Armand Bals : pilote d'avion pendant la grande guerre

Armand Bals est né le 13 décembre 1895 à Saint Pargoire. Son certificat d’études en poche, il trouve un emploi d’aide berger au domaine de Lavagnac à Montagnac.

Alors que la Grande guerre a commencé depuis un an, il est mobilisé dans l’Infanterie. Mais avec l’aviation qui se développe,  pour les reconnaissances photographiques, la surveillance des lignes adverses, le réglage des tirs d’artillerie et combattre les appareils ennemis, il se porte volontaire.  Il fera partie des 16.876 pilotes formés pour combattre sur le front. La formation se faisait en un mois! Combien ne sont pas revenus ? La plupart des morts n’ont pas été abattus par l’ennemi, mais dans des accidents dus à des fautes de pilotage, des pannes de moteur, rupture en vol de la structure lorsqu’ils plongeaient en piqué atteignant des vitesses de 350 Kmh. Les pilotes ne possédaient pas de parachute. On n’était pas très regardant pour la visite médicale. Même Georges Guynemer engagé volontaire, trop chétif est ajourné, plus tard il sera incorporé comme élève mécanicien avant de devenir l’as aux 53 victoires.

Le chasseur aérien, c’est un pilote et un mitrailleur, parfois le même occupe les deux fonctions. Pour éviter les vibrations, le pilote réduit la puissance, on attend le dernier moment pour tirer afin d’économiser les munitions. Les combats durent parfois jusqu’à 50 minutes. Les récits sont nombreux, souvent pathétiques. Parfois, le rôle de chasseur ne consistait pas à abattre son ennemi, mais à le mettre en fuite. Les mitrailleuses posaient problème pour tirer vers l’avant car on abimait les hélices. Dans un premier  temps on va les blinder, mais le système n’est pas convaincant. C’est Fokker qui va inventer le tir à travers l’hélice,  en positionnant un engrenage de sorte que quand l’hélice passe devant le canon de l’arme, le pilote ne peut tirer. C’est suite à un accident, que les alliés ayant récupéré l’épave découvrent le système.Fokker, Avion, Avion De Combat, Ailes

Armand passera son brevet N° 7749 à l’Ecole d’Aviation militaire d’Etampes le 7 décembre 1917, il a le grade de Sergent. On va lui distribuer, un casque, un chandail, un passe montagne, des gants fourrés, chaussures fourrées, une paire de lunettes, une veste  et un pantalon de cuir. Il sera affecté à l’escadrille 228 et par la suite 234.

Démobilisé en 1919 il revient travailler sur le domaine de Lavagnac, il épousera jeanne Gouneau en tenue de pilote. Pilote de Bréguet XIX, il aurait pu poursuivre une carrière aéronautique et notamment dans le transport aérien, en effet, 200 de  ces avions furent acquis par Latécoère, et après quelques modifications structurelles ils  assureront l’aéropostale jusqu’à Dakar. Mais lui en a décidé autrement, il retourne à Lavagnac. Il sera nommé régisseur en 1925 et le restera jusqu’à sa mort le 2 septembre 1952.

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon