Invitée d'honneur de la Saint Louis : Agnès Varda

Ce vendredi 7 juillet, François Commeinhes Sénateur-Maire de Sète présentait l’invité d’honneur de la Saint Louis et l’artiste choisis pour réaliser l’affiche de la Saint-Louis 2017 chez André Lubrano à la Pointe Courte à Sète.

La cérémonie très conviviale réunissait autour d'Agnès Varda, invitée d'honneur, et d'Aurélien Evangélisti pour ses résultats impressionnants en tournois de joutes (7 Saint Louis et de très nombreuses victoires), certains acteurs du film tourné en 1954 à la Pointe Courte par la cinéaste, et des résidents de ce très beau quartier.

Après avoir visualisé un entretien d'Agnès avec Jean Vilar à propos des joutes languedociennes elle nous faisait voyager dans le temps en revenant sur ses liens particuliers avec Sète et sa fameuse Pointe Courte qui a gardé pour elle des sentiments particuliers.

François Commeinhes revenait sur la notoriété d'Agnès Varda et sur toutes ses réalisations et récompenses qui d'une certaine façon font d'elle une Grande ambassadrice de Sète. Avec son accord elle sera associée aux festivités de la Saint Louis 2017, avec ses tournois de joutes qu'elle apprécie énormément.

Chacun le sait : "Sète est née un 29 juillet 1666, sous les auspices festifs des joutes languedociennes. Mais les hautbois et les tambours ne vont résonner que bien des années plus tard pour célébrer la Saint-Louis. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, ces célébrations se réduisent à une modeste fête en l’honneur de Louis XIV. Elles seront interrompues par la Révolution avant de reprendre en 1806. C’est en fait le maire de Sète, Emile Doumet, qui prend l’initiative en 1853 de donner un peu de lustre à cette fête locale, pour répondre à la création de la ligne de chemin de fer Cette-Toulouse, et à l’afflux d’ "étrangers" qui viennent assister au tournoi de joutes du dimanche. Mais c’est au début du XXème siècle que la fête prend toute son ampleur et s’enrichit de corsos nautiques, de concerts, de courses cyclistes et des premières traversées de Cette à la nage, tandis que se déroulent, devant des milliers de spectateurs, des combats de joutes homériques sur le Canal Royal."

 Cette année, du 17 au 22 août, Sète célèbrera la 275ème édition des fêtes de la Saint-Louis. Pendant six jours et six nuits, unie autour de cette tradition qui fonde son identité, la Ville va vivre à l’heure des chevaliers blancs de la tintaine.

Quantité d’événements sous le signe de la convivialité viendront enrichir cette exceptionnelle semaine de liesse populaire. Cette année, la ville de Sète a choisi de rendre hommage à la célèbre réalisatrice Agnès Varda, la plus sétoise des cinéastes.

De La Pointe Courte aux Plages d'Agnès, de La mer Etsetera à Y'a pas que la mer, la réalisatrice et plasticienne n'a cessé de puiser dans l'Ile singulière matière à son inspiration. En 2015, Agnès Varda recevait lors de la cérémonie de clôture du 68e festival de Cannes une palme d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Et il y a forcément un peu de Sète dans cette prestigieuse distinction accordée avant elle aux seuls Woody Allen, Manoel de Oliveira, Clint Eastwood et Bernardo Bertolucci, et pour la première fois à une femme.

 Aujourd'hui... Une école Agnès-Varda a été inaugurée aux Métairies en 2005 en présence de la réalisatrice. A la Pointe Courte, une traverse Agnès-Varda va de la promenade Louis-Vaillé au quai du Mistral. Pour le centenaire de la naissance de Jean Vilar, Agnès-Varda a exposé des photos d'Avignon dans la maison des Vilar. Ses amis se nomment aussi Lubrano, Biascamano, Calli... et aussi le sénateur-maire François Commeinhes... parmi beaucoup d'autres Sétois. En juin dernier, elle accepte d’être l’ambassadrice d’une campagne nationale d’image lancée par la Ville et portée par six grands artistes attachés à Sète. Elle rend ainsi hommage à sa muse et écrit de sa plume ces mots : “Sète m’amuse et m’inspire. J’y ai tourné en 54 “La Pointe Courte” et ses joutes et en 2005 “Les plages” et ses joutes. Quel bonheur !” En ce mois de juillet, elle participe à la deuxième édition du SunSète Festival dédié au cinéma.

Elle y présente avec son complice JR son dernier documentaire “Visages, villages”, tout juste récompensé par le prix de l’Oeil d’Or à Cannes. Cet été, comme tant d'autres fois auparavant, on pourra sans doute la croiser dans les rues, aux halles, et sur le Cadre Royal.

Quant à l'affiche de la Saint Louis 2017 qui était dévoilée par Agnès Varda et Aurélien Evangélisti, elle est signée CHRISTOPHE VALLAUX qui a été conseillé par Agnès Varda. En effet, chaque année, la ville de Sète confie la réalisation de l’affiche de la Saint-Louis à un artiste et cette fois, c’est un complice d’Agnès qui a été chargé d’illustrer ce 275e opus, sous la direction artistique de la réalisatrice.

 

AGNÈS VARDA ET SÈTE : UNE HISTOIRE D'AMOUR 

Cette histoire d'amour commence en 1940, alors qu'Agnès Varda fuit la Belgique bombardée avec sa mère et ses 4 frères et sœurs. Et c'est à Sète, sur un bateau amarré face au palais consulaire que la famille va trouver refuge. Agnès a alors 12 ans et se lie d'amitié avec les filles Schlegel, qui habitent en face, sur le quai Pasteur. Elle passera là une adolescence heureuse et insouciante. Dans les années 50, elle part étudier la photo à l'école du Louvre à Paris. Elle obtient un diplôme de photographie. A Sète, son amie Andrée Schlegel épouse un certain Jean Vilar. Le lien est fait.

Varda rejoint Jean Vilar à Avignon : il vient de créer deux ans plus tôt le célèbre festival de théâtre. Elle devient photographe de plateau pour le TNP et se fait connaître grâce à ses clichés de Gérard Philipe ou Maria Casarès. Mais fidèlement, elle revient à Sète. La Pointe Courte l’inspire. Sa lumière écrasante, sa rencontre avec les pêcheurs lui donnent l’idée de réaliser en 1954 un film éponyme, son premier film, qui rend ce quartier de Sète quasi-mythique. C'est parmi les acteurs du TNP qu'elle choisit Silvia Monfort et Philippe Noiret (débutants au cinéma) pour ce premier long métrage. Réalisé en 35 mm avec des moyens de fortune et hors du circuit économique traditionnel, ce dialogue d'un couple qui fait le point sur fond de chronique néo-réaliste d'un village de pêcheurs apporte un souffle de liberté au cinéma français et réunit toutes les caractéristiques de ce que sera la “Nouvelle vague”.

Plus d'un demi-siècle après La Pointe Courte, elle boucle la boucle, et tourne notamment à Sète “Les Plages d'Agnès”, un émouvant autoportrait où elle revient sur sa vie et sur son travail. Elle obtient le César du meilleur film documentaire lors de la 34e cérémonie des César.Sa carrière ne l’éloigne jamais bien longtemps de son port d’attache. Elle s’investit dans la vie culturelle de l’île singulière. Au printemps 2009, elle s’installe au Centre Régional d'Art Contemporain avec une exposition intitulée “La mer ...Etsetera”. Des souvenirs toujours.

En 2011, elle investit le Musée Paul-Valéry cette fois, et prend avec “Y'a pas que la mer” le contre-pied de son précédent travail dans un lieu d'où on ne peut échapper au spectacle de la mer... Et puis il y aura aussi en décembre suivant “Agnès de ci de là Varda”, 5 épisodes de 45 minutes diffusés sur Arte. Sète sera présente dans le 4e avec l'évocation entre autres de Soulages et de deux pêcheurs sétois.