La majorité de la nourriture était tirée de la pêche que le père ramenait à la maison. Ces pêcheurs ne descendaient que rarement en ville et la belle société Sétoise de l'époque ne connaissait pas la tielle qui était vue comme étant une nourriture de pauvre.

Dans les années 30, Adrienne PAGES née à Agde tenait avec son mari Bruno VIRDUCCI, un Italien du sud, un petit étal de coquillage devant le pont de la civette à l'enseigne de "La Reine des Mers". Ses tartes de pouffres étaient renommées dans le quartier, elle les faisait cuire chez LUBRANO le boulanger de la rue Garenne... Les ménagères Sétoises commencèrent à apprécier la chose et en redemandèrent régulièrement à tel point que le boulanger fut dépassé par les visites d'Adrienne et il fallut trouver une solution. C'est son beau fils, Mimi Cianni qui en 1937 décida d'aller à la foire de Marseille acheter un four adapté qu'on installera au rez de chaussée de la maison. Et l'histoire démarra de là... en confectionnant ce plat de pauvre.

Adrienne ne se doutait pas que débutait l'âge d'or de cette tarte magique ! Adrienne eut de nombreux enfants, elle déménagea ensuite son petit commerce devant le bar de LA MARINE, mais il fallut attendre son jeune fils Achille qui le premier mit en place une petite fabrique artisanale sous les escaliers de la grand rue sur le plan du marché aux poissons.
Dans les années 60, il avait comme ouvrière Sandrine SPOSITO qui fabriqua des tielles pendant 50 ans de sa vie... Cette petite production était vendue à l'étal de coquillages de sa soeur Raymonde qui avait pris la suite de sa mère tout à coté. On peut dire que si c'est à Adrienne VIRDUCCI que l'on doit la diffusion de la tielle dans la société sétoise, c'est à Achille son fils que l'on doit la première fabrication artisanale. Quelques années après, Achille prit une épouse et créa lui aussi son propre étal de coquillages ou il mit ses tielles à la vente. À son tour, sa soeur Raymonde installa un tout petit atelier dans sa cabane de coquillage "La Reine des Mers" ou s'activait son ouvrier David Conesa.

Jusqu'aux années 70, c'étaient les seuls endroits où l'on pouvait trouver des tielles dans la ville de Sète. Ce furent ensuite deux des autres filles d'Adrienne qui se lancèrent dans l'aventure de la tielle. L'une se maria avec un DASSE, et l'autre avec un CIANNI... c'est pour cela qu'aujourd'hui encore vous trouverez les petits enfants et arrières petits enfants aux commandes des fabriques artisanales DASSE, VIRDUCCI et CIANNI...car la tielle de Sète est l'apanage d'une dynastie, celle d'Adrienne et Bruno VIRDUCCI ainsi que de leur descendance qui héritèrent tous de la recette et du savoir faire ...

Jean Brunelin

Acheter des tielles :  Liste des tiellistes Sètois - Cuisiner une tielle :  La recette de la tielle

Aux confins méditerranéens du royaume de France

La monarchie française a tardivement été en contact avec la mer, « Mer Intérieure ». Capétiens, Valois, Bourbons étaient, sinon continentaux, du moins des terriens. C’est aux XII° et XIII° siècles que les dynasties de l’Ile de France eurent accès aux mers du Ponant. Et ce n’est que depuis la fin du Moyen Age que les rois de France ont veillé sur de nouveaux confins.

Le roi prête serment, lors du sacre, de protéger la religion catholique. C’est le premier devoir de « l’oint du Seigneur », le roi très chrétien, l’ « évêque du dehors ». Mais il jure ensuite de veiller « à la sécurité et au repos de ses peuples ». La sécurité des provinces françaises légitime l’emploi de la force armée et la conduite de la guerre. Jusqu’à Louis XIV, le roi, chef de guerre, sera présent sur le champ de bataille. Le monarque qui installa la « prépondérance française » en Europe, au moment du trépas (1705), regrettais d’avoir trop aimé « la guerre et les bâtiments ». Selon M. J. Cornette, il fut « le roi de guerre », celui des Bourbons qui usa le plus de son pouvoir régalien. Veiller à la défense (ou à l’extension) du « pré-carré » sur terre ne posait qu’un problème de moyens. Il en allait autrement aux confins méditerranéens. Début XIII°, Saint Louis se fit concéder par le seigneur de Lunel une étendue d’eaux stagnantes où on creusa un port qu’un canal reliait à la mer. En 1271 quand le Languedoc fut annexé par le royaume, il n’offrait guère d’abris. Narbonne, La Nouvelle, Aigues-Mortes étaient de peu d’importance et même Frontignan et Agde ne semblaient guère offrir de possibilités.

Ce n’est qu’avec l’annexion de la Provence et de Marseille (1481) que la France a disposé d’une base pour « les vaisseaux du Roi ». Car, sur cette côte au sud du royaume, il fallait veiller. Une des raisons de la création du port au « Cap de Cette » en Languedoc est de pouvoir accueillir les galères qui, depuis Marseille, patrouillaient (de mars à septembre, il est vrai) en Méditerranée occidentale. En 1718, l’Intendant du Languedoc, dans sa description de la province, écrit que Cette « est un port de guerre » où le gouverneur de la place a des pouvoirs de police et où siège une Amirauté. Et à la fin du même siècle, les marchands et négociants de Sète se félicitent de pouvoir accueillir un « vaisseau de 50 canons » dans un « havre facile et assuré ». A cette époque, la Royale n’utilisait plus de galères, mais jusqu’en 1748, ce sont les vaisseaux longs qui faisaient la police du domaine maritime du roi. L’arrivée à Cette d’une galère posait des problèmes à la communauté (6 000 habitants au XVIII°). Il fallait pendant plusieurs jours nourrir 450 hommes (dont 56 galériens), loger les officiers, pourvoir les navires en « rafraichissements » (eau douce, vivres). MM les consuls en avaient bien du tracas.

Il est vrai que les gens d’armes de la royauté rassuraient quelque peu. Il n’en avait pas toujours été ainsi. Malgré les efforts de Richelieu, quand Colbert fut mis à la tête de la marine (1664), huit galères pourrissaient dans le port de Marseille. Le « grand roi », soucieux de son devoir, porta leur nombre à trente en 1688. Il en eut jusqu’à quarante (1655). Pour la gloire ?

Hervé Le Blanche

Les galères de Sa Majesté.

Dans la mémoire populaire, les galères sont de sinistre réputation. « C’est la galère », dit-on couramment aujourd’hui, oubliant l’expression « Vogue la galère » qui accompagnait parfois une action en bonne voie de déroulement. Comme souvent, la sagesse des nations présente des aspects contradictoires, reflet de la complexité du réel ou des temps anciens. Cette ne fut pas un port militaire comme Brest ou Rochefort et les galères de la royauté lui ont cruellement manqué.

Car ce type de navire fut longtemps, pour la royauté, un instrument de pouvoir. Au moins depuis François Ier (1515-1547), encore que, pendant la guerre de 100 ans, le roi ait eu son « clos des galées ». Mais selon les spécialistes, la défaite de l’Ecluse au large de la Zélande donna aux Anglais la maîtrise de la mer et de Calais, porte ouverte à l’invasion. Car la galère fut longtemps le vaisseau de guerre par opposition au vaisseau rond plus utilisé pour le commerce. Et bien que les vaisseaux longs transportaient aussi or, soie, épices, tous les produits chers. En Méditerranée (Jacques Cœur à Montpellier), mais aussi en Atlantique et mer du Nord comme le faisaient les Vénitiens. Pourtant, elles avaient bien des défauts, les galées. Elles ne pouvaient affronter le gros temps. Leurs deux mâts à antenne portaient un jeu de voiles compliqué à manier. Elles pouvaient remonter au vent, mais étaient incapables de louvoyer. Au total, peu maniables et pas si rapides (cinq nœuds). Et puis, il fallait pour les armer 450 hommes. Les matelots, les soldats, la chiourme. Pas moins de cinq galériens tiraient sur la « sensile » (aviron). Une centaine d’hommes hâlaient le navire quand on ne forçait pas l’allure, quand on donnait la chasse à une autre unité par exemple. Entassés dans une promiscuité répugnante, mal nourris, subissant les châtiments corporels, soumis à un travail de bêtes de somme, les galériens mouraient rapidement.

Alors, on dirigea vers les chiourmes délinquants et criminels d’Etat. En fait, les galères, aptes au cabotage, jouaient le rôle des avisos des flottes contemporaines : liaison, surveillance et, à l’époque, prestige. Les magnificences des plus belles exaltent la gloire du roi. Pourtant, les dangers sont nombreux qui viennent de la mer. En cas de guerre, le littoral languedocien est menacé. La mémoire des Cettois a conservé longtemps le souvenir de la descente anglaise de 1710 quand la ville fut occupée et que Agde, Béziers furent prises. Depuis Frontignan, les populations épouvantées avaient vu arriver les vingt vaisseaux de la flotte anglaise. Cela ne s’oublie pas ! Et pendant la même guerre de succession d’Espagne ((1702-1714) quand les Anglais prirent Gibraltar et Minorque, les corsaires des Baléares razziaient çà et là. Début XVIII° quand le chevalier de Vauroux voulut percer le lido entre Cette et Agde, les autorités militaires s’inquiétèrent : cela ne favoriserait-il pas les entreprises des pirates de Salé ? Et quand les hommes du roi sont absents, il se produit des évènements inattendus. D’Aigrefeuille, l’historien de Montpellier, relate qu’au début de novembre 1733, alors que Louis XV mène la guerre de succession de Pologne (1733-1735) contre l’empire allemand allié de la Russie, le lieutenant de l’Amirauté d’Agde, M. Tredos, fait attaquer 39 felouques napolitaines battant pavillon impérial

Ces felouques transportant 800 hommes venaient des côtes d’Espagne pêcher du corail. Entraîné par la jeunesse, les « bourgeois, artisans et matelots », M. Tredos arme cinq felouques, mobilise les gardes-côtes, la milice, l’armée régulière et se saisit des navires napolitains. Les prisonniers sont conduits à Cette, puis Montpellier. Bonne prise pour les Agathois : 19 caisses de corail, armes et munitions, 50 quintaux de fromage, quelques barils de vin. C’était alors dans l’ordre des choses.

Hervé Le Blanche

La Société d’Etudes Historiques et Scientifiques Sète et sa Région

 

Société d’Etudes Historiques et Scientifiques de Sète et sa Région.


phare de Sète en 1903

Activités

Son activité principale consiste à publier, chaque 2 ou 3 ans environ, un épais Bulletin abondamment illustré de documents rares dans lequel amateurs, professionnels de l’archéologie, de l’histoire, chercheurs, étudiants universitaires publient le résultat de leurs travaux sous la forme d’articles.

Depuis 1969, date de la première publication, c’est encore et toujours un instrument capital d’information et de promotion de la recherche archéologique et historique de notre région. Toujours très apprécié du grand public lors de sa sortie (pour preuve de nombreux numéros sont aujourd’hui épuisés, mais disponibles en PDF via notre boutique), il faut souligner que cette publication est aussi largement sollicitée par diverses universités : Montpellier, Toulouse, Bordeaux, ainsi que des bibliothèques et des écoles prestigieuses : la Bibliothèque Nationale de France, la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie à Paris, L’Ecole française de Rome, le CIRDOC à Béziers… Mais également des organismes régionaux : la DRAC, l’ODAC…

Publications

18 bulletins édités depuis sa création, dont un ouvrage sur l’histoire du port de Sète. Chaque bulletin traite de sujets très variés de l’histoire et de l’évolution de la ville, du port, mais aussi des moments de vies et de personnages plus ou moins illustres qui ont façonné cette ville. Ces ouvrages sont disponibles dans plusieurs librairies, ainsi qu’à l’office de tourisme de la ville. Ils peuvent être commandés sur notre site.

» en savoir plus : www.histoiredesete.fr

   

La Société d’Etudes Historiques et Scientifiques Sète et sa Région a été fondée à Sète en octobre 1963 (association à but non lucratif régie par la loi du 1er Juillet 1901), par un groupe d’archéologues, scientifiques, chercheurs et amateurs passionnés d’histoire. Longtemps rythmée par de nombreuses campagnes de fouilles archéologiques, notamment celles entreprises au Barrou, elle s’est, par la suite, davantage axée sur l’histoire et la mise en valeur du patrimoine pour devenir en 1994 la Société d’Etudes Historiques et Scientifiques de Sète et sa Région. Sous cette appellation un peu sévère il est vrai, se cache une association à but non lucratif ayant pour vocation essentielle l’étude et la vulgarisation du patrimoine archéologique et historique de la ville, en assurant une recherche permanente et dynamique dans ces deux domaines, à Sète et tout autour du bassin de Thau.

Publications

18 bulletins édités depuis sa création, dont un ouvrage sur l’histoire du port de Sète. Chaque bulletin traite de sujets très variés de l’histoire et de l’évolution de la ville, du port, mais aussi des moments de vies et de personnages plus ou moins illustres qui ont façonné cette ville. Ces ouvrages sont disponibles dans plusieurs librairies, ainsi qu’à l’office de tourisme de la ville.

Ci-dessous quelques des bulletins publiés ces dernières années. Il suffit de cliquer sur une couverture pour télécharger le bulletin choisi et le lire à l'écran en version numérique feuilletable.


cliquez sur une couverture pour lire le bulletin

Tous les numéros imprimés peuvent être commandés sur le site de la société.
Ils seront bientôt également disponible en format e-book, à lre à l'écran par exemple sur tablette numérique, sur votre smartphone ou simplement sur votre ordinateur.

 Le tout dernier bulletin (2014) et l’ouvrage "Sète au travers de son Histoire Portuaire" sont en vente à Sète, à l’Office de tourisme, à la presse Saint-Clair, bd Danielle Casanova et à la librairie Gévaudan, rue Gambetta.

Pour lire le sommaire du dernier numéro paru : cliquez sur ce lien

 

Les Samedis de l’Histoire de Sète

"Les Samedis de l’Histoire de Sète", manifestations qui ont lieu 2 à 3 fois par an, après-midi, qui permettent de découvrir au travers de vieux films et de conférences, la vie à Sète. Chaque édition rassemble un public nombreux et passionné.

 

Vues anciennes

Vos contributions sont les bienvenues : proposez-nous vos vieilles photos de famille, nous les publierons si elles sont pertinentes.

La Corniche, chapelle du Lazaret de Cette (Sète)

Cliquez sur une image pour l'agrandir

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Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon