La passion selon Marc Chevallier.

Le lundi 6 mars, Marc Chevallier a fait ses adieux au port de Sète, tout en continuant à œuvrer dans la sphère maritime française. Car, tout au long de sa vie, la mer fut son univers.

Il est né à Montpellier en 1942, mais" le Clapas" n'est pas si loin de la Grande Bleue. A 12 ans, Marc Chevallier a été scout marin et fut pris par la mer. Et jusqu'à aujourd'hui, il ne cessera de mener dériveurs et bateaux de croisière dans le sillage de tous ceux qui ont écrit  la geste de l'homme aux prises avec les éléments. Dont un certain Jean-Marie Vidal, navigateur émérite avec qui il a créé "Explo-Voile", une école de voile à l'éloquent palmarès. L'empreinte de la voile ne s'efface pas : détermination, sang-froid, ténacité, voilà de quoi modeler un caractère. Et puis, on n'est pas pour rien descendant d'une famille liée au monde de la mer. Jean Chevallier, le grand-père, importait à Sète des bois merrains d'Odessa. Louis Chevallier, son père, récupéra un ancien bateau militaire comme il s'en trouvait à quai à La Rochelle ou à Lorient après 1945. Rebaptisé le Maguelone, il transportait à Sète ses 8 000 hectolitres de vin d'Algérie. Il fut doublé par le Stillbé qui, sous pavillon marocain, joignait la Bulgarie et le Bosphore où il fit naufrage en 1952 dans une violente tempête.

Marc Chevallier enfant venait parfois à Sète où l'oncle Raymond, au 56, route de Montpellier, veillait sur les installations de déchargement et de stockage des vins algériens capiteux, comme le Mascara. Et la société Transports Maritimes Viticoles rayonna depuis le Maroc, Alger, Oran. C'est là que se rendit Marc Chevallier en 1965, en principe pour épauler pendant trois mois le cousin opérant dans l'ouest algérien. Il y restera six ans. Là, il connaîtra "la folie" d'une vie exigeante, angoissante, mais riche de réalisations et de contacts humains. Il faut réceptionner les navires, collecter les marchandises, les charger, assurer la régularité des départs d'Oran vers Alger, Marseille, Sète. Et il y a parfois des problèmes avec les dockers, les douaniers. Marc Chevallier retrouvera Sète en 1971 avec la direction commerciale de l'armement. Suivront la création et la présidence de NTV Leduc dont l'essor fut vite important, d'un pool de 4 armateurs (et 17 navires) et, en 1994, de la Société Navale Française en 1994 et il sera président du Comité des Armateurs de France en 1998. Conseiller à la Région, il obtient de si "gros" contrats (Lafarge, Centre Grains, Agrexco) que Georges Frêche le désigne, canne pointée, pour lui succéder à la présidence de l'EPR.

 La suite ? Un port de commerce dynamisé, au trafic passant de 2,8 Mt à 3,8 Mt, encore en progression en 2016. Un port de plaisance aménagé, rationalisé de 750 anneaux. Un secteur croisière en expansion. Le secteur pêche fléchit, victime de circonstances défavorables. Marc Chevallier s'en va et n'amène toujours pas les voiles. La passion : présider la Commission méditerranée à la Région, l'Institut français de la Mer, une commission du Parlement de la Mer et poursuivre ses travaux à l'Académie de Marine à Paris…

Hervé Le Blanche

Pierre Deley, marseillanais d'exception

 L’Aéropostale demeure l’une des aventures aériennes majeures des années 30, ayant profondément marqué les mémoires, souvent bien davantage en Amérique du Sud qu’en France : histoire malheureusement trop connue pour être bien connue. Le « bon peuple » ayant besoin d’icônes en nombre limité, on lui en a offert quelques-unes, Mermoz, Daurat, Guillaumet ou Saint-Exupéry, sur lesquelles, hormis dans quelques trop rares ouvrages, on nous ressasse les mêmes poncifs , les autres héros moins connus étant sans doute moins « vendables ».

Breveté pilote de chasse pendant la Grande Guerre (6 victoires) après avoir été artilleur, Pierre Deley entrait aux Lignes Aériennes Latécoère en 1923. Il connut nombre d’aventures, partageant les joies et les souffrances qui émaillèrent ces routes aériennes. Il effectua des nombreuses missions de sauvetage et des dépannage depuis Port-Etienne et fut avec Paul Vachet l’un des défricheurs de l’Amérique du Sud. Le jovial « Père Deley », aussi fin pilote et homme courageux que camarade apprécié, finit sa carrière comme représentant général d’Air France en Amérique du Sud. C’est dire que sa vie d’aviateur se confond avec l’époque héroïque des Lignes Latécoère et de l’Aéropostale.
René Angel n’a pas sorti son texte comme un lapin d’un chapeau : cet ouvrage est le fruit d’un long travail, animé tant par l’admiration envers un compatriote que par la souci d’un travail historique. Le titre sonne comme celui d’une biographie, mais le livre est également riche d’informations sur cette épopée aérienne qui mena les « facteurs volants » en Afrique et en Amérique du Sud.

Pour en savoir plus: visitez le site des amis de Pierre Delay