Jean Polito : ce que peut faire un Sétois.

Petit-fils de Giovanni Polito, l’aïeul venu de Gaëta près de Naples  en 1900 et qui fit  parti de ces italiens qui ont marqué l'histoire de Sète, Jean Polito est né en 1922.  Avec Georges Azaïs, le fondateur de la criée de Sète, Jean Polito créa la conserverie artidanale et familiale Azaïs-Polito qui depuis a fait son chemin et est connue dans le monde entier.
Hervé le Blanche nous raconte le parcours de cette figure sétoise qui s’est éteint le 10 octobre 2016 à l’âge de 94 ans. 


Lundi 10 octobre 2016, la nouvelle du décès de Jean Polito était publiée et tous ses proches, le même jour, lui ont rendu un dernier hommage. Bon nombre de Sétois ressentiront son absence. Il fut l'un de ceux pour qui Sète a été ce qu'elle a été.

Il était le petit-fils de Giovanni Polito, l'aïeul venu de Gaëte et qui vint s'ancrer à Cette en 1900. C'était l'époque où le produit de la pêche de son navire, Le Brescou, était exposé à même le sol, sur une couche de glace. C'était le temps où mareyeurs et pêcheurs devaient rapidement conclure les transactions car le train de marée partait à 17 heures. Giovanni Polito connut "un rythme de vie éreintant", une certaine discrimination. Mais il fit face avec persévérance et transmit à sa descendance, avec "le goût des choses bien faites", la passion d'entreprendre. Et aujourd'hui, l'entreprise Azaïs-Polito traite avec les grands de la gastronomie et rayonne à l'International.

Le petit-fils de Giovanni, Jean, né en 1922, a épaulé son père Claude dans la gestion de ses deux commerces : une épicerie de quartier et un étal aux halles fort apprécié de la communauté italienne. La "pasta" Polito ralliait tous les suffrages. Elle était issue d'un lieu mythique dans la famille Polito : "L'Enclos". Au fond d'une impasse tranquille du quartier de La Peyrière, le lignage a acquis 380 m2 où, dans un bâtiment bordant une cour, sont entreposés les stocks pour les deux commerces. Et c'est là que Jean Polito installe, en 1957, une fabrique de raviolis, dont l'inscription de la raison sociale est toujours visible.

Mais à L'Enclos avait aussi été montée une conserverie. Puis, Raymond (le fils de Jean Polito) eut l'idée de confectionner la soupe de poisson à la sétoise. La conserverie allait son train. Il fallait acheminer le poisson de la Marine à L'Enclos, pousser des chariots de 200 kg sur des pentes parfois à 35%. Et là, on devait conditionner les envois. Au début des années soixante, "il faut remplir les conserves à la cruche", ce qui exige de la précision, de la main d'œuvre. Alors, toutes les bonnes volontés s'impliquent. Et puis, Jean vend son étal des halles et participe au développement de l'entreprise qui, grâce à son fils Raymond, prend son essor après 1966. Dans L'Enclos (où se fabriquent les pâtes), sur 40 m2, on installe une chaudière verticale de récupération. Et on vend un produit sain, naturel, authentique. Georges Azaïs qui deviendra un mareyeur d'envergure internationale et Jean Polito s'associent en 1963. Et les produits Azaïs-Polito entrent dans la restauration. La rouille sétoise se vend en grande surface. Jean se souvenait-il de ce temps quand, retiré à Frontignan avec sa seconde femme Odette, il offrait aux pensionnaires de la maison de retraite les bocaux d'Azaïs-Polito ?

Depuis trois ans, Odette n'était plus là. Jean Polito déclinait doucement, très entouré. Son fils venait deux fois par jour. Ils causaient travail. Et Jean s'est éteint sereinement dans son sommeil. Pour celui qui fut un Sétois parmi d'autres, le travail était achevé.

Hervé Le Blanche

Nos vifs remerciements à Madame Britto.

Pierre Deley, marseillanais d'exception

 L’Aéropostale demeure l’une des aventures aériennes majeures des années 30, ayant profondément marqué les mémoires, souvent bien davantage en Amérique du Sud qu’en France : histoire malheureusement trop connue pour être bien connue. Le « bon peuple » ayant besoin d’icônes en nombre limité, on lui en a offert quelques-unes, Mermoz, Daurat, Guillaumet ou Saint-Exupéry, sur lesquelles, hormis dans quelques trop rares ouvrages, on nous ressasse les mêmes poncifs , les autres héros moins connus étant sans doute moins « vendables ».

Breveté pilote de chasse pendant la Grande Guerre (6 victoires) après avoir été artilleur, Pierre Deley entrait aux Lignes Aériennes Latécoère en 1923. Il connut nombre d’aventures, partageant les joies et les souffrances qui émaillèrent ces routes aériennes. Il effectua des nombreuses missions de sauvetage et des dépannage depuis Port-Etienne et fut avec Paul Vachet l’un des défricheurs de l’Amérique du Sud. Le jovial « Père Deley », aussi fin pilote et homme courageux que camarade apprécié, finit sa carrière comme représentant général d’Air France en Amérique du Sud. C’est dire que sa vie d’aviateur se confond avec l’époque héroïque des Lignes Latécoère et de l’Aéropostale.
René Angel n’a pas sorti son texte comme un lapin d’un chapeau : cet ouvrage est le fruit d’un long travail, animé tant par l’admiration envers un compatriote que par la souci d’un travail historique. Le titre sonne comme celui d’une biographie, mais le livre est également riche d’informations sur cette épopée aérienne qui mena les « facteurs volants » en Afrique et en Amérique du Sud.

Pour en savoir plus: visitez le site des amis de Pierre Delay